‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 46 sur 81 · DISTRICT DE TSANG-ZO · texte numérisé non relu

DISTRICT DE TSANG-ZO

Deux clirétientés nouvelles viennent de se former dans ce district. La famille Pang a' construit une chapelle dans sa demeure, et s'est ainsi séparée de Lo-ieu. où elle suivait autrefois les exercices de la mission.

De plus, aux environs de Liu-so, un certain nombre de néophytes se sont également constitués en chrétienté ; ils recevront chez eux le missionnaire et ne seront plus obligés de se rendre à Tang-kao.

Ving-sept catéchumènes ont été baptisés cette année, dans le district de Tsang-zo. Le mouvement des conversions se manifeste surtout du côté de l'occident, non loin de la sous-préfecture de Kiangyn ; et les vexations diaboliques ont maintes fois décidé des païens à renoncer à leui-s idoles pour embrasser la Religion de Jésus-Christ. Entre autres faits de ce genre qu'il nous suffise de citer le suivant, de date toute récente.

Au village de Siao-li, près du bourg de Liu-so, une jeune femme, nommée Tseu-ou-ze, était obsédée du démon, et les jongleries des bonzes ne pouvaient lui apporter aucun soulagement. Harcelée de mille manières par son redoutable ennemi, elle ^s'attendait à une mort prochaine, lorsqu'un de ses voisins releva son courage et lui dit que, si elle voulait guérir, il fallait s'adresser à la maison du Maître du Ciel. Il y avait aux environs un petit Kong-sou, où habitait une veuve du nom de Tseu-lieu-ze, chargée d'enseigner les prières et le catéchisme aux enfants. La veuve fut appelée. Des païens, accourus en grand nombre, remplissaient la chambre de la malade ; celle-ci avait complètement perdu l'usage de la parole et ne laissait entendre qu'un grondement extraordinaire, qui lui sortait du gosier. Elle a avoué plus tard que le diable la saisissait alors à la gorge et la pressait de le suivre. Tseulieu-ze lui versa un peu d'eau bénite dans la bouche et lui dit d'invoquer intérieurement les saints noms de Jésus et de Marie. Le diable lâcha prise immédiatement, mais il revint les jours suivants et long-

temps encore ; il se plaisait îi multiplier ses visites pour se venger de l'échec qu'on lui avait fiiit subir. La veuve chrétienne visita alors la maison et y aperçut plusieurs objets superstitieux ; pour obtenir un résultat définitif et enlever au démon tout droit de persécuter sa victime, elle invita la famille à croire en Dieu et à détruire les symboles diaboliques appendus çà et là dans les chambres. Tout fut enlevé, sauf l'idole du foyer encastrée dans la partie extérieure de la cheminée d'un fourneau. Les apparitions devinrent plus rares, et la malade suffisamment instruite des vérités religieuses, reçut le Baptême des mains de Tseu-lieu-ze. Cependant le démon ne respecta point le caractère sacré imprimé par le sacrement de la régénération dans l'âme de la néophyte, il se présenta de nouveau devant elle ; à sa vue elle éprouvait une teUe frayeur qu'elle s'évanouissait et perdait connaissance. Informé de toutes les circonstances de cette obsession, le P. Bichon envoya un catéchiste détruire le dieu du fourneau. Le diable se montra encore une ou deux fois. Le missionnaire se rendit lui-même dans la chrétienté, interrogea minutieusement le beau-père de l'obsédée, et lui demanda s'il avait entièrement rompu avec tou te pratique superstitieuse. Notre homme finit par avouer que le nom de sa bru était encore suspendu, en guise d'ex-voto, devant l'idole d'une pagode voisine, et qu'il s'était engagé lui-même à offrir une somme d'argent dans ce temple diabolique, si l'obsession venait à cesser. Le nom fut enlevé sur-le-champ, et le païen promit de ne pas payer une sapèque. Le P. Bichon put alors, en toute confiance, suppléer les cérémonies du Baptême à la néophyte. Depuis ce moment elle a cessé d'être en butte aux attaques du démon, et sa famille, composée de sept personnes, observe fidèlement les règles de l'Eglise.

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