‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 28 sur 81 · RÉSIDENCE ET PAROISSE DE S. FRANOOIS-XAVIER · texte numérisé non relu

RÉSIDENCE ET PAROISSE DE S. FRANOOIS-XAVIER

Les Relations publiées l'année dernière ont fait connaître complètement la paroisse de S. François-Xavier, à Tong-ka-dou (l). Ses œuvres sont aujourd'hui aussi florissantes qu'autrefois, et il est inutile d'en parler de nouveau. Qu'il nous soit permis cependant de mentionner ici un fait digne d'éloges et Lien capable d'attirer sur cette paroisse les bénédictions de Dieu. L'Œuvre de la Sainte-Enfance y est en si grand honneur que sur ses registres on renc(nitre souvent les noms de personnes avancées en âge, vou'e même arrivées au terme de vie. La fête des Saints Innocents réunit chaque année ù l'église huit cents Associés. Parmi les membres de cette nombreuse phalange, il en est pour qui la c(h'émonie passe inaperçue : la bénédiction du ciel descend sur leurs têtes, pendant qu'ils reposent entre les bras de leurs mères. D autres y prennent une plus large part ; et, au moment de la communion, on voit s'avancer vers la Table sainte, la médaiUe de la Sainte -Enfance suspendue au cou, des femmes de tout âge et de toute condition. Ces ferventes chrétiennes touchées du sort des enfants que le paganisme détruirait impitoyablement, si l'aumône ne mettait un frein h sa cruauté, se font un honneur de leur venir en aide et, cliaque mois, elles paient généreusement le tribut que l'Œuvre attend de leur charité. La recette annuelle de 1 875 s'élève à 13G piastres on 800 ' de notre monnaie.

(1) Voir "Relations de la Mission de Kin-king," Tome I. 1873-1S74, page 37.

Pi

Deux événements, qui laisseront des souvenirs parmi les chrétiens (le Tong-ka-(lou, doivent trouver ici leur place. Le second mérite h tous égards le premier rang ; toutefois, pour rester fidèles à l'ordre chronologique, nous le laisserons à la date où il se présente. Nous voulons pai'ler des visites que se sont mutuellement rendues le Supérieur-général de la Mission et le Vice-roi des deux Kiang, puis de la consécration solennelle du Vicariat-Apostolique de Nan-kiiig au Sacré-Cœur de Jésus.

L' Evoque et les Missionnaires du Kiang-nan entretiennent des relations avec les mandarins de leur province. La Religion n'a rien à redouter de ces rapports mutuels ; en maintes cii'constances ils nous ont fait triompher de difficultés sérieuses et nous ont aplani les voies pour la prédication de l'Evangile.

Située au sein d'une cité populeuse la Eésidence de Tong-ka-dou a le privilège d'ouvrir ses portes aux mandarins et aux plus grands fonctionnaires du Kiang-nan.

Lieu-kouen-ie, ancien gouverneur du Kiang-si, nommé Vice-roi des deux Kiang, arriva le 28 avril 1875 à Chang-hai, et choisit l'arsenal pour lieu de sa résidence pendant les quelques jours qu'il devait passer dans cette ville. Le R. P. Foucault, SuiK^rieur-général de la Mission, se proposait de lui faire une visite au nom de Mgi* lianguillat, à qui sa santé toujours chancelante ne permet plus de sortir, et il pria Tsang wei-ieu, ancien élève de notre collège de Zi-ka-wei, employé au ti'ibunal du Tao-tai, de s'infonner si cette démarche serait agréée. Le 29 avril, vers six heures du soir, Tsang Avei-ieu arrivait à Tong-ka-tlou et apportait une réponse affirmative. Il était ù peine sorti, qu'un courrier de l'arsenal entrait pour déposer la carte du Vice-roi. Cette prévenance corroborait la réponse donnée, et la visite fut fixée au lendemain 30, pour deux heures et demie.

Vers deux heures, le R. P. Supérieur, le P. Bulté, recteur du grand séminaire de Tong-ka-dou, le P. Tsiang, prêtre du clergé indigène, et un riche chrétien du Pou-tong, nommé Zië-kien-né, montèrent eu chaise et se dirigèrent vers l'arsenal. Ils étaient précédés

de Ngai-icu-din, chrétien de Cliang-hai, chargé de porter leur cartes.

Arrivés à l'arsenal, ils furent reçus dans la cour d'entrée par le Tao-tai Vong-tsin-kouang qui les conduisit jusqu'à la porte de la salle où se trouvait le Vice-roi. Lieu-kouen-ie s'avança vers eux. Le R. P. Supérieur et le P. Bulté le saluèrent selon l'usage européen; le P. Tsiang Ss Zié-kien-né se prosternèrent devant lui. '

Les visiteurs furent alors introduits dans la salle de réception avec tout le cérémonial usité en p.ireille circonstance. Le Vice-roi offrît la première place, c'est-à-dire la sienne, au R. P. Supérieur qui dut l'accepter, et lui se mit à la seconde. Le P. Bulté occupait la troisième. D'après le cérémonial adopté autrefois par les anciens Vice-rois, Tchen-ko-fang et Li-hong-tchang, le P. Tsiang et Zié-kienné auraient dû se tenir debout au fond de la salle; mais ils furent invités à s'asseoir et prirent des sièges.

La conversation fut facile ; les paroles se succédaient sans aucun embarras, et l'on se sentait si à l'aise que le Vice-roi se surprit à dire au R. P. Supérieur.

' — Vraiment, vous avez le visage syrapathitiue." . Ce compliment arrivait fort à propos pour permettre au R. P. Foucault de réclamer sa protection en faveur des Missionnaires. 11 le pria de traiter nos affaires avec bienveillance, si l'occasion s'en présentait.

— Oui, répondit le Vice-roi. Mais je sais que, dans le Kiangsou, tout est en paix et que vous n'avez pas d'affaire ennuyeuse. Cela tient à la manière dont l'Evêque arrange les choses, et je vous en remercie."

Quelques instants après, la visite se termina. Lieu-kouen-ic reconduisit Je R. P. Supérieur jusque dans le vestibule voisin de la salle de réception. Le Tao-tai de Chang-hai se présenta en ce moment pour accompagner les quatre visiteurs jusqu'à leurs chaises.

Le P. Tsiang et Zié-kien-né s'accordent à dire que le R. P. Supérieur a reçu, dans cette AÏsite, tous les honneurs que le Vice-roi pouvait lui rendre.

Le londoiuain samedi, Lieii-kouon-ie envoya un mandarin à la Eésidence de Tong-ka-doii pour demander si on pouvait reccvoii' sa visite le dimanche, à huit heures. Une réponse affirmative fut immédiatement donnée, et l'on s'occupa des préparatifs de la re'ccption.

Le dimanche, l'heure des messes fut avancée. La dernière messe finie, les femmes durent sortir de l'église, et les hommes seuls eurent la permission d'y rester. Le Saint-Sacrement avait été transporté dans la chapelle domestique.

A huit heures, le Vice-roi arrivait devant le portail qui ouvre sur l'esplanade de l'égli-^e. Vne foule compacte remplissait la rue, et un piquet de soldats était charge d'y maintenir l'ordre. Lieukouen-ie traversa en chaise res[)lanade et le jardin adjacent. Arrivé au bas du perron de la Eésidence, il y fut reçu pas les (juatre visiteurs qu'il avait vus à l'arsenal deux jours auparavant. Des tapis couvraient tout l'espace (ju'il devait franchir, depuis reudi\)it oîi il a^^ait mis pied à terre jusqu'à la salle de réception ornée do draperies. Des qu'U fut entré dans cette salle, ses yeux se portèrent sur les portraits du Souverain-Pontife et des fondateures d'Ordres qui en décorent les murs. Il demanda des explications sur tous ces personnages, et on s'empressa de le satisf;iire. Le E. P. Supérieur lui ayant dit que Pie IX était le chef suprême de la religion du Maître du ciel, il répondit qu'il connaissait ses malheurs et la triste position (ju'on lui a faite. Ses regards rencontrèrent ensuite l'image du cmcitix, et il le considéra avec attention ; cette vue lui ari"acha spontanément un soupir qu'il ne chercha point à comprimer.

Pendant la coincrsation, le ^'ice-roi se )uontra aussi affable qu'à l'arsenal.

■■ — Hier, dit-il au E. P. Supt.'rieur, j'ai loué le visage sjnnpathique des Missionnaires, et je crois qu'U est impossible que leur cœur ne soit pas en harmonie a\ec leur \isag(^"

De la salle de récepticm on se rendit au réfectoire où était servi un déjeuner digne du noble visiteur. Licu-koueu-ie mangea peu. Le E. P. Foucault lui en fit la remarque ; il répondit qu'il soutirait du

rft

mmm

mai «le dents, et que, de plus, des occupations exigeaient son prompt retour à l'arsenal.

En sortant du re'fectoire, on lui demanda s'il serait content de visiter la résidence et l'eglisc ; il s'empressa d'acceiitor cette invitation et oublia son mal de dents et les occupations urgentes (jui nécessitaient son d('part. Conduit dans la chambre de Mgr Lnnguillat qui se trouvait alors à Zi-ka-wei, il en examina avec attention le mobilier, la bibliothèque européenne et chinoise, et voulut qii'ou lui donnât des explications sur les images (]u'il aperce\ait. Cette xisite achevée, le 11. P. Supérieur, poiu" éviter toute perte de temps, se dii"isi"ea vers l'éiîlise. Au moment où Lieu-kouen-ie v entra, l'orgue se fit entendre et ne discontinua pas de jouer jusqu'à sa sia'tie. Une foule nombreuse de chrétiens et de païens se pivssait dans l.i net" pour voir le nouveau Vice-roi. Lorsqu'il se trouva en face de l'autel du Sacré-Cœur, la statue de Notre- Seigneur frappa ses regards; il s'arrêta en la considérant avec une satisfaction marquée. Le r. Tsiang. placé h ses côtés, avait été chargé de lui expliquer le sens des ilivcrs tableaux qui décorent l'église.

Arrivé dans le sanctuaire, il c()nteu)pla avec ('tonnemcnt la grandeur de la nef. puis se dirigea vers l'autel de la Sainte-Vierge dt>nt la belle statue, venue de Munich comme celle du Sacré-Cœur, ixcita vivement sa curiosité, ('e fut alors que commença son chemin de la croix, car il en parcourut les quatorze stations et s'arrêta devant chacune d'elles en prêtant une oreille attentive aux explications données par le P. Tsiang. Arrivé devant la eh\quième, il fut frap^K^ de l'air de douceur et de bonté qui brille sur le visage de Notrc-Seigneur et contraste si vivement avec la figure haineuse de ses bourreaux. 11 se retourna vers le P. Tsiang en disant :

' — Ce Jésus a un si bon visage! Pourquoi donc l'a-t-on fait mourir si cruellement ? "

' — C'est, répondit le Père, parce qu'il a voulu luî-rùême souffrir et mourir pour expier nos péchés."

Païens et chrétiens éteieut étonnés devoir un Vice-roi faire preuve

d'un si grand intérêt pour les choses de la religion. Le P. Tsiang, de son côté, Ini parlait d'une manière tout apostolique et lui développait le sens du mystère de notre rédemption.

Le portrait de sainte Thérèse, de grandeur naturelle, nouvellement placé près de l'autel de Saint-Josepb, ne pouvait manquer d'attirer ses regards. Il l'observa avec attention et finit par demander ce que signifiaient la plume et le livre que la sainte tenait dans les mains. Le P. Tsiang lui répondit que c'étaient des emblèmes qui rappelaient les ouvrages merveilleux qu'elle avait écrits.

Parvenu à la quatorzième station du chemin de la crois, après avoir fait le tour de l'église, le Vice-roi n'avait rencontré partout que l'idée des souffrances de Notre- Seigneur, et la dernière scène qui venait frapper sa vue était celle de l'Homme-Dieu déposé dans le tombeau. Pour bannir de son esprit l'impression fâcheuse qui pouvait résulter de ce douloureux spectacle et lui donner en même temps une connaissance plus complète de nos saints mystères, le P. Tsiang se mit à lui parler de la résurrection glorieuse de Notre-Seigneur Jésus- Christ, de son ascension au ciel, de la place qu'il y occupe à la droite de sou Père et d'où il viendra une seconde fois sur la terre pour juger les vivants et les morts, et les punir ou les récompenser selon leurs œuvres.

Ainsi se termina la visite h l'église ; elle n'avait jjas duré moins de viugt-cinq minutes. Le E. P. Sup('rieur demanda alors au Viceroi s'il avait \n d'autres églises. Il répondit qu'il en avait vu plusieurs, mais qu'elles étaient loin d'être aussi grandes et aussi belles que celle de Tong-ka-dou.

' — Nous en avons aussi une à Xan-king. ajouta le Père.

'' — Je le sais, répliqua le Vice-roi. Je sais aussi que les chrétiens vivent en bonne harmonie avec les païens, et je vous en félicite. J'ajoute que. si les chrétiens observent leurs règles, je suis disposé à les regarder du même œil et à les aimer du même cœur que les païens."

Au sortir de l'église, le moment était venu pour Lieu-kouenie de mouler eu chaise. Eucourag<.^ par ses dernières paroles, le R. P.

SuiK'riour lui proposa de visiter le grand sdiiiiiiairc. Il accepta gTacieusenient Tiiivitation, et, au lieu de prendre la route de l'arscTial, il se dirigea encore une fois vers l'intérieur do la Ee'sidence. Il parcourut le grand se'minaire avec l'intérêt dont il avait montré tant do preuves pendant la première partie de sa visite. A son entrée dans la salle d'étude, tous les séminaristes se prosternèrent devant lui suivant la coutume chinoise, et illes salua en se courbant profondément. Leurs livres européens et cliinois, les tableaux qui décorent les classes, l'étude et le réfectoire provoquèrent de sa part nnc foule de questions, et il accueillit avec amabilité les réponses qui lui furent données. Ses paroles d'adieu furent un éloge ;i l'adresse des Missionnaires.

" — Ici, dit-il au R. P. Supérieur, tout est bien, et je vous en félicite."

Il monta ensuite en chaise pour retourner à l'arsenal.

Ainsi s'est terminée cette visite. Elle a fait naître la joie au cœur de nos chrétiens.

Mais la consécration au Sacré-Cœur de Jésus laissera dans leurs âmes des traces plus profondes et plus fructueuses que la vue de celte pompe toute mondaine. ; .\

L^Unita Cattolica, N° du 30 avril, arrivée à Chang-hai le 1(> juin, vint nous apprendre que le mercredi, 16 du même mois, les Catholiques du monde entier se consacreraient au Cœur sacré do Jésus. Ce journal renfermait le décret de la Sacrée Congrégation des Eites relatif au mode de consécration et aux conditions imposées par le Souverain-Fontifc pour gagner l'indulgence attachée ù cet acte solennel, puis une formule italienne de consécration. Traduite en latin, en français, en portugais et en Chinois, cette formule fut imrat'diatement imprimée et autographiée. Les exemplaires latins envovt'S à Nan-king, Tchen-kiang et dans les districts de Tang-mou-kiao, Kao-kiao, Né-kiao, Se-king, Mo-kiao, Song-kang et Tsing-pou par- ' vinrent promptement à leurs destinations, et les Missiomiaires de ces contrées purent, le 16 juin, comme leurs frères d'Europe, se consacrer au Sacré-Cœur de Jésus.

La formule Chinoise dont la rédaction offrait de sérieuses difîl-

cultes, vu la brièveté du temps laissé au traducteur, ne fut imprimée que le lundi matin, 11 juin. Deux mille exemplaires en furent immédiatement expédiés par des courriers spéciaux dans les districts les plus voisins de Chang-hai, oîi ils pouvaient être reçus le jour même et dans la nuit du mardi.

La paroisse de Tong-ka-dou jouissait alors d'un avantage exceptionnel. Tous les prêtres du clergé séculier, excepté trois, se trouvaient réunis h la Résidence, pour y prendre leurs vacances. La pénurie des confesseurs ne se fit point sentii' ; l'église de S. François- Xavier célébra, le 16 juin, nne fête digne du Sacré-Cœur. D'autres sok-nnités ont pu jadis la surpasser en magnificence ; aucune n'a présenté le spectacle d'une piété plus calme, plus touchante et plus vraie.

A six heures et demie, le E. Père Foucault célébra la sainte messe en présence de Monseigneur Languillat devant une foule compacte et recueillie. Après l'évangile, un prêtre du clergé indigène, monta en chaire, et expliqua aux chrétiens les conditions requises pour gagner riudulgencc, et les dispositions avec lesquelles ils devaient faire leur consécration. Un tableau du Sacré-Cœur placé au milieu du retable du maître-autel et orné de draperies resplendissait au-dessus d'un faisceau de lumières qui, pendant toute la journée, brûlèrent en l'honneur de Notre-Seigneur.

A la fin de la messe eut lieu, dans l'enceinte de l'église, la procession du Saint-Sacrement. Xeuf enfants de chœur, les séminaristes, vingt-quatre Congréganistes, huit prêtres revêtus de chasubles, et Monseigneur accompagné d'un diacre et d'un sous-diacre d'honneur précédaient le dais, qui était porté par six prêtres en chape et suivi de huit notables.

La procession achevée, le E. Père Foucault replaça le Saint- Sacrement sur Fantel, puis il récita seul à haute voix la formule de consécration au Sacré-Cœur de Jésus pendant que Monseigneur Languillat et tous les prêtres agenouillés dans le sanctuaire la prononçaient simultanément à voix basse.

■ppllilii

mmm

A la consécration du Clergé succéda celle des fidèles. Sur l'invitation d'un missionnaire indigène qui, du haut de la chaire, lut les premières paroles de la formule chinoise, les chrétiens, hommes et femmes, la récitèrent ensemble et à haute voix. Mille cinquante personnes avaient communié avant de prononcer cet acte solennel ; et l'on peut dire que la paroisse de Tong-ka-dou tout entière s'était agenouillée en ce beau jour à la Table sainte, puisqu'elle ne compte que treizecents communiants et qu'un grand nombre de marins étaient alors éloignés de Chang-hai.

La consécration terminée, le chant du Te Deum retentit sous les voûtes de l'église, et il fut suivi de la bénédiction du S. Sacrement, qui jusqu'à quatre heures du soir resta exposé à l'adoration des fidèles. Un salut solennel termina cette belle journée

Pie IX ne fut point oublié. Une dépêche télégraphique courut lui annoncer jusqu'à Kome le grand acte qui s'accomplissait à Changhai, au nom de tout le Vicariat. Elle était conçue en ces termes :

Episcopus, Cleriis, Fidèles Kiang-nan, Sacratissimo Cordi se devoventes, Pio Magno gratidationes, vota."

Le 17, à sept heures du soir arrivait de Rome la réponse suivante : Summus Pontifcx vobis gratias ex corde agit et benedictioncm apostolicamperamanter impertitur.^^ (l)

(1). Le 5 juin, une supplique adressée au Souvcrain-Pontifc par les Missionnaires et les chrétiens du Kiang-nan, pour demander la consécration de l'Eglise universelle au Sacré-C!œur de Jésus, avait été envoyée en France ; et le R. P. Foucault écrivait en même temps au Directeur de l'Apostolat de la Prière la lettre que nous reproduisons ici :

Mon Révérend Père,

" Les chrétiens du Kiang-nan comme ceux des autres contrées du monde catholique appellent de leur voeux le jour où Pie IX consacrera la Ville de Rome et l'Eglise universelle au Sacré-Cœur de Jésus. Ils désirent que leurs noms, inscrits avec ceux des Missionnaires à la suite de la supplique qui demande cette solennelle consécration, soient mis sous les yeux du Souverain-Pontife. Une bande de soie longue de cinquante pieds, et couverte de 12,133 signatures compose un album que je suis heureux de vous adresser.

Page 1