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Le 3 mars de Tannée 1 533,,on annonça publiquement que l'on allait fondre , et Ion se mit au travail.
Dix jours après , un des chrétiens, qui avait été à Cuzco, arriva à Caxamalca ; c'était celui qui était parti en qualité de notaire. Il rapportait une relation dans laquelle on racontait commeût on avait pris possession dans cette ville, au nom de S. M. , et l'on y donnait une description des placés qui sont sur la route. Il y était dit que Ton en comptait trente principales, et d'autres plus petites ; que la ville de Cuzco est aussi grande qu'on l'a déjà rapporté, qu'elle est sur le penchant d'une montagne, près d'une plaine, que les rues sont bien dessinées et pavées , et que, pendant le séjour des envoyés qui dura une huitaine , ils ne purent voir tout ce qu'elle contenait. Cuzco y avait une maison revêtue de plaques d'or, carrée etfort bien construite. Elle a sur chaque face trois cent cinquante pas de long. Ils avaient enlevé de cette maison sept cents plaques
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d'or, qui pesaient l'une dans l'autre cinq cents J9e50^. Les Indiens retirèrent d'une autre maison deux cent mille pesos ^ mais, comme il était à un titre très-bas, les nôtres n'en voulurent pas : il n'y avait que sept ou huit carats par j9e^o. Ces deux maisons étaient les seules plaquées en or qu'ils virent , les Indiens ne leur ayant pas laissé observer toute la ville. A en Juger par l'apparence et par les officiers qui y résidaient, il paraissait y avoir de grandes richesses.
Les Espagnols y trouvèrent le chefQuisquis, qui commande la place pour Âtabalipa; il est à la tête de trente mille hommes de garnison qui la gardent , parce qu'elle est près des Caraïbes et d'autres peuples qui sont en guerre avec cette ville. Le notaire parla fort au long des choses que l'on voit à Cuzco , et du bon ordre qui y règne. Il dit que le chef des Espagnols qui y avaient été envoyés revenait avec eux et six cents plaques d'or
et d'argent , ainsi qu'une quantité considé- 4. 12
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rable de ces métliu]^ que leur avait donnée à Xauxa le chef que Ghilicuchima avait laissé dans cette ville. De sorte que tout Tor qu'ils apportaient se montait à cent soixante-huit charges de paligueres (i) portées par quatre Indiens; ils conduisaient, disait^l ^ peu d'argent. Ne recevant l'or que peu à peu , ils devaient attendre, et il fallait beaucoup dlndiens pour l'aller chercher, car on le recueillait de ville en ville. Il pensait qu'ils seraient à Ga^iamalca dans un mois.
Les convois d'or qui venaient de Guzco , comme on vient de le dire, arrivèrent à C^ixamalca le i3 juin i533; il y en avait deux
cents charges et vingt-cinq d'argent. Il paraissait y avoir cent trente quintaux d'or. Quand cet or fut arrivé , il en vint encore soixante charges de bas aloi , la plus grande partie était
(i ) Ce mot n'est pas espagnol : le tradactenr déjà cité le rend par Paligheri qui n'est pas italien. On peut supposer avec quelques raisons qu'il signifie un brancard ou palaquin , terme qui n est pas sans analogie avec cette expression.
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en plaquer âdôiblàblës à des planche^ de caisses de trou à quatfé pàliHes dé largeur. Elles avaient été enleVééS dés mUTs des a{)parteiheilts; et il y avait dès trotiô qui semblaient indiquer qu'ôti les avait douées ; on acheva de fondre et de faire le départ de cet or, le jour de Saint-Jacques, et tout îor et fargent ayant été pesés datis Une balatlce, ta totalité s'éleva k Un million trois teût viïigt-six mille cinq cent treûté^-Ueuf pesos d'or fin , sur lesquels, aprèsqUêTôQ eut prélevé le droit du fondeur , sa majesté devait avoir le quinte qui s'éleva à deux cdftt soixante-deux mille cinquante->>Beuf pesùé d'or fin. L*arg«tit produisit citiquante^un mille six cent dix marcs, dont dix mille céflt vingt- un fiir^nt pour l'empereur.
Pizarre préleva le quint et lé droit du fondeur sur la totalité , pUis il partagea le reste entre les cduquérônts qui l'avaient gagné.
Il revenait à chaque éavalier huit mille huit cent quatre-vingts pesos d'or, et trois cent
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soixante-deux marcs d'argent , et aux fantassins quatre mille quatre cent quarante/^e^o^ , • et cent quatre-vingt-un marcs d'argent; mais chacun eut plus ou moins, suivant la qualité • des personnes et les peines qu'elles avaient. souflFertes.
Avant le partage de l'or, le gouverneur en avait mis à part une certaine quantité ; qu'il donna aux colons qui étaient restés à Sant-Miguel, à tous ceux qui étaient venus • avec le capitaine Diego de Almagro , à tous les marchands, et aux marins qui arrivèrent après ' que la guerre fut terminée : de sorte que tous ceux qui se trouvèrent dans le pays en eurent leur part. On peut donc appeler cette fonte une fonte générale, car elle fut générale pour . tous.
Il arriva pendant ce travail un événement digne d'être noté : un jour on fondit quatre-vingt mille pesos d'or, tandis qu'ordinairementon n'en fondaitqui cinquahteou soixante mille. Cette fonte fut faite par les Indiens. Ils.
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ont parmi eux des orfèvres et des fondeurs habiles qui travaillent avec neuf fourneaux.
Je n'omettrai pas de parler des prix que l'on a payé les vivres, et certaines marchandises dans ce pays, bien qu'il y aura despersonnes qui ne me croiront pas , car ces prix sont exorbitants ; mais je puis le dire sans mensonge ,;.puisque je l'ai vu et que j'ai acheté divers objets. Un cheval s'est vendu mille cinq cents pe^o^, un aut^, trois mille trois cents ; le' prix ordinaire était de deux mille cinq cents , encore n'en trouvait-on pas : une bouteille de vin de trois açumbres ( 6 litres 0.60 ) soixante pesos. J'ai payé deux açumbres quarante pesos : des chaussures le même prix; un manteau, de cent à cent yin§t pesos; une épée quarante ou cinquante ; une tête d'ail, un demi-peso; une main de papier dix; pesos ; les autres choses dans la même proportion. Je sacrifiai douze pesos pour avoir un peu plus d'une demi -once