SIRE
Nous , les négocia ns étrangers établis dans fa capitale du royaume d'Hayti, sommes bien reconnaissans que Votre Majesté nous a accordé cette occasion de vous exprimer les seniimens de haut^
Considération et de respect que nous avons poiiî Votre Majc'stë , dont ia valeur et les talens ne sont pas moins connus dans les pays d'où nous sommes sortis, que dans îe royaume qui fli-urit sous les soins paternels du Souverain auprès de qui nous avons Thonneurde nous rendre aujourd'hui.
Nous avons été témoins de Fenlliousiasme que votre peuple a manifeste à Tarrivëe de Votre Majesté au Cap-Henry , et nous ne pouvons pas manquer de vous assurer que nous nous participons libéralement dans la joie occasionnée par la présence de Votre Majesté.
Q )and Votre Majesté jette ses regards sur nous. Elle voit des homrrîes qui aiment leur patrie ! Et pourquoi ? parce que la libené et Tindépendance existent dans leur pays ; c'est ainsi qtiand nous portons nos yeux sur Votre Majesté , nous recon- Kaisscjns avec plaisir le Souverain qui a établi îa liberté et Findépendance du peuple hayiien.
Sire , nous vous prions d'agréer la grande opinion que nous avons des vertus de sa majesté la Reine, votre aimable épouse : nous avons souvent entendu parler des rares qualités qui caractérisent celte grande Princesse ; et c'est avec beaucoup de sincérité que nous désirons qu'Elle continue long temps à orner la place éievée dans laquelle VqUs Majesté est parvenu d^
ia placer par votre biavoure et par votre sagesse; et nous souhaitons ëgalernenc que voire fi's aine', le Prince Royal , ainsi que les Princesses Pvoyales puissent imiter les vertus de leurs augustes père
et mère.
Sire, tandis que nous avons pleine raison d'cîre conîent de raccueil favorable que nous recevons daî)S toute retendue de voire royaume , nous sentons \a nëcessirë de parler particulièrement de la protection et de la bienveillance que porte envers nous» voSre digsie/réprësenîant , aïonseigupur le Gouverneur de la capitale , comm^ aussi de !a grande s.tisfaclion que nous éprouvons d^ms toutes nos transacuons mercantiles avec M. votre Secrëiaire înterprèle.
Njus souhaiions, cordialement, à V. M. tout le succès dans tous vos effoils, poor le bonheur et le salut de voire peuple, et nous espérons qua tous leurs vcçux pour ia sasilë et la prospérité de Votre Maies:ë, ainsi (|ue celle de k Familla Roydle, soient accosiiplis.
Nous avons Thonoeur d'éire avec la plus profond respect.
De Voire Majesté , JLes très-humbles et très-obëissans serviteurs 5^ JohaShoolked^ Tho* Sualford , J^Î.Kawliâ.
son, HaiTÎson Jam^ Thompson, G Struckmann, Samï D Mjers , Henry Boome , Robert Scot , Beesiaj , A Gutting , W. French, Sami Gooper , P J. Sdicîbner, W. Mallett , John White , Gha'. Gonnell, John Miîchelson, Thomas Ashmeade , Robert Mon^gomerie et Sami T. Goit. Sa Mafeslé a répondu en ces termes :
MESSIEURS, Je suis saiisfai( de vous voir réunis , et sensible auxseniirnen ,qae vous venez de m'exprimer; mes anîeodons sont d'encourager et de profëger le commerce; et raoîi pius grand dësir est de vous voir prospérer dans vos relations commerciales.
Si vous avez quelques représentations à me faire concernant vos affaires de commerce , je les accueillerai favorabiement.
Mes ordres sont donnés pour faire respecter vos personnes et vos propriétés, et vous faire jouir de la protection et de la sécurité , qui vous soni accordées par les lois du rojaume,
M. le baron de Dupoj , s'est empressé de rendre dans la langue anglaise , la réponse de S. M. à laquelle messieurs les Négocians ont répondu spontanément par les cris de vive le Roi !
^.M. s'est rerirée, et quelques inslansjaprès , messieurs les N gocians onl; 6lé lecoaduils pas M^ l& bavon de Dupuj.
t 37 ] '^1.6 20, Leurs. Majestés, le Roi et !a Reine
moulèrent à cli val , et allèrent passer la journée àlaBinde-lu-Norcl, au Pont Dahomet(cklevant .Port-Fi'fiDçais ) ; toute la cour était à cheval ; bs dames étaient remarquables par rélégance de leurs costumes; elles étalent toutes 4iablilées en amazones, avac des petîls chapeaux de la dernière élégance , ornés de plumes d'autruches , et montées sur des chevaux superbes; ces dames formaient à l'œil de l'observateur le plus beau coup-d'œil qui se soit jamais présenté à sa voe*
Leurs Majestés rentrèrent dans Taprès-mldi da même jour dans la capitale.
Le 2r , veille du départ de Leurs Majestés pour le palais de Sans-Soaci, toutes leurs actions, dans !e cours de la journée » forent autant d'actes de bienfaisance.
Une somrae conséquente fut mise , par Sa Majesté la Reine , à la disposition de plusieurs dames respectables de la ville , connues par leur piéié et leur charité , pour être répartie aux personnes indigentes , qui sont incapables , paiv leurs âges ou leurs infirmités , de travailler pouu gagner leur existence.
Une autre somme considérable fut aussi mise a |adispositioadeM.leî3aroa deDupuj, chargé d©
faire les prépararîFs nécessaires pour ïe repas donné par S. M. la Pieine aux habiîans de la ca jilale.
Le Roi , voulant signaler la fête de sa bienaîmcG ëpouse , par des actes de clémence , fil tJieUve en liberté plusieurs prisonniers.
S. M. daigîia s'occuper du mariage des enfans naturels de feu S. E. M. le comte du Dondon; ayant voulu , en reconnaissance des bons services cpi lui avaient été rendus et à la patrie, par le feu Comte durant son vivant, répandre ses bienfaits et sa munificence sur ses enfans.
Combien ne devons-nous pas chërîr un Sou* Verain qni nous re'corapense de nos services, même au-delà du trë[ias, en re'pandant ses bienfaits sur no're posîëriîé ? Q lelles louanges l Quelles actions da grâces ne devons-nous pas aux bontés paternelles de S. M., et quels puissans îîîoîjfs d'eneouracrement , quels slimnlans pour nous de redoubler de zèle et d ardeur pour sou service !
Pendant le cours de r.pfte Journée , LL. MM. ont répandu sur une infinité de personnes leurs dons et leurs libdraîilés ; toutes celles (jui onl eu besoin d'approcher de Lenrs M ^jestës ont m accès librement auptès d'elles, et en ojit été accueillies avec cette bonié , vraiment iou&hante »
qui ajoute encore un nouveau prix aux faveurs
que l'on en ob'ienl toujours.
Les habitaiîs de la capitale se ressouviendront long-temps de ia présence de Leurs Majestés ; c'était celle du père et de la mète de famille au milieu de leurs enfans , et qui daignaient descendre jusqu'à eux par bonté et par grandeur d'arae : en effet , lorsqu'on est parvenu à un rang, où Ton ne peut plus monter , la véritable grandeur est de savoir se mt^ttre à la portée de tout le monde; et notre auguste Souverain , en agissant ainsi , est d'autant plus gmnd , qu'il se souvient qu'il est homme et qu'il commande à des hommes î
Dans la même soirée, il y eut grand bal au palais qui a duré jusqu'à ilnslant du départ ; durant le bal, S. M. a été très-gaie; une infinité de personnes de la ville s'éiait mise au-devant des portes et fenêtres de la salle du bal pour vole danser ; S. M. a daigné leur adresser , en riant , plusieurs fois la parole , et a fait démasquer e\k* même ce qui pouvait nuire à leur vue : S. M. , avec cette bonté vraiment admirable , leur a promis que Dimanche prochain , après le repas que leur doimait S. M. la Reine , qu'à leur tour elles danseraient dans la même salle du baî«
Au sortir du bal , à quatre lieures du matin , |i©urs Majestés ^ S. 4, R. k Prince Royal qî
E 40 } jfvL. A A. PxR. les Pfincesses Rojaies , montera en voimres, suivies de toute Ja cour, et s'ea retoumèreni à Sans-Souci , emportant avec elles les vœux et les bénédiclions du peuple de la capitale I
Le 24 , Messsieurs les Nëgociaiis étrangers , ëtablés au Gap-IIenrj, en retour du repas qui leur avait été donne par sa grâce monseigneur le duc de la Marmelade, gouverneur delà capitale, donnèrent aos hajiiens un grand dîner prié , des plus magnifiques , au Café des étrangers.
Tous les convives qui étaient dans le repas de sa grâce niuiii^t^igiieur le duc de la Marmelade , s j trouvèrent , et quelques autres personnages remarquables y fureiii invités ; dans ces derniers , Ton y distinguait sa grâce monseigneur le duc de TAnse , aichevêque d'Hajti, grand aumônier du Roi, 5. E. ai. le comte d'Ouanaminthe , M. le baron de Charrier , secrétaire général du ministère des finances et de l'intérieur; S. E. M. le maréchal de camp Fidèle et M'' les chevaliers de Hardy et de Manuel.
Tous les étrangers présentement au Gap- Henry , négocians , subrécargues et capitaines j étaient aussi prësens.
Là table ëiait servie splendidement, couverte
de mets les plus exquis et surtout d'un vin excellent , qui est l'âme d'un bon repas.
A cinq heures, tous les convives e'tant rëunîs furent places suivant IMliquelte, par M" White , Shabner, Mallett, Beesleyet S( m ckaiann, faisan! fonctions de maîtres des cérémonies.
La table fut présidée par M. John Shoolbred» négociant anglais, et par M. French , négocîani des Etats-Unis d'Amérique.
Ls repas fut très gai, le vin n'y fut pas épargné.
Au dessert qui a été magnifiquement servi , le président porta le toast : Au Roi lï Angleterre ^ qui fut couvert par trois huzza ! el la musique a joué l'air : God save the Klng,
Immédiatement api es ce toast, le président porta celui du Roi d'Hayti , notre très-auguste et bienaimé Souverain , qui fat couvert par les cris de huzza ! et la masi([ae a joué l'air : T^lve Henry !
De suite fut porté celui du Président des Etats^ Unis d' Amérique , qui fut couvert par les cris de huzza ! et la musique a joué l'ak - Ff^ashington Marclu
Après les toasts de la Reine de la Grande-» Bretagne, de la Reine d'Hayti , du Prince, Régent 4*Anglel<grre , et une infinité d'autres santés qui
;ii,H
f xprîmèrent les senfimens de l'honorable societ^^ ont été portées et bues avec allégresse. , Parmi les toasts volontaires qui ont été portés , nous consignerons ceux-ci qui ont produit I4 plus vive émotion dans la sociélé.
Par M. White :
A la Mémoire de S. A, R, Ferdinand Henry , Prince Royal d'Hajti , mort vicùim& de la Scélératesse du Cabinet F rancais^
Tout à coup le bruit et la joie qui régnaient dans la société ont cessé pour faire place au calme et à la douleur; chacun des convives s'est levé, et a bu dans le plus grand recueillement et 'dans le plus grand silence , tant ils étaient pénétrés des sentimens d'amertume et d'indignation , au souvenir d'un crime aussi horrible î
Immédiatement après , ce toast fut porté par M. le baron de Vastej %
A. la Reconnaissance que nous devons auoG. vertieux Philantropes qui ont défendu notre Cause avec autant d ardeur que de désintégres cernent ; si leurs Vfeux et leurs Efforts sont im'uissans, servons • nous alors de nos Epées pour traverser le Corps des Ennemis de l'Hw manité, et pour maintenir les Droits que nous tenons de Dieu, de la Nature et de la Justice!
ïlien n'a manqué dans cd vepas^ tout j était >
t 4S î h bon ^oûS la magnificence et la délicatesse f
présidaîent.
Il était fort tard lors ]ae les convives S î sépare^ i*ènr , sâlisfaits d'avoir passé quelques heures dans îa joie et les plaisirs , et d'avoir goûlé les doii3È éharmes de ia société.
Dimanche 2S , a eu lieu le Grand Repa^ donné par S. M. la Reine, aux Dames de la Capitale, dans l'enceinte de la cour du vieuoa Gouvernement, Pour exécuter pleinement les intentions de S; M. la Reine , notre auguste et bien aimée Souveraine ; plusieurs jours auparavant le repas, S. A. R. ^^ le Prince Jean, neveu du Roi , aidé par sa grâce monseigneur le duc de la Marmelade , gouverneur de la capitale , et de M. le baron de Dupuy, s'étaient occupé de faire faire tous les prépara* ifs nécessaires , pour donner à cette fêle toute la magiiiiicenceet la somptuosité possibles , afin de Id rendre digne de i'augi.sîe Princesse qui \a donnait,
Un grand nombre de cuisiniers ♦ de pâtissiers et de confiseurs , avaient été employés pour préparer le festin.
Les barriques de vin avaient été disposées sur le eliamier , toutes prêtes à être tirées. Une quantité^
Ml
'Si
^nsidérable de vins choisis , de liqueurs et de* provisions de toutes espèces , avaient été piëparé^ par les soins de M. le baron de Dapuy.
M. le baron des Bois, sëne'chal juge de la villa du Cap-Henry , s'était charge de remplir les fonctions de giand maître d'hôtel ; et la direction des détails avait été confiée aux soins et à la vigilance de M. le chevalier de Mouscardi , înlendant de la maison du Roi, et de M. le chevalier de Galix Augustin , intendant de la maison du Prince Royal.
Quatre tables parallèles , de deux cents couverts avaient été diessées sous les tentes ; ce qui donnait un ensemble de huit cents couverts.
Ces quatre tables étaient servies avec la plus grande propreté , abondamment couvertes de mets les plus délicats , de pâtisseries , de confitures et de fruits de toutes espèces.
Rien n'avait été négligé , et l'on peut dire avec 3ustice, que malgré l'étendue des tables , et le uiombre d'objets qu'il a fallu pour les garnir comme il faut ; tout a été servi avec la plus grande somptuosité; Tordre et la symétrie qui ont été particulièrement observés , ont donné à ce repas le coup-d œil le plus magnifique,
La première table était présidée par S. A^ R. W le Fonce Jean , chargé de repi ésentcr S» M#
Sans cette fête vraiment nationale; le v»ce présidentëtaû S. E. M. le comtede Valière; M. le baron de Vastey, maître des cërémonies , ayant sous sa direction dix aides des cérémonies. '
La seconde table ëtait présidée par sa grâce monseigneur le duc de l'Anse , Archevêque d'Hayti, grand auraônier du Roi; à côté de sa grâce était S. A. R. madame la Princesse Jean , dame d'honneur de la Reine , et chargée de repré- ^nter S. M. dans ce festin ; le vice présideni ëtait S. E. M. le comte d'Ennery ; M. le baron de Dupuy , maître des cérémonies , ayant sous sa direction dix aides des cérémonies.
La troisième table était présidée par sa grâce monseigneur le duc de la Marmelade , gouvarneut de la capilale ; le vice président était M. le colonel chevalier de Nord; M.Filliatre, conliôleur des finances, maître des cérémonials , ayant sous sa direction dix aides des cérémonies.
La quatrième table était présidée par S. E. M. le comte d'Oaanaminths ; le vice président était M. le chevalier de Sainte Flear ; M. le bai'on ds Ferder , maître des céremOMies , ayant sous sa direction dix aides des cérémonies. ,
A trois heures , toutes les dames étaient réunies
dans la salle du festin , et furent placées par les
isxâiLues el bs ûides dm cérémonies , en cominen*
C 46 1 çant par les mères de famille, ensuite par !e^ demoiselles.
Le repas a été frès gaî; le plus grand ordre et la p!us gniide décence y ont régnés ; la joie la. plus pure brillait sur tous les visages,
M"^* du Commerce étranger rjià ont participé à nos fèces, se sont empressés de se joinJre aux haytiens , pour servir , et y faire toutes sortes d'honnêteté et de politesse aux dames ; ces messieurs se sont tenus debout comme tous le» hommes, avant cédés leurs places aux dames»
Au desserf , les toasfs suivant ont été portés :
Par S. A. R. M" le Prince Jean :
[/4u Roi Henry f ^ Soiwerai?i et Père des Jlay tiens t
Les cris de vive le Roi , se sont fait entendre de toute part ; ce toast a été salué par vingt-uti coups de canon.
Par sa grâce monseigneur l'Archevêque , duo de FA. nse :
A Sa Majesté Marie-Louise, Reine d'Hayti, le parfait modèle des Mères et des Epouses ; 'à la reconnaissance que nous devons à S. M, pour la fa^'eur insigne quelle nous a Jalte aujourdhui ; puisse le souvenir de ses bontés ^e graver éternellement dans notre mémoire l
Ce toast a éié couveiL par vii)gt un coup d®
t 47 1 feanon , et a porté l'enthousiasme parmi les dames 3
qui choquant leurs verres à l'envi les unes des
autres en s'ëcriant : A la Reine ! A la Reine l vive
la Reine ! vive Sa Majeslë la Reine î
^ Par son excellence M. le comte de Valière :
^ notre Généralissime , S, A, R, le Prince» Royal dHIayii !
Ce toast a ëié couvert par onze coups de canon, et par les cris de vive le Prince Royal l
Par S. G. monseigneur le duc de la Marmelade :
A nos aimables Princesses LL. A A* R.R, les Princesses Royales dHaytil
Ce toast a é(é couvert par neuf coups de canon j> de vifs applaudissemens, et par les cris de vivent les Princesses Royales,
Par S. Ex. M le comte d'Ouanamînlhe :
A la Famille Royale; -puis seH- elle donner à l'Etat des Guerriers, Défenseurs du Trône et de la Patrie !
Applaudissemens, six coupsde canon, et les cris da vive la Famille Royale, ,
Par S. Ex. M. le comte d'Ennery :
; Ail Peuple Hay tien ; puisse" ù- il , par sa
sagesse et par son aptitude auoc Sciences er^
aux Arts, confondre les calomnies de nos,
détracteurs, cquiiuq ils Qn$ été vaincus 4^n$
C 48 1 ites Comhats, par son énergie, sa constance eèr sa valeur !
Ce toasr, vraiment patriotique , a înspîrë le pîiis vif enthousiasme ; il a été couvert par vingt-un coups de canon , et la salle a retenti des cris de yive le Peuple Haytien !
par M. le chevalier de Nord :
^u3o Braises Officiers , Sous - Officiers eu Soldats de F Armée de Terre et de Mer; à ces intrépides Défenseurs du Trône, de la Liberté et de V Indépendance l
Vifs applaudisseraens, onze coups de canon , vive l'Arme© de Terre et de Mer !
Par M. le chevalier de Sainte Fleur :
\A nos Pères nourriciers les Royal Daho* mets; à ces Bra^^ es auxiliaires de l'armée; toujours paisibles et laborieux durant la Paix, et toujours la Terreur et le Fléau des Ennemis de la Patrie pendant la Guerre !
Bruyans appiaudibsemens , neuf coups de canon , et les cris mille fois répétés vive les Royal Dahomets 1
Par M. le baron de Dupuy :
\A la Prospérité de l' Agriculture , Tame el> le soutien du Commerce f
yifs applaudissemens , six coups de canon.
Après
t 49 1 Après ces toasU d'obligation dans une (êta nationale, beaucoup d'autres fureot portes à volonté par les convives.
Il s'est trouve' dans ce repas plus de quinze cents personnes, maigre qu'il n'y avait eu de couverts que pour huit cenis ; mais par l'urbanité, l'honnêteté et la délicatesse des convives tout le monde a participé également ; ceux qui n*avaienl pu avoir de places, se placèrent entie les tables» sur des chaises et des bancs ; ils furent abondamment servis , par les soins des maiires et des aides des cérémonies ; et les personnes qui étaient à table , comme pour les dédommager de cette privation , s'empressaient de leur faite passer touC ce qu'il y avait des mets de plus délicats et dç plus exquis , de sorte qu'ils ne furent pas les plus mal partagés.
Malgré tout ce moîvde qu'il y avait dans c© repas public, et la quantité considérable de vins qui ont élé consommés, il n est point arrivé le plus petit accident ni la plus petite querelle qui aient pu troubler les plaisirs de la société, la plus parfaite harmonie , la gaieté la plus franche , l'ordre et la décence , ont constamment régnés dans ce repas.
' Généralement toutes les dames aise'es étaient
îiablllses rîcliejment , et trèi-élëgararaent ; m^îs l'on admirait dans les personnes moins aisées une mise honnête et décente , et surtout la plus grande pr.opreîë.
Le spectacle de cette brillante assemblée flattaîÉ agréablement la vae , et Tobservateur haytien a c^û contempler avec ravissement les pas immenses que nous avons faits dans si peu d'années dans le grand art de vivre dans la sociélé. O si quelquesuns de nos vils détracteurs avaient pu être témoins de cette belle réunion de personnes les plus estimables et des plus charmantes, combien ils auraient eu de honte de les avoir tant calomniées ; et combien ils auraient eu de poignans remords sî toutefois les ennemis de l'espèce humaine en étaient susceptibles î
Enfin , il n'a manqué dans ce repas , oii l'on a vu briller le caractère naûonal , (jue la présence des Augustes Personnes qui l'avaient donné aussi libéralement , pour couronner le bonheur et la joie dv^s habiîans de la capitale ; et souvent l'idée de Côtle absence revenait aux convives, surtout dans ces momeus d'une douce ivresse où le vin et la joie excitent l'âme à s'épancher , on entendait dire : c'est dommage î c'est dommage! que le Roi et la Reine ne soient pas ici î nous aurions joui de leui* préseiicô , et ils auraient joui de noire bonheur;
I Si ^
ils auraient vu comme nous les che'rîssohs : et p6^ se dëdomma^^er de celte priva'ion , les hrçnmes buvaient au Roi , et les dames , à la R^ ine i l'on se faisait la peûte crueire , et Ton fiiiissaii toi^jou^s pai* faire la pai'C, en buvant au Roi et à la Reine ! Le soir il y eut spectacle pablic : il y avait una fo:ile imuens3i Ton a donne le Barbier da Sé^'lIIe. M. Heureanx aine a excellé dans le rô|3 deBiî-thoilo, et M. Diguinlèau fils dans ceîàî
de Figaro.
Au sortir de la comédie , il y eut ff-anà bel
dans la salie du bal du palais , et les dames diJ
-G+D-H *nry , se raopellant de la promesse que fe
• R n leur ëvair faite de les faire danser , n'ont pas
manque , ponr donner des preuves à Sa Pv'la|esî,e
de lenr zèle et de leurs désirs de lui complaire ç
qne de danser constamment et sans relâche,
jusqu'au joor.
C'est ainsi qtie s'est terminée la fête de S iVl^ la R*^ine , notre très - auguste et bien - aimée Souveraine , qui pendant l'espace de douze joors qu'elle a durée, n'a cessée d'ê;re , d un àèùî instant , un sujet de satisfaction , de bonheui' et de félicité uni versais l ^^
ijt I
r Sa ]
OHDOiNNANCE DU ROI,
Qui élève un Montmient à la Liberté et à rincl^pendance y sur la Place d'Armes de la Citadelle H e jsr r y«
HENRY, par îa grâce de Dieu et ïa Loi constitutionnelle de l'Etat, Roi d'Hayti , etc. etc. etc. à tous présens €jt à venir , S A l u t 5
Voulant donner au Peuple Haytien une preuve éclatante de notre amour pour la liîberté et l'Indépendance qu'il a conquises par son énergie et son courage, par les plus nobles et les plus généreux Sacrifices j
Vouiatit consacrer , par un Monument durable, cei acte de la volonté nationale, et en perpétuer le souvenir jusqu'à nos derniers neveux j
Considérant qu'il est de notre devoir, €tque iiouis devons être attentifs à nourrir la sensibilité et i ardeur de nos peuples pour la gloire , d'exciler l'émulation qui
làît naître les grands hommes 9 et de rêf primer les crimes 9 en attachant la honte et l'infamie à la mémoire Je ceux qui ont abjuré l'honneur et trahi la Patrie ,
A ces causes, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
Au milieu de la Place d'Armes de la jCitadelle Henry, il sera élevé une Colonne CL la Liberté et à V Indépendance !
2. L'Acte de l'Indépendance, du pre« jnier Janvier 1804, q«î proclame, en face de l'Univers , la résolution du Peuple Haytîen de vivre libre et indépendant ou mourir, y sera gravé sur le bronze, et dans tout son contenu,
3. Les noms des Signataires y seront aussi gravés^ dans le même ordre qu'ils sont portés dans ledit Acte , à l'exceptioa des noms des traîtres qui en seront effacés, pour avoir trahi depuis la cause de la Liberté et de l'indépendance*
4' Nuire Grand Conseil d'Etat nous
îfera un rapport motivé sur les noms clè ceux qui devront être portés ou effacés d$ l'Acte de l'Indépendance 5 et du Monument qui doit en perpétuer le souvenirs
5. Tous les ans , à Pépoque de l'annî- Versaire de l'Indépendance ^> il Séfâ pro-»nonce au pied du Monument , consacré à la Liberté et àFIodépendance , un éloge funèbre desGuerrîers qui sont morts^ dans lë$ combats ou dans les tortures , pour la défense de cette cause sublime.
6. Notre Ministre des Fiiïances et de l'Intérieur, leDlrbCteur Général duGéoie^ Sont chargés fcliacun eri ce qui les concerne j de nous présenter incessauiment \e plan figuratif è£ dexrîptlfde ce Monument, pour être approuvé et exécuté sous le pi u s bref dèlàî .
Mandons et orcionnoriS qne les présentes-,
l'evêtues de notre sceau soiesit adressées à toutes
Jes Cours, Tribuiîaux.et Autorités administratives,
jp(3ur qu'ils les îranscu-iveut dans leurs registres,
les observent et les fassent observer dans tout le
Royaume ; et le Ministre de la justice est chargé
de la promulgation.
/ "Donné en notre Palais Royal du G^p-Henfyî 1^20 Aojât 1816, Tan treizième de rindé|3ej^)!| dance , et de notre règne le sixième. * )
Par le Roî 9 Le Secrétaire d'Etat , Ministre des Affaires étrangères ,
Comte de Limonade.