‹ Relations de Suffridus Petri et d'autres savants du 16. siècle avec l'Université de Louvain Etienne Heuschling et les derniers temps de l'enseignement de l'hébreu au Collège des trois languesChapitre 3 sur 14 · V. D. Devinclissimi · texte numérisé non relu

V. D. Devinclissimi

Rector, Cancellarius et Senatus

Academiæ Ingoistadiensis.

Celle pièce , scellée aux armes de l’Universilé d’Ingoldsladl , portanl l’effigie de la Vierge dans une chapelle golhique, a pour adresse :« Reverendis, Magnificis, el Doclissimis Viris, el Dominis D. Reclori, et Senalui sludii generalis oppidi Lovaniensis Dominis suis observandissimis. »

Les ducs de Ravière furent quelquefois, de leur côté, en relation directe avec les chefs de l’Université de Louvain. On voit le duc Albert Intervenir en 1366 pour solliciter auprès de l’autorité académique la grâce d’un de ses sujets, étudiant à Louvain, récemment coupable d’un meurtre. Le prince fait valoir dans la lettre qu’il adressa le 10 juin 1566à l’Universilé la haute position du pèrede ce jeune homme , George Taufkircher, son conseiller intime , et il invoque surtout l’absence de préméditation dans le crime commis par Jean G. Taufkircher en tuant son ami Habermann qui l’avait menacé d’une lame de poignard ; enfin, il demande aux représentants de l’Universilé un acte de clémence comme une faveur toute particulière pour laquelle il entend montrer à l’avenir en tonte occasion ses sentiments de reconnaissance.

Il n’est pas moins curieux de voir en quels termes le même souverain , l’électeur Albert , recommande à l’Universilé de Louvain un savant qui a fait quelque séjour dans ses états et dont il a pu apprécier le mérite. Hannardus Gamerius ou Van Gameren, né dans les Pays- Bas, était licencié en médecine et poète (1); il avait

(i) £/&/« Be/ÿ., I , p. 43i«— F it. SwKiiTius, Jïe/g’ , p. 370 — ai»

professé la langue grecque quelques années à l’Universilé d'Ingoldstadl (i); quand il rentra dans sa patrie en 1368, il devint recteur de l’école de Tongres dans lu principauté de Liège et finit par s’attacher à la fortune de Don Juan d’Autriche. Ses travaux littéraires et ses diverses traductions d’auteurs grecs, parmi lesquelles nous remarquerons celle du poème orphique Sur les l^ierrcs (2), Atiav , lui avaient acquis quelque renommée : on lui attribue également quelques satires et pamphlets contre Luther et d’autres adeptes de la Réforme.

En remettant ou plutôt en confiant Hannardus Gamcriusàla bienveillance d’une Université étrangère, le duc de Bavière ne fait que suivre la tradition qui liait entre elles toutes les institutions scientifiques animées du même esprit , et il demande de bons services pour son protégé à l’exemple de ceux qu’il a pu rendre à d’autres savants issus de quelque province de Belgique : qu’on se rappelle seulement les fonctions honorables

— Oo Ini fait gloire iUVloiil Ht» S uenliques \Atiuo8 rcril^s à l’imilnlioii des g'rands poilus.

(1) On peut rapporter 4 son srjtmr ei< Havi^ro une piosndie laiioe

publiée 4 Nunicli (en r‘iÜ 7 , iu*8 ) sous le litre de aJ t\‘usaj t

et un discours prononcés Ingoblst.^dl de laudibu.t iw^utr ^r(pcœ pour roureiturede ses leçons en décemlu e i.^(3'4.

( 2 ) Sa traduction rn vers loties fut imprimée » Liège ( iD>4 }

Observntiones,

confiées dans son Université d’ingoldslad à J. Boschius dont nous avons parlé plus haut. Albert ajoute à sa demande de généreuse protection la promesse de nouvelles faveurs dont il disposera à l’avenir envers TUniversité belge; on pourra juger de ces bonnes dispositions d’un prince catholique de l’Allemagne par le contenu de la pièce suivante :

Albertus Dei gratia Cornes Palatinus Rbeni, utriusqucBavariæ Dux, etc.

Salutem , gratiam et benevolentiam nostrani.

Non dubium esse potest quin præsentem Hannardum Gamerium Mosæum(l), propter exccllentemdoctrinam, et quod magnus illius est in Ecclcsia Catholica usus , omnibus humanitatis et benevolentiæ oQiciis vestra sponte prosequutiiri , ornaturique sitis, cum eam semper habeat virtus mercedem, ut in sui amorem cultumque rapiant boni omnes. At vero nos, ctsi seipsum facile commendat , tamen quia etiam absentem diiigimus , et servitiis nostris addictum gratia et benignitate singulari complectimur , petendum à vobis existimavimus, ut nostri etiam intuitu majorcm experiatur is apud Vos , et

(i) Gamerius a pris le surnom de Mosœus ^ de ce qu*ü no,

selon le.< uns, prAs de Blnseyck dnns un ]>ourg, in Hemertensi juxlh l^loseieam pagn ( Val. Andr. ri Fr Snertiu.s , I. cit. selon les autres , dans la villo de Maestricirt : ci Porta son Maeslrickl, daiier er soiooti Z>unabnie bokommcD. » Cbr. G. Joacnen, Atlg. Gcîehrlen-Lcxicf^n • t. II « p. 35a (Leipzig i^So}.

in promovendo benevolenliam , el in ornando studium. Nihil profecto conferetis indigno, nibilque adjicielis tam amplum quod non pro €0 quaris occasione rcddere cupianuis ipsi. Quamohrera si graliæ benignitalis nostræ usum aliquem vobis spcralis, si alicui vestrum magnum aliquod anobis espetilis beneficium, efficilole, ut intelligamusHannardum nostrura, bonoruni omnium favore el studio inprimis dignum , eum apud vos locum oblinere quem el expectatione nostra non inferiorem judicalis, el is virtule et doclrina lueri commodissime possit. Yalete. Monachii V die aprilis anno Doinini M.D.

Albertus Dux Bavariæ.

La lettre qui est cachetée aux armes de l’électeur de Bavière porte l’adresse suivante : «R**'*, doclissimis et honoralissimis Viris, nobissincere dileclis, Reclori et Senatui almæ Universitatis Lovaniensis. »

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