‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 48 sur 81 · J2SI · texte numérisé non relu

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rÈLERIXAGE DE ^'OTIlE-DAME-A^XILIATRICE, A ZO-SE.

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La maison construite, il ya douze ans, à mi-coteau, n'existe plus. Celui qui en jeta les fondements lui souhaitait sans doute une plus longue durée ; ses de'sirs cependant n'ont point été déçus et Dieu a daigné les réaliser au delà de toute espérance. En effet, à la place des quelques chambres que l'on rencontrait autrefois, s'élève aujourd'hui à Zô-sè une maison nouvelle, où les Missionnaires, que les solennités religieuses appellent au pèlerinage, peuvent trouver un spacieux asile. Commencée au mois de septembre 1874, elle reçut ses premiers hôtes, l'année suivante, à l'ouverture du mois de Marie. La chapelle domestique, dont l'extérieur n'offrait aux yeux que l'apparence d'une maison ordinaire, a subi d'heureuses modifications ; et une façade en style dorique redit à tous qu'elle est la demeure du Maître du Ciel. Deux salles d'attente ont été construites parallèlement sur la petite esplanade qui lui sert d'entrée, et les pèlerins vont s'y reposer.

n était nécessaire de mettre l'église de Notre-Dame-Auxiliatrice à l'abri de toute tentative de vol, et de la soustraire avec les stations du Chemin de croix anx desseins coupables de visiteurs malintentionnés. Deux murs d'enclos descendront du sommet de la montagne jusqu'au canal et fermeront complètement l'entrée de cette enceinte réservée ; sanctuaire et stations se trouveront ainsi en sûreté. Ces murs sont en voie de construction et les aumônes des chrétiens, nous l'espérons, ne les laisseront point inachevés.

De nombreux pèlerins accourent chaque année à Zô-sè, pour y honorer îTotre-Dame-Auxiliatrice ; aux jours de sa fête on les compte par milliers. Monseigneur Languillat a sollicité pour eux, auprès de Notre Saint-Père le Pape Pie IX, une faveur spéciale ; et par un induit, en date du 10 septembre 1874, une Indulgence plénière a été

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accordée à tous ceux qui, après s'être confesse's et avoir reçu la sainte communion feront le pèlerinage de Zô-sè, au jour oîi sera céle'brée sa fête patronale et y prieront aux intentions du Souverain-Pontife, pour sa prospérité et l'accroissement de la Sainte Eglise, (l)

Cet induit fut reçu à Chang-hai, le 1 7 décembre de la même année, et, le 29, une circulaire épiscopale en donnait connaissance aux Missionnaires et aux chrétiens. Le 2-4 mai 1875, environ 4.000 pèlerins s'agenouillaient à la Table sainte dans le sanctuaire de Notre- Dame- Aux iliatrice et gagnaient, pour la première fois, l'Indulgence plénière nouvellement accordée.

A ce jour se rattache le souvenir d'une conversion remarquable.

Un homme originaire de la chrétienté de Kou-li-tsen, au district de Tsang-zo, n'observait plus, depuis dix ans, aucune pratique religieuse ; il ne franchissait jamais le seuil de son église et sa vie était celle d'un apostat. La foi cependant n'avait point encore disparu de son cœur. Il avait entendu souvent des pèlerins faire le récit des fêtes de Zô-sè , et résolut d'aller jouir lui-même de ce pieux spectacle. Le

(1) Texte de l'Induit: "Exandientia SSSH habita die 10 Septembris 1874, SSinui D. N. Plus, Divina Providentia PP. IX, referente me infra scripto S. Cde Propaganda Fide Cardinali Prœfecto, ad preces R. P. D. Adriani Languillat ES Sergiopol. Vicarii Apostolici Nankinensis in Sinis, Indulgentiam plenariam bene concessit semel in aiino lucrandam a christianis omnibus rite confessis et sacra communione refectis quiinmontem prope Chang-hai, vulgo dictam Zô-sè, piœ peregrinationis causa convenerint, ibiqae pro Reipublicœ christianœ angmento ac Romani Pontificis prosperitate, et juxta ejusdem Summi Pontificis intentiouem oraverint, die quo festum B. M. V. titulo Auxilium Christianorum celebrari contigerit.

Dat. Romœ ex Œd. dict. S. C. die et anno prœdictis. Gratis sine ulla solntione quovis titulo. Alex. Card. Franchi Prœf.

Concordat cura Original!.

f Adrianus Languillat S. J.

Epùi Sergiop. Vie. Apos. Nan-king.

2ô mai, jour de la Sainte Trinité, il arrivait à la montagne, et se liàta d'en gravir les sentiers, où il aperçut bientôt une foule d'hommes, de femmes et d'enfants agenouillés ; ses oreilles entendaient retentir de toutes parts les prières du chemin de croix. Une vive émotion s'empara alors de son âme, et parvenu au sommet de la montagne, il entra dans l'église pour assister à la bénédiction du Saint Sacrement. C^est là que Marie voulut lui accorder une grâce de conversion. Les années qu'il avait passées loin de Dieu se présentèrent alors à son esprit ; et, comme tant d'autres pécheurs avant lui, il sentit toute l'amertume des jours écoulés dans l'oubli des devoirs les plus sacrés. Des larmes abondantes tombaient de ses yeux, et au pied de l'autel, devant la statue de Notre-Dame- Auxiliatrice, il prit la résolution sincère de rester fidèle aux lois de l'Eglise et de réparer par une conduite chrétienne les scandales qu'il avait donnés. Il fit à un missionnaire l'aveu de ses fautes, et le lendemain, fête du pèlerinage, il s'agenouillait à la Table sainte pour y recevoir le Dieu des miséricordes ; puis il quitta Zô-sè, emportant au fond de son cœur une paix, qu'il ne connaissait plus depuis longtemps.

Cette journée du 24 mai ne le cédait point en magnificence aux grandes solennités de 1873 et de 1874: 33 Missionnaires appartenant aux diverses Résidences et Sections de la Mission, 10 Scolastiques et environ 12,000 chrétiens s'étaient réunis pour la célébrer avec l'éclat qui lui est dû. y

Les ministères spirituels pendant le mois de Marie se résument comme il suit.

Communions 7,196.

Grand pèlerinage 1.

Pèlerinages des districts, avec offrandes de cœurs à la Sainte Vierge : 7.

Messes célébrées 100.

Nombre des pèlerins environ 30,000.

Le grand pèlerinage est celui de la fête patronale. Les missionnaires des districts de Tang-mou-kiao, Kiang-yn, Ou-si, Tsang-king, Tsi-pao,

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Tsang-ka-leu, Tsang-tsea et Tsii-king ont fait avec leurs chrétiens des pèlerinages particuliers.

Les païens se sont déchaînés contre ces fêtes. A Sou-tseu et dans les contrées voisines ils ont répandu le brait que les multitudes accourues à Zô-sè forment une grande association politique qui pourrait menacer. un jour la sécurité du pays. Le 24 mai, 100,000 hommes, disaient-ils, étaient réunis avec d'innombrables drapeaux et treize pièces de canon sur la montagne, dont le sommet est parfaitement aplani et se changera peu à peu en une forteres.se redoutable. Toutes ces calommies sont tombées, et n'ont point obtenu le succès qu'en attendaient leurs auteurs.

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SECTION DE NÊ-WEI

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L'état matériel de cette Section est loin d'être prospère. Elle possède sans doute, comme nous l'avons déjà dit (l) , quelques belles églises bâties depuis une dizaine d'années, mais elle en compte trente deux qu'il serait nécessaire de renverser, ou qui exigent des réparations considérables. L'argent manque pour entreprendre de semblables travaux. '' Quant au mobilier de ces églises il est généralement, trèspauvre, souvent brisé, déchiré, pourri." Ce sont les expressions même dont se sert le P. Loriquet dans un rapport sur la Section de Né-wei. Puis il rend ainsi compte de l'état des âmes. " Les chrétiens, hommes "et femmes dit-il, fréquentent de plus en plus les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Outre les gi'andes fêtes, et les mois du '■ Sacré-Cœur, de Marie, et de S. Joseph, la répartition des diman- " ches de chaque mois entre les divers endroits centraux contribue sans doute aussi à ce résultat. Ces dimanches sont autant de rendez- ''vous périodiquement préparés à la piété et à la dévotion pour tout " le voisinage.

La Keligion rencontre ici peu d'opposition et de difficulté de '' la part des païens. Ils se montrent généralement disposés à la laisser jouir de la paix et de la liberté. Rarement entend-on un mot d'injure. Les mandarins eux-même dans leurs relations habituelles se montrent pohs et prévenants. A moins donc que le vent ne change dans les régions plus élevées de l'atmotsphère gouvernementale, il n'y a

(1) Voir "Relations de la Missonde Nan-king. Tome 1. 1873-1874. page 33.

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point ù craindre d'orages locaux ni do violentes vexations. Ce qui gène les progrès de la Keligion et l'empêche de gagner les classes païennes, c'est plutôt l'inertie, l'inditiërence, la coutume, la crainte d'observer les lois de l'Eglise, l'avarice et d'autres passions qui ôtent même à ceux qui auraient intérieurement quelque bonne volonté l'énergie ou la faculté d'agir et de suivre le mouvement de leur raison et de leur conscience.

''A part les faibles lueurs d'espérance qui commencent :i poindre dans le district de Tang-mou-kiao, tous les Missioiniaires s'accordent à constater ce tait, aussi désolant que certain, qu'il n'y a dans la Section aucun mouvement sensible de conversion prochaine de la part des païens. Ce n'est que de loin en loin qu'on en voit venir quelques-uns mus par un désir plus ou moins formel de salut.

' Les néophytes, après leur Baptême, montrent généralement du zèle pour leur instniction et l'observation de leurs devoirs. Pourvu qu'ils soient suivis et aidés de bons conseils, on ne les voit guère retourner à leurs superstitions."

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