‹ Relations de Suffridus Petri et d'autres savants du 16. siècle avec l'Université de Louvain Etienne Heuschling et les derniers temps de l'enseignement de l'hébreu au Collège des trois languesChapitre 11 sur 14 · HO · texte numérisé non relu

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théologie, reconstilnée sous le rectoral de Van Leeinpoel par le gouvernement impérial il). Le cours de langue héliraïque fut assigné dans l’organisation du nouveau séminaire à un autre tiiéologien , Henri Wouters , de Louvain , qui était chargé en même temps des leçons sur l’Ancien Testament 2).

De Mazière se trouva mêlé à tous les débats dans lesquels s’engagea la faculté de théologie avant qu’eût éclaté la révolution brabançonne; il fut chargé, comme doyen de cette faculté, de transmettre ses réponses et ses observations tant aux membres du gouvernement qu’au Cardinal-archevêque deMalines, quand celui-ci fut forcé de se prononcer sur l’orthodoxie du nouvel enseignement (3). Lorsque les troubles eurent grossi jusqu’à amener une insurrection générale et le renversement de la domination autrichienne. De Mazière se condamna prudemment à la retraite ; à peine réorganisée sur l’ancien pied, rUniversiiéde Louvain prononça par contumace contre lui, le 1 2 juillet 1790, une .sentence qui le déclara déchu de toutes ses fonctions académiques (4). Ainsi puni d’avoir secondé ouvertement

(i) ll.id., p. .H6.

(a) H. Woulcrs, licrnoie en lithologie depuis ^776, availhtë e!u le i 3 noveirLre 1783 présideui du college des Trois'^Langues.

( 3 ) Mémoire/ de Rapédius de Berg , l , Il , p. i 49 ♦ p. l — La rhpooso JusliGcativr do la faculté au Onrdinal est datée du 10 mars 178;).

(4) Mémoire/, ibid., p. 7 note.

les vues (lu gouvernement de Joseph II, De Mazière ne rentra plus à Louvain après la restauration qui eut lieu au commencement du règne de Léopold (1),

Nous n’irons pas plus loin en ce moment, sans essayer de constater en général quelle a pu être la portée des études philologiques dans l’établissement particulier dont nous nous occupons, pendant le cours du dixhuitième siècle. Les traits historiques qui ressortent de nos aperçus précédents montrent à l’évidence que l’enseignement de l’hébreu a figuré comme par le passé dans les programmes académiques de Louvain , grâce surtout au respect des privilèges et au maintien des anciennes fondations, mais qu'il n’a pas été pris au sérieux sous le rapport scientiGque , faute de circonstances favorables aux travaux de ceux qui le représentaient.

Considérons-nous d’abord la position des hommes qui portèrent le litre de professeurs de langue hébraïque, nous les voyons subir tous les désavantages d’un système d’administration où l’on envisage plutôt des convenances personnelles que les intérêts bien entendus de toutes les branches de la science. D’abord , nous les voyons choisis presque toujours dans une classe d’hommes instruits, mais dépourvus d’une vocation

(i) De Kaiière fut nomme^ en novem* rc 17^1 prévôt du cliapilre de Si.- Vincent à Soignies (Prmpositus Sone^iensin)\ en i 8 o 3 , lors de U réorganisation do diocèse de Gand , il fut appelé à la cure de Dtxmude % et c*cst dans cette ville qu'il est mort en 183

marquée pour l’étude et l’enseignement qu’on leur as signait tout à coup. Puis , une fois élus , nous les voyons arrachés de fait à la poursuite d’un même genre d’études ou d’une même série de recherches par des fonctions diverses qu’ils échangent plusieurs fois en peu d’années. Il advint de la sorte que les forces de la plupart de ces hommes furent paralysées par la multiplicité et la mobilité de leurs occupations, et cela d’ordinaire en vertu d’arrangements administratifs qui semblaient établir extérieurement un ordre parfait : ils furent donc placés dans une espèce d’impossibilité d’atteindre des résultats quelque peu remarquables et de contribuer à des progrès visibles dans la direction des hautes études. Ainsi , même en admettant un zèle éclairé chez les personnes, il faut bien reconnaître dans les faits positifs, qu’il est facile de constater , les conséquences fatales d’une organisation vicieuse dans laquelle l’intelligence n’est pas appelée sans cesse à exercer son légitime empire. Les études spéciales, dans un tel état de choses, ne parviennent jamais jusqu’au degré où leur culture est vraiment utile, et les études de premier ordre, d’un autre côté, ne reçoivent pas tous les perfectionne ments qu’elles comportent, en partie par l’absence de ces études auxiliaires, en partie par l’épuisement auquel la plus étrange diversité de travaux condamne à la longue des esprits naturellement actifs : c’est qu’il est certaines lois de l’humanité intelligente et libre qu’on ne peut impunément violer; demander à un homme de

tout faire à la fois, c’est le réduire tôt ou larda une désolante stérilité de pensée, tandis que les forces natives de l’esprit humain se développent comme sans effort par une division normale du travail intellectuel dans la société et dans chacune de ses institutions.

Ce que le témoignage des faits nous force à constater sur l’état des éludes hébraïques à Louvain au XVllh siècle , le même témoignage nous oblige également à le dire de l’étude des lettres grecques : celle étude avait singulièrement déchu même au collège des Trois Langues qui semblait être son dernier asile. Certes noiis ne conseillerions pas de prendre à la lettre les récriminations d’une bibliophile inriniment célèbre dans notre pays sur la décadence des éludes littéraires et scientifiques au sein de l’Université pendant les dernières an nées du siècle passé; Ch. Van Hulthem, il est vrai, avait été assis sur les bancs de notre ancienne école nationale, et il en avait connu personnellement les derniers maîtres ; mais, le croira-t-on assez désintéressé dans ses jugements, tandis qu’on l’a vu prendre si fort à honneur la haute influence que le gouvernement français lui donna dans la direction des facultés composant l’Académie de Bruxelles, dépendance de l’Université impériale? Admeltra-t-on avec lui (1), «qu’il n’y avait

(l) Happort ^ l’Acad. dot Acieoc s et letlrea de Bruiclirs dans lea j4rchive% philologique» de B1. le liai’on De RciiTonJiei g, t II. p. I »3. { Louvain , iSa";. )

plus personne qui sftt le grec » , el que « le professeur d'hébreu ne connaissait pas davantage la langue qu’il devait enseigner ? » Admettra-t-on de même au sujet des membres du collège des Trois- Langues, que ces MM. se contentaient de leur titre et de leur traitement et ne faisaient plus de leçons?» Van Hulthem, nous semble-t-il , a formulé toutes ces sentences d’un ton trop absolu , et , en l’absence de toute réserve dans ses paroles, on est tenté de prime abord d’en suspecter l’exacte vérité. Le bibliophile gantois mériterait plutôt créance , quand il cite des faits et des noms propres, et , en ce cas, on ne peut se dispenser de les recueillir à titre de renseignements : ainsi, nous apprend-il, on avait cessé Iq grande ieçon de mathématique depuis le décès du dernier professeur, l’abbé le Page, «sous le prétexte que les étudiants apprenaient assez de mathématiques en philosophie n ; ainsi, on aurait supprimé la grande leçon qui avait pour objet la pureté et l’élégance de la langue latine, » pour y substituer l’explication du catéchisme, « décorée du titre pompeux de leçon d' Eloquence chrclienne » ; le docteur Leemput , nous dit encore Van Hulthem, professeur en grec au collège desTrois-Langues , « m’aavoué qu’il ne le comprenait pas, et que toutes ses connaissances se bornaient aux premiers éléments de la grammaire (1).» Si étrange

M (i) Jpan-Ilu]>.-Jofc. l.ciMvur, natif dr Rotterdam, créé docteur en tliétilogie en l’ySo , était deTcoa en l'ÿS:» professeur de langue greccjQe

que soit celle révélalion, si énorme que soill’accusalion qu’elle renferme, elle ne peulélre loul à fail dénuée de fondemenl; car elle n’esl infirmée en aucune manière par des lémoignages non moins formels sur l’éducalion liltéraire de celle époque à lous ses degrés.

Un écrivain consciencieux nous inslruil posilivemenl du discrédiloù élail lombée l’élude du grec dans les écoles d’enseignemenl moyen ; « Quani à la langue grecque , dil-il (1), il n’en élail question dans presque aucun collège ; et dans ceux où l’on daignait encore s’en occuper, on s’y bornait à la simple connaissance des éléments (2). Retenus par le préjugé qui s’élevait contre celle langue savante, les instituteurs osaient à peine en prononcer le nom » Ce qui se passait dans la majo-

rité des collèges de la Belgique, on peut l’appliquer avec justesse dans une certaine mesure à l’étal déplorable de la partie littéraire de l’enseignement académi-

en rf n)pîac^m**nt Z^grrü; il fut dt'signc pour IVnsrignemrnt du grre et du rCouvcnii Te.stamont au tU'mÎDaire geiuVal ; mais il quitta LouTaio en 1^88 , Pt fut eusuite nomme doyen de la collegiale de Renais où il mourut en i8na. — 9 . Va:i llullliem a aouvenl dit que Leemput lui ayant ilemundé comme à aoo ancien maître une cbaire de grec à la fa* cultë des lettres de Bruxelles «il lui nvail opposé un refus formel en le mettant au défi de traduire Esope.

(t) J. B. Lcssroussaiit, dt r Education belgique, Bruxelles, i*; 83 .— V . Tli. Juste • Essai sur rhist de lUnstr. publ. en Eetgique , p. i63 et aui« Gfr. p. 147—4^*

(?) Gela s'élail fait, par exemple, dans quelques colleges «les Je* suites.

que. En présence d’un abandon aussi général d’une des langues classiques, ou n’a pas de peine à comprendre à quel point l’indifférence des titulaires de TUniversité devait résulter du dédain ou du dégoût qu’ils voyaient partout autour d’eux. C’est en vain qu’on se dissimulerait la force de préjugés devenusaussi universels, quand on entend sortir de la bouche d’un corps d’étudiants une protestation unanime contre l’étude du grec aussi bien que de l’hébreu ; dans la Supplique latine que rédigèrent en 1787 les élèves du séminaire générai, se trouvait cette clause finale , que les cours de langues grecque et hébraïque cessassent d’être obligatoires, libéra sit frequentatio lectionum linguœ hebraicœ et grœcœ{i). Il est clair que , si les auteurs de la requête protestent en particulier et toujours à l’unanimité contre cette double étude philologique, c’est qu’ils obéissent à un vif sentiment de répulsion qui avait été développé en eux par les habitudes et les préjugés des cours d’humanités. Ainsi , tout en respectant les idées qui ont dicté la première partie de la Suppliqneeoncernant la nature des doctrines théologiques et le droit des évêques à leur surveillance, on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’il y a une raison d’indifférence dans de semblables réclamations contre des études qui deve-

(i) La pi^ce nriginalt^ e&t citér rn entier dans le cliapilre relatif aux trouilles du Sf^minaire gr^n^ral datts les Mémoires de Rapédius de Berg , t. Il, p. 17,

naienl cependant de plus en plus nécessaires pour la défense de l’orthodoxie (1). Ce refus de travail de la part des jeunes gens serait d’ailleurs en grande partie justifié par l’abus que les réformateurs faisaient de l’herméneutique sacrée dans les facultés théologique de Bonn et de Vienne.

Après avoir exposé ces différents faits qui tendent à établir rabaissement successif des études littéraires au siècle passé, nous croyons devoir répondre à une des conclusions que l’on prétendrait peut-être en tirer. Si telle était, dira-t-on , la décadence des bonnes études, l’histoire prouvant que les sciences avaient partagé à peu près le sort des lettres, les ministres et les hommes d’état de la cour de Vienne n’avaient-ils pas dirigé sagement leurs vues sur des réformes efficaces dans tous les degrés de l’enseignement , depuis les collèges réorganisés sous Marie -Thérèse jusqu’à l’Université de Louvain menacée plus ouvertement par les édits de Joseph II?

Nous pensons que la résistance à des innovations relatives surtout à certaines méthodes ou à quelques

(i) Oq aurait k faire encore (l'autrcA observations sur Thorreur que la nonvclU discipline , plus rigoureuse que Tancienne , inspirait aut aigoataircs df* la requête : mats nous ne rinterpr^lons pas sous ce rapport dans le meme sens que le rédacteur des Vémoirts cites ( ibid. ], comme si les iliéologiens rassemblés â Louvain avaient mis leurs plaintes intéressées au sujet des r^glemcoU impériaux bien au-dessus de leurs griefs touchant l'autorité et riotervention des chefs de l'Eglise belge.

branches d’enseignement a été quelquefois poussée fort loin avec une opiniâtreté non calculée ; mais que , d’autre part, ce n’est pas l’idée de changements ou de réformes dans les éludes qui a soulevé les corporations , l’Université et tout le clergé, au point de les mettre en lutte ouverte avec la puissance autrichienne; nous y découvrons pliUôtune suite de la défiance qu’inspiraient les projets d’un pouvoir étranger , cachés sous l’apparence d’améliorations scientifiques et de bouleversements administratifs, et il faut convenir que le sens droit de nos compatriotes avait celte fois deviné juste. C’était en effet le glaive de la loi que des souverains allemands voulaient suspendre sur leurs têtes , au lieu du glaive de fer qui avait été jadis l’arme des souverains espagnols , pour leur ravir tour à tour leurs antiques privilèges , leurs libertés religieuses et leurs franchises politiques. On ne pourrait se méprendre de bonne foi sur les intentions que cachaient le langage modéré et les formules officielles d’un comte Patrice de Nény ou d’un Rapédius de Berg, conseiller de Sa Majesté apostolique : ce sont bien là les tendances qui pouvaient bâter le plus promptement la complète destruction de notre esprit national eide nos institutions les plus précieuses , en créant une centralisation de tous les pouvoirs au gré de la cour d’Autriche. En même temps, on ne saurait méconnaître l’influence de l’esprit Aüphilosophisinc qui s’était emparé de la plupart des palais de l’Europe, dans les termes prétentieux et absolus par lesquels des agents

et des créatures de l’étranger annonçaient des réformes qui devaient s’étendre depuis les séminaires de l’épiscopat jusqu’à la dernière école de nos provinces.

Il est loin de notre pensée de vouloir nier l’urgence d’améliorations con.sidérables dans les établissements d’instruction de la Belgique à la fin du dernier siècle; nous avons nous même apporté au commencement du présent travail des preuves à l’appui de ce point de vue en ce qui concerne l’Université de Louvain. Il est des hommes sérieux et recommandables dont l’avis peut nous servir à juger la nature et l’extension du mal que la bureaucratie prétendait radicalement guérir; telle est par exemple l’opinion du savant de Nélis qui avait résidé longtemps au sein de l’Université et qui avait observé mûrement les lacunes du haut enseignement et la faiblesse des études littéraires : il avait lui-même tenté en vain quelques efforts pour faire disparaître peu à peu ce qu’il appelait l'esfiÿio ruris. De Nélis se trouvait, dans sa manière d’apprécier les abus contemporains, être d’accord avec les ministres et les conseillers de l’empereur et de ses gouverneurs généraux, les de CobenzI et les de Kaunitz, qui ont traité fort durement le personnel de l’Univcrsilé de Louvain dans leur correspondance et dans leurs Rapports (l; : il était animé

(i) Pulliirs en partir tiaos de la coinm . rny . cViiistoire ,

t. I. — V. T!i. Juste « ouvr. ci(<* , p. i56 , ainsi V /nireduetton à la t bronique de F)>. Mous ke» y p. iLVllt suiv., p. cccltii suiv.

des mêmes vues sur les moyens d’émulation qui concouraient à relever la culture de l’histoire et des belleslettres, tels que la création d’une Société littéraire devenue bientôt Académie impériale (1). La nécessité d’ouvrir une nouvelle sphère de travaux à l’esprit ne pouvait être méconnue par de Nélis et par tout ce qu’il y avait alors d’hommes intelligents ; l’établissement de VAcadémie n’était que la première des innovations scientiGques; mais, cet établissement si tardif, comme l’a dit fort bien M. de Gerlache (2) , ne prouve-t-il pas lui même « dans quelle inertie et dans quel néant littéraire nous étions alors tombés. »

Il faut bien convenir que les observations présentées avec quelque sécheresse par les ministres de Marie-Thérèse étaient en général fondées sur des faits; mais, à part la forme de ces observations, la question importante était plutôt la manière d’introduire des réformes sans provoquer une résistance aveugle aboutissant à l’insurrection. Or, comment contraindre des corporations anciennes et privilégiées à les accepter, si ce n’est par un système de prudence et de persuasion qui assure toujours le mieux un ascendant moral aux hommes chargés d’une tâche aussi dithcile?

Une habile et loyale politique aurait consisté â réformer l’Université par elle-même, en créant dans son sein

(i) Dans 1 (>» S 1^696(1774.

(4) Au tonu' l«r(]t‘SOD Histoire du roj. de* Pays- Dus.

sans violence de nouveaux moyens d’éraulalion, en intéressant le corps tout entier, ainsi que sesdiverses dépendances, à un remaniement des statuts et des programmes entrepris dans la vue d’une légitime défense contre les tendances du siècle. Mais, il n’en fut pas ainsi des procédés du gouvernement impérial et de ses agents en Belgique. Après avoir attenté aux privilèges et aux franchises du pays, il ne pouvait inspirer de la confiance aux corps constitués en demandant des réformes scientifiques et en menaçant de les imposer par la force; au lieu d’éclairer les hommes, gardiens naturels des institutions, il a voulu les vaincre; mais, en retour du mépris avec lequel il affectait de les traiter, il n’a obtenu que des protestations faites au nom des droits violés et de la conscience outragée (1) , et c’est ainsi que s’est élevé ce grand ccnflit dans lequel le parti réduit à la défensive s’est acharné à repousser toute idée d’innovation et à réclamer le maintien du passé. On conçoit sans peine par quelles raisons les esprits les plus sages ne furent pas écoutés de part et d’autre sur le point de la régénération des études : les défenseurs de l’antique enseignement national regardaient comme un devoir religieux de tout maintenir, jusqu’aux formes extérieures; d’un

(i) Les écrits^ l>rO(’hures « painplileta » lihriles , pubUf^é à ce sujet, formrnt toute une bihtinibèqoe : M. Le Grand a rempli plusieurs pagea seulement de leurs titres dans son Essai sur la révolution brabançonne. ( Brui., 1843, p. 33 • 4 >' )

autre côté, les agents impériaux poursuivaient l'exécution des plans qui leur étaient envoyés de Vienne, avec d’autant plus de riguenrque les réformes dans l’instruction se trouvaient étroitement liées aux réformes sociales et politiques décrétées en Aulriclie. Qu’advint-il des Mémoires concernant l’Université de Louvain , tels que ceux du D*' Marant et du conseiller le Clerc (1 ) , qui furent rédigés avant l’époque des troubles? Ou l’on prit à la lettre et l’on exagéra les faits défavorables à l’Université, pour justifier les mesures coercitives que l’on méditait ; ou l’on ne prit pas en considération des rapports dont les vues ne s’accordaient pas avec les fins de la politique impériale; c’est ainsi par exemple que lé rapport de le Clerc, envoyé à Joseph 11 en 1786, ne fut pas accepté î» Vienne (2). Que conclure des pièces et des documents officiels relatifs à l’état de l’enseignement et surtout des études supérieures?

On conclurait légitimement que de graves abus existaient dans l’organisation des établissements nationaux de la Belgique, et que, si les chefs ou les protec-

(t) P.*J. Hnrsint, doct. f*n tb^ologie « fut mele aui afiaire.s du nairr gt-DtVal fi prive de «en fondions acadr^miques en Son mé-

moire avait cl<^ rédige à la Hn de 1778 à la demande du prince de Staltremberg, ministre plénipolrntiaire de PimpiTatrice No 816 (fol.) drs Ha. de Van Hullliem. ( Catal ^ I. VI ),

(a) Son rapport est au nombre des mantiscrils de la ni^ie collection « 00817. Voir sur la personne cl le rôle de ce membre du conseil d'état le t. Il des Mtmvires de Bap. de Berg.

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teurs de ces établissements ont rejeté d’une manière aussi absolue des innovations devenues indispensables eu égard au progrès général des sciences, il faut s’en prendre moins à l’esprit de routine et d’immobilité qu’à la crainte des envahissements du pouvoir qui était remis aux mains de philosophes généralement suspects et qui se montrait partout novateur imprudent (i). De grossières calomnies , bien que formulées dans le style officiel des ordonnances, retombaient sur la nation entière et y excitaient avant tout un besoin de liberté et de vengeance. Il nous semble d’après celajusle d’affirmer que c’est l’altitude menaçante du pouvoir qui , en créant une opposition formidable, a été un obstacle permanent à l’efficacité des remèdes qu’avaient proposés des hommes éclairés : c’est pourquoi , le pays a répondu aux projets de rénovation scientifique par une levée de boucliers, avant qu’une discussion sérieuse et loyale fût devenue possible.

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