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nier , dépouillé de ses vêtements que les Espagnols lui avaient arrachés en essayant de le foire descendre de sa litière.
C'est une chose merveilleuse de voir un prince si grand et si puissant foit prisonnier en si peu de temps. Le gouverneur envoya aussitôt dans la ville pour lui chercher des vêtements ; il le fit habiller, et le consola ainsi du chagrin de se voir si promptement déchu de sa puissance. Entre autres paroles consolantes , il lui dit : « Ne sois pas honteux d'avoir été vaincu et foit prisonnier : les chrétiens que je conduis sont il est vrai peu nombreux, néanmoins j'ai conquis avec eux de plus vastes états que les tiens , et j'ai soumis des princes plus puissants que toi à l'o* béissance de l'empereur mon maître, roi d'Espagne et du monde entier. Nous sommes venus par son ordre conquérir ce pays pour que tous aient la connaissance de Dieu et de la sainte foi catholique; nous n'avons donc que de bonnes intentions. Nous sommes venus
DE LA CONQUÊTE Dp PÉROU. lOt
pour que tu. apprennes à connaître le Seigneur, et que tu abandonnes cette existence diabolique et brutale dans laquelle tu vi^.
Voilà pourquoi Dieu, le*créateur du ciel, de la terre et de tout ce qui existe , a permis qu'une petite troupe comme la nôtre soit victorieuse d'une si grande multitude, d'ennemis. Quand tu connaîtras Terreur dans laquelle tu as vécu, tu sauras combien il est avantageux pour toi que nous soyons venus dans ce pays par Tordre de sa majesté. Tu dois te trouver bien heureux de n'avoir pas été vaincu par une nation cruelle comme la tienne , qui n'épargne personne. Pour nous , nous traitons avec humanité nos ennemis \^incus : nous ne faisons la guerre que quand ils nous attaqueilti et, quoique nous puissions les détruire , notl» leur pardonnons. Lorsque je tenais en mon pouvoir le cacique de l'île, je l'ai remis en liberté , afin qu'il se conduisît bien à l'avenir. J'en ai fait de même avec ceux de Tumbez , de Chilimasa et d'autres. Après qu'ils furent en-
tre nos mains, et quoiqu'ils méritassent la mort, je leur ai pardonné. Si nous nous somlaes emparés de ta personne , et si nous avons tué tes gens, c'est parce que tu es arrivé avec une^ armée nombreuse quand nous t'avions fait prier de te présenter en ami , c'est parce que tu as jeté pK^rterre le livre qui contient
la parole^ de Dititt. Aussi le Seigneur a-^t-il permis que ton orgueil soit abaissé , et qu'aucun Indien ne puisse blesser un seul chrétien. »
Atabalipa répondit à ce discours du gou-
verneur : c< Mes ofificiers m'ont trompé , fSk m'ont dit de ne pas tenir compte des Espagnols, mon intention était de venir en ami»
ils n'ont pas voulu y consentir. Tous ceux qui m'ont donné ce conseil, ont été tués. J'ai bien vu la bonté et le courage des Espagnols, et que Mayçabilica les a calomniés. »
Comme la nuit était arrivée , le gouverneur, voyant que ceux qui avaient poursuivi les fuyards n'étaient pas de retour, fit tirer une
DE LA CONQUÊTE DU PÉROU^. Io3
décharge d'artillerie et Bônner la trompette pour qu'ils commençassent leur retraite. Peu après, tous rentrèrent au camp avec les nom* breux prisonniers qu'Us avaient faits , et qui s'élevaient à plus de trois mille. Le gouverneur demanda aux siens s'il n'y avait pas de blés* ses. Son commandant en chef, qui était à leur tête , lui répondit qu^un seul cheval avait reçu une blessure légère. Le gouverneur, rempli de joie , lui dit : « J'en remercie vivement Dieu, notre Seigneur ; et tous , messieurs , rendons-lui de nombreuses actions de grâces pour le miracle éclatant qu'il a fait aujourd'hui pour nous. Nous pouvons croire en vc-
rite que y sans sa protection particulière , nous n'aurions pu entrer dans ce pays , et encore moins rester vainqueurs d'une si grande armée. Plaise à Dieu , puisque par sa miséricorde il a bien voulu nous accorder de telles faveurs, qu'il nous accorde la grâce d'accomplir d'autres œuvres semblables pour mé • riterson saint rovaume. Mais, messieurs, vous
êtes fatigués; que chacun aille donc se reposer dans son logement, et, quoique Dieu nous ait fait vaincre, ne cessons pas d'être sur nos gardes ; car ces gens sont en déroute , il est vrai ; mais ils sont artificieux et aguerris , et ce prince , vous le savez, est craint et obéi* Ils essaieront toutes les perfidies et toutes les ruses pour le tirer d'entre nos mains. Que cette nuit et toutes les suivantes il y ait une bonne garde et des patrouilles , afin que nous puissions être avertis. » Après cette allocution ils allèrent souper. Pizarre fit asseoir Ataba-» lipa à sa table , et le traita avec bonté. Ce chef fut servi comme lui ; ensuite il envoya chercher pour le servir celles de ses femmes que l'on avait prises , le prince lui-même en choisit une. Le gouverneur ordonna qu'on fît un bon lit pour Atabalipa dans la chambre où il dormait. Une simple garde surveillait le prisonnier sans qu'il fût enchaîné.
La bataille avait duré un peu plus d'une demi-heure, car le soleil était déjà couché
DE LA CONQUÊTE DU PÉROU. lo5
quand l'action avait commencé. Si la nuit n'était pas arrivée, de trente mille ennemis et plus ( des gens qui avaient vu des armées en rase campagne , furent d'avis qu'il y en avait plus de quarante mille ) , fort peu auraient échappé. Il y avait dans la place plus de deux mille morts sans les blessés. On remarqua dans cette affaire un fait merveilleux ; les chevaux, qui la veille ne pouvaient se remuer à cause des douleurs provenant du froid qu'ils avaient soufiFert, galoppèrent ce jour-là avec tant d'ardeur, qu'ils semblaient n'avoir pas été malades.
La nuit, le capitaine commandant en chef inspecta les sentinelles et les postes , et les plaça dans des endroits convenables. Le lendemain matin le gouverneur envoya un capitaine avec trente cavaliers pour battre toute la plaine, et fit briser les armes des Indiens. Pendant ce temps-là , ceux qui étaient' restés au camp firent ôter de la place, par les Indiens prisonniers, les cadavres qui s'y trou-
1 o6 RELATION
vaient. Le capitaine et les cavaliers ramasseT rent tout ce qu'il y avait dans le camp et dans les tentes d'Atabalipa , et retournèrent avant midi dans les retranchements des chrétiens avec un convoi d'hommes , de femmes , de moutons, de For, de Taisent et du butin. Cette incursion produisit 80,000 pesos d'or, 7,000 marcs d'argent et quatorze émeraudes : l'or et l'argent étaient en morceaux énormes , en plats grands et petits , en seaux , en vases , brasiers , grandes coupes , et autres pièces de différentes formes. Atabalipa dit que tous ces vases étaient à son usage , et xjue les Indiens qui s'étaient enfuis en avaient emporté une quantité très - considérable. Le gouverneur ordonna de lâcher tout le bétail parce qu'il y en avait beaucoup trop , et que cela embarrasserait , de tuer chaque jour ce qui serait nécessaire , et de conduire dans la place les prisonniers que l'on avait faits la veille pour que les chrétiens prissent ceux dont» ils avaient besoin pour se servir. Il fit met-
DE LA CONQUâTJE DU PÉROU. IO7
tre les autres en liberté afin qu'ils se rendissent chez eux. Ils étaient de différents pays , d'où Atahalipa les avait fait venir pour faire la guerre , et pour le service de son armée.
Plusieurs Espagnols furent d'avis de tuer tous les gens de guerre, ou tout au moins de leur couper les mains. Le gouverneur ne voulut pas y consentir, disant qu'il n'était |ias bien d'être aussi cruel : qu'Atabalipa était puissant , qu'il pouvait , il est vrai , réunir de grandes forces ; mais que le pouvoir de Dieu était sans comparaison bien supérieur : que le Seigneur protégeait les siens par sa bonté infinie , et qu'ils devaient être certains que celui qui les avait préservés du danger de la veille, les soutiendrait dans les périls futurs. Puisque les chrétiens avaient le louable projet de conquérir ces sauvages infidèles au segpvice de Dieu , et de les instruire dans la sainte foi catholique, ils ne devaient pas, dibait-il, imiter ces gens-là dans les cruautés qu'ils
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exercent, et les sacrifices qu'ils font de leurs prisonniei^s. « La mort de ceux qui ont péri pendant Faction suffit , ajouta-t-il : ces gens ont été conduits comme à la boucherie, il n'est pas bien de les tuer et de leur faire du mal. » C'est ainsi qu'ils furent mis en liberté.
On trouva dans cette ville de Caxamalca des maisons pleines du haut en bas d'étofies liées en ballots ; on disait qu'elles avaient été rassemblées pour les besoins de l'armée d'Atabalipa. Les chrétiens prirent tout ce qu'ils voulurent, et cependant ils laissèrent ces maisons si remplies , qu'rl ne paraissait pas qu'on y eût touché. Ces étoffes étaient les meilleures que l'on eût vues aux Indes. La plus grande partie était d'une laine très-fine et choisie ; d'a.utres , de coton de diverses couleurs et très-bien tissues.
Voici leurs armes de guerre , et comment ils s'en servent Des frondeurs , qui lancent des pierres de la grosseur d'un œuf, rondes
DE LA CONQUÊTE DU PÉROU. lOQ
comme des cailloux de rivières , et travaillées à la main, marchent à l'avant- garde. Ces gens portent des boucliers qu'ils font avec des planches minces et très-fortes. Ils ont aussi des plastrons rembourrés de coton. Après ceux-ci viennent d'autres guerriers armés de haches d'armes et de massues; ces dernières sont de la longueur d'une brasse et demie, et de la force de^ lances de nos capitaines d'infanterie. La masse qui est à l'extrémité est en métal et grosse comme le poing ; elle a cinq ou six pointes aigués, chacune de la grosseur du doigt: ils manient cette arme à deux mains. Leurs haches sont de la même grandeur ou plus grandes, la partie coupante est de métal, longue d'une palme, et fait à peu près comme le fer d'une hallebarde. Plusieurs de ces haches et de ces massues sont en or et en argent, ce sont celles des chefs. Ces guerriers sont suivis de gens qui ont de petites lances pointues comme des dards. L'arrière-garde est formée de piquiers
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armés de piques de trente palmes de long. Ils portent au bras gauche un brassard matelassé en coton, à Faide duquel ils manient leur arme. Tous sont divisés en compagnies , qui ont leurs étendards et leurs chefs , avec autant d'ordre que les Turcs. Plusieurs ont des casques de bois qui leur couvrent la tête jusqu'aux yeux : ils sont rembourrés en coton , et aussi solides que du fer. Tous les guerriers qu'Atabalipa avait dans son armée étaient des hommes fort adroits et aguerris , comme des gens qui combattaient sans cessé.
Ils étaient jeunes et de haute stature : mille de ces guerriers avaient suffi pour conquérir ^ette ville , qui compte vingt mille habitants. La maison où résidait ^Atabalipa , située au milieu de son camp, est la plus belle que l'on ait vue chez les Indiens. Quoique petite, elle est divisée en quatre appartements : au milieu est une cour dans laquelle l'eau arrive par un conduit ; cette eau est si chaude , que la main ne peut en supporter la
température. Elle sort toute bouillante d'une montagne des environs. Un autre conduit amène de l'eau froide qui se joint à la première, et toutes deux se jettent dans le même bassin. Quand on veut n'en avoir qu'une on bouche l'autre canal. Le bassin est grand et construit en pierre. En dehors de la maison , dans la cour, est un autre bassin qui n'est pas aussi bien fait que le premier. Il est garni d'es- ' caliers en pierre pour y descendre quand on va se baigner. La chambre où Atabalipa se tenait pendant le jour a une terrasse qui donne sur un jardin : celle où il dormait près de là a une croisée qui s'ouvre sur la cour et le bassin. La terrasse donnait aussi sur la cour, les murs étaient enduits d'un bitume rouge très-brillant et plus beau que la rubrique. Les poutres qui supportent les toitures sont peintes de la même couleur; un autre appartement sur le devant est composé de quatre chambres rondes comme des cloches , elles sont toutes quatre réunies ensemble , et
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peintes d'un blanc aussi pur que la neige. Les deux autres parties servent pour les gens. La rivière passe devant cette résidence.
Nous avons rapporté la victoire des chrétiens , et comment Atabalipa fut fait prison^ nier; nous avons parlé de son camp et de son armée , nous allons raconter comment Je père d'Atabalipa se rendit puissant, et nous donnerons des détails sur ses forces et ses états , tels qu Atabalipa lui-même les a racontés au ^ gouverneur. Le père d'Atabalipa, nommé Cuzco , régnait sur toute cette contrée. On lui obéissait dans une étendue de trois cents lieues, et on lui payait tribut. Il était d'une province au delà de Guito : trouvant le pays qu'il habitait tranquille, fertile et riche, il s'y établit, et une grande ville où il se fixa prit le nom de Cuzco, Il était si redouté et si obéi qu'on le traitait presque comme une divinité. Plusieurs villes conservent des statues de ce prince : il avait cent fils ou filles, dont la plupart vivent encore II mourut
DE LA GONQVéTE Dm PÉROU. Il3
il y a huit ans en laissant pour héritier lAi de ses enfants qui portait le ^ ême nom que lui. Il était né de sa femme léaitiiie ;. ils nomment ainsi la première de leu^s fenitaies
' QÛ la plus aimée du mari. Ce prince était jflus igé qu'Atabalipa à qui CuzQ^'ancieh • laissa ^
%a souveraineté de la province de Guito, qui fut séparée de ses possessions les plijis * importantes. Les re&te^ de Cuzco $^n^en ter- ^'t 0< rés dans la province de ^Guito où il cessa ^ *i de vivre. Cependant sa tête^ été transpor- #; ;.
tée dans la ville de Cuzca ou ^pn la con-^ ' serve avec un grand respect. Elle est enfermée dans l'or et l'argent; k^ai^ le parquet, la muraille et le plafond de la maison où elle!^t déposée sont tout couverts de plaques d'or et d'argent arrangées en compartiment.
On compte dans cette ville une ^.âgtaine de maisons dont les murailles sont' fimûiies de
feuilles d'or dans l'intérieur et aii dehors. Elle possède beaucoup de riches édifices où Cuzco conservait son trésor, qui se compose ♦
Il4 ^RELATION
ik trois petites chambres remplies de mor* ceaux ^'or, cincT autres , d'argent, et de cent millç ésfuelos (Ufi0ots dor circulaires) quon avait retirés des mines ; chacun de ces tejuelos pè* cinquante castellanos : c'était le prodjàt des tributs desijays qu'il avait subjugués. Am * delà de cette ville il y en a une autre nommée
CoUao , où .passe une rivière qui roule une grande quantité d'oi^^' A cUx jourjiëes'de iparche de la province de Gaxamàlca , on trouve * dans une pï'ff^^ttfce, nommée Guaneso, une
autre riviéçe aussi riche que celle-là. Toutes
ces- contrées possèdent un grand nombre de
^"^ mipes d'or et d'argent.
Ce dernier métal s'exploite avec si peu de travail , qu'un Indien en retire chaque jour cinq ou six marcs. Qnie trouve mêlé avec du plomb, de l^étain et du soufre , ensuite on 1 épure.rour l'exploiter, les Indiens mettent le 'feu à la montagne , et à mesure que le soufre s'enflamme l'argent tombe par morceaux. Les
DE LA CONQUÉTBT DU PÉROU. I l5
meilkurè^ mines sont celles dtt^Guito et de
te là Ji^squ'à Cuzcorbiitcompte quarante ; joprnées de maJwie dlSaten 'V^^iftr^^^ le** ^ pays est tr ^ j j^t ufflë. Chincha; 4^^^%^*^^., % grande ville , est à iiioitié:;^hemin^^ l^ona- ^ breux troupeaux de lamas parcourent lès campagnes; un grand nombre de ces àni- ^ maux deviennent sauvages, car il est^mpossibl^de garder tous ceux qîii naissent. Chaque jour les Espagnols qui sont avQc le gou-^ verneur en tuent cent cinquante , et ils ne , ^ semblent pas diminuer , et il y en aurait toujours danscetje vallée, quand même on yresterait un an. Tous les Indiens en général en font leur nourriture.
Atabalipa dit aussi que depuis la mort de son père il était resté sept ans en paix avec son frère, chacun dans le territoire qu'il avait reçu en partage. Depuis à peu près un an Cuzco avait pris les armes dans l'intention de s'emparer des états d'Ataba-
KELATIOIf
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lipa. Celui-ci iBi*avait envoyé difre de ne pas * iMSlfhire Ja guerre, et de se content de ce que son père lui avait laissé. C ne i|3Uhitj[>as yfBbsentif^ Alors Atanalipa quitta i^vcamtak , nommée vB%ito , avec
* le plus^îgwind nominrede gueiTiers qull putrassembler , et il se rendit à Tomepemba ,* où
. il combattit.eontre son frère , lui tua plus de mille ^i]K>mmes, et le força- de prendre la fuite. Comme cette dernière ville s'étai^déifendue , il Tavait brûlée, et il avait tué tous les habitants. Il voulait aussi ravager toutes les places de ce pays ; mais il abandonna cette entreprise, pour aller à la poursuite de son frère , qui s'était enfui dans ses états. Atabalipa conquit toute la contrée ; chaque ville lui ouvrait ses portes, sachant le carnage qu'il avait fait à Tomepomba. Il y avait six mois que ce prince avait envoyé deux de ses officiers , gens très-braves , l'un nommé Quisquis et l'autre Chaliachin, à la tête de quarante mille hommes , contre la capitale
DE LA CONQUlPrfi DU P«B6u. If?
de son frère, et ils s'étaient réildusmàitres dé tout le pays et mêm^ela ville jim Cùzcb résidait. Ils avaient tué un Homblre considéra^ de gens, et s'étaient emparés de sa pgr'^^ifé et du trésor de son père. Ils le firent aussitôt savoir à Atabalipa, qui ordonna de lui envoyer le prisonnier. ILiâlyÉ a^^b^ qu'ils arriveraient bientôt (i) aVé^li^tjfcr^Bc^onsidéim-ble. Ses capitsrines étaient re^iPdlft^S la ville qu'ils avaient prise, pour garder le trésor qui s'y trouvait; ils commandaient une garni- .. spn de dix mille hommes choisis dans les
tarante mille qu'ils avaient emmenés. Les trente mille autres étaient retournés se reposer chez eux ^ eh emportant leur part du butin , et ce prince avait en sa jpuissance tcait cie que son frère avait possédé.
Atabalipa et ses principaux chefs marchaient portés dans des litières. Depuis le commence-
(i) Con luie, dil la traduction italienne , c'est-à-dire avec €uzco et , . . . ce qui rend le Beus plus clair.
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ffnent de la guéi!;re, ils avaient tuë beaucoup de fhonde. Ce prince a^t exercé nombre de cruautés contre ses enjpemis. 11 gardait prés de lid'^]^ les caciques des villes qu'il avait con- " quises , et des gouverneurs étaient places par ses ordres dans toutes les villes, autrement il n'aurait W^JBÊ^ eoûMryer le pays en paix et ^umis Himiitil esfc^estpar ces moyens qu'il s'est fai1reiiii^Mh*e et obéir, et que ses gens ijle guerre étaient aidés et bien traités par les naturels.
Ce prince avait le projet , s'il n'avait p
été fait prisonnier, d'aller se reposer lui , et pendant la route d'achever la conq de toutes les villes des en Virons de Tomepomba qui s'étaient défendues , et de les peupler de nouveaux habitants pris parmi ses sujets.. Ses chefs devaient lui envoyer quatre mille hommes mariés pris à Cuzco pour peupler Tomepomba. Atabalipa ajouta qu'il présenterait au gouverneur son frère Cuzco, que ses chefs avaient pris dans sa capitale , afin qu'il en fît
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ce qu'il jugeijait à propos. Cbmme il crânait ^f/fc qu'op ne le tuât lui-même, il ofiFrit, auxEl^pa* gnols qui l'avaient instruit dans, la religion (i)^ une grande quantité d'ftrltf d'argent.^^ Le gouverneur lui demanda comfaieuNl len donnerait , et àqudJuqépoque.Âtabalipâprcmiit de remplir en morceaux d'or , sceaux, vases, lingots et .^--^ autres pié|es semblables une grande salle longue de vingt-deûjjf^ieds sur dix^^sept de large, jusqu'à une raie blanche qui est la moitié de la hauteur de la saAle qui , suivant lui , avait une toise et demie de haut. Déplus, en argent il livrerait, deux fois la capacité de cét|echam* bre t'OUMËj^ , et cela dans deux inois. Le gouvernéiÉr lui dit d'expédier des messagers pour cela, et que, s'il tenait sa parole, il n'avait rien à craindre. Aussitôt ce prince envoya des exprès à ses officiers qui étaient dans la
(i) Predicado, J*ai traduit littéralement cette expression. J*a- Youe néanmoins que je préfère la version de l'édition de Venise, che Vavevano preto qui l'avait pris, car il est évident qu'Atabalipa pensait plutôt au salut de son corps que de son âme.
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ville che Guzco pour qu'ils lui envoi|^assent deux . ^ mille Indiens chargés d'or, et beaucoup d'an- **t» gent, outre ce qu'ils avaient déjà fait partir avec son frère. Lè'^^cfltiverneur lui demanda <!!SDmbien de teiuns, les messagers emploieraient, pour aller à la ville de Cuzco. Màbalipa . lui dit que , lorsqu'il envoyait en toute hâte porter un message en courant dp ville en ville et en changeant les coftt^riers; la nouvelle arrivait en cinq jours : mais que si leé gens qui en étaient chargés faisaient toute la route , quoique ce fussent des hommes agiles , ils restaient quinze jours pour aller. Pizarrelui demanda aussi pourquoi il avait faitftuer plusieurs Indiens que les chrétiens avaient trou* vés morts dans le camp quand ils allèrent ie recpnnaître. Il répondit que le jour où le
gouverneur lui avait envoyé son frère Ferdinand Pizarre pour lui parler, un des chrétiens ayant heurté plusieurs Indiens avec son cheval , il avait fait mettre à mort ceux-ci s'étant reculés.
* Atabalipa,jétait un homme de trente ans, d'une belle prestance, bien fait, plutôt replet, d'une figure très-belle, l'air cruel et les yeux remplis de sang. Il parlait avec leiateur et gravité comme un grand seigneur, il 'raisonnait fort bien. Les Espagnols, l'iijpant entendu , le jugèrent un homme d'esprit. Quoique cruel, il était gai, il parlait aujc siens avec dureté, mais il cachait alors ^on humeur enjouée. ,
Dans ses conversations avec Pizarre , il lui
dit qu'à dix jours de Oaxamalca, sur la route de Guzco, il y avait dansxertaine ville un tempie que les habitants regardaient comme leur- métropole. Tous vont y offrir de l'or et de l'argent. Son père avait beaucoup de vénération pour cet édifice, ainsi que lui. Il as^ sura que de grandes richesses y étaient r^nfermées; car,f bien que chaque endroit eût son temple où sont des idoles particulières, l'idole générale de tous les Indiens était dans cfet endroit. Un grand sage qui , selon les Indiens , connaissait l'avenir, parce qu'il parlait
1 23 RBLATXON
avec cette idole, habitait le temple. Le-gouverneur, ayant entendu racotiter à Atabalipa ce fait qu'il connaissait déjà , lui fit comprendre comment jtoutes ces idoles n'étaient
Mqu'imposture , ef^ue c'était le diable qui
parlait par leur bouche, pour les entraînei»
à leur perte , comme il a entraîné tous ceux qui ont vécu et sont mortô dans cette croyance. Il lui dit qi/il n'y avait qu'un Dieu , seul créateur du ciel , de la terre , de toutes les choses visibles et invisibles, et en qui les chrétiens croyaient, que noii^ ne devions regarder que lui comme Dieu, obéir à ses commandements , et recevoir le baptême : que ceux qui feront aiilsi gagneront son royaume, et que les autres souffriront les peines de l'enfer où brûlent éternellement tous ceux q^i ne l'ont pas connu, a Vous avez servi le diable en lui faisant des sacrifices, continuart-il , et en élevant des temples, tou-* tes choses qui doivent cesser, parce que Tenipereur, qui est le roi de tous les chrétiens et
de VOUS touSy m'a envoyé vers vous. Oest parce que vous vivez et que vous avez toujours vécu dans Tignorance de Dieu, que ^Ijfe Seigneur a permis qu'avec toute votre non^breuse armée vous soyez vaincu et fait prisonnier par si peu de monde. Considérez bien le peu de protection que votre Dieu vous a accordé, et vous reconnaîtrez que c'est le diable qui vous trompe . ^i Atabalipa ayant répondu que comme jusqu'à présent ni lui ni ses ancêtres n'irraient vu les chrétiens, il ignorait tout cela, et^qu'il avait vécu comme ses pères, et il ajouta qu'il était Surpris de ce qu'il venait d'entendre , qu'il voyait bien qa€ celui qui parlait dans les idoles n'était pas le vrai Dieu > puisqu'il lui avait été si peu secourable.
Quand les Espagnols se fureiit reposés des fatigues du voyage et du combat , le gouverneur envoya des messagers à la ville de Sant- Miguel^pour apprendre aux colons ce qui s'était passé , s'informer de ce qu'ils faisaient , et
s'il était arrivé des vaisseaux.. Puis il donna l'ordre de construire au centre de la place de Caxamalca une église , où Ton fcélébrerait le saint sacrifice de la messe. Il commanda d'ifbattre le mur d'enceinte de la ville,* parce qu'il était trop bas, et il en fit reconstruire un autre en torchis , de la hauteur de deux toises sur cinq cent cinquante pas de long.
Jl fit faire d'autres travaux pour améliorer les^ fortifications. Chaque jour il deipandait s'il ne se formait pas des rassemblements de naturels, et*ce qui se passait dans le pays. . ,
Quand les caciques de cette contrée eurent appris l'arrivée du gouverneur et la captivité d'Atabalipa, un grand nombre vinrent avec des démonstrations d'amitié pour voir ce prince ; plusieurs commandaient à trente mille Indiens, tous sujets d'Atabalipa. Aussitôt qu'ils arrivaient devant leur souverain , ils faisaient des salutations respectueuses, lui baisaient les pieds et les mains, tandis que celui-ci les rece-
vait sans les regarder. La sévérité d'Atabalipa , et robéissanee absolue de ses sujets étaient vraiment surprenantes. Chaque jour on lui apportait des présents. Tout prisonnier qu'il était, il avait un train de prince et paraissait très-gai Ilest vrai que le gouverneur le traitait fort bien, quoique plusieurs fois il lui dît que des Indiens avaient rapporté aux Espagnols qu'il rassemblait des gens de guerre à Guamachuco et dans d'autres endroits. Atabalipa répondit qu'il n*existait personne dans tout le pays qui osât se mettre en marche sans ses ordres; que si des gens de guerre se présentaient, c'était lui qui'les avait appelés, et * qu'alors on pouvait faire ce que l'on voudrait de sa personne, puisqu'on le tenait prisonnier. 1 »
Les Indiens faisaient beaucoup de faux rapports; cependant les chrétiens étaient fort inquiets. Parnii les nombreux messagers qui vinrent à Atabalipa , il en arriya un de ceux qui conduisaient son frère prisonnier. Il lui
laG BELATION
dit que Cuzco était déjà tué , lorsqu'ils avaient eu connaissance de sa captivité. Le •* gouverneur^ l'ayant appris, en témoigna beaucoup de chagrin. Il avait dit de ne pas le faire mourir et de l'amener en vie , qu'autrement il ferait mettre à mort Atabalipa. Celui-ci affirmait que ses chefs avaient agi ainsi ^ sans qu'il le sût. Le gouverneur interrogea les messagers , et il apprit qu'effecti veinent on l'avait tué.
Quelques jours après, d^ gens d' Atabalipa, et un de ses frères, arrivèrent de Cuzco. Ils conduisaient at^ec eux quelques-unes des sœurs et des femmes d' Atabalipa. Ils appor- '^ taient une grande quantité de vaisselle d'or, J des sceaux , des vases , d'autres objets et beaucoup d'argent. Ils dirent qu'il y en avait encore davantage en route, qu'attendu la longueur du voyage, les porteurs Indien s étaient forcés de se reposer, et qu'ils ne pouvaient pas arriver si vite. Que chaque jour il vendrait une partie de For et de l'argent qui restait en
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arrière. C'est ainsi que peu de temps après il qirriva vingt mille pesos 4'or, un autre jour trente, puis cinquante, et enfin soixante mille en vases, en grands bassins de deux à trois arrobes , en sceaux et en énormes bassins d'argent, ainsi que beaucoup de vaisselle. Le gouverneur fit tout déposer dans une maison où logeait la garde d'Atabalipj^, jusqu'à ce que cet or, joint avw celui qui devait arriver, complétât la quantité promise.
Le 2d de décem)br|^ de k même année, des Indiens, envoyé^ de Sajit-Miguel, vinrent avec une lettre qui apprit qu'il était arrivé , à un port de cette côte no/npié Gopcebi^ près de Quaquo , six vaisseaux dans lesquels étaient cent cinquante Espagnols* et quatre-vingtquatre chevaux. Les trois plus grands de ces bdtinients (i) venaient de Panama; ils
(i) Les mots en italique manquent dans rédition de 1647 que j*ai sous les yeux ; on trouve dans la traduction italienne de Gazteln // tre naviiimu grandi , ce qui complète la phrase tronquée dans l'espagn&^v
étaient montés par le capitaine Diego de AImagro et cent vingt homme$, trois autres étaient des caravelles parties de Nicaragua avec trente hommes. Ils arrivaient dans ce gouvernement dans l'intention d'y prendre du service. Dès . qu'ils eurent débarqué les troupes et les chevaux pour s'acheminer par terre , un vaisseau était parti de Concebi pouf apprendre où se trouvait le gouverneur.
Etant arrivés à Tumbez, le cacique n'avait pas voulu leur donner des nouvelles , ni remettre la lettre que Pizarre avait laissée pour les vaisseaux qui arriveraient. Ce bâtiment était donc reparti sans nouvelles du gouverneur. Un autre, qui plus tard avait mis à la voile jContinua dé suivre la côte jusqu'au port de Sant-Miguel. Là lé capitaine du navire mit pied à terre et se rendit à la ville, où l'on . se réjouit beaucoup def son arrivée. Cet officier repartit aussitôt avec les lettres que le gouverneur avait envoyée dans cette ville , et dans lesquelles il racontait la victoire que
DE LA CONQXJBfE DU PEROU. 1 29
Dieu lui av^ accordée, ainsi qu'à ses gens, et l'immense richesse du pays. ^
Pizarre et les siens - conçurent la plus grande joie de l'arrivée de ces yaiâ6€iaux. Il expédia à l'instant des courriers , et écrivit au capitaine de Almagro et à d'autre:^ personnes
^ qui l'accompagnaient, de venir, leur faisant savoir combien leur arrivée leur serait agréable. » Aussitôt débarqués au port de Sant-Miguelyleur disait-il , vous vous rendrez chez les caciques des environs de Caxamalca, pour ne pas être à charge à la colonie ; car ces chefs ont des vivres en abondance. J'aurai le soin de faire fondre de l'or pour payer les nolis des transports, afin que vous repartiez promptement, »
Chaque jour des caciques se présentaient au gouverneur. Il en arriva un matin deux, qu'on nommait les chefs des voleurs, parce que leurs sujets attaquent tous ceux qui traversent leur pays ; ils habitent sur la route de Cuzco. Il y ayait soixante jours qu'Ataba- 4- 9
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lipa était en captivité quand le cacique de la ville où était le temple principal, et le gardien de cet édifice, se présentèrent au gouverneur. Celui-ci ayant demandé à Atabalipa qui ils étaient , il répondit que l'un était le chef de la ville du Temple , et que l'autre en était le gardien ; qu'il était fort content dé leur arrivée, parce qu'il leur ferait payer cher les men* songes qu'ils avaient faits. Il demanda une chaîne pour mettre aux fers le gardien , parce qu'il lui avait conseillé de faire la guerre aux chrétiens, et prétendait que l'idole lui avait dit qu'il les tuerait tous. Il avait aussi assuré à son père, pendant qu'il était au lit de mort, qu'il ne succomberait pas. Le gouverneur envoya chercher une chaîne :#ors Atabalipa enchaîna cet homme, en disant qu'on ne le remît pas en liberté tant qu'il n'aurait pas fait apporter tout l'or du temple ; il ajouta qu'il voulait donner cet or aux chrétiens, puisque son idole était un imposteur : il dit ensuite au gardien : « Je veux voir si celui
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que tu appelles ton Dieu t'ôtera cette chaîne. » Pizarre et le chef, qui était venu avec le gardien , envoyèrent chercher Tor du tempie et celui que possédait ce cÉcique. Les messagers promirent de revenir dans cinquante jours avec tout ce qu'il y avait. Le gouvcàtîeur apprit que des Indiens se rassemblaient , et que Guamachuco était occupé par des gens de guerre. Il envoya Hernando Pizarre, vingt cavaliers et tjuelques fantassins dans cette ville, qui est à trois journées de Caxamalca,
pour s'informer de ce qui se passait, et pour faire venir l'or et l'argent. Le capitaine Pizarre partit de Caxamalca le soir du jour d^ rois i533.
Quinze jours après, plusieurs chrétiens arrivèrent avec une quantité considérable d'or et d'argent. Il y avait plus de trois cents charges ds ces métaux en bassins, grands vases et autres pièces. Le gouverneur ordonna de tout déposer dans la maison des gardes d'Atabalipa, avec ce que l'on avait
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déjà apporté , disant qu'il garderait ce prince comme caution jusqu'à ce qu'il eût tenu sa promesse ; et , pour plus de sûreté , il le confia à des chrétièfis, qui devaient le surveiller ,jôur " et nuit. Au moment d'emmagasiner les objets, on les comptait tous pour qu'il n'y eût pas de fraude. Un frère d'Atabalipa était arrivé avec toutes ces richesses, il rapporta qu'il avait laissé à Xauxa une quantité d'or et d'argent encore plus considérable, cfii'un chef d' A- j
tabalipa, nommé Chilicuchima raccompagnait.
Ferdinand Pizarre fit savoir qu'il avait pris des informations sur le pays, que l'on ne j^arlait pas dp rassemblement : et il ajoutait qu'il était à Xauxa , avec un chef, qu'il désirait savoir quelles étaient les intentions de son frère, et s'il voulait qu'il continuât d'avancer y car il ne marcherait pas sans avoir de réponse. Le gouverneur lui écrivit qu'il avait le gardien entre ses mains, de se porter vers le temple, parce qu'Atabalipa avait donné l'ordre de prendre le trésor qui s'y
trouvait, et qu'il se hâtât de l'enlever. Il lui re^ comiUjgLnda de lui écrire de toutes les vilïes où il passerait , ce qu'il fit. ;4 ,.^
Le capitaine Ferdinand Pizarre , , vtoydtit l'extrême lenteur que l'on mettait à apporter Tor , expédia trois chrétiens pour faire venir celui qui était à Xai|^|jiet p(^^ visiter la ville de Cqzco. Il autoriâit^tin d'elglire eux à prendre possession de cette ville et des environs, Éj sa place, et au nom de S. M., devant un notaire qui le suivait. Il les fit accompagner 4,'ui^ frère d'Atabalipa, et leur défendit de mal»^ tifeiter les naturels , de leur prendre de l'or et d'autres objets malgré eux, et de ne pas dépasr ser les ordres du chef qu'ils avaient avec eux ^ de peur qu'on ne les tuât. Il leui^ ordonna de tâcher de voir la ville de Cuzco et d'écrire la relation de tout ce qui leur arriverait. Ils partirent de Caxamalca le i5 février de la même année.
Le capitaine Diego de Almagro arriva à
Gaxamalca avec quelques troupes , le soir de Pâques Fleuri, le i4 du mois d'avril i533.
Ils furent bien reçus du gouverneur et de ceux qui raccompagnaient. Un nègre, qui était parti avec les chrétiens qui se rendaient à Guzco, retourna, le 23 avril, avec cent sept charges^ij'or et sept d'argent. Il venait de Xauxa, où l'on avait rencontré les Indiens qui arrivaient avec de l'or. Les autres Espagnols avaient continué leur t^oyage vers Guzco. Ce nègre dit que le capitaine Ferdinand Pizarre serait bientôt de retour ^ qu'il avait été à Xauxa pour avoir une entrevue avec Chilicuchima. Le gouverneur fit déposer cet or avec l'autre, et toutes les pièces furent comptées.
Le 25 mars, le capitaine Ferdinand Pizarre entra dans Gaxamalca avec tous les chrétiens qu'il avait emmenés et le chef Ghilicuchima ; il fut fort bien reçu du gouverneur et des autres chrétiens. Il rapporta du temple vingt-
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cinq charges d'or et deux mille marcs d'argent; et il remit au gouverneur une relation rédigée par Miguel Stette , qui avait été de ce voyage en qualité d'inspecteur ( veedor). C'est
la suivante.
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