SOUS-PRÉFECTURE DE I-HIN'G
Ici comme dans les deux sous-préfectures de Yang-ou et de Vou-tsin, nous n'avons que peu d'endroits à mentionner ; Gneu-kotsen, Che-li-pa et Lié-to sont en effet les seuls, où les Missionnaires aient pu fonder des chrétientés.
GNEU-KO-TSEN. En 1866 ce village renfermait une famille disposée à embrasser le christianisme ; c'était un dernier reste de ces nombreux catéchumènes, que la rébellion des hommes aux longs cheveux avait dispersés depuis six ans. Le P. Eoyer se rendit à Gneuko-tsen en 1867, et célébra la messe dans la maison de Gneu-ven-koué, qu'il baptisa avec quelques autres personnes. La chrétienté était fondée ; sa position avantageuse sur le grand canal qui relie I-hing à Ly-ang la désignait naturellement pour devenir un centre, autour duquel le missionnaire chercherait à fake de nouvelles conquêtes. En 1872, une église y était bâtie, et la première messe fut célébrée, le 8 décembre, fête de l'Immaculée-Conception, au milieu d'un concours considérable de païens, accourus de tous les villages environnants. Les pêcheurs de Ly-ang font actuellement partie de, cette chrétienté
naissante et l'initient à la vie et aux habitudes catholiques. Une douzaine de catéchumènes se préparent à recevoir le Baptême.
CHE-LI-PA. Au mois de novembre 1867, le P. Eavary et le P. Eoyer parcoururent le territoire de I-hing. Chemin faisant, ils apprirent que des chrétiens étaient venus s'établir à quelques lys au nord de cette ville, après avoir quitté le pays de Tong-tcheou, leur première patrie. Eencontrer des chrétiens au milieu d'une population toute païenne c'était une bonne fortune que les Missionnaires appelaient de leurs vœux ; ils se mirent à la recherche des émigrés et découvrirent les familles Yu et Tsang, à sept lys de I-hing. La chaumière de Yu-lo-sè servit de sanctuaire, et les deux Pères y célébrèrent le Saint Sacrifice de la messe. Le fils aîné raconta qu'à trois lys plus loin, du côté du nord, à Che-li-pa, un paysan indigène vendrait volontiers un coin de terre et n'attendait que des acheteurs. Trois mois plus tard, ce terrain appartenait au district de Tsang-tseu ; le P. Eavary y bâtissait à petit bruit quatre chambres, et, en 1869, le P. Eoyer venait y donner les exercices de la mission aux émigrés de Tong-lcheou et aux pêcheurs de I-hing, qui formaient la chrétienté nouvelle. Le Kong-sou fut agrandi peu à peu; 45 catéchumènes se mêlèrent bientôt aux anciens chrétiens, et se préparèrent à recevoii" le Baptême. Mais ce mouvement de conversion n'est qu'une ombre de celai qui s'était manifesté en 1858 ; 600 païens, dispersés dans trente villages, accouraient alors auprès des Pères Clavelin et Sentinier pour solliciter la faveur d'être admis dans l'Eglise catholique. La tourmente révolutionnaire de 1860 a ruiné les belles espérances que les Missionnaires avaient conçues en ces jours heureux, et la moisson qu'ils se disposaient à recueillir a été flétrie par le souffle de Satan. Aujourd'hui Che-li-pa ne compte plus que 15 catéchumènes.
LIÉ-TO. Lors de la première mission qu'il donnait à Che-li-pa, en 1869, le P. Eoyer reçut la visite d'un homme qui, se prosternant devant lui, se mit à frapper la terre du front et à verser d'abondantes larmes. Surpris de cette démarche, le Père le releva, lui adressa quelques paroles bienveillantes et le pria de se faire connaître. ' Je suis oiiginaire de