SI
faire usage d’environ quarante lettres adressées à Suffridus Pétri ou écrites par lui (1), pour entrer dans l’exanien des faits d’histoire littéraire ou d’histoire politique qu’elles rapportent , nous devrions consacrer un mémoire spécial aux études classiques des contemporains de notre humaniste et y insérer des notices particulières sur les livres et les personnages dont les lettres font mention. Nous nous contenterons d’indiquer sommairement les düTérents objets de celte correspondance qui ne peut que faire honneur à SufTridus Pétri : tantôt, ce sont des relations d’amitié, comme celles qui l’unissent à Boetius Epo , quiestpomme lui littérateur et jurisconsulte; tantôt, ce sont des propositions adressées à des imprimeurs étrangers, comme Thomas Guarin de Bâle, pour la publication de ses travaux philologiques sur le texte de Cicéron (2) ; tantôt , ce sont des services littéraires qu’il échange avec un latiniste tel que Denys l..amhin ou avec des humanistes belges aussi distingués que les Charles Langius et les Lævinus Torrentius (3) ;
(.) De Tan 155*7 ^
(tf) S. Pétri avait publié à Bâte cher Oporioua en i568 dea Castiga^ tiones ad Officia qui étaient comme le prélude de set études sur loua tes ouvrages de Cicérno. S'il n'a point mène â fin Tenlreprise projetée, il a pn en accuser le malheur des temps : u Gum tempofum injuria pro« positsm Ciceroniani operis emendationeiB perficere nequaquam permiserit. a ( Ib. p. 4^ ). V. Goellials , Lectures , t. II, p. 167 .
(3) Bpisi. ed. Gabberoa , ceut. secunda , p. suit. — L'orateur
romain a toujours la meilleure part dans celle correspondance til* ttraire.
tan(6t, ce sont des vnes touchant l’importance des études historiques sur les temps modernes, comme celles que SufTridus Pétri communique au prince -évêque de Liège, Gérard de Groisbeeck , dans une lettre remarquable et importante surtout pour les annales ecclésiastiques de nos provinces fl).
Il nous reste à parler des travaux de jurisprudence qui ont partagé avec l’histoire les dernières années de S. Pétri; le droit civil et surtout le droit canonique étaient les branches d’étude dont il avait la direction comme président du collège des Juristes à Cologne où il avait d’ailleurs la charge d’enseigner lui- même. C’est en qualité de professeur de droit et de président qu’il recommandait aux savants étrangers les jeunes gens qui visitaient d’autres écoles au sortir de celles de Cologne ’2) : nous le voyons écrire dans ce but au Recteur et aux professeurs de la faculté de droit de Douai , et en particulier à Boetius Epo (3) , quand il envoya à l’Université de cette ville un gentilhomme de la Frise aussi distingué par son esprit que par sa naissance, Folcard d’Achelen , fils du président des Etats et petit-neveu du
(i) Ibid. 4 c^nL .<pc. , Ep. IXXXI , p. 4 a 6 — 3 ().
(9) C. J.« profesioret coHegii Juridici Prsfp«. — • S. Pétri avait pablit^ en 1.^71 À Anvers chez Chr. Plantin an discours remarquable proooncëà Louvain Do proeslantia le^um romanarum»
( 3 ) Les deus lettres sont daloes de Cologne , au printemps de l*an née 1 .^ 83 .
fameux Vigliusque Douai comptait parmi ses protecteurs; il a (Te même recommandé expressément au célèbre J. Cujas Janus Guilielmus (1) , de Lubeck , dont il avait pu apprécier les excellentes dispositions et avec lequel il entretint une correspondance littéraire. D’un utre côté, Suffridus Pétri porta son attention sur les recherches et les études qui pouvaient coopérer à la résurrection de la science ecclésiastique entreprise par les Pontifes romains : versé dans les questions de droit et dans les recueils canoniques , il avait l’estime de plusieurs cardinaux entre autres Paleotti etSantorius, et il fut consulté en 1568 par le cardinal Caraffa sur les moyens d’obtenir les manuscrits dont s’était servi Laurent Surius, quand le pape Sixte-Quint songea à publier une collection complète des Conciles; c’est alors qu’il eut recours aux docteurs de l’Université de Louvain par la lettre suivante encore inédite :
« Magnifiée Dne. Rector , cæterique præstantissimi Antistites Almæ Universitaiis Lovaniensis , Patroni mei summa observantia colendi , quanquani sperem me propediem istuc advolaturum , tamen ne mora bæc quantumvis brevis commodo publico aliquod detrimentum adferat, hasce literas ad vos præmittendas duxi, quibus quid petam paucis explicabo. Summus Pontifex novam Conciliorum editionem toto pectore molitur, ad quam
(i) Epiit. cr*n< . tec., Ep. LXXVIII « p. 4^ 7 (dit.
proinde cotnmendandam quærit omnià literaria suhsidia quæ potest. Scripsit igitur R""'* Gard. Anionius Caraffa (1), Suæ S“* nomine ad Nunciutn Apostoiicum, qui hic est , et separatim etiam ad me , ut eam librorum suppelleclileni qua in conciliorum tomis et maxime in Synode quinta generali usus est p. m. pater Laur. Surius diligenter excuteremus , ac videremus possetne bic inveniri autograpbum iilud' græcum quod in quinta Synodo Surius est secutus. Cum igitur apud Cartbusianos nosiros nihil .hujus reperiatur, ipsique asserant omnes codices post mortem Surii Dominis suis , quorum erant, esse remisses, inter quos non pauci Lovanienses essent, raihi daliim est negotium ut ad Magni- Hcentiam Amplitudinemque Vestram bac de re scribam. Cupio igitur ut banc petitionem non mere temeritati, sed erga Pontidcem obedientiæ imputatis, et in Coilegiis Vestris, publiais item privatisqu'e bibliotbecis inquisitione facta, exploretis, possit ne aliquid ad præsens institutum S™’ Papæ inveniri speratum et cxpectatum. Utcumque autem eventus successerit, rem Pontificigratissimam feceritis, si vel Romamad Gard. Garafam, vel bue ad Nuncium Apostoiicum , vel denique ad me scribatis. Quod ut etiam faciatis quam primum licebit ,
(l) Aut. Cil afia « cousin du pape Paul IV, fut fait cardinal en'i568 ; Il fut longtemps à la t^te de la congn^gation fondee pour la correction dr-s Bibles; il remplit les fonctiims de biblioib^caire apostolique sous les papes Grt^goire XUI et $ixte V, jusqu'à so mort qui arriva l'ào i5^i.