HELAT10N SUR UNE ÉPIDÉMIE
Pourquoi (elle personne est-elle malade plutôt que telle autre? — Prédispositions héréditaire* .
S'il est curieux de voir une pareille épidémie à notre époque, il est peut-être tout aussi étonnant qu'elle n'ait pas fait plus de victimes; que le symptôme le plus fréquent, les convulsions, ne se soit pas plus généralisé.
Toute la population est soumise aux mômes influences , a les mômes habitudes , partage la même croyance, et cependant sur 2000 habitants, en plus de quatre ans, 420 seulement ont eu des convulsions, les autres n'éprouvant que des malaises plus ou moins sérieux, le mal s'arrêtant (chez eux à ses premiers symptômes.
La prédisposition plus grande, et de tout temps reconnue, du sexe féminin pour les accidents hystériques, explique pourquoi ce sexe seul a présenté toute la série des phénomènes constatés dans cette épidémie, comme dans plusieurs de celles anciennement observées; mais cette aptitude n'explique pas assez pourquoi cent vingt femmes se sont trouvées plus susceptibles que les autres, dont les conditions d'existence sont absolument les mômes.
11 faut remarquer, eu passant, que les malades récem-
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ment atteintes sont relativement peu nombreuses; que l'état de presque toutes date d'une époque plus rapprochée du début de la maladie que du moment actuel; que la plupart de celles qui ont encore des crises les ont toujours eues depuis ce début, ou en ont été reprises
, après des intervalles de calme.
Les unes, bien que toutes soient également con vaincues de la réalité de la possession, ont donc su ou pu
rrésister plus que les autres aux effets de cette croyance et h toutes les excitations qui en sont dérivées; à la lon-
.gue, cette force de résistance s'affaiblit, s'épuise : aussi
Itrouve-t-on un certain nombre de femmes qui n'ont rien éprouvé encore, mais qui disent qu'elles se sentent
moins sûres d'elles-mêmes, qu'elles s'ennuient, etc.
M. Morel, dans son Traité des dégénérescences , et U'après le docteur Magnus Huss, parle du régime alimentaire d'une partie des habitants de la Suède, et des iffections gastriques réunies sous le nom de gastrite chronique, qui en sont la conséquence.
Suivant M. Morel, cette maladie, ou plutôt, pour remonter de l'effet à la cause, cette alimentation est une :ause active de dégénérescence.
Dans ce qu'il écrit sur ce sujet, il semble avoir pris »^s habitants de Morzines pour modèle de son tableau : "est que le climat de cette partie de la Savoie n'est pas ans analogies avec celui de la Suède, et, au poisson près, i nourriture est la même.
A ces actions réunies du climat, de l'alimentation, ■es habitations, il faut encore ajouter ici, à côté de