‹ Relations de Suffridus Petri et d'autres savants du 16. siècle avec l'Université de Louvain Etienne Heuschling et les derniers temps de l'enseignement de l'hébreu au Collège des trois languesChapitre 2 sur 14 · IS · texte numérisé non relu

IS

tenir un de ses élèves, JeanBosche ou Boschius, pour la chaire d’éloquence. Ce personnage était né à Looz, dans le principauté de Liège; il se distingua dans le médecine où il prit le grade de licencié ainsi que dans les lettres grecques et latines (1 ). C’est à ce second titre qu’il fut appelé à Ingoldstadten 1558, comme le prouve le document qui va être inséré ci-après : il s’agit en effet dans cette pièce des leçons de l’art oratoire ( Oratoriac lectionis ). Cependant il paraît certain que Boschius y professa la médecine et l’histoire naturelle, si l’on en juge par les divers traités de médecine qu’il a publiés à Ingoldsladt même (2), et d'ailleurs, le jour de sa réception dans cette Université, il prononça un discours fort loué De optimo Medico et Medkinae auctonbus (3). Boschius a pu être recommandé comme humaniste par ses maîtres de Louvain pour scs études sur les monuments de l’antiquité : nous voyons qu’il avait

(i) JraD Bosi liiiis , c{ae V. Arulrc appelle Grrvce Latinèque petiUsntnus , fut un des cnmpciilcuis de Coro. Valertus à la cliaire de latin devenue vacante en i;5^ par le d/c^s de P. Nanius. Coll. Tril. exor-

dia , p. 5fi.

(a) Voir les litres de ces traiti^s dans la notice consacrcfc à J. Bnsclie (Uns la Btegruphie l.iegeche, par de Bec de Lievre , loni. I , p. (li('gei8^6)

(3) Ce discours a Ae imprimé dans le premier volume des Om/ioncr Atadttnia Ingoh indien s ts. — F^otre compatriote est nommé Bosciiis dans le recueil intitule: Almæ îngchtadiensh Acadenitœ (omus 1 (i*8i) , p. i’i5 et 134 .

traduit en la^in le livre d’Ocellus Liicanus , de la Naltire de rUnlvers , 5re^'< t>!; tu7 Ilutrzs Çvfîo/ç , traduit une première fois par Guillaume Chrétien, médecin de P’rançois l"" (1) ; Boschius soigna le réimpression du texte grec d’après l’édition faite à Paris en lo59, et fil imprimer en même temps sa nouvelle version avec des notes (2). Il est vraisemblable qu’il tira parti d’un manuscrit de l’ouvrage, conservé à Louvain; car ce manuscrit est cité pa'mi les sources qu’a consultées Jérôme Commelin dans l’édition nouvelle d’Ocellus Lucanus qu’il donna à Heidelberg en 150(1 après celle du comte Louis Nogarola (5).

Boschius accepta avec empressement les conditions que l’académie d’Ingoldstadl lui avait fait proposer par les professeurs do Louvain. La lettre par laquelle le Recteur, le chancelier et le sénat académique d’Ingoldstadl ont renouvelé leur première proposition est assez curieuse pour être citée en entier; elle montre quel genre de services ils demandaient au professeur d’éloquence, à l’Orateur ( OiYitor ), et quelle rémunération

(i) Parts i5^i, in*ia«~ h la suite de la Irailutlion <ju*avait faite G. Budi- du traiu' d'Aristote rfe tnundo. — Y. SciioelL) Ilist de la tiflér. grtfciyuc , t. Il , 3i2.

(a) Ve universi orLis natura. — Lovanii i:»54 « oj». Pcirutn Coli* n.xum ( in-ii ).

(3) V, ruvant'propos de l'alibc BaUt ux au (r«iitt> phtlosopbiquc d ’O» c< lluf , tfad. caTran^dis, p. ir.

ils entendaient lui offrir : en dehors des indemnités de voyage dues à un étranger, des honoraires annuels de cent cinquante florins en argent et une habitation commode forment la meilleure partie de ces offres. Dans le cas où Boschius ne les aurait point agréées , le corps académique de Louvain était chargé de faire choix d’une autre personne d'une égale honnêteté et d’une égale érudition.

Voici la lettre écrite d’Ingoldstadt au Recteur et aux membres de l’Université de Louvain , en date du 4 septembre, avec demande d’une prompte réponse :

a Gratissima fuit, Reverendi et clariss. Viri , animorum vestrorum crga Âcademiam nostram declaralio ; talesque animos libenter ainpiectimur : et si fecerilis id quod ostendistis, magnam habebimus gratiam, atquc benevolenliam vestram orani officiorum gencre pleuam, mutux- inter nos charitatis pignus judicabimus. Quod de Joanne Bo.scliioscripsistis, libenter audivimus, scimusque eum non contemncndum dignitatis locum apud nos habiturum. Ut aulem Boschius Oratoriæ lectionis in nostra Academia conditionem, statumque intelligat, breviter expediemus. Oralori per unam horam quolidiô legendumest: exceptis fcstis dicbusab Ecclesia indictis. Ferlas præterea habet a Dominica palmarum usque ad Dominicam Quasimodo geniti : in Canicularibus octo dies ferialur. A festo S.Michaeiisusque ad festuiu S. Lucae non docet. Natalis Domini usque ad festum Epiphaniae ; etin Bacchanalibus usque ad Dominicaminvocavit,

nunquam legit. Accedunt his eliam feriis dies promotionum publicarntn. Quare si ejus animi Boschius fuerit, ut cupiat Oratoriam apud nos docere , ofiFerimus ei annuatimcentum, et quinquaginta florcnos in moneta, unit cutn hahitatione commoda et se digna. De victii ipse sibi prospiciet : nemo cnim professorum est , qui stipendium cumvictuconjunctum habeat. Invenietconviclores doctos , honestos , et congrues. In quara rem , si opus fuerit, non deerimus ei consuitores, et proniotores. De viatico, et profectionis sumptibus, non debetesse solliciius Boschius; quæcumque necessario in ea re exposuerit, refundemus. Hoc vobis plane persuasum esse volumus, hue usque nulli Oratori tantum stipendium numeratum : quamqaam enim graves et erudili viri huicprovinciaepraefuerinl. VerumquiaBoschiumvirum dignissimum, et judicamiis, et scimus, eum tara liberali stipendie ornare non fuimus gravati. Id quod ei ^ •

indicare, et nostri animi volunlatem promptam offerre, poteritis. Quod si Boschius hanc provinciam subire recusaverit, quæsumus utcumalio bono et sequè docto viro de ea re agatis. Cælerum quæcumque'ofBcia in vos conferre poterimiis, elaborabimus ut cognoscalis ea li beralia et recta fuisse. Responsuin a vobis per publicum veredarium vicissim expeciabimus. Deus Opl. Max. vos incolumes conservet. Ingolstadio nonis septembris anno Christi M.D.LVUI. »

Page 1