‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 29 sur 81 · RESIDENCE ET PAROISSE DE S. JOSEPH, A YANG-KING-PANG · texte numérisé non relu

RESIDENCE ET PAROISSE DE S. JOSEPH, A YANG-KING-PANG

Quelques re'sidants Européens et Américains désiraient depuis longtemps l'établissement d'une école primaire. Le besoin de soustraire les enfants catholiques à l'influence dangereuse de maîtres hérétiques, et le désir de nous mettre en rapport avec les familles attachées au protestantisme, et de détruire les préjugés qu'elles nourrissent contre l'Eglise Romaine nous ont engagés à accéder au vœu qui nous a été manifesté. Une école a été ouverte, le 21 septembre 1874, sous le nom de '5'- Fi-ancis Xavier s school fcn- foreiyn cMldren,^'' o\\ Ecole S. François-Xavier pour les enfants étrangers.

Le premier jour quatre enfants y arrivèrent, un Américain, un Danois, un Irlandais et un Allemand. Les élèves et leurs deux profebseurs appartenaient à six nations diftërentes. Pendant l'année le nombre des enfants s'est élevé à dix-sept, trois catholiques et quatorze protestants. Leur âge varie de quatre à douze ans.

C'est à vous, mon Révérend Père, qu'appartient l'honneur de l'envoyer à Sa Sainteté, comme une réponse à l'appel que vous avez fait aux Catholiques daus votre " Messager du Cœur de .Jésus. Cet appel, qui ^cra un des plus beaux titres de gloire que puisse revendiquer votre jn-écieux recueil, nous l'avons entendu; et nous prions îsotre-Seigneur de hâter le jour où son Vicaire sur la terre daignera lui donner une sanction si vivement désirée." Les 12,133 signatures étaient ainsi reparties :

Chang-hai 221.

Zi-ka-wei 340.

Section de Nan-king ... ... ... 715.

Section de Sou-tseu... ... ... ... 641.

Section de Song-kang... ... ... 6,392.

Section de Né-\vei 3,320.

Section de Ilai-mcn et Tsons-ming 504.

La lecture, récriture, l'étude de la grammaire, des langues anglaise et française, l'histoire, la géographie, l'arithmétique, Texplication de la doctrine chrétienne pour les élèves catholiques forment tout l'enseignement de l'Ecole S. François-Xavier. Les plus petits enfants commencent l'A. B. C. D. ; les moins jeunes ne savent pas encore lire couramment. ^

Une salle de gymnase est adjointe ù l'Ecole.

Outre cette oeuvre si conforme à l'esprit de S. Ignace, dont la pensée se reportait sans cesse sur l'éducation des enfants, les Missionnaires en ont créé une seconde qui a déjà produit de salutaires effets.

Dans l'église S. Joseph, la grandeur du sanctuaire, la beantiî du maître-autel, la richesse des ornements sacerdotaux, tout concourt ji faire ressortir la majesté du culte catholique. L'orgue, touché par une main liabile, plaît à l'oreille des auditeurs ; mais la rareté des voix a fait maintes fois regretter ces chants harmonieusement nourris, que l'on aime à entendre dans nos églises d'Europe. Aujourd'hui un chœur composé d'une vingtaine de musiciens, tous Portugais, vient inaugurer une ère nouvelle dans les solennités religieuses de Yang-king-pang. Le choix des morceaux, et une direction sûre, qui garantit le succès de l'exécution, font concevoir de légitimes espérances pour l'avenir de cette œuvre musicale, que les journaux protestants : ' The A'orth China. Dailij news" et ' The Shanylnti Courier <fe China Gazette" ont eux-mêmes encouragée de leurs éloges.

Nous ne saurions passer ici sons silence la splendeur inaccoutumée avec laquelle a été célébrée la fête de Pâques dans l' église S. Joseph, en 1875. Les deux journaux, que nous venons de citer, en ont donné le compte-rendu dans leur numéro du lendemain, 29 mars. A l'éclat des cérémonies religieuses venait se joindre celui d'une assistance brillante, assez rare dans nos contrées lointaines, et bien capable d'inspirer aux infidèles une haute idée de notre sainte Eeligion. L'amiral Krantz, commandant la station navale de l'Indo- Chine, le Consul-général de France à Shang-hai, les commandants

du Montcal

m," du

Volta, " de la " Couleuvre " et un grand

nombre d'ofSciers de mariue, parmi les quels on remarquait son A. K. le duc de Penthièvre, assistaient tous en grand uniforme à la messe, célébre'e par le K. P. Supe'rieur général de la Mission. Deux cents matelots, le fusil au bras, étaient échelonnés sur quatre lignes de cinquante hommes de front, dans toute la longueur de la nef. Trois cents autres étaient groupés dans une des tribunes. Les chrétiens indigènes et les résidants étrangers remplissaient le reste de l'église, qui a rarement vu une aussi nombreuse assistance.

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