UEUTION SI H UNE ÉPIDÉMIE
d'abord rares, mais s'étaient rapprochées sous l'influence des alcooliques, et se sont éloignées de nouveau des qu'il a cessé de boire. Je ne l'ai pas vu dans ses crises el n ui pu faire contrôler le renseignement qui m'a été donné sur son épilepsie; en admettant que ce reuseigneinnii ne soit pas exact, on peut croire au moins cà une ivresse convulsive.
B... (Louis), âgé de quarante et quelques années, n'est qu'un ivrogne ordinaire dont l'intelligence s'affaiblit et se déprave de plus en plus; d'après ce qui m'à été dit, il me paraît probable qu'il a eu dans les derniers temps une attaque de delirium Iremens.
Quand il a bu, ce qui lui arrive souvent, il casse tout chez lui, bat sa femme, a voulu la tuer et l'a poursuivie un couteau à la main.
C'est dans ces occasions que l'on dit qu'il a des crises.
L... (Antoine) a cinquante- huit ans; il est petit, débile, d'une intelligence peu développée, et sa physionomie porte l'empreinte d'une profonde tristesse, lia été fort éprouvé dans ses affections : il a perdu sa femme et quatre de ses enfants; son fils aîné est militaire, ce qui contribue h l'attrister encore. Il s'ennuie, a un grand dégoût du travail, ne pense pas à ce qu'il a à faire, n'a pas la moindre force, est indifférent à la perte comme au gain, croit ne jamais payer assez cher ce qu'il achète, et craint de tromper involontairement les vendeurs. 11 lui semble toujours qu'il a fait un mau-
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vais coup, il n peur. 11 est malade depuis la mort de sa femme, il y a quatre ans; il peut à peine manger, son pain noir lui inspire de l'horreur, il ne vit que de lait.
L an dernier il est allé à Genève consulter une vieille femme qui lui a fait des signes de croix avec une racine, lui a ordonné d'aller faire des dévotions à Saint- Guérin et de faire bénir une chemise ; il a fait tout cela, et s'est trouvé mieux pendant six mois, mais petit à j petit il est retombé dans la même situation qu'auparavant.
Ce pauvre homme est encore un lypémaniaque, ou bien proche de l'être, qui peut-être finira comme (Claude T.. .
Un autre homme vint un jour me consulter, et me rrendit ainsi compte de ce qu'il avait éprouvé :
« J'ai quarante ans, je suis marié, j'ai des enfants. Me me portais très bien, quand tout à coup je fus pris, !il y a six mois, de grands maux d'estomac, d'un ennui extraordinaire, je ne pouvais plus rien faire, je n'avais uucun désir de manger ; quand je voulais y essayer, il me prenait envie de vomir : je pensai que j'étais pris aussi comme les filles.
» Après quelques jours je sentis mal à la tête, aux reins et j'éprouvai un besoin irrésistible de dormir. Un iour je me couchai, je voulais dormir, mais je ne pouais pas; je sentais que je m'engourdissais, j'avais froid ; e finis par ne plus pouvoir ni parier ni remuer, sans ussiMitir aucune douleur. On me parlait, on me secouait, j'entendais bien, je voyais, je sentais ce qu'on
me faisait; on m'a mis aux jambes delà moutarde qui m'a même fait grand mal, mais je ne pouvais ni répondre ni taire un mouvement : on crut que j'allais mourir, et je fus administre.
» Je restai trois jours dans cet état; au bout de ce temps, je m'endormis réellement [tendant cinq ou six heures. Quand je me réveillai, je parlais, je me levai et me mis à manger; je ne sentais plus de mal, mais j'étais très fatigué, et cette fatigue dura plusieurs jours.
» Pendant tout un mois j'allai très bien, mais un jour je retombai absolument dans le même état, et depuis c'est li mis les mois la même chose.
» Quatre ou cinq jours d'avance, j'ai mal à l'estomac, je ne puis manger, je me sens lourd, j'ai mal tout le long du dos, et dans ce moment je commence à éprouver tout cela : c'est dans trois ou quatre jours que ma crise doit venir. «
Cet homme n'avait pas une de ces constitutions débiles si communes, il paraissait d'une force ordinaire, avait le visage assez coloré et les yeux injectés.
Je l'engageai à se mettre douze sangsues au siège, et à prendre matin et soir pendant trois jours 50 centigrammes de sulfate de quinine.
Il habitait fort loin et dans la partie la plus difficile des montagnes ; je ne pus le revoir et il ne vint point me rendre compte comme je le lui avais recommandé. Mais à la fin du mois, il vint pendant une courte absence que je fis, et ne me trouvant pas, il alla chez le médecin de la localité lui demander de celle poudre qui acail empêché sa crise de reparaîlre. 11 ne ressentait
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pien de ce qu'il avait coutume de sentir d'avance, bien que l'époque fût près d'arriver; il voulait reprendre de la poudre pour mieux assurer sa guérison, et promit, si son accès revenait, de le faire savoir. On n'en a plus entendu parler, d'où j'ai dû conclure qu'il n'a plus rien eu, car il avait témoigné un grand désir de se guérir.
Peut-être faut-il noter comme ayant pu aider à sa guérison probable cette circonstance, que le malade vit en ce moment sur un point absolument isolé, où il ne voit, n'entend parler de rien de ce qui se passe ou se dit dans le village.
Plusieurs femmes reconnaissent que quand elles sont dans leurs cbalets des montagnes, sans voisins, elles sont beaucoup plus calmes et ont bien moins de crises.