S2 RELATION
montagnes y les habitants sont bien meilleurs que tous ceux que Fon laisse en arrière :
ils sont beaucoup plus propres et plus intelligents. Les fenunes sont aussi plus retenues; elles ont sur leurs robes des cordons bien travaillés et liés en ceinture. Au-dessus de cette robe elles mettent une pièce d'étoffe de laine qui les couvre depuis la tête jusqu'à mi-jambe, et qui ressemble à une mantille. Les hommes portent de petites chemises sans manches et une couverture de laine. Toutes les femmes tissent chez elles de la laine et du coton. Elles fabriq^uent les étoffes nécessaires et les chaussures des homme» avec les mêmes matières. Ces chaussures sont faites comme des souliers.
Pizarre était resté avec les Espagnols pour attendre Atabalipa, ou quelqu'un qui lui donnât un logement. Voyant qu'il se faisait tard, il expédia un capitaine et vingt cavaliers pour dire à ce prince de venir lui parler. Il recom^ manda d'éviter le combat avec ses gens, à
moins d'jj^ êti*e absolument forcé; de faire . tout son possible pour parvenir jusqu'à lui , et de retournet* avec une réponse. Lorsque ce capitaine fut à moitié chemin, le gouverneur monta au haut de la forteresse. Il vit en avant des tentes élevées dans la campagne, une grande multitude d'Indiens. Craignant que les chrétiens ne se trouvassent en danger en cas d'attaque, il leur envoya son frère, le capitaine Ferdinand , avec vingt autres chevaux , afin qu'ils pussent plus facilement se défendre et battre en retraite. Il lui recommanda d'empêcher que l'on n'en vînt aux mains.
Bientôt après il coiyimenea à pleuvoir et à grêler : Pizarre donna l'ordre aux chrétiens de se loger dans les appartements du palais , et il fit placer le capitaine de l'artillerie et ses pièces dans la forteresse. Sur ces entrefaites , un Indien arriva de la part d'Atabalipa, pour dire au gouverneur de se loger où il voudrait, excepté dans la forteresse : que son maître ne pouvait venir, parce qu'il observait le jeûne.
Le gouverneur répondit qu'il en agirait ainsi^ et qu'il avait envoyé son frère pour prier son maître de venir le voir ; car il avait grande envie de le connaître , à cause du bien qu'on lui avait dit de sa personne. Le messager par^ tit avec cette réponse : le capitaine Pizarre et les chrétiens furent de retour avec la nuit.
Quand ils furent en présence du gouverneur^ ils lui dirent que pendant leur marche iU avaient trouvé un mauvais pas, c'était un bour*' hier qui , de loin , ressemblait à une route ; eo. effet , une large chaussée en pierre , conduit jusqu'au camp d'Âtabalipa. Comme ce chemin passe dans des endroits difficiles , ils s'étaient engagés dans ce mauvais pas , puis ils avaient traversé d'un autre côté. Avant d'arriver au camp, ils avaient franchi deux cours d'eau.
Une rivière coulait en avant des retranchements d'Atabalipa, les Indiens la passeiff^ur un pont. De ce côté le camp était environné d'eau. Le capitaine, qui était parti le premier, avait laissé ses gens en deçà de la rivière , dans la
érainte d'épouvanter les naturels, et il n'avait pas voulu passer le pont parce qu'il avait eu peur qu'il ne s'enfonçât; mais il avait traversé l'eau en emmenant son interprète avec lui : il avait passé au milieu d'une troupe de gens
rangés en bataille. Etant arrivé au logement d'Atabalipsfy il vit quatre cents Indiens au milieu d'une place , et qui semblaient être de garde.
Le tjran { el tyrano) était à la porte de sa demeure, assis sur un petit siège : un grand nombre d'Indiens et de femmes étaient devant lui , debout , et l'entouraient presque II avait sur la tète une houppe de laine que l'cm aurait prise pour de la soie cramoisie , haute de deux inain^, et liée avec des cordons qui descendaient jusqu'aux yeux , ce qui le feisait paraître beaucoup plus grave qu'il ne l'était en efiSellllil tenait les yeux fixés en terre sans détourner la vue. Quand le capitaine fut devant ce prince, il lui fit dire par son inter^ prête ou truchement , qu'il était un ofi&c»er
du gouverneur, qui l'envoyait pour lui faire visite, et pour lui exprimer le désir qu'il avait de le voir : que Pizarre serait trèssatisfait s'il voulait bierr venir. Il lui tint aussi d'autres discours auxquels Atabalipa ne répondit rien : il ne leva pas même la tête pour le regarder ; mais un chef parla pour lui.
Pendant ce temps le second capitaine arriva à l'endroit où le premier avait laissé ses gens. Il s'informa de ce qu'était devenu son collègue; on lui répondit qu'il était allé parler au cacique. Il laissa aussi son monde, passa la rivière, et arriva où était Atabalipa. Le premier capitaine dit alors ; «Voilà le frère du gouverneur, p^le-lui, puisqu'il vient te voir. » A ces mots le cacique leva les yeux, et dit : « Mayçabilica , un chef que j'ai sur les bords de la rivière de Turicara m'a fait sa-/ voir comment vous maltraitiez les caciques , que vous les enchaîniez , et il m'a envoyé un collier de fer. Il m'a appris qu'il avait tué
trois chrétiens et un cheval ; néanmoins , demain matin j'irai voir le gouvet*ïieùr, et je serai l'ami des chrétiens , parce qu'ils sont bons. » Ferdinand Fizarre lui répondit : « Rlayçabilica est un coquin , un seul chrétien le tuerait, lui et tous les Indiens de cette rivière. Comment pourrait-il tuer deô chrétiens et un cheval , puisqu'ils sont tous des lâches (unas gallinaSy des poules)? Ni le gouverneur ni les chrétiens ne maltraitent les caciques , si ceux-ci ne veulent pas leur faire la guerre, et nous agissons fort bien à l'égard des Indiens qui désirent être nos amis. Quant à ceux qui veulent la guerre, on la leur fait jusqu'à ce qu'ils soient exterminés, et lorsque tu auras vu ce que sont les chrétiws , quand ils t'aideront dans tes guerres contre tes ennemis , alors tu sauras que Mayçabilica t'a menti. » — «Eh bien! dit Atabalipa , un cacique a refusé de se soumettre à mes ordres , mes troupes partiront avec vous, et vous lui ferez la guerre. » Ferdinand Pizarre répondit : « Pour un seul ca-
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cique il n'est pas nécessaire que ton armée se mette en campagne; dix cavaliers chrétiens suffisent pour le vaincre. » Atabalipa se prit à rire , et dit aux capitaines de boire ; mai$ »' comme ceux-ci se méfiaient, ils lui répondî*rent qu'ils jeûnaient. Cependant ils <Dédér^i£ à ses instances et acceptèrent. A Finstant des femmes arrivèrent avec des vases d'or, dans lesquels était de la chicha de mais. Dès qu' Atabalipa les vit, il leur jeta un coup d'œil sans leur parler ; aussitôt elles s'éloi*gnèrent et revinrent avec d'autres vases d'or plus grands que les premiers, et on les leur présenta pour boire. Ensuite ils prirent con^é d' Atabalipa, après être convenus avec lui qu'il yiendi'ait voir le gouverneur le lendemain matin.
Le cainp de ce prinee était sur le penchant d'une colline ; les tentes , tissues de coton > occupaient une lieue de longueur : au milieu s'élevait celle d'Atabalipa. Toute son armée était hors des tentes et sur pied , et leui^ ar-^
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ij^e^, qui sont des laneeçde la grosseur des piques, étaient pliintée^ en terre. Ces deux capit^ipes crurent yoir trente mille hommes dan$ le camp^ Aussitôt que Pizarre fut instruit de ce qui s'était passé, il fit faire bonne garde , et il ordonna à son commandant en chef d'inspecter le^ portes et que toutç la nuit des patrouilles parcourraient les approches des retr^ncheiuents , ce qui fut fait» Le lendem^n samedi, de bonne heure, le gouverneur reçut un messager d'Atabàlipa, qui lui dit:
Mon maître m'envoie vers toi pour te prévenir qu'il désire te voir, et qu'il conduira avec lui ses troupes armées puisque tu en as fait au-r taint hier* Il debiande que tu lui envoies un chrétien pour l'accompagner. ^ Dis à ton maître , lui répondit Pizari*e , qu'il vienne sous de bons auspices et eoipine il voudra ; de quelque façon qu'il se présente , je k rece^ vrai en frère et eu ami , mais je ne lui enverra riû pas de chrétien , parce qu'il n'est pas dans nos usages qu'un prince en envoie à un autre, d
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Le messager i^fourna avec cette réponse.
A peine fut- il arrivé au camp, nos sentinelles virent les troupes se mettre en marche. Peu après, un autre envoyé se présenta, et dit au gouverneur : « Atabalipa m'a chargé de te faire savoir qu'il ne veut plus amener ses guerriers, et qu'au lieu d'eux, beaucoup de ses gens viendront sans armes , parce qu'il désire les avoir a sa suite , les loger dans cette ville , et qu'ils doivent lui préparer un logement dans la place pour qu'il puisse y demeurer. Il veut que ce soit dans la maison appelée la maison du Serpent parce qu'il y a dans l'intérieur un serpent en pierre. » Le gouverneur répondit : « qu'il en soit ainsi , et qu' Atabalipa vienne au plus vite , car je désire le connaître. »
On vit presque aussitôt toute la campagne pleine de^gens qui s'avançaient et s'arrêtaient presque à chaque pas pour attendre ceux qui venaient du camp. Ce concours de monde dura jusqu'au soir ; ils marchaient di-
DE LA CONQUÊTE DU PÉROU. ^f
visés en colonnes. Quand ils eurent franchi tous les mauvais pas, ils s'arrêtèrent dans la campagne, prés du camp des chrétiens, et pendant tout ce temps-là du monde sortait de celui d'Atabalipa.
Alors Pizarre commanda aux Espagnols de s'armer dans leurs logements , de tenir leurs chevaux sellés et bridés, sous les ordres de trois capitaines, et que personne ne sortit pour se rendre à la plafdfe. Il ordonna au capitaine d'artillerie de pointer ses nièces sur les ennemis qui occupaient la plaine , et d'y faire mettre le feu quand il serait temps. Il^fit placer son monde en embuscade dans les rues qui conduisaient à la place , et prit vingt fantassins , qui restèrent avec lui dans son logement pour l'aider à s'emparer de la personne d'Atabalipa, s'il venait traîtreusement, comme cela paraissait être, puisqu'il se faisait accompagner de tant de monde. Il recommanda de le prendre en vie, et que personne ne sortît de son poste, quand même on verrait en-
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Le messager i-etourna avec cette rëponM.
A peine fut- il arrivé au camp, nos sentinelles virent les troupes se mettre en marche. Peu après, un autre envoyé se présenta, et dit au gouverneur : « Atabalipa m'a chargé de te faire savoir qu'il ne veut plu»
amener ses guerriers, et qu'au lieu d'eux, beaucoup de ses gens viendront sans armes ,parce qu'il désire les avoir à sa suite , les loger dans cette ville , et qu'ils doivent lui prëpai*er un Ic^ement danslaplaoe pour qu'il puisse y i demeurer. Il veut que ce soit dans la maisoo j appelée la maison du Serpent parce qu'il ^ a dans l'intérieur un serpent en pierre. » '. gouverneur répondit : « qu'il en i et qu'Atebalipa vienr désire le connaître. ■ ,
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Alors Pizarre commanda aux Espagnols de s'armer dans leurs logements , de tenir leui'S chevaux sellés et bridés, sous les ordresde trois capitaines, et que personne ne sortit pour se rendre^ l|if|«|feJ9anlfiiiiia au capitaine d'ar-
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C'est dans oes dispositions que le gouverneur attendit l'entrée d'Atabalipa sans qu'aucun chrétien ne se montrât dans la place, excepté la sentinelle, qui prévenait de ce qui se passait dans l'armée ennemie. Pi- ^^arre et le commandant en chef visitaient les postes des Espagnols , examinant s'ils étaient prêts à marcher qnand^'instant serait venu , disant à tous de se faire une forteresse de leur cœur, puisqu'il n'en avait pas d^autrès , et qu'il n'avait de seoours à attendre que de Dieu , qui protège dans les grands dangers ceux qui marchent pour son service.
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« Bien qu'il y ait cinq cents Indiens pour un chrétien, ajoutaient-^ils , montrez ce côuràgè dont les gens de cœur font preuve d^ns de telles occasions 9 et espérez que Dieu combattra pour vous* Au moment de Fattaque , précipitez-Yous avec force et promptitude , et chargez sans que les chevaux se jettent les uns sur les autres. » Tels étaient les discours que le gouverneur et le commandant en chef tenaient aux chrétiens pour les encourager ; car ceux-ci auraient préféré sortir en rase campagne que de rester dans les maisons.
Chacun/à voir leur courage, paraissait valoi^ cent hommes, et tant de monde les effrayait peu.
Le gouverneur voyant que le soleil àllaiti se coucher, quAtab^ipa ne bougeait pas et au il sortait toujours des troupes dé soii camp, lui envoya dire par un Ëspagt^ot d'entrer dans la place , et de venir Je voir avant qu il fut nuit. Quand le messager fut en
{H*éseâce d'AtabaIi{m, il le salua et lui fit signe
de se rendre près du gouverneur ; aussitôt lé prince se mit en marche avec ses gens. Ceux qui formaient lavant-garde avaient des armés cachées sous leurs chqmises , c'étaient des espèces de juste-au-corps très-forts, rembourrés de coton, des sacs de pierres et des frondes, ce^ qui prouvait leurs mauvaises intentions. Dès que lavant-garde commença à entrer dans la place, une troupe d'Indiens , couverts d'une espèce de livrée de diverses couleurs disposées comme les cases d'un échiquier, marchait en tête pour balayer la route. Après eux venaient en chantant et en dansant trois autres pelotons vêtus d'une façon différente, puis une multitude de gens couverts d'armures , portant des couronnes d'or et d'argent. Au milieu d'eux était Atabalipa , dans une litière gai"^ nie de plumes de perroquets de toutes sortes^ de couleurs, et enrichie de lames d'or et d'argent. Un grand nombre d'Indiens le por- .
taient sur leurs épaules; deux autres litière^ et deux hamacs, dans lesquels étaient les
personnages principaux, le suivaient. Une nudtitude de gens divisés en colonnes marchaient ensuite, et portaient des couronnes d'or et d'argent.
Aussitôt que les premiers corps furent entrés dans la place , ils s'éloignèrent et firent place aux autres. Quand Atabalipa fut arrivé au milieu , il fit arrêter tout le monde, et il ordonna que l'on continuât de tenir élevée sa litière et les autres. Il entrait toujours du monde dans la place : un chef indien de l'avant-garde monta à la forteresse où était l'artillerie, et leva deux fois une lance comme pour donner un signal. Dès que le gouverneur le vit, il demanda à frère Vincent de Valverde s'il voulait aller parler à Atabalipa avec un truchement : celui-ci y consentit et s'avança en tenant un crucifix d'une main et la Bible de l'autre. Il passa au milieu des Indiens, parvint jusqu'à Atabalipa , et s'exprima ainsi par la voix de son interprète : « Je suis un prêtre de Dieu ; j'en-
seigne aux chrétiens les choses du Seigneur, et je viens les enseigner à vous aussi; j'enseigne ce que Dieu nous a appris et ce qui est contenu dans ce livre. C'est en cette qualité que je te prie, de la part de Dieu et des chrétiens, d'être leur ami, car Dieu le veut, et tu
t'en trouveras bien. Va parler au gouverneur qui t'attend. » Atabalipa demanda qu'on lui donnât le livre pour le voir, et on le lui remit fermé. Comme il ne pouvait pas l'ouvrir, le religieux étendit le bras pouî* lui montrer comment il fallait s'y prendre. Atabalipa lui donna avec dédain un coup sur le bras , ne voulant pas le permettre ; et en s'efiForçant de l'ouvrir il y réussit. Il ne s'étonna pas de voir les caractères ni le papier, comme les autres Indiens , et il le jeta à cinq ou six pas de lui. Il répondit avec beaucoup d'orgueil et en ces termes au discours que le moine lui avait fait entendre par le truchement : Je suis bien instruit de ce que vous avez fait sur votre route , et comment vous avez traité mes ca-
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ciques et pille les maisons. » Le frère Vincent
♦ lui répondit : « Les chrétiens n'en ont pas agi
ainsi : quelques Indiens ayant apporté des efiFets sans que le gouverneur en fût instruit , il les a renvoyés. » — « Eh bien ! reprit Atabalipa, je ne bougerai pas d'ici que vous ne m'ayez tout rendu. » Le religieux retourna près du gouverneur avec cette réponse. Atabalipa se leva sur sa litière , et exhorta les siens à se tenir prêts. Le frère Vincent raconta au gouverneur ce qui s'était passé avec Atabalipa , et qu'il avait jeté à terre la l^inte Ecrituret*^
A l'instant même Pizarre revêtit une cui- • rasse rembourrée de coton, prit son épée, son bouclier, traversa au milieu des Indiens avec les Espagnols qu'il avait gardés près de lui, et courageusement, accompagné de quatre hoinmes, qui seuls avaient pu le suivre, il parvint Jusqu'à la litière d' Atabalipa, puis sans la moindre crainte il lui saisit le bras gauche en s'écriant : Santiago! Aus^
sitôt Ton entendit les déchaînes de Fartillerie et le soa des trosipettes : toute la cavalerie et lea fitntassins sortirent. Dès que les In* diens virent galopper les chevaux , presque tous quittèrent la place, et s'enfuirent avee tant de précipitation , qu'ils enfoncèrent une partie <de l'enceinte de la ville , et un grand nombre tombèrent les uns sur les autres. Les
cavaliers passèrent sur eux en les tuant et en les blessant , et ils poursuivirent les fuyards. Vinfanterie chargea avec tant de furie ceux qui restèrentdans la place, qu'en peu de temps la plupart furent passés au fil de l'épëe.
Cependant le gouverneur tenait toujours Atabalipa par le bras, ne pouvant pas le tirer en bas de son brancard parce qu'il était trop élevé* Les Espagnols tuèrent assez de porteurs pour que la litière tombât , et si le gouverneur n'avait pas protégé Atabalipa , cette fois ce barbare aurait expié toutes les cruautés qu'il avait commises. En le défen* dant il fut légèrement blessé à la main.
Pendant toute Faction aucun Indien lie fit usage de ses armes contre lès £s{Mignols , tant fut grande leur épouvante en voyant Pizarre au milieêr^'eux , le g^op des chevaux , et en entendant tout à'^ coup lés décharges de lartillerie. Cétaient dbér^hoses nouvelles pouf eux, et ils cherchèrent plutôt à s'enfuir qu'à combattre.
Ceux qui portaient la litière d'Atabalipa semblaient être des chefs; tous furent tués, ainsi que ceux qui étaient dans les litières et dans les hamacs. Il y avait datis ces litières un grand seigneur qui remplissait près d'Atabalipa l'office d'écuyer, et qu'il estimait beaucoup ; les autres étaient aussi des personnages puissants et ses conseillers. Xic cacique die daxamalca fut massacré, un gt^nd nombre de chefs moururent aussi , mais on n'en tient pas compte, car il y en avait une multitude. Tous ceux qui composaient la garde d'Atabalipa étaient des gens de distinction. Le gouverneur retourna à son habitation avec son prispQ-