DISTRICT DE NING-KO-FOU
Les Pères Orta et Femiani établis l'un à Ning-ko-foii, et l'autre à Chouei-toug, se partagent l'administration de ce district.
NING-KO-FOU. Vers la fin de décembre 1874, et au mois de janvier de l'année suivante, plus de 2,000 jeunes gens se trouvaieiit réunis dans cette ville, pour subir les examens du baccalauréat, et tous désiraient voir le missionnaire Européen. Le P. Garnier, arrivé sur ces entrefaites, invita nn catéchiste de Nan-kiug, nommé Yé, à les recevoir, et à leur expliquer les vérités chrétiennes. Pendant quinze jours, Yé consacra presque tous ses moments à cette pénible besogne ; il savait en effet que la curiosité, beaucoup plus qu'un désir sincère de conversion, les poussait à faire mille questions fastidieuses. L'un d'eux avait h sa disposition un ouvrage du P. Jean Soerio, intitulé C1ien-kiao-io-ieii ou Dissertation sur le Christianisme ; il le couvrit de ratures, de notes obscènes et impies, et le déposa secrètement sur l'autel. Au dire de cet ami de Confucius, les Européens ne comprennent pas la doctrine du Ciel, parce qu'ils sont nés d'animaux immondes ; voilà un de ses arguments les plus décisifs contre notre sainte Religion. Il en est un autre qui mérite d'être mentionné ; En publiant votre fausse doctrine, écrivait-il sur une des pages du Chai- Idao-io-ien, vous cherchez à corrompre les mœurs, et à troubler le cœur des hommes ; votre but est de profiter ensuite de ces désordres pour vous emparer de notre pays. Mais, tout diables que vous êtes, et malgré vos machinations, vous ne réussirez jamais à échapper aux pièges, que vous tendent les Chinois. " Le P. Orta s'est consolé de ces invectives, en baptisant, le jour de Noël, à Ta-li-tsen, dix adultes étrangers aux belles idées des lettrés.
Ceux-ci nous ont montré qu'en dehors des moyens littéraires, ils savent en trouver d'autres, pour nous insulter et nous nuire. Au mois de février, un nouvel examen les appelait à Ning-ko-fou. Le
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P. Oita était absent ; et le gardien de la maison en ferme la porte, afin d'éviter des visites, qui pouvaient devenir dangereuses. Les lettrés se présentent, lancent des pierres sur le toit ; pénètrent dans le jardin, puis dans les chambres ; et ne se retirent qu'après avoir volé les objets qid leur plaisent.
Telle est la morale de ces hommes, qui nous accusent de corromj)re les mœurs.
CHOUEI-TONG. Le nombre des catéchumènes augmente dans cette contrée surtout entre Yn-tsen et Sen-kia-pou ; et des familles viennent assez souvent trouver le P. Femiani, pour lui annoncer qu'elles sont décidées a renoncer au culte des idoles ; elles demandent des livres, et se mettent à étudier les prières de l'Eglise.
L'école de Chouei-tong est l'œuvre principale, à laquelle le missionnaire consacre ses soins. Le rapport du P. Le Comec nous a fait connaître l'ignorance des fidèles venus du Hou-pé ; il est donc urgent de prendre les moyens nécessaires, pour leur procurer, ainsi qu'aux catéchumènes, l'instruction religieuse qui doit sauvegarder leur foi. et les former aux habitudes de la vie chrétienne.
C'est dans ce but que l'école a été établie. Des hommes, des femmes y étudient la doctrine de l'Evangile, pour aller l'enseigner plus tard dans leurs villages et au sein de leurs familles ; vingt trois personnes suffisamment instruites en sont déjà sorties, et prêtent aux Missionnaires un utile concours.