‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 39 sur 81 · OBSERVATOIRE · texte numérisé non relu

OBSERVATOIRE

Longitude : 7h. 56m. 24s. E$t de Paris. Latitude : 31' 12' 30" Kord.

'.' ., Altitude: 6 mètres environ au-dessus du niveau de la mer.

Le métëorographe du P. Secchi est arrivé à l'Observatoire le 16 août 1874 ; et, le 25 septembre de la même année, il fonctionnait complètement et donnait des résultats sérieux.

Le Bulletin des observations météorologiques est imprimé chaque jour dans le The Shanghai Courier & China Gazette,^'' journal anglais de Chang-hai ; le Eésumé mensuel de ces observations paraît dans le " The Celestial Empire " renie hebdomadaire publiée dans la même ville.

La Société asiatique se propose d'imprimer dans son ' Journal of the North China Branch of the Royal Asiatic Society " toutes les observations météorologiques et magnétiques ; elles formeront à la fin de l'année un recueil d'environ deux cents pages qui paraît déjsi par parties sous forme de bulletin mensuel.

Le Bulletin quotidien est tiré à peu d'exemplaires, et n'est communiqué qu'à quelques Observatoires et à un petit nombre d'amis. L'envoi du bulletin mensuel est plus considérable.

Un des bureaux du Département de la guerre, à Washington, publie dans un Bulletin international les observations qui se font simultanément dans un grand nombre d'observatoires disséminés sur la surface du globe ; celles de Zi-ka-wei lui sont envoyées.

Les observations magnétiques ont été continuées sans interruption pendant l'année 1874-1875. De 6 heures du matin à G heures du soir, des observations horaires de la Déclinaison magnétique ont été faites, au moins 4 fois par mois, jusqu'au l®"" janvier 1875. A partir de cette époque, jusqu'au mois de juin inclusivement, ce nombre a été doublé, en même temps qu'on s'est astreint h relever, toutes les demi-heures, la position de l'aiguille aimantée. Grâce à cette série

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d'observations horaires, embrassant un espace de 16 mois, et à la discussion qui en a été. faite, on a pu se former une idée nette des différents mouvements de l'aiguille aimantée à Zi-ka-wci et les rattacher heureusement aux diverses influences, étrangères au globe terrestre, déjà raconnues pas les travaux du V. Secchi et d'autres observateurs.

La Déclinaison magnétique moyenne pour 1871-1875, à Zi-kawei, est de l°o4', 7N0.

L'Inclinaison de l'aiguille aimantée observée régulièrement 4 fois par mois et sa valeur adoptée pour 1873-1875 est de 46° 15'.

L'Intensité totale absolue serait pour la même époque de 10,04001 unités anglaises, ou de 4,0292 unités françaises.

La cabane des observations magnétiques, dont les fondations et les piliers des instruments étaient d'abord en briques, à été transformée, quand on a reconnu dans ces briques du pays la présence d'une quantité notable d'oxyde de fer magnétique. Actuellement le bois et le cuivre entrent seuls comme matériaux employés pour la cabane, les fondations et les piliers : on se trouve ainsi dans les meilleures conditions possibles pour l'exactitude des obserxations.

L'observatoire est visité par les officiers de toutes les marines et par un grand nombre de voyageurs et d'étrangers de distinction. Le 3 août 1875, Vong-tsin-kouang^ ancien directeur de l'Arsenal maritime de Chang-hai, et nommé récemment Tao-tai de cette ville, arrivait à Zi-ka-wei, vers six heures du soir. Esprit cultivé et doué de connaissances assez étendues en mathématiques et en astronomie, il a lu les ouvrages composés sur ces matières par les anciens Jésuites de Pé-king, et spécialement ceux du P.*Verbiest ; il désirait jouir de la vue des étoiles en les regardant au télescope : tel était le but de sa visite annoncée d'avance ; et elle eut le succès qu'il en attendait. Un souper lui fut offert dans le salon de l'Observatoire, et, à neuf heures, il reprenait la route de Chang-hai, en se félicitant du gracieux accueil dont il avait été l'objet. Quelques jours plus tard, le K. Père Supérieur lui offrit, en souvenir de cette soirée., un portrait du T. Yerbiest

peint à rOrpheliii:it. VoTig-tsin-konang lo reçut avec rccounaissaïK-c et écrivit au donateur la lettre suivante :

" J'ai visité votre belle maison, où vous m'avez honoré en m'of- " frant un banquet somptueux. J'ai vn vos travaux grandioses d'as- " tronomie et de géographie : ils m'ont instruit comme si j'avais In les "excellents livres de Lin-hié. (l)

'' Je repassais dans mon esprit les souvenirs des sciences cc'lestes "et humaines que j'avais vues chez vous, lorsque j'ai reçu votre lettre. " Elle a jeté dans mon esprit des rayons de lumière seniblubles h " ceux que la lune fait briller sur les hommes dans la saison d'automne.

"Le portrait que vous m'avez offert ressemble à l'homme d'or. (2) " Sa vue m'a charmé comme un souffle du printemps.

" Pendant que j'étais à Fé-king, je visitai l'Observatoire. Je vois " maintenant la véritable image de celui qui l'a établi, comme Con- " fucius vit Lao-tse et l'appela Dragon. (3)

(1) Astronome fameux.

(2) Personnage vénérable que vit en songe un empereur de la dynastie des Han.

(3) L'historien Sse-^ma-thsien qui, du temps de Wou-ti de la dynastie des Han l'an 104 av. J. C. , était le chef des historiens de l'Empire, a composé une biographie de Lao-tse. Elle fait partie des Annales ofiScielles de la Chine et on y lit le passage suivant:

" Confucius se rendit au pays des Tcheou pour y interroger Lao-tse sur les rites. .

Lao-tse lui dit: "Les hommes dont vous parlez ne sont plus; leurs corps et " leurs os sont consumés depuis bien longtemps. Il ne reste d'eux que leurs "maximes.

" Lorsque le sage se trouve dans des circonstances favorables, il monte sur "un char; quand les temps lui sont contraires, il erre à l'aventure. J'ai entendu " dire qu'un habile marchand cache avec soin ses richesses, et semble vide de " tout bien; le sage, dont la vertu est accomplie, aime à porter sur son visage et " dans son extérieur l'apparence de la stupidité.

" Renoncez à l'orgueil et à la multitude de vos désirs; dépouillez-vous de " ces dehoi's brillants et des vues ambitieuses qui vous occupent. Cela ne vous " servirait de rien. Voilà tout ce que je puis vous dire."

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'■ Li long-mie et Kou fou-deu e'taient deux peintres habiles. (4) '* Comment donc ne serais-je pas lieureux d'avoir reçu de vous ce "portrait! J'aurais plutôt raison de m'étonner qu'il puisse y avoir ' dans le monde tant de ge'uie et de talent.

'' Ce don d'un ami est aussi estimable que l'homme illustre dont il rappelle le visage.

■ Je vous remercie et vous salue. "

La carte du Tao-tai, envoyée sous le pli de la lettre, remplaçait sa signature. -

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