‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 63 sur 81 · DISTRICT DE NING-KO-HIE · texte numérisé non relu

DISTRICT DE NING-KO-HIE

La partie de la sous-préfecture de Nhig-ko-hien, confiée aux soins du P. André, renferme un certain nombre de catéchumènes, dont les dispositions paraissent sûres, et qui songent plutôt à sauver leurs âmes, qu'à se procurer des avantages matériels par l'entremise du prêtre. Quant aux néophytes, ils restent fidèles à la foi chrétienne,

mtmmm

— KSI —

depuis le jour où ils ont reçu le Baptême ; mais leur instruction religieuse est encore bien incomplète. La plupart d'entre eux sont des enfants, des vieillards, ou des personnes ondoye'es en temps de maladie, et ils ont oublié le peu de catéchisme, qu'ils apprirent autrefois. Des écoles ont été établies en plusieurs villages, et le P. André en donnait la statistique suivante, au mois d'avril 1875. "j'arrive d'un voyage dans la contrée de Tong-ngau. Il a duré 1 9 jours, du 20 mars au 8 avril. A Ho-li-ki, il y a maintenant 18 élèves ; à Mang-fou, 15; à Tclia-keou, 11; ji Ma-tsen, 10; à Ki-cbang-pin, 14. L'une de mes plus grandes joies a été de faire couler l'eau sainte du Baptême sur le front de 30 catéchumènes. "

Les fêtes de Noël de l'année préct'dcnte n'ont pas été sans consolation pour le missionnaire ; il les a passées à Mang-fou. En d(;pit de la neige, qui tombait en abondance, plus de 80 catéchumènes arrivèrent ;i l'église. Huit personnes firent la sainte communion ; plusieurs recevaient Notre-Seigneur pour la première fois ; et, parmi les vingt néophytes qui s'étaient agenouillés, la veille, au tribunal de la pénitence, quelques-uns n'avaient pas encore pu s'y présenter depuis leur Baptême. Maintenant que le- missionnaire possède à Mang-fou une chambre, où il pourra s'abriter contre l'intempérie des saisons, ses visites aux chrétiens et aux catéchumènes deviendront plus fréquentes ; en séjournant au milieu d'eux, il les fera participer aux bienfaits des sacrements, et Notre-Seigneur se chargera de transformer ces cœurs par sa divine action.

Les habitants de Mang-fou, de Ki-chang-pin et de Ho-li-ki sont dos «îmigrés du Hou-pé. Ils ont presque tons acheté les terres, qu'ils labouraient autrefois à titre de colons ; cet achat les fixe dans le pays, et met fin à une f(jule de chicanes, qui entravaient la propagation de l'Evangile.

Le P. Chen-3ul a éprouvé maintes difficultés dans la contrée

qu'il évangelise. Les anciens habitants, irrités de l'émigration des

hommes du Hou-pé, cherchent à les vexer de mille manières. Dans

le village de Kang-keou il y a une quarantaine de ces familles de

hi5l

■km

colons ; depuis deux ans, elles gémissent sous le régime de la terreur; opprimées par les propriétaires indigènes, elles ne possèdent plus les images religieuses, qu'elles avaient reçues des Missionnaires, et c'est à peine si elles osent avouer qu'elles suivent les règles du christianisme.

Il était nécessaire de relever le courage de ces catéchumènes; aussi le P. Chen-eul a-t-il fait à Kang-keou l'acquisition d'une demeure qui prendra le nom de Maison du Maître du Ciel. Vers la fin du mois de décembre, 1874, il a célébré avec éclat la dédicace de sa nouvelle église ; et les païens, témoins de cette solennité, mettront sans doute un terme ù leurs vexations. :

Quant aux anciens chrétiens, que l'émigration a groupés sous la houlette du missionnaire, leur ignorance est extrême ; un grand nombre ne savent pas même faire le signe de la croix. Le P. Chen-eul et quatre catéchistes travaillent avec ardeur à leur instruction.

Page 1