DROGMAN
Boacbyr, 25 janTier 1IS8.
Mon cher Nicolas ,
Je 3uis enfin arrivé à Bouehyr bien portant, quoique ayant un peu souffert du froid : maintenant c'est tout le contraire , c'est du chaud qu'il faut que je me plaigne. Je suis content d'AIawerdi; c'est un brave homme, mais un fort mauvais chasseur. 11 m'a déjà brûlé une boîte de poudre e( usé tout mon plomb , pour me tuer
. (1) Aucher-Eloy Favait laissé conyalon^nt àDjiilfà«
Mf RELATMUIS m VOYAGES
une alouette. Si vous ne faîtes pas miewi 911e moi, ^ornithologie aura grand tort.
Votre santé est-elle rétablie? e'est qtiàlbeu-' Masement une question k laquelle tous ne pou* ves pa$f me répondre; o^ me r^oindratt votre l#ttre9 Suivez les eonseili du docteur Sertooi) mais surtout soyez sobre, ne ji^angez p^s de viaqde.
Je n'ai pas l'intention de repasser par Bouchyr en revenant de Mascate , aussi ne m'y envoyez rien.
Si vous parvenez à bien dépouiller des oiseaux^ gardez-vous de vous en occuper lorsqu'ils seront en mue, vous perdriez votre temps et votre poudre. Il faudra que vous attendiez la saison des amours , où les oiseaux ont toutes leurs plumes.
Si votre santé vous le permet , et que vois ayiez assez d'argent , ou que le docteur Bertoni veuille bien vous donner quelques ducats^ que je lui remettrai à mon retour , partez au commeocenlent de mai , et venez m'attendre à Cbyraz : j'y serai avant la fin de mai.
En arrivant vous préviendrez le nabab (1) on le docteur Marotti de votre arrivée ^ afin que je sache où vous trouver. En tous cas, chemin
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(1) Foy. page 487.
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faisant , informw-vous de moi , car il ne faudrait pas nous croiser sans le savoir. Il y a beaucoup à faire pour let oiseaux dans les montagnes voisines, et nous nous^ occuperions tpus les deux; mais , je vous répète , il faut que vous soyez bien sûr de votre santé. Vous tâcheriez de trouver une caravane : vous n'auriez besoin que d'un cheval qui vous porterait fecilement, plus une boîte pour les insectes et un peu de papier pour les plantes que vous trouveriez en route. Du reste» si vous croyiez pouvoir beaucoup travailler en route, vous pourriez prendre deux chevaux. Mais je 9:*ois qu'il vous serait difficile de ramasser de grand trésors, les caravanes ne marchant que la nuit; faites pour le mieux.
Je suis sur mon départ, et n'ai guère le temps d'écrire, Donnez de mes nouvelles aux bons pères et à M. Bertoni ; dites^leui; qu'il me tarde de me retrouver parmi eux. Les braves gens sont si rares en Perse , qu'on ne saurait assez apprécier ceux que le hasard-y a jetés.
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