‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 47 sur 81 · DISTRICT DE KOUEN-SÈ · texte numérisé non relu

DISTRICT DE KOUEN-SÈ

Dans les faubourgs de Kouen-sè on rencontre quelques païens désireux d'apprendre les vérités chrétiennes.

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SECTION DE SONG-KANG

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Dans un rapport écrit sur l'état actuel de sa Section le P. Ferrand compte 2634 chrétiens de plus qu'en 1870. Cette augmentation ne provient pas seulement de la conversion des païens ; elle est le résultat de plusieurs causes réunies. D'abord quelques clirétientés, dépendant autrefois de Zi-ka-vrei et de Tang-king-pang, ont été assignées à la section de Song-kang et lui ont apporté un effectif de 898 personnes. Les 1736 autres fidèles se répartissent comme il suit: quatre sixièmes sont dûs aux naissances ; un sixième provient de l'adoption d'enfants païens ; le reste est fourni par les Baptêmes d'adultes.

L'instruction religieuse a fait de notables progrès et le nombre des chrétiens ignorants diminue de plus en plus. Le dimanche et les fêtes sont aussi mieitx observés que par le passé ; et, même aux jours ordinaires, le missionnaire voit une nombreuse assistance agenouillée au pied des autels pour entendre la Sainte Messe.

Si l'on excepte la sous-préfecture de Ka-ding, où quelques dizaines de catéchumènes ont embrassé, cette année, le christianisme, les autres districts ne comptent que peu de Baptêmes d'adultes.

Les païens qui songent à se convertir ne sont pas tous gin'dés par le même motif, et le désir du salut étemel n'est pas le seul mobile qui les décide à faire cette démarche. Dans les contrées infidèles le démon exerce un empire tyrannique et se plaît sans cesse à tourmenter ses victimes ; les obsessions ou possessions diaboliques y sont fréquentes, et c'est à cette cause que l'on peut attribuer un grand nombre de conversions dans la Section de Song-kang. Le païen torturé par Satan fait maintes promesses aux idoles qui n'ont point d' oreilles pour l'écouter, il a recours aux bonzes dont les conjurations restent

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sans eflfet ; il ne lui reste plus qu'un moyen de salut, c'est de demander assistance à la Maison du Maître du Ciel. Ses parents invitent alors une vierge ou un administrateur à réciter quelque prière près de sa couche et à faire sur son corps des signes de croix, en l'aspergeant d'eau be'nite. Si ce pauvre inBdèle, pris de la maladie du diable, consent à renoncer à ses pratiques idolâtriques et à s'instruire des vérités chrétiennes, pour recevoir plus tard le Baptême, le démon est contraint de fuir et perd tout son empire sur celui qu'il torturait autrefois. Dans chaque district on compte plusieurs néophytes, à qui Satan a fait trouver ainsi la route du ciel.

Les Missionnaires de la Section de Song-kang ne sont pas les seuls à signaler cette cause de conversion ; les faits que nous avons racontés, en parlant des districts de Tsang-tseu et de Tsang-zo, la constatent également ; et il n'est pas une contrée dans la Mission de Nan-king, où nous ne puissions trouver des exemples à l'appui de ce phénomène, que l'on ne saurait révoquer en doute. Telles sont les raisons qui nous ont engagé à le mentionner ici une fois pour toutes avec quelques détails.

D'autres infidèles recherchent la protection des Missionnaires pour échapper à des persécutions, ou à des injustices dont Os se voient menacés ; et, afin de l'obtenir, ils promettent d'observer les lois de l'Eglise et de se préparer au Baptême. Le prêtre leur rend les services qu'ils réclament, lorsque la prudence et la charité chrétienne ne s'y opposent pas, et il cherche à se faire tout à tous pour gagner des âmes à Jésus- Christ ; mais il a soin de soumettre ces catéchumènes à de longues épreuves, avant de verser sur leurs fronts l'eau sainte du Baptême.

Il est une troisième classe de païens qui demandent à se convertir uniquement pour sauver leurs âmes. La vérité de l'Evangile brille à leurs yeux et les intérêts temporels ne sont d'aucun poids dans la résolution qu'ils prennent de renoncer aux superstitions idolâtriques ; ils cèdent simplement a l'attrait de la grâce qui les pousse vers Dieu. Ces dispositions se manifestent surtout chez les mourants. ^Is ont eu autrefois des rapports avec les chrétiens et connaissent les dogmes du

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paradis et de l'enfer ; en face de l'e'ternite', où ils vont entrer, ils mettent à exécution le projet qu'ils nourrissaient au fond de leur cœur, et reçoivent à la dernière heure de la vie l'innocence baptismale qui leur ouvre la porte du ciel.

Telles sont les raisons principales qui déterminent les infidèles à s'enrôler sous l'étendard de Jésus- Christ ; H n'y a du reste dans cette Section aucun mouvement sensible vers le christianisme ; et les conversions y sont rares.

La fréquentation des Sacrements continue d'être en honneur. Les hommes, dans beaucoup de chrétientés, ne le cèdent point aux femmes en ferveur, et on les voit s'agenouiller en grand nombre à la Table sainte.

Les écoles sont florissantes et nombreuses ; on en compte 164; elles sont dirigées par 85 maîtres et 79 maîtresses. Les vierges Présentandines et les anciennes élèves du Sen-Mou-ieu se distinguent par leur zèle et leur habileté à instruh-e les enfants et à leur faire prendre les habitudes de la vie chrétienne.

Si Dieu nous accorde la paix, dit le P. Ferrand en terminant son rapport, si des guerres étrangères ou intestines ne viennent pas ' semer le désordre dans cette vaste et florissante Section, la Eeligion "s'y implantera de plus en plus et y jettera de profondes racines. "

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