DISTRICT DE TAN-YANG
Ce district a eu, cette anne'e, ses jours d'épreuve. Vers le mois d'août 1874, une conjuration se forma dans le bourg de Liu-tchen. Elle avait pour chef un païen, nommé Ouang-yue-oua, qui excitait les paysans à incendier les églises et à massacrer les chrétiens de la contrée, parce qu'ils refusaient de contribuer à l'érection d'une pagode. Déjà un grand nombre de conjurés étaient enrôlés ; ils avaient fixé le jour, où ils mettraient à exécution leurs sinistres projets; et de terribles châtiments attendaient ceux qui refuseraient leur concours à cette œuvre de sang, mais la providence veillait sur les siens. Le P. Gandar, averti à temps des détails de la conjuration, se rendit au tribunal du sous-préfet de Tan-yang, et le pria de détourner un orage, qui allait causer d'irréparables désastres. Le jour même, ce magistrat partit pour Liu-tchen. où se trouvaient les principaux agitateurs ; il réussit à calmer leur colère, et les fit renoncer à leurs mauvais desseins. Mais tout danger n'était point écarté par cette démarche, et les chrétiens n'accueillaient qu'avec une demi confiance les promesses fuites par les conjurés. Le Père pria alors le sous-préfet de publier une proclamation, pour pacifier les esprits ; celui-ci accéda volontiers à une aussi juste demande, et ordonna d'afficher dans les six principales localités de sa juridiction cette pièce officielle, qui rétablit la sécurité. Les rumeurs hostiles aux chrétiens cessèrent peu à peu, et la paix commença à renaître dans les cœurs. Mais le démon profita de cette heure de trouble, poui- travailler à la perte des âmes ; beaucoup de catéchumènes, effrayés des dangers que couraient ceux qui embrassaient la Eeligion du Maître du Ciel, cessèrent d'en suivre les règles ; et le P. Léveillé ne put qu'avec peine les faire rentrer dans les sentiers du devoir et de la vérité.
Le district de Tan-yang se compose actuellement de la chrétienté qui lui donne son nom, et de celles de Hoa-kia-tou, Koua-tcheou. Chang-tse-keou. Kiu-îong et Yang-lieou-pou.
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TAN-YANG. Kijli^c de V Immaculée-Coui'cption. Les Kcbellos ont passé là, comme en mille autres lieux, auxquels se rattachent les plus tristes souvenirs ; quand ils sortirent de la ville, pas une maison chrétienne ne restait debout, et le Kong-sou était devenu la proie des flammes. Plus de 400 fidèles se réunissaient autrefois autour du missionnaire, qui venait leur offrir le secours de son ministère ; aujourd'hui, on n'en compte que 56 ; 200 ont trouvé la mort au milieu des désastres de leur patrie ; les autres l'ont quittée, pour aller chercher un refuge à Chang-hai, et semblent lui avoir dit un dernier adieu ; ils ne songent plus à y rentrer.
En 1868, un nouveau Kong-sou fut bâti. C'était une victoire remportée sur le mandarin et les habitants, tous hostiles à la Eeligion ; car, à Tan-yang, la lutte contre l'esprit haineux des païens est presque continuelle ; ce n'est qu'à ce prix que le missionnaire peut assurer un peu de paix à ses ouailles, et faire progresser les œu^^•es entreprises pour la gloire de Dieu. Les chrétiens sont généralement fidèles observateurs des lois de l'Eglise. Quelques femmes se distinguent par leur ferveur et par leur zèle ; et un grand nombre d'enfants moribonds ont reçu le Baptême de leurs mains, surtout à l'Orphelinat païen, où la vierge Kin-siao-kou réussit toujours à pénétrer. Mais la conversion des adultes offre des difficultés sérieuses; et le christianisme n'a point leurs sympathies.
Il ne nous reste plus, pour compléter cette page consacrée à la chrétienté de Tan-yang, qu'à rappeler un bienfait, dont les Missionnaires et les chrétiens ne perdront point le souvenir. Une dame ue Chang-hai, Tsu-mo-ze, épouse d'un riche armateur nommé Tsu-potsa, est originaire de Tan-yang. Elle a offert au Kong-sou de sa ville natale 97 arpents de terre, dont la rente couvrira les dépenses annuelles, que les chrétiens appauvris ne sauraient supporter.
HOA-KIA-TOU Eglise de la Sainte Trinité. Il ya environ trente ans, une jeune païenne de Hoa-kia-tou, nommée Tchen, fut mariée à un chrétien de la famille Gnié ; elle apprit les prières catholiques, renonça au paganisme et reçut le Baptême. Hoa-kia-tou ne comptait
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