FONCTIONNEMENT DU PERSONNEL MÉDICAL. A7S
s'est, à plusieurs reprises, fait sentir dans les divisions, et l'abondance des malades qui pour un seul jour a atteint jusqu'à 250 à 280, chiffre considérable pour un effectif de 1500 hommes.
En dehors du service intérieur qui surchargeait déjà le médecin de régiment, celui-ci suivait la troupe à la tranchée, dans le louable but de donner les premiers soins aux blessés, et d'augmenter par sa présence la confiance des soldats exposés au danger. Dans les circonstances fréquentes de grandes attaques ou de grands combats, les médecins des corps se réunissaient à leurs camarades des ambulances de tranchée et de dépôt, et aidaient ces derniers activement dans la pratique des opérations et des pansements. Plusieurs d'entre eux furent atteints de blessures sérieuses ; l'un d'eux même, le docteur Arcelin, succomba aux suites de ces blessures; quelques autres médecins succombèrent au choléra et au typhus, qu'ils contractèrent pendant leur service régimentaire 9 et pendant leur service de détachement aux ambulances.
En résumé, le service médical immédiat de la troupe a été extrêmement satisfaisant sous tous les rapports, et a rendu d'immenses services, au prix des plus pénibles fatigues imposées à son personnel.
Service médical des ambulances. — Le personnel médical des ambulances principalement a été soumis à de rudes et pénibles épreuves, par suite des difficultés de sa vie matérielle, des fatigues exagérées et des nombreux dangers de son service de guerre et d'hôpital. Les officiers de santé des régiments s'associent et vivent en commua
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avec leurs camarades, officiers de troupe ; il résulte de cette association, que leurs plus impérieux besoins sont aisément satisfaits. Le petit groupe de médecins au contraire, constituant le personnel d'une ambulance de division, est complètement isolé, et de plus, ordinairement dépourvu de toute ressource ; s'il a besoin d'aide ou de secours, il ne peut qu'avoir recours au chef administratif de l'ambulance, chef étranger au corps 4e santé, dont l'intention d'aider les médecins est grande, mais qui n'a pas le plus souvent le temps de s'occuper, avec toute la sollicitude possible, des intérêts du corps de santé, comme le ferait un chef choisi dans notre corps, ayant la responsabilité de la direction et de la protection efficace de ses subordonnés. Aussi, malgré toute la bonne volonté des sous-intendants de division, a laquelle je dois rendre cette justice, les médecins sous leur direction ont éprouvé, dans leur existence matérielle, de vives souffrances et de grandes privations, que l'éloignement et la multiplicité des affaires du chef administratif empêchaient de constater et de soulager. L'exagération de cette piteuse situation, faite par les règlements au corps médical, s'est particulièrement manifestée dans l'ambulance de la Indivision, installée à l'approche de l'hiver sur le plateau d'Inkermann, et dirigée médicalement par le docteur Moulinier qui y succomba au typhus : l'installation des médecins de ce service qui, dépourvus des ressources de première nécessité, malgré les demandes les plus instantes, vivaient misérablement au milieu de la boue, sous une tente creusée, était vraiment digne de compassion. J'ai relaté dans cet ouvrage un autre efcemple de