‹ Relation médico-chirurgicale de la campagne d'Orient, du 31 mars 1854, occupation de la Crimée, au 6 juillet 1856, évacuation de la CriméeChapitre 9 sur 31 · MO · texte numérisé non relu

MO

Sortis guéris 2,929 h.

Évacués sur Gonstantinople 10,653

Le mois de juillet se passa sans offrir d'incidents bien importants ; il fut employé tout entier à resserrer l'enceinte ennemie et à préparer le succès de l'assaut définitif de Malakoff; cependant, dans les nuits du 14 au 15 et du 16 au 17 deux tentatives de l'ennemi sur nos travaux de droite échouèrent devant la solidité de nos soldats.

Le 17 et le 31 juillet je me rendis, par ordre, au camp de l'artillerie du parc de réserve du grand quartier général ; l'état sanitaire de ce camp donnait à l'autorité une certaine inquiétude, et je visitai ensuite tous les camps de l'armée. Le résultat de cette double exploration est contenu dans deux rapports transcrits aux

pièces justificatives de cette quatrième période, sous les nM 4 et 5.

Deux lettres officielles, écrites au Conseil de santé, et que je reproduis textuellement ci-après, donneront une idée complète delà situation sanitaire de nos troupes pendant le cours de ce mois.

A A/, le président du Conseil de santé des armées ,

en date du 16 juillet 1855.

La nouvelle la plus intéressante que j'ai à vous communiquer, c'est la diminution notable des invasions de choléra ; un petit nombre d'hommes cholérisés entrent chaque jour à l'ambulance ; il était temps que ce mal s'arrêtât, car nos pertes commençaient, comme vous pouvez en juger par mes rapports précédents, à atteindre un chiffre désastreux. La physionomie médicale des étés des pays chauds reparaît avec son cortège de fièvres gastriques bilieuses, rémittentes (1) et à formes typhoïdes ; les diarrhées et les dysenlé-

(1) Les fièvres rémittentes, pendant les grandes chaleurs, ont surchargé nos ambulances en revêtant habituellement la forme gastrique. Les symptômes de cette maladie étaient les suivants : céphalalgie frontale, opiniâtre et pénible, prostration générale, toux gastrique fréquente et insupportable ; état saburral des premières voies,; quelquefois diarrhée ; fièvre continue modérée, avec sueurs et exacerbation le soir ; soif ardente ; inappétence complète. Quelque traitement rationnel qu'on appliquât à cette maladie , elle n'en suivait pas moins ses phases et durait toujours de trois à quatre septénaires. Quelquefois elle était asseï intense pour donner au malade un peu de délire ; dans les exacerbations ou rémittences, elle pouvait se compliquer de phénomènes typhoïdes, mais c'était la rare exception, et avoir dans ce cas une terminaison funeste ; elle s'est associée, chez plusieurs malades, à de vrais phéno-

ries sont aussi fort nombreuses ; depuis quelque temps le scorbut nous éprouve de nouveau ; beaucoup de soldats, surtout dans le premier corps, subissent l'influence de l'usage trop longtemps prolongé d'aliments toujours les mêmes, et dans lesquels il n'entre pas une proportion suffisante de végétaux frais ; j'insiste incessamment auprès de l'autorité à l'endroit de la mise en consommation, pour les troupes, des conserves Choïïet, qui seules peuvent remplacer les légumes frais, qui manquent complètement ici à notre ordinaire. J'avais pensé à l'usage des pommes de terre, que l'on transporterait de France ; mais j'ai dû renoncer à ce moyen, car ces tubercules arrivaient germes ou pourris, en raison de la température élevée et de la longueur de la traversée. Déjà nous avions eu recours avec succès à la salade de pissenlit, qui nous a rendu au printemps un grand service ; mais la chaleur et la sécheresse nous privent pour le moment de cette précieuse ressource. Le typhus ne se montre que d'une façon exceptionnelle , et encore sous des formes bénignes. Les maladies réellement prédominantes sont les fièvres rémittentes et les flux intestinaux. Pour la première de ces maladies, la base du traitement employé par nos médecins est, au début, les éméto-cathartiques et le calomel , ensuite les diverses préparations de quinquina. Le mode de médication des dysenteries trouve ici complètement son application comme en Afrique ; nous nous gardons le plus possible d'évacuations sanguines.

Bien qu'il n'y ait pas eu d'attaques importantes, le nombre des blessés atteint chaque jour le chiffre de 70 à 100 :

mènes typhkjues. Les plus rares complications étaient la diarrhée et la dysenterie. On mourait rarement de cette fièvre rémittente simple. Beaucoup de nos médecins en furent atteints, et ils firent pendaqt quelque temps défaut au service.

50 à 80 pour les attaques de droite, 15 à 20 pour celles de gauche. Le service chirurgical a été toujours complètement assuré aux trois ambulances de -tranchée ; chaque jour on y a pratiqué de 5 à 6 amputations d'urgence, Un de nos jeunes aides-majors, M. le docteur Gouraud , a été blessé à la face par une balle; cette blessure, qui sera sans doute suivie d'une exfoliation oiseuse, n'a cependant rien de sérieux. Le personnel des médecins subit les influences d'un service exagéré, presque sans limites, et dans les conditions atmosphériques brûlantes de Tété. Dans nos établissements, le tiers environ des médecins chefs ou aides est plus ou moins malade, ce qui rend la besogne des valides infiniment plus fatigante ; si cet état de choses dure encore quelque temps, bientôt la moitié du personnel de santé sera dans l'impossibilité de faire un service convenable ; nous avons surtout un besoin extrême de chefs de service.

Le médecin en chef de l'armée,

Signé Scrive.

A M. le président du Conseil de santé des armées,

en date du 27 juillet 1855.

Aucun événement de guerre important ne s'est passé devant Sébastopol depuis mon dernier rapport; on continue, avec une persistance énergique, à préparer l'assaut de la tour Malakoff. Nos approches de la place sont à peine éloignées de 80 mètres du fossé de la première enceinte. Le travail de nos soldats pendant la nuit provoque le feu des Russes ; aussi avons-nous de nombreux blessés. La moyenne de ces derniers, par jour, est aussi considérable que celle que je vous ai déjà donnée ; c'est presque 100 hommes atteints : 1/7 environ tués ; 2/7 blessés grièvement ; â/7 blessés plus ou moins légèrement. La moyenne des grandes opérations

du 20 haï 1855 au 1" décembre 1855. 215

est de quatre à six par jour aux ambulances de tranchée, et de six à sept à celles des divisions. Deux sorties des Russes ont eu lieu ; elles ont été facilement, et sans grandes pertes, repoussées par nos soldats des attaques de droite.

Le chiffre général des entrées a baissé ; cela tient à l'atténuation du choléra, qui se décide à faire trêve ; les diarrhées, dysenteries et fièvres se disputent seules le terrain. Nous voyons de nombreux embarras gastriques, compliqués d'ictère. Le scorbut fournit presque la moitié du chiffre des fiévreux ; tous nos anciens soldats sont scorbutiques à divers degrés. J'ai éveillé de nouveau l'attention de l'autorité sur cette situation , et je crois que l'envoi de nombreuses conserves de légumes, qui ont été si utiles à la flotte au début de l'expédition , est instamment demandé au ministre de la guerre. Les rapports des chefs de service indiquent un chiffre considérable d'affections typhoïdes. Cependant, d'après l'examen sérieux que j'ai fait des malades dans mes visites aux ambulances, je ne pense pas que ce soient de véritables fièvres typhoïdes : ce sont plus rationnellement des fièvres rémittentes sévissant sur des constitutions détériorées et revêtant la forme typhoïde ou typhique. La mortalité a baissé beaucoup, les pertes par le choléra ayant diminué dans cette décade. Les fièvres intermittentes indiquées dans les rapports ont été surtout observées à la Tchernaïa et chez les soldats déjà éprouvés par les fièvres d'Algérie et de Rome.

Le personnel continue à subir les conséquences d'un travail pénible et d'une chaleur accablante. J'ai dû ordonner l'évacuation de MM. Armand , Martres, Mestrè (qui a succombé quelques jours après à Gonstantinople), Blanvillain, Vergesse, Devineau, et de dix aides-majors des corps de troupes et des ambulances. Les mutations fréquentes du personnel qui résultent de ces maladies ont modifié la ré-

partition des médecins dans les établissements hospitaliers; je vous enverrai par le prochain courrier la situation générale au l#r août.

J'ai communiqué au corps des médecins les félicitations que vous lui adressez pour sa belle conduite dans les dernières affaires; je remercie en son nom le Conseil de la bienveillante sollicitude qu'il témoigne à notre égard et dont nous avons tous à cœur de nous montrer toujours dignes. Conformément au désir que vous manifestez, dans votre dernière dépêche , je porterai à votre connaissance tout événement de guerre intéressant le corps de santé sans attendre que les documents officiels me soient parvenus.

Le médecin en chef de l'armée d'Orient,

Le 26 juillet, nous recevons la visite du docteur Faye, médecin dû roi de Suède et de Norwége, auquel nous donnons l'hospitalité pendant les deux jours qu'il a passés en Crimée à visiter nos établissements hospitaliers ; il était chargé d'une mission médicale officieuse de la part de son souverain.

Le mouvement général des blessés et malades a été, pendant la durée du mois de juillet, de :

' Effectif de l'armée (juillet 1855), 118,655 hommes.

Entres - Décèdes à rhô pi lai. à l'hôpital.

Blessés par le feu . 2058 288

Cholériques 1215 907

Scorbutiques > . 1>240 8

Typhiques 69 12

Blessés ordinaires, fiévreux, vénériens,

galeux 10,405 716

Sortis guéris 3739 h.

Évacués sur Constantinople 6058

Le mois d'août, comme celui de juillet, fut consacré à avancer nos tranchées le plus près possible de Sébastopol ; chaque jour le cercle de nos ouvrages autour des fortifications ennemies se rétrécissait. De temps en temps, le feu de nos batteries, toujours persistant et opiniâtre, prenait une plus grande vigueur, afin de protéger les travaux des dernières approches par une diversion favorable.

L'état sanitaire ne s'est pas amélioré, il y a cependant moins d'invasions cholériques. Nous avons eu à déplorer la perte de trois camarades : Mestre, médecin principal ; Michelet, médecin-major, et Videt, médecin aide-major. Les cas de scorbut ont fourni un chiffre considérable ; il en a été de même des fièvres intermittentes et rémittentes, des diarrhées et dysenteries. La mortalité heureusement n'a pas suivi la proportion que l'élévation du chiffre des entrées pouvait faire supposer.

Le 12 août, M. l'intendant général me demande mon avis sur l'utilité de l'emploi préventif du vin de quinquina pour les troupes campées près de la Tchernaïa ; ce moyen était proposé par les médecins des divisions. Je réponds qu'il serait complètement inefficace, et qu'il n'y a pas possibilité raisonnable de le mettre en pratique. {Pièce justificative n° 6.)

Le 16 août, de grand matin et par un épais brouillard, 40,000 Russes de l'armée d'observation attaquent le pont de Tractir et la rive gauche de la Tchernaïa, que nous occupions. Nos braves soldats des divisions campées sur les monts Fédouchines repoussent l'ennemi avec un élan irrésistible et un courage indomptable, et remportent la

brillante victoire de Tractir. (Pièces justificatives n°* 7 et 8.) Tous les détails de ce magnifique succès, en même temps que l'appréciation de la situation chirurgicale et médicale du moment sont -contenus dans mes rapports des 16, 25 août et ltr septembre au Conseil de santé, et je crois devoir les reproduire ici.

A M. le président du Conseil de santé des armées,

en date du 16 août.

Dans la nuit du 15 au 16 août, les Russes ont préparé une attaque sur la Tchernala, et à cinq heures du matin ils. envahissaient nos lignes en passant la rivière sur des passerelles établies de chaque côté du pont de Tractir, gardé par les Piémontais. Grâce à la surprise et au brouillard du matin, l'ennemi put arriver jusqu'au mamelon occupé par les zouaves de la 2' division du 2* corps : là le combat s'engagea vigoureusement ; les réserves françaises arrivèrent au pas de course et, après une courte lutte, elles culbutèrent les Russes, qui , après s'être ralliés derrière la Tchernala, tentèrent un retour offensif qui n'eut pas plus de succès que leur premier essai et leur fut encore plus préjudiciable, en raison des nombreuses batteries d'artillerie appelées à ce nouveau combat. Dans cette glorieuse affaire, nos pertes ont été de 1,000 à 1,100 hommes dont : Ô00 blessés reçus aux ambulances et 250 à 300 morts sur le champ de ' bataille. Des bords de la Tchernaïa les blessés ont été rapidement transportés aux ambulances Volantes des divisions n°* 2 et 3 du 2« corps et 1* de réserve , éloignées de 200 mètres de la rivière. Là les premiers soins leur ont été administrés, et, à la suite d'un pansement provisoire ou d'une opération urgente, chaque blessé a été dirigé sur les

ambulances-dépôts des 2e, 3e et 4e divisions du 2e corps, ainsi que sur l'ambulance centrale du grand quartier général et sur celle de la plage. En moins de dix heures, c'est-à-dire à trois heures de l'après-midi , les ambulances volantes des divisions de la Tchernaïa étaient vides de blessés et déjà préparées pour en recevoir de nouveaux si une autre agression de l'ennemi avait lieu.

Indépendamment des 800 blessés français dont je viens de parler, 1750 Russes recueillis sur le champ de bataille, où les retenaient leurs blessures graves, ont reçu nos soins dans les mômes ambulances.

J'ai dirigé, avec le concours de M. Méry, M. Sécourgeon étant parti en congé pour cause de maladie, le service médical compliqué et pénible que la bataille de la Tchernaïa nous laissait à faire, et je n'ai eu que des éloges à adresser à tout le personnel, qui s'est admirablement comporté dans cette circonstance mémorable.

Je vous citerai, comme s'étant particulièrement distingués par leur activité et leur zèle, MM. de Santi et Burlureaux, chefs d'ambulance; Lespiau, Riolacci, Petigand, Imbertet Dulac, aides-majors des ambulances ; Bernard, médecin du 73e régiment de ligne.

Le lendemain on s'est occupé, dans les ambulances de dépôt , de l'examen sérieux des blessures , et chacun s'est mis à la besogne avec activité. Je ne puis vous donner aujourd'hui les résultats de ce service, qui exigera trente à quarante heures.

Le médecin en chef de l'armée, Signé Scrive.

A M. le président du Conseil de santé, en date du

25 août 1855.

Les maladies internes auxquelles nos troupes sont sujettes, n'ont éprouvé aucune variation dans celte décade*, le chiffre de quelques-unes a même faibli depuis que nos journées sont moins chaudes et moins électriques ; toujours quelques cas de- choléra, mais c'est peu inquiétant. Le général en chef, d'après mon conseil, a décidé que les médecins des corps désigneront les*scorbutiques auxquels l'usage des légumes serait nécessaire, et que les légumes-conserves provenant des dors nationaux et autres seraient exclusivement réservés aux ambulances et aux militaires désignés par les médecins : cette mesure est excellente et nous rendra des services; mais j'attends avec impatience. le retour de la végétation d'automne, qui nous procurera le pissenlit et d'autres végétaux de notre sol. Je fais rechercher la présence ici de la -salicorne, qui, au dite de M. Lévy, est bonne à manger et rappelle les haricots verts.

Le service des blessés, rendu très pénible à la suite de la victoire deTractir, tend actuellement à devenir plus facile. Jamais le personnel de santé, restreint comme il l'est, ne serait parvenu, dans des délais convenables, à accomplir la tâche préparée par le combat, si nous n'avions pas demandé du secours aux médecins de la marine. L'amiral a eu la complaisance de mettre à ma disposition douze médecins qui ont été employés jour et nuit, avec les médecins de Kamiesth , aux pansements et aux opérations de 12 à 1300 blessés russes» Malgré ces auxiliaires dévoués, le travail a été rude pour tout le monde : trois cents-ampulations et résections ont été pratiquées. Ce qui surtout a beaucoup ajouté aux fatigues des médecins français, c'est l'obligation

où je me suis trouvé, le jour de la bataille, de les envoyer renforcer les ambulances légères; ils ont dû partir le matin de leur ambulance, faire une longue course pour atteindre le lieu de l'action , s'occuper activement des pansements pendant toute la journée, exposés à l'ardeur du soleil, et rentrer dans l'après-midi, afin de commencer dans les ambulances sédentaires les opérations urgentes, qui n'ont été achevées qu'au milieu de la nuit. Telle fut, dans celte journée , la situation du personnel médical de plusieurs divisions; et, avec la pénurie actuelle de médecins, semblable situation ne manquera pas de se présenter, à chaque combat qui se livrera à quelque distance de notre centre d'occupation , car je ne puis, dans les circonstances ordinaires, que détacher un seul médecin des ambulances de dépôt pour le service des ambulances volantes, et ce médecin est bientôt insuffisant.

Le besoin de personnel médical se fait donc vivement sentir : 80 médecins ne suffisent pas pour assurer toujours le service de 16 ambulances d'une armée en pleine campagne, et c'est le chiffre du personnel dont je dispose. On mourra noblement à la peine , mais sans grand résultat ; 40 nouveaux médecins (pas un de moins) me sont nécessaires pour parer à toutes éventualités. D'autre part, le service de santé des régiments est en souffrance, et ses médecins ne peuvent m'étre d'aucune utilité dans le service hospitalier, en raison de leur petit nombre et de l'importance de leur service dans les infirmeries régimentaires. A la 2* division du 10P corps il n'y a que 4 médecins disponibles pour le service de 5 régiments , de l'artillerie et du génie.

A ce sujet, je continue à réclamer des médecins-majors en faveur des parcs d'artillerie, qui vont tout à l'heure avoir

un effectif de 15 à 20,000 hommes; même réclamation pour le parc du génie, qui n'a même pas d'aide-major spécial.

Les chefs médicaux des ambulances continuent à disparaître sans être remplacés, ou ils sont seulement remplacés par de jeunes aides-majors ; j'ai été obligé de mettre provisoirement à la tête de l'ambulance de la 3« division du 1" corps le docteur Verjus , récemment nommé au régiment, et retenu d'office par l'intendant.

Je vous dirai cependant que la santé de nos camarades est en général meilleure depuis qu'à leurs fatigues extrêmes ne se joint plus une température tropicale.

Je reçois depuis quelque temps des réclamations sur la médiocre qualité des instruments de chirurgie en service; j'ai pu m'assurer que ces réclamations étaient réellement fondées. Ainsi il nous est arrivé dernièrement de France une pacotille d'aiguilles à suture, qui, quoique complètement neuves, ne traversent la peau qu'au prix des efforts les plus énergiques. Je pense qu'une surveillance attentive doit être exercée à cet égard et prononcer le rejet de tout instrument défectueux. Les Anglais ont un arsenal chirurgical bien supérieur en qualité au nôtre

Nous avons eu deux ou trois alertes sur la Tchernaïa, mais sans effet. Le feu des assiégeants et des assiégés est toujours de part et d'autre formidable, et nous fournit une centaine de blessés par jour. Du reste , pas d'affaires

importantes. On travaille toujours à préparer l'assaut de la place. ,

Le médecin en chef de l'armée, Signé Scrive.

DU 20 MAI 1855 AU 1er DÉCEMBRE 1855. 223

A M. le président du Conseil de santé , rapport sanitaire de la dernière décade d'août.

Un certain abaissement de la température, que nous ressentons depuis quinze à vingt jours, a diminué le nombre de nos malades, et je puis dire que notre état sanitaire est satisfaisant ; nous avons eu très peu de choléra , quelques cas isolés de loin en loin dans nos camps, sans affectation d'un lieu de foyer spécial. Le scorbut a moins d'expression que par le passé, cependant le chiffre en est encore élevé et partout inquiétant. Toujours une proportion croissante des blessés, bien qu'il n'y ait eu d'affaire ni du côté de la Tchemaia, ni du côté de Malakoff; mais nous sommes arrivés si près de l'ennemi, que cette cause suffit pour expliquer nos pertes considérables et l'extrême gravité des blessures faites à bout portant et nécessitant trop fréquemment.amputations et résections. On nous fait espérer que cette situation, qui fait couler tant de sang et fatigue énormément notre service , ne durera pas et qu'une fois nos travaux contre Malakoff complétés , l'assaut général sera livré ; ce qui fortifie encore cette espérance, c'est que depuis deux jours (5 septembre) un feu terrible de notre artillerie et de celle de nos alliés a été ouvert sur toute la ligne avec un favorable succès ; déjà deux vaisseaux russes ont été brûlés et quelques grands incendies éclairent la ville. On pense généralement que l'attaque d'ensemble aura lieu le 9, à midi. Toutes nos mesures sont prises, afin d'assurer dans cette occasion une exécution convenable du service médical ; les ambulances de tranchée sont approvisionnées en matériel au delà des prévisions les plus exagérées ; toutes les ressources du personnel y doivent être envoyées; malheureusement nous ne somme

pas nombreux; mais j'espère que dans ce grand combat, comme dans ceux qui l'ont précédé, nos braves camarades de la médecine compenseront, par l'énergie de leur activité et de leur dévouement , le nombre qui leur manque.

Les deux premières* journées de la reprise du feu nous ont donné 350 blessés environ, dont quelques officiers d'artillerie et de marine. Je vous tiendrai au courant des événements qui vont se passer par le prochain courrier, lors même que les documents officiels ne me seraient pas tous parvenus.

Le médecin en chef de l'armée, Signé Scrive.

Comme je l'ai dit dans un des rapports qui précèdent, je fus obligé d'appeler à mon aide, pour l'affaire de Tractir, les médecins de la marine, et douze de ces confrères, mis complaisamment à ma disposition par l'amiral, s'associèrent à nos médecins de Kamiesch. M. Ma r rai n in, chef du service médical, qui avait bien voulu, à ma prière, se charger de la haute direction du service de la plage, me fit parvenir un rapport très circonstancié de M. Lebozec, chef des médecins détachés de divers bords. Dans ce rapport, ce médecin me rendait compte des travaux chirurgicaux exécuté*s à l'ambulance de Kamiesch ; j'écrivis immédiatement à M. l'intendant général et lui demandai que des remerçîments fussent adressés aux médecins de la marine pour leur généreuse et patriotique assistance. (Pièce justificative n° 9 .)

Dans la nuit du 29 au 30, une épouvantable explosion mit en grand émoi les armées ennemies et amies;

DU 20 MAI 1855 ÀD 1er DÉCEMBRE 1855. 225

c'était une poudrière du mamelon Vert (elle contenait 1500 kilogrammes de poudre) qui sautait en projetant dans tous les sens des madriers de bois du blindage, des pierres et de la terre. Une immense poutre, lancée à plus de 300 mètres et dans la direction des tranchées anglaises, écrasa une vingtaine de soldats de cette nation. Ce cruel événement nous coûta 150 blessés environ et 50 tués : 200 hommes en tout, dont 3 officiers, appartenant pour la plupart à la 5e division du 2e corps et aux voltigeurs du 2e régiment de la garde impériale ; une de nos batteries de siège, quoique fort endommagée, put néanmoins bientôt reprendre son feu.

Répartition des maladies et blessures du courant d'août :

Effectif de l'armée (août 1855), 119,251 hommes.

Entrés Déeédét

à l'hôpital. A l'hôpital.

Blessés par le feu. . 3855 386

Cholériques 998 649

Scorbutiques 2600 10

Typhiques . 20 13

Blessés ordinaires, fiévreux, vénériens,

galeux 8398 739

Sortis guéris. 3313 h.

Évacués sur Gonstantinople 10,513

Rien de particulier ne s'offrit dans les six premiers jours de septembre; le 7, on décida que le lendemain aurait lieu l'assaut de la ville : les Anglais devaient attaquer le grand Redan ; nous devions porter nos efforts sur trois points, Malakoff et le petit Redan, à droite, et le

bastion Central, à gauche des attaques* en associant à une

division sarde, qui devait former réserve, la 2e division du lir corps, chargée de l'attaque du bastion Central.

La lre division du 1er corps eut pour tâche de s'emparer de la tour Malakoff , et la 2e division du même corps, celle d'escalader le petit Redan. Les autres troupes de l'armée devaient soutenir, en réserve, les manœuvres des têtes de colonnes (1).

Le 8 septembre, malgré un vent impétueux qui chassait une poussière irritante dans les yeux de nos soldats, à midi et demi , à un signal convenu , la 1™ division , sous le commandement du général de Mac-Mahon, franchit tous les obstacles de sa route et s'établit dans la redoute Malakoff, après en avoir chassé les bataillons russes; elle s'y maintint avec une telle solidité, qu'elle conserva sa conquête, malgré plusieurs t*etouts offensifs et meurtriers de fortes colonnes ennemies.

Les attaques des Redans et du bastion Central furent infructueuses ; mais la prise de Malakoff suffisait : car la place assiégée ne pouvait plus longtemps tenir, après la perte d'une fortification dominant tous les autres ouvrages de la défense. Cette opinion des hommes spéciaux de l'arme du génie fut complètement confirmée par l'événement : les Russes se retirèrent, pendant la nuit qui suivit notre victoire, sur le côté nord de la rade, et nous annoncèrent leur retraite par l'incendie de leurs maisons et magasins et par l'explosion de leurs poudrières.

(1) Les points les plus rapprochés de nos dernières parallèles étaient à 25 mètres du fossé de Malakoff, à AO mètres du bastion Centrai et à 25 mètres du bastion du Mât

BU 20 MAI 4855 AU 1er DÉCEMBRE 1855. 227

Nous étions enfin maîtres du boulevard russe de la mer Noire, après 316 jours de tranchée ouverte et des centaines de combats de tout genre; après avoir employé i million de sacs à terre et 80,000 gabions, tiré 600,000 coups de canon ou de mortier, creusé à grandpeine 20 lieues de tranchée et répandu le généreux sang de 10,000 braves Français.

Je rendis compte à M. l'intendant général , par le ïapport qui va suivre, des particularit s intéressantes du service médical pendant la terrible bataille qui s'était livrée le 8 septembre et pendant les deux jours qui l'ont suivie. (Voyez encore les Pièces justificatives n°* 10, H, 12* 13, i/j. et 15 pour les détails.)

Monsieur l'intendant général,

J'ai l'honneur de vous informer des particularités offertes par le service médirai pendant et après la glorieuse attaque qui nous a livré Sébastopol. Dans la prévision de nombreux blessés, le service médical avait été constitué de la manière suivante aux ambulances de tranchée : è gauche, cinq médecins d'ambulance et autant de médecins de corps de troupe ; de plus^ une ambulance volante, qui devait au besoin se porter en avant, en suivant les colonnes d'assaut ; à droite, au Carénage, six médecins d'ambulance, six médecins de régiment, et de plus une ambulance volante, composée de quatre médecins ; à Karabelnala, dix médecins et une troisième ambulance volante. L'événement ne tarda pas à prouver que nous ne nous élions pas trompés dans nos prévisions j en effet, quelques instants après tes attaques combinées de Malakoff et des Redans, de nombreux blessés furent dirigés sur nos établissements du Carénage et de Karabelnala. J'avais

pris les dispositions suivantes dans ces postes médicaux de tranchée : les blessés devaient être placés régulièrement par groupes ; chaque groupe devait être pansé par un médecinmajor ayant sous ses ordres deux aides et trois infirmiers destinés, le premier à porter l'appareil, le second à aider les médecins et le troisième à écrire, sur un cahier préparé à l'avance, les renseignements nécessaires fournis par le blessé sur son nom, ses prénoms, son régiment et son numéro matricule, et ceux indiqués par le médecin sur la nature des blessures. Les blessés pansés devaient être immédiatement dirigés vers les ambulances divisionnaires sur litières ou cacolets. Ceux pour lesquels une opération grave serait jugée de nécessité absolue devaient être conduits dans la baraque, où une portion du personnel médical désignée ad hoc pratiquerait les opérations ; grâce à cette direction méthodique qui a été strictement suivie, sous la direction de M. Bourguillon, à Karabelnala, et sous celle de M. Mercier, au Carénage, il n'y eut aucune perte de temps, et il fut possible, en moins de huit heures, de donner des soins provisoires à 900 blessés dans la première ambulance et à 1,800 dans la deuxième. Malgré la grande affluence, on ne fut pas un instant débordé. M. le médecin en chef Sécourgeon, du 2* corps , surveillait le Carénage pendant que je m'étais établi à Karabelnala ; vers deux heures de l'après-midi , la blessure du général Bosquet ayant forcé M. Sécourgeon de quitter son poste, je le remplaçai jusqu'à la nuit au Carénage, et je ne quittai le terrain que lorsqu'il ne restait plus que quelques blessés à panser.

Du côté gauche, l'attaque du bastion Central eut lieu vers deux heures ; 660 blessés environ , recueillis par l'ambulance volante et dirigés sur la maison du Clocheton , reçu* rent immédiatement les soins qu'exigeaient leurs blessures,

DU 20 MAI 1855 AU 1er DÉCEMBRE 1855. 229

au moyen du nombreux personnel médical que le médecin principal, en chef du 1er corps, dirigeait en personne, ayant pour lieutenant le chef médical de la 2e division, M. Brunwald. A huit heures du soir, le service était complètement terminé et les ambulances divisionnaires avaient reçu chacune leur contingent.

Pendant toute la nuit, et même dans la journée suivante, un grand nombre de blessés arrivèrent encore des attaques de droite, mais sans affluence ni encombrement, et donnèrent de l'occupation aux médecins de garde des tranchées. Dans ces circonstances graves, le personnel médical que j'ai l'honneur de diriger a été digne de sa vieille réputation ; obligé d'opérer au milieu d'une poussière irritante, qu'un vent violent soulevait, et de projectiles ennemis que le hasard amenait dans l'ambulance, il a accompli sa noble tâche avec un dévouement et une activité remarquables. Je vous citerai, comme s'étant particulièrement distingués, les chefs de service Sécourgeon , Bourguillon et Mercier ; le médecin-major de Finance, du quartier général , que j'ai associé à M. Bourgillon pour les opérations ; les aidesmajors Mignat, Savaëte, Coudère, Gillin, Tedeschi, Riolacci , Fretin; les médecins de régiment Basselet et Didiot; au Clocheton , les chefs de service Malapert et Brunwald; les aides-majors Lefèvre, Barberet, Maurel et Petitgand ; les médecins de la marine Bourdel et Durand ; enfin les médecins des corps Pilet et Perréon.

Mais tout n'était pas fini : après le déblayement des ambulances de tranchée ; les blessés dirigés sur les ambulances de dépôt devaient y être l'objet d'une visite scrupuleuse et y recevoir de nouveaux soins. Les médecins retirés des ambulances de tranchée, et ceux qui étaient restés aux ambulances sédentaires, se mirent activement à l'achèvement

de l'œuvre, et malgré le nombre énorme des blessures il a été possible de ne pas être au-dessous de ces grands besoins. Vous en jugerez par les chiffres suivants : 5,000 blessés environ, dont plus de 350 officiers, et 400 Russes ont été répartis dans nos établissements; hier, 10 septembre, tous les blessés avaient été pansés secondairement, et sur 550 opérations graves à pratiquer, 350 étaient faites. Tout sera terminé le 11 au soir, dans tous les services. Ce résultat, vu l'exiguïté de notre personnel médical et les fatigues qu'il a déjà éprouvées , est à citer tout spécialement, car il démontre, une fois de plus, que la qualité de nos braves camarades peut suppléer au nombre.

Des récompenses seront demandées pour ceux des officiers de santé qui se sont le plus distingués ; je vous prie, monsieur l'intendant, de vouloir bien user de votre puissante influence et attirer sur le corps médical de l'armée la bienveillance de l'autorité, qu'il me semble avoir méritée à tous égards.

Je ne puis passer sous silence, avant de terminer ce rapport, l'exemple de bonne confraternité que les médecins de l'armée sarde nous ont permis d'admirer. Jaloux de se montrer reconnaissants de l'accueil empressé que les médecins français leur ont fait à leur arrivée, ils sont venus se mettre à la disposition du chef du service médical du Clocheton. Les docteurs, députés par leurs camarades, étaient M.Ravelli, du quartier général sarde, et un de ses confrères; je demande, si vous approuvez celte proposition, que des remerclments pour cette offre bienveillante soient adressés aux médecins de l'armée sarde.

Au grand quartier général, à Sébastopol, le 11 septembre 1855.

Le médecin en chef de L'armée, Signe Scrive.

DU 20 MAI 1855 AU 1er DÉCEMBRE 1855. 231

Sébastopol , que je visitai par ordre, le lendemain de son occupation par les soldats des années alliées, offrait l'image de la destruction la plus complète : notre feu avait ruiné presque toutes les maisons, et celles que leur situation particulière avait préservées en partie de nos projectiles avaient été incendiées par l'ennemi ; ses grands établissements, derrière Malakoff, avaient seuls été épargnés. Je m'entendis avec le général commandant les troupes à Sébastopol sur les mesures d'assainissement nécessaires pour détruire les foyers nombreux d'infection qu'un long siège avait accumulés dans cette malheureuse ville : ces mesures furent ponctuellement exécutées; on suivit aussi le conseil prudent que j'avais donné de n'occuper la ville que par le nombre de soldats jugé strictement nécessaire à sa défense.

Les Russes, dans la précipitation de leur retraite, avaient abandonné derrière eux cinq cents blessés environ , qui reçurent les soins de MM. Mercier et Mignot, médecins d'ambulance, et qui furent ensuite transportés, pendant une suspension d'armes, sur le côté nord de la rade, par une corvette à vapeur russe.

En raison de Tordre donné par le général en chef d'établir des batteries d'artillerie le long de la rive sud de la rade de Sébastopol , deux ambulances de tranchée furent installées, l'une au faubourg de Malakoff, l'autre au milieu de la ville haute, dans deux maisons que le feu avait épargnées : MM. Mercier et Mignot d'abord, M. Laforgue ensuite, furent chargés du service médical de la première; M.Contrejean, remplacé plus tard par M. Maupon, dirigea le service de la deuxième.

A la suite de ces grands événements de guerre > il y avait en traitement dans nos ambulances de l'armée 10,520 malades ou blessés. On conçoit combien, avec un pareil chiffre, était exagéré et pénible le travail des officiers de santé employés auprès des blessés seulement, pendant huit à dix heures par jour, à changer les pansements et à pratiquer les opérations nécessaires ; ils devaient encore trouver le temps, pris en partie sur leurs nuits, de donner des soins à de nombreux malades atteints de fièvres ou d'autres affections internes. Pour remplir cette lourde tâche, ils n'étaient pas quatre-vingts, même en comptant les cinq médecins que la marine avait bien voulu mettre à ma disposition. Il était de plus impossible de distraire un seul médecin du service régimentaire, car ce personnel était déjà lui-même insuffisant Les nombreux mouvements de troupes me privaient à chaque instant du personnel que j'étais obligé d'envoyer à la suite des colonnes en marche, en cas d'accident ou de rencontre de l'ennemi. C'est ainsi qu'au départ du 1er corps pour la vallée de Baïdar, l'ambulance sédentaire de la 1M division de ce corps ne fut plus composée que de trois médecins et d'un pharmacien qui durent soigner 900 malades. Une nouvelle difficulté se présenta encore: ce fut la rareté des évacuations de malades sur Constantinople. Ces évacuations étaient momentanément subordonnées aux arrivages éventuels des bâtiments à vapeur du commerce, depuis que les vaisseaux de la flotte étaient employés à des transports de troupe sur le littoral. La pourriture d'hôpital, dont nous n'avions jusqu'à ce jour constaté que quelques cas isolés, fit invasion chez

nos blessés dans presque toutes les ambulances. Nous prenions bien d'énergiques mesures contre cette grave complication des plaies ; mais l'efficacité ordinaire de ces mesures était considérablement amoindrie par les conditions d'encombrement dans lesquelles nous nous trouvions forcément. Dans ce moment critique du service médical, je craignais que, malgré les efforts surhumains de notre personnel, nous ne finissions par être débordés par cet excès de labeur , après avoir atteint les limites du possible. Grâce à Dieu, cette crise cessa heureusement, sous l'influence de quelques grandes évacuations, qui nous permirent de respirer plus librement et de lutter avec avantage contre la complication putride de nos plaies, objet de ma sérieuse inquiétude.

Pendant le mois de septembre , le scorbut , qui avait offert une recrudescence marquée en juin et juillet, est en voie de diminution très marquée (1,Û00 entrées). Le rapport sanitaire de Nagara indique l'entrée, à l'hôpital de cette localité , de 57 cholériques arrivés de France. Le chef du service médical de Kamiesch m'annonce que les entrées cholériques de son ambulance se multiplient et que les soldats atteints sont des recrues récemment débarquées.

Le résumé général du service du mois de septembre présente un résultat plus satisfaisant que celui d'août : les blessures prennent la plus large part des entrées et des décès ; on peut dire que la constitution médicale de l'été se modifie déjà avantageusement.

Plusieurs mouvements de troupes ont lieu pendant ce mois : le 1er corps est envoyé dans la vallée de Baïdar et

se dirige vers les sources du Belbeck, afin d'y chercher une route qui permette de tourner l'armée russe. La 4e division du 2e corps part pour Eupatoria, ainsi que la division de cavalerie du général d'Allonville.

Le 29, les hussards et dragons d'Eupatoria livrent un combat à dix-huit ou vingt escadrons russes, qui sont taillés en pièces et mis en fuite; l'ennemi laisse sur le terrain un grand nombre des siens et entre nos mains une batterie d'artillerie de douze pièces. Nous avons eu dans cette brillante affaire 30 blessés, dont 5 officiers : une seule blessure est assez grave : c'est celle de M. Hébert, officier.

Le mouvement des malades et blessés de tout le mois a été de :

Effectif de l'armée (septembre 1855), 125,680 hommes.

Entrés Décédés

à l'hôpital. àl'hôpiUL

Blessés par le feu. • 8665 1300

Cholériques .,.,... 489 336

Scorbutiques. .' . 1688 20

Typhiques. ••••• • 5 3

Blessés, fiévreux» vénériens, galeux. . 3800 519

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