G RELATION SUR UNE ÉPIDÉMIE
lieraient cnlendus ou lus, et la vivacité, la rapidité des réponses, tout aussi bien que ces réminiscences, ne sont que le résultat de la surexcitation du cerveau au mol nient des crises : le cerveau est comme le cœur, une émotion peut en augmenter l'action.
« L'intelligence est dans une si étroite dépendance » du système nerveux, que des troubles profonds n'af- » fectent jamais celui-ci, sans qu'un délire, presque » toujours associé au développement de certaines » facultés intellectuelles, ne produise consécutives » ment. »
Il y a donc augmentation de l'activité intellectuelle; de là naissent des manifestations qui expriment un degré d'intelligence supérieur à celui de l'état normal: cet accroissement momentané d'intelligence se renferme ici clans des limites bien plus étroites qu'on ne l'a vu dans d'autres cas analogues.
On pourrait, sans trop s'éloigner de la réalité, comparer ces malades aux personnes ordinairement calmes ou moroses, parlant peu, qui. après quelques verres de vin, deviennent loquaces, et étonnent d'autant plus par leurs saillies, qu'elles leur sont moins habituelles.
La force musculaire extraordinaire, hors de proportion avec l'âge et le sexe des malades, que l'on a remarquée quelquefois pendant les convulsions, n'a pas elle-même d'autre cause que cette surexcitation qui, du cerveau, s'est étendue, propagée à tout le système des nerfs rachidiens.
Les fous furieux, les alcoolisés, dans un accès de dclirixnn Iremens, déploient une puissance musculaire triple,
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quintuple de leurs forces normales, et on ne les prend plus pour, des possédés.
! L'énumération de tous les faits réputés merveilleux, acceptés non-seulement par la ^population , mais par ceux qui auraient dû être les premiers à en démontrer la fausseté ou l'exagération, serait encore longue, et il serait puéril de* vouloir la continuer; je terminerai donc cette revue par les suivants :
La ; faculté qu'auraient les malades de s'apercevoir de l'approche de ceux qui donnent le mal, ou d'un prêtre, sans le secours de la vue, à travers les murs ; De percevoir les sons à des distances impossibles ;
. Et enfin le tour de force du jeune ï , dans son
ascension sur un arbre.
Pour la connaissance de l'approche de ceux qui donnent le mal, M. le docteur Arthaud a déjà dit le résultat de l'expérience qu'il a faite ; je l'ai répétée. Je fis venir, le sieur Jean Berger, le plus terrible de tous les sorciers, dans la salle de la mairie; je réunis dans une petite pièce contiguë, et séparée seulement par une très mince cloison, cinq malades des plus agitées, je les y ai gardées plus d'une heure, et pas une ne s'est doutée'du voisinage. ' : Une autre fois, j'allai avec un prêtre, désireux, de voir et de bien voir, visiter une malade dont les crises étaient fréquentes et très violentes : c'était la nommée Angélique B , fille de vingt-six à vingt-sept ans/ vigoureusement constituée. Elle dormait sur son lit quand nous arrivâmes et était couchée sur le côté ; je me plaçai du côté où était tournée la face, le prêtre restant du
côté opposé. Je la réveillai doucement, et sans changer de position elle se mit à causer avec moi, ne se doutant nullement que je n'étais pas seul; je lui dis enfin qu'une autre personne était là et voulait aussi lui parler: elle se retourna, et apercevant ce prêtre, une crise furieuse commença. L'ecclésiastique, déjà étonné, d'après tout ce qui lui avait été raconté, que la crise n'eût pas commencé dès son arrivée, le fut bien plus encore, quand il vit qu'en tenant chacun la malade par un bras, nous réussissions à la contenir et à la maintenir à peu près immobile sur son lit.
L'accroissement des forces pendant les crises est réel, mais il paraît d'autant plus grand que l'on craint davantage, en voulant contraindre les malades, de les blesser ou d'être blessé par elles.
La fille Barbe, se trouvant à Genève, aurait entendu les cloches de -Morzines pendant une crise, et dit, sans en avoir eu préalablement connaissance : «On sonne le baptême de l'enfant de M. le docteur Bué... ces cloches me fatiguent. » (La distance est, à vol d'oiseau, de 50 à 60 kilomètres; Morzines est beaucoup plus élevée que Genève, et de hautes montagnes les séparent.)
La mère de la malade soutient que c'est la vérité, et des témoins, ils ne manquent jamais dans ces occasions, confirment sa déclaration.
Si le fait est vrai, un état sonmambulique pourrait peut-être l'expliquer; pour moi, je suis très disposé à l'expliquer comme tant d'autres contes déjà passés en revue : ou la malade avait eu connaissance du baptême,
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ou son historiette n'est qu'un mensonge complet, fabriqué ou arrangé après coup, ou peut-être même une simple coïncidence. Ceci n'est pas une explication, mais c'est une grande probabilité.
L'enfant Tavernier est monté avec une rapidité et une facilité sans exemple, jusqu'à la pointe ou dernier rameau d'un arbre de 50 mètres de hauteur, et, après en avoir cassé l'extrême cime, s'est planté la tête en bas sur le sommet, en gesticulant et chantant, est redescendu, toujours la tête en bas, aussi vite qu'un écureuil.
Le fait est loin d'être unique dans les annales des prétendues possessions : les nonnes d'Uvertet, dans le comté deHornn, faisaient absolument la même chose, étant atteintes de la même maladie; ce qui, de leur part, était bien plus extraordinaire que de celle d'un jeune garçon, qui avait précisément la réputation d'une grande habileté dans ce genre d'exercice.
Plusieurs individus m'avaient assuré avoir vu cet enfant dans sa position périlleuse et bien connaître l'arbre sur lequel il était monté.
J'ai voulu voir cet arbre placé au sommet d'une montagne et m'y faire conduire par les prétendus témoins, mais successivement et après avoir pris mes précautions pour qu'ils ne pussent communiquer ensemble avant que chacun m'ait montré le théâtre du prodige.
Chacun me désigna un arbre différent.
La mère de l'enfant m'indiqua enfin le véritable, et me fit voir l'endroit d'où elle aperçut son fils au sommet de l'arbre. Je lui fis répéter sur place la narration