FONCTIONNEMENT DU PERSONNEL MÉDICAL. Û
nombreuses pertes de dignes médecins, morts sur leur champ de bataille, sont à déplorer. Quatre-vingMrois ont payé de leur vie la glorification du corps, dont ils étaient les membres militants.
Le service médical des hôpitaux d'évacuation a offert un fonctionnement plus régulier que celui des ambulances , au point de vue médical ; mais si les médecins de ce service important ont eu moins de privations et de misères à supporter, dans des conditions d'existence ma* tériellc moins défavorables que sur le terrain des cornbats, ils n'en sont pas moins 1res méritants pour les nombreux et périlleux travaux de l'administration assidue de soins, qu'ont exigé 116,000 évacués : ils doivent, donc prendre une large part de la gloire, qui résulte des dangers affrontés bravement par tous les médecins militaires, employés pendant la campagne; eux aussi ont eu à regretter des pertes bien affligeantes, telles que celles de Volage, Pégat, Leclère, Damicourt, Puel et tant d'autres, qui ont trouvé une mort glorieuse dans la pratique de leur art, et dans la grandeur de leur dévouement.
Ce court aperçu du fonctionnement du service de santé de l'armée d'Orient, témoigne hautement que, comme le disait le doyen d'âge des médecins militaires, M. Bégin, au banquet du 20 août, le corps médical, fidèle à sa tradition, a encore cette fois bien mérité de la science, de l'armée et du pays. Dans mon opinion, il mériterait encore davantage pour l'avenir, si la sollicitude paternelle du pouvoir souverain qui gouverne la France, voulait bien prendre en considération la noble conduite des mé* decins, et doter le corps médical d'une organisation liber
Û78 résumé d'ensemble.
raie et digne, plus en rapport que par le passé avec le mérite des services rendus, et la position sociale réelle du médecin.
Sortis des mêmes classes de la société que les officiers de l'armée, partageant avec ces derniers les privations, les misères et les douleurs de la guerre, courant les mêmes dangers, les médecins militaires doivent jouir des avantages possédés par les autres corps scientifiques d'une armée ; c'est justice qu'un peu de bien-être coin* pense la mauvaise fortune ; sans cette condition, pas de résultats bons et durables : il faut donc conclure que, pour conserver à la médecine militaire tonte sa puissance curative et préservative, et pour n'avoir pas la douleur de la voir végéter, puis périr par insuffisance de son recrutement, il est impérieux de donner au personnel de santé la direction de ses chefs naturels, et d'assimiler les grades de sa hiérarchie à ceux des officiers d'armes spéciales; cette double récompense, légitimée par de longs et loyaux services, peut seule empêcher la décadence imminente du corps des officiers de santé français.
Quelques enseignements résultent encore du fonctionnement médical pendant la guerre : ainsi la démonstration de l'extrême difficulté, et même de l'impossibilité d'assurer complètement l'exécution des prescriptions, accessoires du service médical proprement dit, telles que la tenue des cahiers de visite et le renouvellement des pansements simples. Les essais tentés à Constantinople et en Crimée, en employant des infirmiers- majors, des sous-officiers détachés des corps, ou même de simples soldats intelligents et exercés à l'inscription des prescrip-