RELATION SUR L'NE ÉPIDÉMIE
exemples d'accidents convulsifs, ils peuvent presque toujours être attribués à un état morbide antérieur el différent. L'unique représentant du sexe masculin qui paraisse avoir eu réellement des crises de la même nature que celle des filles, est le jeune T...
Ce sont généralement les jeunes filles de quinze à vingt-cinq ans qui ont été atteintes; dans l'autre sexe, au contraire, à l'exception de cet enfant T..., ce ne sont h peu près, dans la mesure que je viens de dire, que des hommes d'un âge mûr, auxquels les vicissitudes de la vie ont bien pu apporter d'autres préoccupations préexistantes, ou à ajouter à celles causées par la maladie.
Peut-être cette différence est-elle due à ce que les iminmes de cet âge n'éinigrenl pas, tandis que les jeunes gens sont absents, en grande ma jorité, pendant les deux tiers de l'année ; les seuls hommes sur le compte desquels l'opinion s'accorde pour les considérer comme ayant rte ou étant .pris comme les filles, sont les nommés Claudel tosepb P..., Louis B... et Antoine L...
Claude T..., de l'aveu de sa femme, n'a jamais eu de crises : atteint de gastrite ou de gastralgie hystérique, ou peut-être de quelque dégénérescence de l'estomac, on a vu qu'il est mort dans un état de lypémanie confirmée.
I>... (Joseph) raconte lui-même ce qui le concerne : « Ma sœur était déjà malade depuis un an ; avant d'avoir la maladie, elle avait presque toujours été ma-
D'HYSTÉRO-DÉMONOPATHIE EN 1861. 71
lade (elle a eu uneascite); tout mon bétail était malade aussi. J'avais été trouver M. le curé, qui m'avait1 dit qu'il ne pouvait combattre à la fois le mal de ma sœur et celui de mes bestiaux; je me suis alors décidé aies vendre, mais j'en étais bien contrarié.
» Le jour de la foire j'ai bu beaucoup et j'ai été pris d'une crise; on m'a ramené chez moi, mais je voulais toujours me sauver, m'en aller courir; peu après j'ai commencé à avoir mal à l'estomac et je n'eus plus goût à rien, je n'avais jamais faim et n'avais envie que de vin ou d'eau-de-vie.
» Chaque fois que ces envies me prenaient, tous les mois, tous les deux mois, je ne pouvais pas y résister, et je buvais tant que je pouvais, vin et eau-de-vie, mais chaque fois j'avais des crises après.
» Je suis allé chez un homme à Genève, je ne sais ce qu'il m'a fait, parce que j'ai eu une crise chez lui ; il m'a dit quej'irais mieux, et en effet depuis cet hiver je n'ai pas eu de crises et je ri ai plus envie de boire, mais j'ai toujours mal à l'estomac.
» Autrefois j'étais mal à mon aise à l'église, je ne pouvais pas prier, ça me serrait le cou; maison ne s'apercevait de rien, je me retenais.
» Maintenant que je n'ai plus de crises, je n'éprouve plus rien à l'église-, je travaille, mais quand je n'ai pas de bonnes choses à manger, je ne puis pas avaler. »
P... n'est donc qu'un véritable dipsomane, qui habille sa narration avec les idées et les mots en vogue, mais qui ne dit pas, ce que l'un m'a assuré, qu'il est épileptique depuis sou enfance ; les attaques étaient