LETTRE A M. LE CURE LEFROU
A COUR CÙEVERNI.
Saim-Fétenboarg, (8)20luliiit3a.
MoNSiEnn le Cubé,
Je crois vous donner une marque de mon amitié en vous faisant faire la connaissance de M. Monin, médecin et botaniste recommandable de Saint-Pétersbourg, qui a l'intention d'aller se fixer à Blois (1). Vous aurez sans doute l'oc-
(i) M. Motûn Iiabite encore cette ville.
■)„:,iP<.-jM,G00glc
casioD d'échanger quelques-unes de vos plantes ; M. MoDin a un bel herbier de plantes de Kussîe et de Sbérie, et vous pourrez réciproquement TOUS enrichir.
Quant à moi , j'ai mHIe projets en tète et je ne saiss'il me sera possible d'neexécuter aucun jl'ad- Tersité pèse sur moi de tout son poids ; je ne sais si j'aurai assez de force pour lutter contre elle.
ConServez-moi votre apiitié , et croyez bien que je n'oublierai jamais l'intérêt qu'en tout temps TOUS m'avez porté.
LETTRE A M. NAUDllS, A BLOIS.
Sainl-Pètersbourg,(l«) n mai KM.
Le désir de vous annoncer de bonnes nouvelles sur notre position en Russie m'^ fait tarder jusqu'ici à TOUS écrire ; tous nous aTez témoigné tant d'intérêt que Vous ne lirez peut-être pas avec indifférence le récit de ce qui m'est arrÎTé dans ce pays-ci. Au départ de M. Monin , je me trouvais encore presque sans comiaissances , et assez
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embarrassé de ma persouie. Ma fille était déjk malade au Htj elle devint bientôt plus mal, et sa maladie s'accrut tellement , que pendant plus de quinze jours elle fut presque sans e^érance; pour comble de malheur, je tombai malade à mon tour , et sans l'avoir été aussi sérieusement, je restai néanmoins près de trois mois au lit, consumé de fièvre et de chagrin. Ma femme seule résista à tout ; elle passa les jours et les nuits à notre chevet , et montra un courage et un dévouement qui me l'ont rendue encore plus chère. Ajoutez à cet état déplorable dans lequel nous nous trouvions, le dénuement le plus absolu, au point que nous manquions d'argent pour nous procurer les remèdes les plus indispensables. Votre lettre , en réponse à celle par laquelle je sollicitais des secours, arriva dans ce temps-là; elle ne fit qu'augmenter l'horreur de notre position ; peu s'en fallut qu'elle ne nous réduisît an désespoir. Cependant, un homme dont le nom ne sortira jamais de ma mémoire , M. Cournaud , qui se douta de notre position, eut la généreuse délicatesse de glisser sur ma table un' billet de banque de 500 roubles qui nous a sauvé la vie. Cette action est d'autant plus honorable, que H. jCoumaud n'a jamais voulu recevoir le remboursement de la somme , et qu'il nie même me l'avoir jamais remise.
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i RELATiqH^ Mi WYAGES
fa) F^ia ap«r*gs, k ne $«ù fait to jimn «t
(tes frotesttwr». «t JP S'»i W'à choi»ir tsntms pIk, S»\u-» ««ploi», Ma femm» s'eM pUcée samnç
e« mr li , «Ite wt à in#»? rte pucveiller Védnc»' ?km4eM(lll6,
tq prinpd persuB Kosmw Min» 9yi!« témoigné j) M, N^mbM* le désir d'twwsïw en Pew un Français pqnr y aHer fonder «ne imprimerie «I unç académie, le œinistr» rMsa jeta les yeH]i sur inoi et s'-engage» à garantiF ta qçmclitifms dv traita 9118 jç ferais aw* 1« prince i je lui fus présenté, et mm tPwMimM facilement d'aocordi nais demt moi» après, lorsque «bhs fflmes an moment de partir et qn'ii fallut signer le traité , le ppiflM me refnsa la garantie «ne la Rnssi» m'offr«it, et BPé!«wtit gne l'howiwp d« m de Perse était Wesséde eeqM j'avais re«<ws à '•»' ténentiofl d'n» prisée étranger- Comme je çon-nais le caraetère fan» et parflde des PeiW"»»j'insistai et teut fnt rempn, Pepnis lonr arrjifée en Pers». ils m'pnt éprit ponr m'eugager à allwleg rejejndr« j mais je n'ai paserw devoir ms ren» dra à leurs instanoes, Ce qni m'en a prineifiale' ment détourné, q'eat (a propBpiliw qni me fnt faite presque immédiaCenient aetéi , par l' Afadé" mie des scieneeedePéjersbonrg, d'aeepinBagnw, comme naturaliste , la mission russe qui se rend
tons les dî« nmh P^liin 4 traven» l« Bkàfk «t la Hofigolie. J'apC9«Mlùi avea ^thovit^we uae {«opqâitioD de voyage tpû me proauatuit tw« si imp\» véc^lUt d'ot>j«ts 9^t)ère|napt »anv(iitw dm» ua pfifi fP69N iwitplaré) j'étûi d^ npwmé piF l'ett^peap, h «hv I$ poiot d« me iR»ttr«âB posta, lorsQu'U viot un ^cmlfv^wk H: ^oseslff^dQ } il tfovv» d« grands incâiLvéBlmit» » ce ^'on ûitiàt pa étBsngep^ un Frm«ais «up* («qt, aux i^Uilons ecmm$Hv»lM de Ib ftww»
Vieç la Cbino ; il craignait , dUait-il wwiw, Tetr prit «ntrepr^Bant d'unFraBçaia qui pouprait oam' ppomattre la miasiop par sa curiosité ft son w* via de tont savoir dans un paya où i'«a vous permet à peine d'oDvrir lei ymis, L'iatervention d*U. de Mortflmart, ambasaadMU* de Fi*anci«« qui ppit£baudeaattntm«B parti , a'ameqa rien an ma ftiTeto ; et je fui déoidémcnt évinoâ, Db. reate des nouvélldf d'une ininrreotion en ChiB«-ODl i>etai>drf le départ de la miifiianf et oda naaaitsl ellesera en rûutqavantaiïttoii. Goœnie le« nit. turalistes ne sont rien moins que communs dans ce pays-ci , on n'a pu trouver personne parmi les Russes , car on n'en reut que de cette nation , et ce voyage sera encore perdu pour les sciences naturelles. Depuis cent ans laRussieenvoiepériodiquement des missions qui séjournent dix ans à Pékin, et cependant là Russie est de toutes les
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8 REUTIONS DE VOYAGES
nattons européennes cdle qui a le moins de notices sur la€hîne dont elte est voisine, et qu'elle « tant d'intérêt à connaître. Las d*étre continuellement ballotté , et de dépenser beaucoup d'argent en espérances vaines , je nie déterminai k accepter la première place qui me serait proposée , et j'entrai, en effet, chez un prince russe k raison de 2,500 roubles paç an , avec la table et le If^ment. Je n'avais qu'à me louer du prince qui me comblait d'amitié et d'égards , et mal^^ la modicité de mes appointements , j'y serais peut-être resté quelque temps , sans une occasion nouvelle qui s'est présentée de faire un voyage en Orient. HalilPacha, ambassadeur turc à Fétwsbourg, ayant témoigné le désir d'emmener un Français à Gonstantinople, je lui fus présenté , et je dois partir, sous deux jours , avec Itfi pour me rendre dans cette ville. L'intention du Pacha est de fonder un journal turcfrançais, etde plus^ de répandre la connaissance de la langue française en Turquie.
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JOIMAL DE 1830-1831.
Cqnstantinople ,16 novembre 1 830. Je mis à la, Toile à Topana , pour l'Egypte, à trois hearesdu matin , sur uq bâtiment autrichien de Trieste. Nous avions à bord une douzaine de Turcs qui se rendaient en pèlerinage à la Mecque. Nous dimes adieu aux rives délicieuses du Bosphore, et par un bon vent du nord, qui ne cessa d'enfler nos voiles , nous arrivâmes à la nuit close à GaUipoU. Notre capitaine, qui ne. jugea pas prudent de s'engager dans le détroit pendant la nuit, jeta l'ancre. Nous parcourûmes la ville ; comme tontes celles de Turquie , elle est bâtie en bois et n'a que des rues étroites , mal pavées et couvertes de chiens galeux qui assaillentIespassants.Nous reçûmes -à bord de nouveaux pèlerins turcs , armés jusqu'aux dents de fusils, de sabres et de pistolets , dans la crainte des pirates grecs : ceux-ci ne font aucun quartier aux Turcs qui ont le mal-
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^0 RELÀTlQirf) Ufi VQÏAGES
heur de tomber dans leurs mains. Nons remîmes à la Toile le lendemain , et vers le milieu du jour nous arrivâmes devant les Dardanelles. Ces deux châteaux , l'un sur la côte d'Europe et l'antre sur la côte (f islpi -«feWP^t U Mrrt« U pluftétroite du détroit , et l'ancien emplacement de Sestos et Jbjdos , illustrés par Héro et Léandre. Leur histoire est d'autant plus «paisemblahle que de nos jours lord Byron a traversé le inême détroit à la nage.
Lès champs oà/ht Thtie ns tardèrent pas h. se id^velepper deVant nos yenx. Kous vîmes avec le pins vif intérêt ces lienxsi eélèbres par les chants des deux plus grands poëtes de l'antiquité : nous passâmes tout près de la petite tie de Ténédos , et nous remarquâmes très-bien dans la plaine de Troie les divers monticules que Le Chevalier prétend être les tombeaux d'Achille, de Patrocle et autres cheh grecs. Du reste, rien ne parait subsister de cette villei célèbre, et à peine Toiton les traces de la ville qu'Alexandre avait fait construire longtemps après sur le même emplacement que Troie , pour en renouveler le souvenir (1). Nousne tardâmes pas à avoir en vue les deux rochers à*Jpsaraj bercean de l'indépendanea nouvelle de la Grèce.
(1) Alexandrie Troas. - .
nigiti.rJMyGOOglC
liOS jours si|iYi»i|iii><l»s tntwiistiçM PArdtir pel et mm af rivlaieii , pjr m T«t toiyotirs fgi> ¥«rahlo, pcefqupBB ¥»e (la Rlipde». Ici le» Yunti nous deyinrent loft à fei( oegnsife» i wm ftoi» Téimfs À loBïPïWi w 9w m>m réussit « jm
jneBPUS W punies doijhjer. I« Mp ()< jUieta ÏM« îemsiflflfsaBrts.
assaillis presque tous les jours paf' 4@$ l^fltfiêtSS dise* yiplMltes gnj pow firent sonflrw, EllSu , pous sperçimfis la ç^ls (l'EgjTtP !« ^rnwis»» lion tfèlM « vàs i'Ummim ■ coBme sam doviODR sfluii y «t!eg(jii«, nag$ qs»^ tranvimes devant Koseue, im pqus avaieM «plraluMle» pqn' ' ropts : ppss lenwiiàn^t PMdam troii jeuM i et le ao nQTOfflbra au «ain, profitai d'un »eM fcvQa ■rable, nous eûmes le bonheur de jetftv l'ftBPrfl dans le vieux part d'ilssandrie.
30 mwRite, Alemidrie. Ce qqi frappt le piM ea Egypte, c'est la nusère ei^ceesivfl dn peuple. Oa tf a jamais autant abusé de la puédvn lité de» EuFûp^Ba qu-ep leuf ¥aRt«&t le ifnpver* nepient de MéliéwethAU: Jaioaiedeqwtijme plu indigne n'a pesé sur uB« satipn. La Tieesp^ oblige le; ^ulti¥ateurs.à lui livrer tawtea leurs produGtioiiay ;aM «seeption, Ui, m, eaum, indigo, etc. i il les paye au pris qu'il a lulunême
fiai, et les fsFce emvlte ^ racheter, à m sm
» , RELATIONS DE VOVAGES
plus élevé, ce qui leur en est le plus, nécessaire pour leur consommation. La moindre infidélité serait punie de la manière la plus rigoureuse. Mébémet-Ali est ainsi le seul négociant de l'Egypte , et c'est à lui seul que les marchands élrangera ont affaire. J*ai tu plusieurs fois à Alexandrie des femmes et des enlants disputer à des pourceaux les immondices des cuisines des Européens.
Alexandrie est assez bien bâtie, les mes ont quelque régularité; la mer et les fortifications , ainsi que les établissements du gouvernement , lui donnent une physionomie assez imposante.
On évalue la population de cette ville à 26 ou 30,000 individus. Il est au reste difficile de savoir ■la vérité dans un pays où on ne cannait point d'état civil.
On trouve à Alexandrie toutes les marchandises de l'Europe , et un Européen peut y vivre commodément. Les hôtels sont gén^alement ténus par des Italiens. La colonie franque (1) s'est beaucoup accme depuis dix ans; ce qui est dû à la protection dont jouit dans toute TÉgypte tout ce qui est étranger.
Je croyais , en arrivant dans ce pays , trouver une population semblable à celle que j'avais vue
(1) Dans le Lerant, on af^kelle Fraocs letEaropéens ëtabtû.
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EN CHUENT. 13
en Turquie. Je ne tardai pas àétre dësabusé; je vis aussitôt la difiërence extrême qui existe entre □n Turc et un Arabe. Généralement, le Turc est grave, religieux, et a le cœur excellent; il déteste les querelles et n'aime rien plus que le repos et la tranquillité. L'Arabe, au contraire, est vif, léger , néglige le plus souvent ses devoirs religieux le$ plus expressément recommandés par le prophète ; il s'enivre fréquemment, se livre sans pudeur à la débauche; il crie, se dispute et fait à lui seul plus de bruit que vingt Turcs. Quand on arrive dans une ville turque , on est surpris de la paix qui y règne ; pas une seule voix n'oserait s'y élever pour troubler les bons musulmans dans leur recueillement : c'est tout le contraire dans une ville habitée par des Arabes. Lorsque nous débarquâmes à Alexandrie , nous fûmes assourdis par les cris extraordinaires qui s'y faisaient entendre ; on aurait dit que toute la population était en révolte. 11 est vrai que la langue arabe a des sons si durs et si aspirés qu'il n'est guère possible, lorsqu'on s'en sert , de ne pas paraître en colère.
On ne connaît point les voitures en Egypte, pas plus que dans tout le Levant. Il n'y a guère en Egypte que les gens riches qui se servent de chevaux de selle. On y fait usage du chameau , du dromadaire ou de l'âne ; ce dernier surtout
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14 RELATIONS DB VOÏAGES
est une tnouturd hAbitUéHe et H^s^agHiible. A Alexandrie» 1«b rueiS stitit «ucotabrëâft de conduc*^ teurk d'ânOB qui vous ebsèd«tlt potir tous offril* leurs serrices} leur Jmportunité est $i grande qu'il n'ei^t guère ptuslble de s'ed débarrasser sans quelques coups de cdAnë distribuas au ha-* sard> Pour aller faife u&e pramedade autour d' Alexandrie , j'enrourcbai un ànê qui^ commd tous les autres, était garni d'Une selle et d'und bride î et galopait Comme uU dbêVâl j telletuent on est venu à bout , dès. lé jeUné &gë ^ de taibcrs la roideui* naturelle de leur allure. La promenade par où débutent pour l'&rdlnaire les étrau-' gws est celle de la colonne de Pompée. Nous remarquâmes sur la route deut magnifiques colonnes, d'un poli admirable ) qu'où venait de renverser et qu'on mettait en mortieâUï pour en faire de la ohaux ; tel est le vahdklisme de l'O^ rient. Nous Sous dirigeftmes ensuite Versles deux aiguilles de Gléopâtre $ dont l'une , qui est tenversée et à moitié enterrée, app^rti&ht àUH Anglais , qui l'y laissent probablement eti faisôu de son mauvais état : on m'a aSsuré qu'ils avaient essayé de l'enlever, mais inutilement ; l'autre, encore debout, et d'une cïonServàtiou parfaite, a été donnée à la France par le pacfia , et ira dit-on ) Mentôt , avec d'autres monuments encote ptos ^(Jteux^ brUer la capitale de la France;
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ER (mtERT. U
Excursions diveiMi pour la botanique et l'en' tomologie, — aux oatacodibe& à l'ouéSt d'Aleian^ drle) -~daii9 la plaine du Marabout et aux carrières d'AloxandMei — à Aboakif par l'ancienne Canopgi Aboukir forme à peine u village. Sa rade e9t célèbre par le désaatre de la flotte trmçalse en If98.
M; Hlfflaut, consul général de France) M> Geot- Staii premier drogman -, homme pleins d'affitbilité et de politesse.
J'avais des lettré» de M. Vogoridl (1) pour Bogho< bey (1); je les remis t ce dernier^ qal nie recomaianda iM. Walmess, premier interprète du paehi.
TIsile aux Bédouins ; leur» femmes ne se cacbent point la figure ; c'est le contraire pour les autres rcrattes dn pays, celles-ci ont soin de se couvrir le visage, mais laissent généralement leur sein à découvert. Les enfiibtsi Jasqu'i l'ige de puberté, filles et garçons , vont tout nus. Les femmes ont les paupières et le tour des yeux noircis avec de l'antimoine j' les ongles teints en rose avec le henné (8)^ et le menton en bleU)
(1) Conseiller de la Porte pour les affaires ëtrangènii ; Ii61nmé depuis priuce de Saïuos.
(2) Minbtre du pacha.
(3) La pbnte qui fottfnit MHe Idiltttie est te tMDUMa
ctsermis de lâuné.
16 RELATIONS D£ VOïAGES
quelques-unes ont de larges boucles plantées dans les oreilles et les narines.
Le sol d'Alexandrie est stérile et sablonneux ; on ne peut cultiver que les parties qui bordent le canal nommé Mahmoudié que Qt creuser, il y a quelques années , le pacha , et qui coûta la vie à plus de cent mille Arabes. Le pacba aval l obligé chaque particulier à fournir un certain nombre de journées de travail , ou leur valeur en argent ; la misère est tellement grande que presque personne ne fut en état de payer ; on arriva en foule de tous côtés pour s'acquitter en nature. Mais comme on n'avait préparé qu'une petite quantité d'outils , les malheureux qui n'en avaient point furent obligés- de creuser la terre avec leurs mains.
M. Cerizy, constructeur de navires , Français au service du pacha; homme habile, entomologiste distingué : sa collection est magnifique.
Marine du pacha. — 11 voulait avoir vingt vaisseaux de ligne dans un pays qui n'a , pour ainsi dire , qu'un seul port, et encore assez mauvais; pas une seule planche, pas de goudron, de toile, et surtout ni officiers de marine^ ni matelots (1).
(!) L'£un>pea a^ris pourtant que le paclia était parvenu à fwmer une belle flotte.
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Pluies à Alexandrie assez fortes ; l'air y est hu* mide et salin.
20 décembre, départ d'Alexandrie pour, Rosette, par le canal , sur une cange , embarcation particulière au Nil , dont l'arrière est composé de deux petites chambres assez commodes et qui est muniede deux voiles d'une largeur démesurée se terminant en un angle très-aigu. Les bords du canal sontassezbien cultivés. On aperçoit des villages très-misérables, construits en briques séchées au soleil. Misère partout : jîai vu, dans le plus beau pays du monde, des enfants manger de l'berbe.
Birhet-Geflas , village sur le canal , rempli de femmes de mauvaise vie; les maris favorisent leurs désordres. Nous fumes obsédés par ces femmes quinous invitaîentàentrer chez elles par des gestes et des mouvements de la dernière obscénité. J'ai vu des Arabes s'abandonner en public à leur lubricité. Le Canal de Mahmondié» faute d'écliise , ne communique avec le fleuve qu'à l'époque de l'inondation , le reste du temps il est interrompu par un barrage, sans quoi l'ean de ce canal, dont le niveau se trouve plus haut que le Nil , s'y écoulerait.
23 décembre, Rosett». Nous vîmes le Nil, dont les rives nous parurent délicieuses. Nous primes une autre cange, et nous nous rendîmes
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14 RELATIQirS m VOYAGES
à npH^te. Les borda du Nil sont garoies iû roseaux qui atteignent à une bauteur prodigieuse t nou^y cueillîmes le Oanvolvulus kairicus (Delile),, h Pelichos JViiotiPff {i)j belles plantes qui se mêlent aux rosenus, rtous y femarquâme$i l'ibià bIftPCf qui semble privé , et l'içhneumon, petit qilRdrupède trèskvorace. Les rues de Koâettesont trN^trottes, les maûoni hautes et la plupart construites en briques. On cultive , dans les jardina, le palmier, l'iûranger , le citronnier, le benne, le grenadier, \e bananier, le Cyperus e^enhntus, la colocase, le cactus opuntia, le rosier, etc. Lé désert s'étend jusqu'aux portes de Rwettei les fellah» (2) creusent des silos profoads dans le sable et placent au fond des melons et des pastèques.
Cyperus diters dont on fait des nattes et des paniers, r-r Embarcations sur le Nil soutenues par des ettrouillés (3). —Chasse aux canards.
Qép^t pour le Caire. Ile devant Fouah, couverte d^. dattiers et de cultures diverses. Pôte pour un mariage, consistant enun combat au
(l)RetronvéA fiayrout( Syrie), te long des r N"953.
(?) DàfpnùnMiQn i^ |wy»4fu de l'Egypte.
(3) 5i|r te Tigre ef t'Euplirate on fait usage de radeayx appelés krfleks, qui soilt soutenus par des outres, (^oy. relatif de l«aS).
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bâtoa, <)ù' ch^un des adversaires cherche à frapper l'autre à la têtej et en une espèce de coffiédiç. Un 4es farceur^ se présente la 6gure couverte dQ iarinç j il danse de la manière la plus obscène, comme le$ charmouts ou filles publiques. Bientôt après arrive un garçon qu'il fçint de caresser, puis une charmout. Il se bat ensuite avec d'autres personnages qui surviennent, çt ils se donnent tour à tour de violents ctiups (Je fouet sur leurs janibes nues : le tout accompagné de quolibçts indécents qui sont accu^llis par le^ cris de joie des femmes ; on ne peut s'en faire «ne idée qu'en les entendant.
A la pointe du Bel ta > vue des Pyramides de Gizelt dan^^ le Ipîntain, Les vents nous retiennent, nous en profitons pour faire une promenade au pillage dç Ourdan, pu nous déjeunons dans la cour du reiss (l),sous un palmier.
Le S Janvier, le Caire. Boultuq , douane , nilomètre , en face du vieux Caire ; aqueduc , citerne de Joseph bâtie par les Arabes , piosquée d'Amrou , contenant environ 300 colonnes. Citadelle , palais des kalifes en démolition ^ aspect magnifique du Caire,' vu du M^kattan (2}i ville des Maures au nor^-est du Caire, il n'ep reste plus
(t) cuf.
(2) Montagne au sud^est du Caire.
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guère que de belles mosquées. Village des filles publiques tout à côté , démoli à cause du passage ' des soldats qui allaient au camp , il a été rebâti un peu plus loin ; il y a des filles publiques nomades qui parcourent le pays. Les Aimées , sont des danseuses qui exécutent leurs danses lascives les jours de fête et qui se rendent chez lés particuliers. Toutes les filles publiques ont leurs chefs et payent patente. — Belle porte bâiie par les Arabes; grotte de la Vierge au vieux Caire; église desservie par des Coptes. — Le Caire a environ 400,000 habitants : les rues étaient obstruées de passants gesticulant, criant; d'ânes, de chameaux, de dromadaires.
Le docteur Lussay, donttafemmeestnégresse, entretient des relations avec l'Abyssinie; il en a reçu des graines. M. Martini, médecin du pacha, M. Kletz, dii;ecteur du jardin botanique , établissement très-bien tenu.
Je monte à dromadaire pour la première fois ; visite aux Pyramides : le Spbynx; pyramides de ^Vi^çiuam^j plaine des momies couverte de crânes et de bandelettes. — Memphis, statue colossale.
Retour au Caire, obélisque d'Héliopolis au milieu d'un verger. -V Arbre de la Vierge incrusté de croix et couvert de noms. — Comment le pacha prélève ses impâts ; comptes qu'il fait avec les fellahs. Anecdote d'un ouvrier qui , après avoir
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traTaiUé six mois sans rien toucher, devait encore travailler un mois pour s'acquitter de sa dette personnelle. Sir Malcolm , gouverneur des Indes , reçu avec le plus grand honneur par le pacha. Voleur enveloppé de bandelettes enduites de poix , auxquelles le pacha a fait mettre lé feu (1).
Le Bédouin : caractère dur, il n'oublie jamais une insulte , il faut être ferme et juste avec lui , le traiter avec égards et ménagements , lui donner à propos et ne lui point manquer de parole.
^Ojarwier. Départ pour ThèBes sur une cange, le voyage par terre présentant de grandes difficultés.
Si janvier.yisite aux carrières de Massara qui ont fourni les pierres à Memphis ; bords du Nil mal cultivés , villages rares , hommes occupés à faire monter l'eau par le système des paniers à bascule.
\*^ février. Les bords du Nil ne sont plus guère qu'un désert. Levée de tronpes par le pacha : tout fuit devant nous , on nous prend pour des Turcs chargés de faire la conscription. Les
(1) Le manuscrit contient ici , une foale d'autres notes destméea ^rappeler au voyageur des anecdotes sur tes moeurs du pays; ces indications sont trop vagues pour que nous en lisions mention.
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3â RELATIONS DE VOYAGES
cheiks (1), obligés de fournir leur contttigènt, font main basse de tous côtés et eAvotebt des hommes armés de bâtons pour arrêter les fuyards ou pour en trouver d'autres à leur place. Les conducteurs des canges sont quelquefok surprit et emmenés j aussi le nôtre ne se hasa^dàit-lt guère à aller à terre; notre domestique même ne sortait qu'armé.
% février. BenîsomJ, petite ville OÙ plutôt grand village ; misère comme partout.
A février. Cherànneh, ruiuesd'un temple dans le désert. Ben i^ssa, village près de la limite du désert.
5 février. Tahanek j yilUgé COpte, gtOltèS de la montagne, carrières; les Coptes appellent la grotte Mariam , ils prétendent que la vierge Àîarie's'y est reposée. Les hauteurs du Mokattan encaissent le ÏSîl , rochers très-escafpés ; moyennant une demi-piastre Un Copte s'ettfofice dans les cavernes des rochers, et reparaît à la bàSè pour venir nous rejoindre à là nage. Le Cappdris jÉg)rptiaca tapisse ces rochers.
^février. Miniek , ville pauvre cômiflie lôrttes les autres.
9 février. Beni-ffassan, grottes dans îa montagne i deux couvents , belles peintures an- Ci) Ghe& de tribus ou de localités.
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EN CAIIMT. 93
ciensef; Non» paMon» saM Û0tii »tfêlt^ datant Sohâk Jbadéh bù sont t«s( l^Aés â'Jtitifiùë.
t Oféorier, Ruternouth , fabrique ds SDcré , bel établiasement, mais où œailqiiâ 16 côibbâstiblë-.
itet \1 février. Le Nil coule au pied dU Md^ kdttan-'Moufalontb .
1 i février. Syaitt , Yille assez belle , à ttH quart de lieue du Nil. VMte ai» grotu» de k eballie lyblque. ,
iej«w(m DépaM d« sj'atii.
i»fivrHr, Arrivée à OlVgeb; eieiifsioil à l'âb' deuiio Afyduê. Magoiflqties (leldiui'ëi, tôin'beau» , KiBplea à deitf I enterrée dàtti 1« aable ei le»décsBibr«s, cfdcsdllei.
aHféDHef. Denderak, tSUple jttàg«iflque, le plus beau itutuntBeiit qtia tlOtlj àysns euMi^ TB, Vandalisme du (ittBaj lebgah poMiqiie èxié' rieur est presque entièrement démoli pout* lotir- nir des pierres à là fabriqué d6 t^otoh que le paéha (ait construire il Quesneh.
Qnesneii, tllle misérable ; quantité eoiisldi!^ rable de moineaujt qili cotîstrilisent leurs nids •ur Iw bords esCarpMdu Nil dans le sable. Letée de troupe* du padba : Il fait saisie les hoœnids qu'il attache lès uns aill autres, atl moyen de deux bâtons plats Cleués dé distance en distance , •entre lesquels sont placées les mains des hom'. Biës) Clameurs des femliicd et det eiifants.
» RELATK»{S DE VOYAGES
Départ pour TliM>es, où nousarriTOns en une nuit. Visite à M. WiUtinson , qui habite Zonrna^ , sous le non» de Ismaêl Effendi. Temple de Memnon, où Rhamsès 11; tombeaux et colosses dans la plaine.
Medjrret uibou, Luxor, Kamak; merveilles dont on se fait à peine une idée. Aiguilles de Luxor. Le pacha, lorsqu'on lui en fit la demande, proposa de les faire amener sous un mois à Alexandrie. Il envoya en effet des ingénieurs turcs qui allaient de tous côtés, demandant les pierres qu'on avait données au roi de France. Ils avaient einmené avec eux des cordages de palmier, Ils essayèrent d'ébranler ces masses énormes , mais voyant l'inutilité de leurs efforts , il leur vint en tête de scier les monuments , ce qui ne leur réussit pas davantage , enfin ils y renoncèrent.
4 mars. Départ pour le Caire.
14 mars. Retour au Caire. Fête de l'Aïf, Beïram des Turcs, fête dans un cimetière.
Le 25 mars. Départ du Caire.
, La diflSculté de se procurer des domestiques Arabes est grande à cause de la défense faite par le pacha aux Arabes de sortir de fÉgypte , son despotisme ayant fait émigrer beaucoup de ses sujets. Tous les satellites du pacha parcou-% rent les rues pour faire main basse sur les
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Arabes qui n'avaient pas acquitte leur impôt; on demandait à njon domestique neuf années.
Ceux qui se présentaient pour acquitter leurs contributions étant censés avoir de l'argent, on en exigeait plus qu'ils n'en devaient ; on leur faisait payer l'intérêt de'l'arriéré; on les battait s'ils ne payaient pas , et cm les faisait ensuite soldats si on les trouvait capables de faire un service passable. Je prends un Franc , véritable ivrogne, qui, le jour fixé pour le départ, s'enivre avec l'argent que je lui avais donné pour mes provisions. J'en trouve heureusement un autre sans papiers , mais qu'on assure bonnête bomme. Après les embarras du cbai^ement de nos cinq chevaux , les maudits Arabes prétendent que la charge est trop forte, et nous perdons 2 heures. Notre marche était à cbaque pas entravée , ici une boite tombe, là un chameau blesse une .
femme qui fait des cris pour assembler la foule; heureusement, moyennant quelques piastres, tout le monde s'apaise. Enfin, après avoir pesté tout à mon aise, nous arrivons aux portes une bonne demi-heure avant l'heure fixée pour la fermeture, mais la garde qui nous aperçut se hâta de les fermer , «t lorsque nous nous approchons , on dit qu'il est impossible de passer , que le Grand-Turc lui-même ne le pourrait pas. Nous rétrogradions, lorsqu'un soldat se détacha et
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ie KELAlWli VE VbYAGES
«DUS tlétnindi tout bus dêttjl (HàstrW) tgSJreitnaïit quoi le& portes s'ottvi*lfalent peat^ti« saî» iMtMêi m en etigé trois, j'accorde «nMFe; e&^a MaibtiSé finit, je lïis Sembltsi d'acMF'der;tièttË Mb «'est vingt Jiiajtres que l'en vent; pcn» te eouti , J» iii'aiiitiane es litvéctlires; Je lue- Mce, je fefUsë l'ariieAt, etje stti» obligé dé re^ teitmer t lïioD logëttëUfc
28 /ndrti Nous partdtls M letef dh sOleil ) ndUs apercevons de tempi à aâtrè de la ctllture| et une tlelle végétation. A M heures , soui etitrons dans une belle vallée, gatelles, haines.
27 Mali, La VégéUitioU cttttinue : pbélioitlèiie du mlruge.
28 maH. mm trouvobs une treupe de ^m-les. La Vallée est resserrée par deui ebaises de rochers { quelques arrosages , et quelques cul*lures régulière».
Au sortir dé la vallée se trouve, au eomuenceAcnt d'une Iniinense plaine) une fbntaine nouiniée i^i(^ë/t)i«;: une heure après, une aUtrè petite fontaine uobiuée Bir-Bue!!; l'eau n'est passable que pour les cbauièaui. duét vient ensuitëi Mauvaises murailles ; pàini d'eau , celle
qu'on y boit vient de la montagne 6 S où 4 heures dé distance ; encore est^elle détesta'ble. suez , par séuemplacëment k l'eitrémité du golfe, éstua point ItaportauE pour le eéîiiltiéRie
EN OliiËNT. at
dé l'Inde. SeS i^tës hàbit&ttts TÎtëbt du pa^^ag^ des pèlefltts , qui y sont très-honibreus ; la ville en était encombrée le jour où je m'y irouvai. LëS châtneiui pastent à gué tiâ petit bt-as dé met à tine portée de fusil ètù-'desÀuS de 8Uê% qtittadU mâréê estba^sé \ le passage des ISi'âélltës et I'6ft« gloutissement de l'armée de Phâ:^at>ti pbUi'hlU aibst »'eicpliquei- Cl). Arrivée à U montagne ;
plantes ! Capparts Mgyptiaùd , lM.\>dHdUld siHc* ta (2), Fagdnlà hiôltii (3) , (Xéomis âfbierifiilid C4}i Je récolte aussi des coquilles : point de pluie depuis cinq aiis.
29 mars. Séjotii*.
30 màfs. DépaH pôttr lé Siftàï; Uiiiài<éti étant tW)p hâUté, Uots IhiSôMs le tôUf dU golfô (5). Désen borriblë ; fontaine de Mdise S 6 Heures de Suez i ij'est un large vàlldU entouré , eltcepté du côté de la mer, de nioniicUlés de sable. Il y à sept bassins d'eau assez mauvaise, mais qu'oil êSt heureux de trouver après l'eâU de Btuë* é( le dé-
(1) ^01/. dans lé Savant cftmniéHtdire g^c^àflilqnë de M. Léon De Laborde , sur l'Exode et les Nombres, ia*ftd. , Pajdi at Leipzig , U41 , Une dbserta^en étendu« , réunissant les diverses opinions émises sur le passage de la mer Rouge , et accompagnée d'une carte spéciale.
(2) LarandalapubesçeiUjDecaisne.
(5) ^oy, note 1.
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sert : il est bien à regretter que le miracle de Moïselaisse ainsi à désirer. Nous sortlmesdu vallon de la fontaine et nous rentrâmes dans notre affreux désert. A 2 heures plus loin, belle oasis ; mais la sécheresse a tout gâté. Nous nous arrêtâmes à 6 heures de la fontaine de Moïse : excursion au bord de la mer.
2 avril. Jour de Pâques, le vent du sud est frais le matin ; mais il ne tarde pas à devenir insupportable. Nous nous arrêtâmes après une heure de route.
3 avrii. Notre route suit toujours la mer : le désert continue à être monotone.
4 acn'/.Nonsnousdéterminonsàallerchercher de l'eau de pluie à L'entrée de la belle vallée de Garandel, couverte de Tamarix Gallica, Fagonia cretica, Zygophjrîlum morgsana,Bôrrago afri' cana (1), PaUasia comosa (2), Reseda mediterranea.
Vallée de Set , très-pittoresque •■, montagne de Faran. Bains cfaaads appelés bains de Pharaon. Cette journée se passe en partie dans la montagne.
5 avril. Nous entrons dans leOnady-Faran(3),
(1) Trichodesnu a&icanusj 0*2339.
(2) Calligonum comosam, n* 2561.
(3) Ouody signifie rallée.
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et nous le quittons ensuite pour reprendre une large Tallée qui conduit à El Tor.
6 avril. Nous couchons à 6 heures d'El Tor.
7 avril. Nous arrivons dans une jolie vallée où il y a de l'eau , des palmiers et un village avec des jardins. Tous les habitants , à l'exception de quelques fellahs , sont dans la montagne. Ils ne viennent dans leurs maisons qu'à l'époque des dattes; ils y restent seulement trois mois, jusqu'à ce que les dattes soient consommées. Les portes ne sont fermées qu'avec des serrures en bois ; ' les voleurs sont inconnus ; 1^ objets perdus sont rapportés ; ceux laissés en route avec intention de les reprendre plus tard sont respectés.
Une heure plus loin, El Tor: une douzaine de maisons, bon port. Ruines d'une forteresse au sud et d'une églisechrétJenneau nord. Habitants presque tous chrétiens , du rit grec. Je loge chez Nicolas, espèce d'agent du gouvernement anglais, brave homme ; mais sa maison est infectée de cousins et de punaises. Les Arabes préfèrent avec raison leurs tentes à des ntaisons , et je suis de leur avis. Les coquilles du pays se rapportent à un petit nombre d'espèces. Les maisons sont construites avec des coquilles, des mollusques et des coraux. — Excursion au grand jardin des moines du Sinaï. lie père du couvent qui surveille le jardin , loge dans un pavillon où l'on ne monte
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39 REL&TIQNg Mî VOYAGES
que p»p nm éfM\\&> à ç^wïq dn û)cunï)on& de»
Arabes : bain de M0Ï9Q . c«q ebf^HilQ ([ui sort d'un? mont^gnei que t>MigRe U «ner ; 411 y trouve des petite poissons eiu^ie espèce dq Pçtamog^ton (().
Jfl ûtffj/, Départ pour Je Si&îU > coucl»çe à l'eptrée de TOuady Al)rabam.
(1 evrii. V^étatioa nouvelle -. première plante à l'çntrée de l'Ouady, ConvoivulMs (irm^tw (2). Je m'arrête, cbfirgé de plantes rares » à quelque distante daus la vallée % je visu» coucbçr vers le seif, d^» un endroit où 1{< v^lée forme un enttmnoir et où sont drasséea une vingtaine de tentes d'Arabes : il» m^ disent pourquoi ils ne cultivent pas ^ ce qu'ils pensent quand ils. vont au Caire, combien ils apprennent % y aimer leur ind^p^dance. Leurs femmes sont toujours voilées, même devant leurs maris.
12 â< 1 a avril. Séjour [tour ramasser le» plantes* orage et pluie, ma tente est enlevée par le vent. Les animaux domestiques des Arabes sout ; le chameau, l'àue, le mouton et la chèvre, et surtout le eheva^ , son meilleur awi ■ ils ne vendent leur jument poulinière pour aucun prix. Quelques tribus belliqueuse» oqt haUtué les chameaux à ne point crier. -«Wouvel orage la nuit , ma tente est pleiue d'eau.
(l)CePototno^Pl(^estwisiiiduP.pu«t7/um,Souslti n°2861. (S) G. annatus. Del.— G. hystiii— b" 1S9J.
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m obïwtt h
H avril, ie ï»e fc»çardîii, quoique le te«ips $A% peu sûr, à aller foire «ne cour^ d^na les montpjp)^ ; orage violent « le tonnerre èclgte sur 1@9 cistes qpi pi'e ffvirpiwçnt| le venN^t^ehe des rftcbers énorme^ qui niep^ent de.Bft'epglofltir, les torrents cpiil^nt de tout^$ p^rts,
i5 avril. Après avoir fait tout sépher, je pie l'Bmets en route après midi, je partie la nuit au pipd de la montagne du nionastère.
(6 avril. Je n»e dirige à pied » ( ç»r la route egl à peine praticable pour les ptiamea\ix)} vers le monastère qii j'arrive aprè« troi^ heitreg d« marche, 11 est $>tué au piçd d» mont Horeb , entre dews gorges, dau!* ijuepp&ition très^pitto» resque , aveq nn vaste et (içau jardin i une çan vive y cQule pans cesse j l'édifice n> point de portes , on me hi^se avec une corde à une fenêtre qui est bien à vingt pieds de hauteur. Le$ moinefi me font un bon accueil j il y a une galerie des»tinée »n\ étrangers, les cellules sont très'propre», le couvent , construit d'une manière irréguUère par le Condateur de Sainte'Sophie (i) , re^mble plutôt à une forteresse qu'à un mona^tèr^ i les moinea sont toujours dans l'apprébension des Arabes ï deus pièces de çannn $qnt Craquées svr lu point le plus faible. Les moines payaient au-
(l) L'empereur Justinien I".
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3fi RELATIONS DE VOYAGES '
trefcHS une redevance à trois tribus, afin qu'elles les défendissent contre les autres ; mais depuis quelques années ils ne payent plus la redevance, les Arabes sont mécontents et quelque jour s'élèveront de grands démêlés , qui ne pourront s'apaiser qu'avec beaucoup d'argent. Le pacha d'Egypte , que les Arabes redoutent , protège les moines.
^ avril. Excursion à la montagne du Sinaï(l); arrivée au sommet du mont Horeb , couvent abandonné, on montre le trou où se retira le prophète Ëlîé et où un corbeau lui apportait à manger ; de tous côtés ou voit des chapelles et des ruines d'anciennes cellules. La montagne était autrefois remplie d'anachorètes ; une demiheure plus loin, ancienne porte du Sinaï, où il fallait autrefois se confesser avant de passeroutre; rocher sur lequel se plaça Moïse, les bras levés, pendant le combat des Israélites avec les Amalécites ; vient ensuite une autre porte et on arrive quelque temps après au sommet du Sinaï,; on montre la pierre sous laquelle Moïse parla au Seigneur et une large impression produite , diton, par son épaule; chapelle, mosquée des Arabes sur un autre sommet; Ste-Catherine ,
(1) M. L. De Laborde. dans son Commentaire sur l'Exode etlesNomlnres, /^oyes pajje 27, note 1, entre dans de grands détaiUsurle tnontSinaï.
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montagne tout à côté , plus élevée , au sommet de laquelle est bâtie une petite chapelle. Nous descendons vers une magnifique plantation d'oliviers et un beaujardin bien arrosé entre Sainte- Catherine et le Sinaï; pruniers, pommiers, amandiers, vignes. — Pierre d'où Moïse fîtiailltr l'eau ; autre pierre où les Israélites coulèrent le veau d'or. — Grande vénération des Arabes pour la montagne sainte. Contes des moines sur leur couvent ; il n'y a, disent-ils, jamais de maladie , et pourtant tous sont venus me consulter sur les leui-s ; la peste n'eu approche pas ; quand un pestiféré y arrive il y guérit immédiatement; quand on meurt au couvent on va droit au paradis ; il n'y A point de vermine , etc. , etc. A une certiaine époque, les moines, ne recevant point de provisions d'Egypte , résolurent d'abandonner le couvent et allèrent dire leur dernière messe sur le Sinai ; mais en route ils rencontrèrent la madone habillée comme une femme du pays. Elle leur demanda où ils allaient, et sur leur réponse leur dit de retourner chez eux , que nombre de chameaux allaient arriver du Caire et qu'ils pouvaient être en sécurité pour l'avenir.
A la suite de l'église du «Souvent, on voit le lieu où Dieu parla à Moise pour l'envoyer en Egypte. Cet endroit cobsacré est entretenu avec soin ; des lampes brûlent continuellemeut , de beaux ta[»s
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3« UELATI<»Î3 Mi VOYAGES
couvrent le sol ( on ne peut y entrer que na-pieds ; Jk^ tableaux des douze tribus d'Israël soat feuspendus auxmurailleB; le tout enfin est trèB-riohe. — Buissons ardents (1).
23 mvni.ie suis retenu par la fièvre.
23 avril. Jour fixé pour mon départ du couvent. Grand tapage des Arabesqulse disputent le droit de porter nu>n bagage. Goiùme je ne parais pas être de bonne humeur, ils jettent des pierres et tirent même des coups de fusil sur le couvent, pour obtrair du pain , du café «t du bois. Après avoir tiré le yatagan, ils paraissent s'entendre, et je pars accompagné d'une nuée d'Arabes et de chameaux. Je oampe à deux heures de distance.
24 avril, le descends la montagne à pied , à cause de la difficulté du chemin. Inscriptions arméniennes avec la croix » et point hébraïques,, comme on me l'avait dit. La dèvre me reprend avec violence. Soleil brûlant qui ren^ ma position plus désagréable.
25 imnii Je me sens mieux, grâce à la quinine , et je vais camper à la vallée du Faran.
(1) Dieu apparut à Moïse d&ng un buisson ardent. (fxWe, «hap. 3 , Terset 2.) ytp. U dissettation d^jà citée de M. De Labwde. hecrittiegu$fyraBan4kaAété-aomtné}nùs$onMideBt à cause de la coulçur- rouge de ses fruits. Le cratégut rapporté par AucherEloy du mont Sinai , sous le n° 1447 de sou iStWteStie , Serait , Béton lUi , iitté espèèe nWùvfelte.
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SN ORi£NT. 85
26 aviU. Séjour.
27 avril. Je pars pour la :^lée de Beita-Ëîch. 28(Zfn7. Séjonr.
29 avrils Culbute d^ Arabes pour remettre ^ comme ils disent, leur cœur en place (1) : terre d'un monticule qu'ils répandent sur la tête de leurs chameaux ^ pour les r^idre plus forts. Difficultés avec mes Arabes, qui veulent tous me suivre, et qui n'a{^ftent avec eax aucune provision : ils vivent sur les miëfines. Querelles continuelles sur la chaîne des chameaux : tous mes reproches et. mes meûaoes de les renvoyer sont inutiles^ Je retourne au pied du mont Horebj près du couv6nt> pour aviser au moyen de me défaire d'eux ; j'y réussis.
30 ttvril. Je me remets en route avec un esclave du couvent; je retourne dans la vallée d'Abraham : l'orage avait tout détruit.
La route en ligne droite du Sinaï à Gaza n'étant pas sûre , je nie décide à reprendre celle par laquelle je suis venu. Bords delà mer Rouge secsetennuyéux.
(1] Le» paysans au Berry dketit ausei qu'on a Yettmnèc décroché , pour exprimer que cet oi^ase est en mauvais état , que la constitution est ruinée, ^oy. Vocabulaire du Berry et de quelques cantons voisins, iMx Un aiitatetir du Viciit langage.— Paris, Roret, 1842, '
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4 mai. Arrivée à la fontaine de Moïse.
5 mai. Se prends la route de Gaza ; montagnes presque continuelles de sable. Je suis pendant environ une journée la route des caravanes de pèlerins.
7 mai. Un chameau nous quitte. Un homme court à sa recherche sans prendre de provisions. Il revient le soir presque mort de soif; l'eau manque tout à fait dans le désert; végétation très-belle de Suez àGaza. — Attaque de Bédouins, au pied du montHelles; argent que jeleurdonne. Autre attaque le même jour ; plus heureuse , grâce autitreque je prends de médecin du pacha. — En sortant du désert , on est délicieusement surpris à la vue de Canjoures ; belle "verdure du Cactus opuntia , dont toutes les haies sont' formées. Nombreux troupeaux ; gazelles privées. Pays très-fertile, mais desséché par le manque de pluie.
Gaza, àcinqou six heures deCanyoures,bâtiesur une élévation : vue magnifique. Intérieur comme la plupart des villes d'Orient : ilyaunassezgrand nombre de chrétiens ; beaux jardins ; fruits d'Europe ; belle végétation ; la mer est éloignée de deux petites heures. Excursion, plantes rares. Je loge au camp. Incommodité de ces lieux , pleins de vermine et de cousins.
.... mai. Je quitte Gaza avec deux hommes et
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quatre chameaux, à 4 piastres par jour et par chameau.
Je fais halte à cisquante pas d'un village. Des voyageurs turcs s'empressentdeme prévenir que les Arabes vimdront me dépouiller sije reste dix minutes en place. Je repars tout de suite , et je viens coucher dans un village assez considérable, non loin de But^Guebiini; importunité curieuse des habitants ; ma t«nte est envahie ; mes effets sont bousculés.
Le lendemain , je repars de bonne heure pour éviter cette accablante curiosité. Je m'arrête vers le soir près d'un village ,dans l'enceint^du tombeau d'un cheik(marabout(l)), asileoiî je devais espéref être en sûreté. Arabes que la curiosité attire; conversation à mon sujet : Fun veut qu'on chasse de ce lieu saint un infidèle ; l'antre qu'on arrache de force le turban blanc que porte mon domestique. Tout se borne à de mauvaises plaisanteries et à des injures en arabe , que je ne fais pas semblant de comprendre.
Départ le lendemain pour Jérusalem. Arrivés au pied des montagnes de Judée, nous sommes arrêtés par des Arabes cultivateurs qui exigent un bakchich (2). Mes chameliers disputent long-
(1) Saiat pejraoDDage.
{2} Gratification, pourboire des Turcs.
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38 relatiqîks de voïages
temt» et paywt wm léf^ère sonane , qni excède cependant de quelques paras le taux ordinaiiw ^gé par tôte de ohamean. Réclamation à un obmk arabe, eqtèee d'autorité préposée par le paeha; il fait restittier ce qu'on 4 paya de trop, maisà son tour il exige arbitrairemeatâ pia$tres. Mes deox woucres (1) disputait; on ticele yatagan, et tmtt s'arrange, moyennant âpiasU-e», dontee conteste le cheik, parce que mes deux moucres paraissent hommes à ne point céder.
Trois jours auparavant, à qudqnes pas plu&loln, un Français fut attaqué par doue Bédouins à ch^al qui dwcfmâaient de U montagne; niaia> comme il avait eu le soin de se procnrer une bonne escorte de soldats turcs, les Bédonins, armés seulement de lances, furent c^ligés de refpagner la montagne; nous fumes plus heu* peux, BOUS entr&mes sans obstacle dans la vallée de Salomon. I^ous vînmes nous reposer an instant auprès d'une source , et vers trois heures du matin nous prîmes Hi route de Jérusalem, oà nous arrivàmea vers neuf heures.
Jénunkai. ^ mai, je desoendia au couvent des pères latins de la Terre-Sainte, où je n'en» b^oin que de remettre mon passe-port. À voir
(1) M&ucari ou moucre, conducteur de chameaux, et p extension muletier.
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rheépitalité attentive, la foi, la cfasriti Tires^ qui ràgnfflit en cet lieux, je me figure ^tre RHz premien temps dn christianisme , à cet âge d'or de la foi , où tous les cbrétiens priaient enisemble, et s'aimaient comme des frèru. La Saiabr fi^iUcre, rebâti par les Grecs; 25 piastres i payer aux Tures qui ^ipdmt les porte«i les Francs exemptes de cet impôt. ~ iardin des ûli<* viens; plus haut, lien d'où Jésus monta au ciel, empreinte du pied daat il frappa la terre en s'élevant; t«nbeau de la Vierge; tombeaux des roi^ tem)>Mpx des juges -^ prîsMi du Saint^SépuIera ; mont Sion; temple da Saloaum eotièrcouat dir tpitit , moi^née assex (ilégantequi leremplaoq, interdite aux chrétiens, mais facile k voir dw mont desOliviera. --rM^rs de iérnsttlera bien ccr^ servé^$ porta^Dorés fei^e en magonnwie par le» Tares, parce qu'une prophétie leur annonce qna lés chrétiens prendront Jérusalem par celte porte.
Jérun|«m a de 1& à 18,00Q habitanU. Rues sales et mal percées; juifs assee nombreux; chiliens «n plus grand nombre que les mufiiil^. mans ; couvents catholiques , grecs et arméniaos. Hakie de toutes ces diverses sectes ent^a elles ; envahissement des Grecs ftu moyen de l'arg^*' qn^ils envoient à la Porte.
Excursion à Bethléem, k une heure et demie
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iO RELATIONS DE VOYAGES
de Jérusalem; habitants tous chrétiens; beau et grand couvent des catholiques, attenant à celui des Grecs et des Arméniens ; visite à la Sainte- Ëtable. — Excursion à la montagne française où sont des restes nomlH'eux dés fortifications con^ struites par saint Louis; réservoirs immenses construits par Salomon, pour fournir de l'eau à Jérusalem; excursion an labyrinthe, magnifique grotte d'une élévation considérable et qui Se continue en se croisant avec d'autres, à une distance inconnue. — Environs de Bethléem trèsbien cultivés , depuis le fond de la vallée jusciu'an sommet de la montagne; murailles nombreuses qui servent tant à retenir les terres qu'à distinguer les propriétés; tours oii les femmes vont garder les propriétés le jour et les hommes la nuit; lorsque les Bédouins arrivent, ilsaj)pel)ent les gens du village qui viennent les repousser; il faut absolument être escorté par eux si on ne veutpas être dépouillé.
SaintSaba, couvent grec au pied duquel coule le Cédron, dans le lieu de la montagne le plus sauv^e,£onstruction énorme, vraie placeforteoù les pauvres moines sont obligés dese défendre contre les attaques des Bédouins ; cavernes nombreuses où vivaient autrefois plus de 12,000 moines. Il y avait aussi un couvent de femmes ; la tradition rapporte qn'nn moiiie creusa à travers la mon-
tagne un souterrain pour aller dans le cooTent des femmes, qui devinrent toutes enceintes. On raconte qu'un roi de Perse avait pris le couvent et tué tous les frères. On me montra une caverne où toutes les têtes de ces victimes sont conservées. Excursion au couvent; village de Saint- Jean, en passant par la fontaine de Saint-Philippe ; excursion au désert , à une heure et demie du couvent ,- belle fontaine et grotte où s'était retiré saint Jean ; ruines d'un couvent ; belle végétation; retour à Jérusalem.
28 mai. On me rapporte que les Grecs , le samedi saint, font ce qu'ils appellent le feu sacré; celui qui allume le premier son cierge paye une somme considérable , le second un peu moins , et ainsi de suite. Ils montrent une pierre qu'ils disent être le milieu du monde , et un trou par où ils faisaient passer les femmes enceintes suspectées par leurs maris; si elles passaient sans obstacle , leur vertu était reconnue. Les religieux catholiques des couvents de Terre-Sainte sont presque tous Espagnols. Ton^beau d'Absalon et du prophète Isaïe ; fontaine de Noé , eau saumàtre. Puits de Néhémie, eau excellente, affermée à des Grecs qui la font payer; lorsque nous allâmes visiter ce puits, nous offrîmes une demipiastre pour deux gorgées d'eau et l'on nous adressa des insultes. Si le pays n'eût pas été re-
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mis, d^ujs quelque temps, k Abdalah, pacha d'Acre, il est probable qu'on ne nous ett pas tenus quhtea pour des injures. — Chanteuses arabe* qui accompagnent les enterremeiits; elles chan' lent en chœur les T^rtus du déAiat ou de la déftinte.
5 juin. Départ pour Damas. A trois heures de Jérusalem , Bir.
6 Juin. NapIouB;l8 & 20,000 habitants. Nous craignions de trouver les portes fermées et les paysans en guerre contre la ville, en raison de la cessioQ du pays au pacha d'Acre : mais tout était arrangé. Belle vallée.
7 Juin. Arrivée k-Df'enin , village.
8 Juin. Mont ThabPFj nous y trouvons deux farts en rv\w- Quelques soldats et troisi ou quatre femmes àe. îna^ivaise vie| comme ctrçtien? , on nous refiise l'çntrée du fort. Couchée ^ Coiiié , à 4eiiS heures du laç de Tibéfiade qu Tabarieh,
Qjv.in' 'Sfifë^^ par le ïafi; heîl* vallée; hçrds dM hc susceptibles d'une nche cqjtwre, mal ^Qfgnéfi ; lauriqr-rQge, Çappm^ Jm^^ma (t)^ Sa- Jed t ville située sur uue haute fnontagne , sept à ^uit TiUages à l'çntour. Juife allemands. Excur-
(1) N" 2880. J. effusft.
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sioQ an Jourdain , chez les Bédouins ; séjour à Safed,
i4juin. Départ de Safed ; couchée à Meleak.
Hoole , ruisseau qui va se jeter dans le Jpurdaiu-
16 Juin. Nous longeons le Jourdain, qui se divise en plusieurs branches; les Arabes occupent cette belle vallée ; ruisseaux qui coulent de toutes parts j ponts, cascades, forêts de Melia , de Ç«ercu«,de St/raXj etc. BaniaSj mines de château romain ; caverne d'Abraham j ruines d'un couvent grec; inscriptions grecques chrétiennes; sources du Jourdain- Coycbée dans un vallon , au pied de l'Anti-Liban.
i8 Juin, Grande journée, couchée à 3 heures!
de Damas , au centre de la plaine.
\9Juin. Damas; 120,000 habitants. A l'entrée de la ville , les chrétiens ^ont obligés de mettra pied à terre. La peste est à Damas , les malédictions pleuvent ainsi que les avanies, Jç ^jô^ coucher au couvent de Terre-Sainte , bonne ré-, ception. Excursion à la montagne près de Salakieh.
23 juin. Départ , couchée à Refaia ; ruines d'un temple consacré au soleil. Refaia ^ ^v pied du Gebel-el-Cheik-Emir.
va juin. Excursion au Gebel-el<Gheik ; trois heures de marche de la base au sommet.
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TSj'uin. Arrivée à Tsaalé;je descends au couvent grec maronite ; belle population. Excursion à une montagne qui a de la neige , moins haute que le Gebel-el-Cheik.
29 juin. Arrivée à Baalbeck , dans la vallée , à septheures. Antiquités. Baalbeck n'est plus qu'un mauvais village , qui compte à peine 500 habitants , tant motoualis (1) que grecs catholiques. Végétation ationdante au pied de la montagne , arrosée par de beaux ruisseaux; les habitants , sont occupés à chasser des nuées de sauterelles qui dévastent leurs champs. Mon hôte veut absolument que je lui indique le trésor caché dans le temple du Soleil; sur l'objection que je lui fais que ce trésor est au diable , il me répond que peu lui importe , qu'il fera le signe de la croix.
dOJuin. Excursion au Gebel-Cherry (Liban), avec deux guides, à dix heures de Baalbeck.
J'arrive au pied de la montagne où je couche à côté d'une petite cascade. Vallée qui pourrait être cultivée , et où sont les ruines d'un village. A partir d'un village, à l'çxtrémité de la vallée de Baalbeck , la montagne est couverte de deux espèces de chênes , de Cratœgus (2) , de
(l)Secteniahométai]e,fonnantuiiebranchedesSchyytesou sectateurs d'Ali. Les motoualis regardent Ali comme un dieu.
(2) Sans numëro bî localité , c'est sans doute le cratœgus racemifiora; Desf . — C. fot^ainem , Spacb.
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Launis nobilis, de Melia azedaracky etc. ; ces arbres sont dévastés.
V juillet. Je gravis le sommet; beau spectacle de la mer ; vue des cèdres , au nombre d'une douzaine au plus. — Mes guides veulent s'arrêter au milieu de la plaine de Baalbeck. Je prends le parti de continuer seul ma route ; ' la nuit survient et me dérobe la vue de Baalbeck. Je me trompe de chemin, j'arrive à un village de motoualis, à une heure de Baalbeck. J'offre cinq piastres à un guide , il en exige six, j'y consens ; il veut être payé d'avance. Je ne veux pas montrer ma bourse ; il refuse de me suivre ; je pars seul j je suis poursuivi pour être ' dévalisé; mais j'arrive heureusement, grâce à mes jambes.
3yui//e<. Départ pour Antoura, par la même route que j'ai déjà faite pour visiter le Gebel- Cherry. Colonne d'ordre corinthien, isoléeau milieu de la vallée; petit village, à l'extrémité, au pieddela montagne ; eau infectée par les sauterelles, la seule que boivent les habitants. Je vais coucher au même endroit qu'à ma première excur- ^on.
4 Juillet. Je gravis de nouveau le Gebel-Cherry, etversmidi.jemetrouveaux cèdres, sur le revers, dans une belle vallée bien cultivée et remarquable par ses plantes rares. Une douzaine de ces
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cèdres sont vraiment d'une grosseur étonnante , Us dépassent cinquante pieds de circonférence ; Us sont couverts des noms des voyageurs qui les visitent, l'écorce repousse et recouvre ces noms deux ou trois ans après. Le patriarche maronite a excommunié ceux qui feraient éprouver le moindre dommage à ces arbres vénérables. Arri- \ée2i£eccharie, à deux petites heures des cèdres j promenade au couvent franc , à Eden,j'y trouve encore le guide de La Billardière. Je reste trois jours à Beccharie.
Q Juillet. DépartpourAntourà; nous voyageons dans un pays admirable , couvert de mûriers , de vignes , dé noyers ,, etc. ; grand nombre de couvents. Le soir, nous couchons dans un village où toute ta culture consiste en tabac ; c'est ce tabac célèbre qui s'exporte de Gebail , dont il^'fiorte le nom , en Egypte et à Constantinople.
iO Juillet. Le lendemain, nous arrivâmes à Patroun , l'ancienne Biblis , petite ville sur le bord de la mer. lia crainte de la peste nous empêcha d'entrer en ville ; nous envoyâmes cher* cher des vivres et nous déjeunâmes à quelque distance des murs.
Gebail, petite ville à deux ou trois heures de Patroun; cafés sur le bord de la mer j rivière Ibrahim •■, beau paysage \ joli pont.
Le lendemain , nous arrivâmesau couventdes
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Lazaristes, à jântoura. M. Leroy, missioniuùre apostolique, me fait boa accueiL
\A juillet, Jrissa^ au couvent de Terre-Sainte.
M juillet. J'entre au medressé (1) de Ainorhi, pour y apprendre l'arabe ; peu de facilitéset surtout point de dictionnaire : je renonce à ce projet.
%i juillet. Je pars pour Bayrout, à onze heures denuit,pour éviter l'extrême chaleur. Rivièredu Chien, qui donne de mauvaises exhalaisons; valléepittoresque j cascade; Bayrout, port le plus fréquenté de la Syrie. NoUs nous logeons en dehors; les portes se ferment le vendredi, pendant la [irJère à la mosquée.
Départ pour Chypre , suf un bâtiment de Trieste , lArondella d'hlanda , brick à trois mâts. Deux jours de suite nous sommes repoussés de la côte de Lamaca par de forts vents d'ouest.
i^^ août. Je débarque en Chypre, à Lamaca.
A uu quart d'heure , couvent de Terre-Sainte , plaine bride et rocailleuse, salines) Fair était autrefois très-malsain, mais il paraît devenir meilleur depuis qu'on a desséché les marais avolsinantla tille ; depuis deux ans il n'y à |pas eu de fièvres.
(1) École soutenue par des fondations piensea et ittemaote ix une inosquëe.
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4 aodt. Le capitaise sur le bâtiment duquel je dois m'embarquer pour Constantinople m'accordant douze jours , j'en profite pour visiter l'île.
Je me rends de Lamaca à Nicosie , en une nuit et une matinée; la route est inculte , si ce n'est à quelques intervalles , dans les vallées.
Kicosie ofTre de loin un très-bel aspect, comme la plupart des villes de Syrie; grande enceinte entourée de murs en assez bon état; population autrefois, de plus de 100,00.0 âmes, à peine aujourd'hui de . 20,000. Sainte^Sophie , ' grande église , mais peu remarquable , bâtie pai les Vénitiens, aujourd'hui mosquée. Je loge au couvent de Terre-Sainte , près de la porte par où les Turcs entrèrent après un .siège long et meurtrier ; tous les soirs il y a musique turque à cette porte , eu mémoire de cet événement.
5 août. Excursion à Cytrea (1) (qui n'est pas Cytbérée, comme l'ont cru quelques voyageurs trompés par la ressemblance du nom ), à trois heures de Nicosie, au pied de la chaîne du mont Sainte-Croix; maisons eu terre comme dans toute l'île, mais très-propres et enduites de plâtre à l'intérieur.
(1) Gitreu, de la carte d'Arrowsitûth.'
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EN ORUSNT. 49
Cythérée (1) , lieu charmant et qui mérite les éloges des anciens ; les maisons sont bâties isolément et ombragées de treilles ■, de citronniers , d'orangers, de mûriers, de peupliers , qui semblent former des retraites pour l'amour ; de clairs ruisseaux coulent de tous côtés et font mouvoir des moulins à blé. Il y a quelques années , on y trouvait encore des filles complaisantes qui y maintenaient la tradition du culte de Vénus , mais tout fuit devant les contributions extraordinaires frappées par les Turcs , et je n'y rencontrai plus que des vieillards et de vieilles femmes ; chaque homme est taxé à 300 piastres. Les Turcs, suivant leur usage, ne veulent rien diminuer et exigent autant qu'à l'époque où l'Ile avait un million d'habitants : elle en compte à peine soixante mille et tous les jours l'émigration diminue ce nombre. Si cela dure, Chypre deviendra un désert ; beaucoup de cultures sont déjà abandonnées , et les Turcs eux-mêmes seront forcés de déguerpir.
Sur la montagne , grand couvent grec et restes d'un palais du moyen âge appelé le palais de la Reine (2) ; on trouve partout l'hospitalité dans l'île ; point d'avidité comme en Syrie.
(1) Chra, de U carte d'Airowgmith.
(2) Catherine Cornaro, vénitientie, au XV* nècle.
i\ juillet, hépâtt ponr Fapfaos; la route est couverte d'habitants des villages circonvoisins , en habits de fête, et qui reviennent du monastère de Salnt-Pantaléon, grand couvent bâti il y a environ soixante ans par un archevêque qui le dota richement. On m'y fait un bon accueil ; grand dîner à plus de trente plats, le vin coule à grands flots: chant de table des moines, avec accom'paguement de fourchettes et de verres , ivresse de quelques-u&s ; ils refusent mon offrande-
17 juillet. Rencontre d'un médecin italien ; je vais à la chasse.
i%juiUet . Je coudie dans un pauvre monastère , hospitalité franche, le traverse les montagnes, gorge magnifique remplid'arbres superbes que les paysans coupent à tort et à travers , ou qu'ils brûlent pour s'éviter la peine de les couper. --■ î*ias, cyprès, myrthes, térébinthus, dlTere chênes, styrax , melia, vigne sauvage, oliviers, platanes orientaux , etc.
Tchicho , vaste et magnifique monastère , sur ia montagne. Après une demi-jonrnéede marche trous arrivons à Emssa, ville détruite oii il reste ftwcore quelques maisons, habitées par les Grecs. Une demi-lieue ^Ins loin , Saffh sur la mer (an-* eienrte Paphos), ville très-grande, entièrement détruite , ofTrc l'aspect de Baaibeck ; la terre est jonchée de colonnes, de marbres et de minesde
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monuments antîqaes, mêlés à des débris de temples chrétiens et de mosquées turques ; emplacement du temple dé Vénus , deux colonnes de marbre, un chapiteau encore debout; quelques Turcs habitent ces ruines ; comparaison du Turc avec le chat ; comme ce dernier il n'a de propre que sa personne et l'endroit où il étend son tapis pour dormir.
Je Tais coucher à Côuloula (anciennement Âphrodita-Missa). Je couche sur remplacement même du temple , chez des Grecs ; la première assise au-dessus de terre existe encore; j'y remarque une inscription où se trouve la moitié du nom A'Jphrodite ; le temple est un peu plus haut; grande inscription sur marbre que je ne peux voir qu'au clair de la lune. Le village est couvert de colonnes et de temples ruinés : jusqu'à Limasol , je né vois que des colonnes , dont quelques - une& sont couvertes d'inscriptions. Toute cette partie de Ftle était consacrée au culte de Vénus; c'est là que se trouvent Cythère, Idalie , Amathonte , lieux dignes en tous points de leur ancienne célébrité. Avant Limasol , belle tour bâtie par les Vénitiens,- végétation admirable ; bords de la mer couverts de bosquets de myrtes et autres arbustes; la campagne est très-fertile, mais en partie abandonnée; l'île fournit un peu de blé , niais assez pour sa con-
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sommation, de l'huile, do sésame, le figuier, le colonnier, le vin (celui de la commanderieest célèbre), le mûrier, une variété délicieuse dé melons , des pastèques, des raisins qui , quoique mûrs, restent durs, le caroubier, etc., le pourpier, l'oignon , mais peu d'autres légumes européens, quoiqu'ils puissent y prospérer facilement.
^aoât. Départ pour Constantinople sur la polaque qui m'avait conduit en Chypre. Vents contraires; 30 jours pour arriver à Stancho (ancienne Cos), patrie d'Hippocrate et du peintre Apelles : le fond de la rade est mauvais. Les bâtiments qui y mouillent ne peuvent y rester l'hiver à cause de la violence des vents du sud. Plataned'Hippocrate, prodigieux par ses dimensions : il couvre toute une place ; ses rameaux immenses sont soutenus par des colonnes de l'ancien temple d'Esculape : les tourterelles y font leur nid, des cafés sont établis au-dessous; respect des Turs pour cet arbre : beaux autels votifs dispersés çà et là. Inscription grecque à la porte de la marine ; débris de colonne : beau port mais que les Turcs ont entièrement laissé boucher. — fontaine d'Hippocrate, sur la montagne, qui fournit à la ville l'eau conduite par un bel aqueduc—En face de Boudroun (ancienne Halicarnasse), arsenal maritime turc. Excursion à la
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montagne : eau minérale sulfureuse; beau site. Stancbo produit d'excellentes fraises , des raisins, des melons, des pastèques; des citrons à 5fr. le mille, des oranges; on exporte des figues et des raisins secs. La population est faible. Beaucoup de Grecs ont été égorgés , mais grâce à l'énergie de M. d'Avenot, consul de France, beaucoup furent épatés.
Le V' ocioère, crainte des pirates. Samos, Scio, Metelin, Dardanelles; tempête au sortir du canal ; nous nous réfugiâmes à Saint-Stephano , où nous faillîmes être jetés sur la côte pendant un vent du nord et une pluie qui nous dérobait la terre de vue.
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JOimNAl DE 1832.
Départ de Constantinople. Séjour à Niearia{i) jusqu'au 3 avril. Départ pour Smyrne sur un bâtiment francaig les Deux - Jmélie, cupttAine Berni } trois joors de traversée.
6 avril. Sinyme, ville assez agréable, dans un pays délicieux. 60,000 Turca,2fi,000 Grecs, 12,000 Arméniens, 12,000 Francs. Patrie d'Homère. Le MélèSi ruisseau fangeux, belle végétation au mois d'avril; beaux jardins.
12 avril. Départ de Smyrne sur un bâtiment grec pour Rhodes.
15 avril. Rhodea; belle ville, bien bâtie; fortifications des chevaliers de Rhodes. — Rue dès Chevaliers. — Deux ports ; le fameux colosse n*a jamais dâ être placé à l'entrée du port. L'Ile est dépeuplée, point de commerce. Les Turcs seuls habitent la ville ; les femmes grecques , peu jolies , portent de grandes bottes comme les hommes. Trente-cinq villages dansFîte; ceux du tour de l'ile sont assez bien bâtis , le milieu est misérable; le terrain autour de la ville est assez fer-
(1) Ile de l'Archipel , l'ime des Sporades.
tile; l'intérieur très-montagneux et boisé, avec de belles valiées; eau abondante. Les meilleurs endroits pour herboriser au tour de la ville , sont les rochers qui bordent la mer au nord et l'ancien château , à deux heures de la ville.
Excursion à la montagne Artémise, la plus haute de File : sèche et pen de végétation ; mau- TaistempSr pluie et vent affreux. Emhoria, au pied de la montagne d'.^rtemwe, pauvre village; assez bon vin ; nous logeons chez le papas (1).
4 juin. Départ de Rhodes. Arrivée lé soir en quatre heures ; excellent et vaste port de Mermera (2) ; bonne excursion aux environs de cette petite ville, bâtie autour d'un rocher qui .la dtimine.
5 juin.- Départ pour Moglab ; . belles vallées à peu près sans culture. Nous couchons sur une haute montagne très-riche en plantes.
6yuin. Nous arrivons à Hoglah, situé dans une large et belle vallée; petite ville d'environ dix mille habitants , bâtie sur les ruines d'y/Zim/a, ruines de château fort grec; tombeaux dans les rochers; belle herborisation; excursion à la montagne (3) , belle récolte.
ISyujn. Nous nous rendons en deux jours de
(1) Prêtre grec.
(% Sur la côte de l'Anatolie.
(3) Nous croyons lire dans le manuscrit TVojfc fope ; à la suite est un mot illiùble.
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EN oRiBarr. wt
marche de Moglah à Aïdin Guzel Hissar. Nous traversons de très^belles vallées, mal cultivées. Le Méandre , à 7 heures de Guzel Hissar; on le passe sur un bateau triangulaire (1). Ses eaux sont souvent bourbeuses : il fournit des poissons énormes.
Aïdin Gnzel Hissar, bâti sur les ruines de l'ancienne Traites , qui occupait un beau plateau au pied de la montagne, compte environ S0,000 habitants, dont 10,000 chrétiens , point de Francs. Il règne souventdans le pays 4e mauvaisesûèvres; visite à la montagne, peu richeen plantes , mais assez bien cultivée par des montagnards qui fournissent, pour la garde du pays, une milice semblable aux janissaires, cequi rend la visite decette montagne quelquefois dangereuse (2).
Le gouverneur du pays monopolise chaque
(1) Cette forme de balfan est employée en Ane Afineure : c'est généralement une espèce de caisse exactement triangulaire , mauœuTTée au moyen d'une traiile.
(2) Ce sont les Zeibecks qoi habitent le versant méridional du mont Traolus dans le Sandjak d'Aïdin. Ces montagnards qui étaient soumis à un Bey presque indépendant , se mettaient volontairement au service des gouverneurs, comme font les Amauts ou Albanais dans la Roumélie. Leur v^ement différait de celui des Turcs en ce que , au lieu de l'ample pantalon ou charvar, ils portaient une culotte courte trè»serr^ , ordinairement en toile blanche ; leur turban était d'une dimension colossale. Lorsque Tahir-pacha fut nommé gouverneur de la^ province d'A*idin,en 1838, il voulut forcer ceux des Zeibecks qui étaient à son service , à prendre le co»tume .des Nizam , ou troupes régulières ; les Zeibecks réns-
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58 RELATIONS m VOYAGES
aimée certaine denrées et menace de faire arraober les yeux aux. paysans qui ne lui apporteront pas toute leur récolte de vélanède (1).
n reste peu de cho^ de Tralks ou de Niss» , ^les qui n'étaient séparées que par un ravin et qui, dit-on, étaient réunies autrefois par un pont- Les cigognesqve les Turcs regardent comme les âmes de leurs pères et respectent beaucoup * atmt tr໫ommunesici(2); elles couvrent tous les toits.
Les pontes sont de grande taille , les œufs ne se mangent pas; les habitants prétendent qu'ils sont pourris , parce que tes pontes mangent des sauterelles.
(Les notes de 1832 s'arrêtent ici; nous conjecturons qu'Auoher Êloy est retourné à Constantlnople, par Smyme.)
ti)
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de M. Texier.) pt, serrant à la tein-
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et objet d'im asgei grand commerce en Turquie.
{% £t dwu toute l'Asie mineure.
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m OBIENT. 59
LETTRE A M. NAVDIN, A BLOIS.
CvuuilUnapi*, Il lt?Ti«r itM' Mon cbeh honsiecb Nkvdbi ,
Il y a biea longtemps que je ne tous aï donné signe-do vie; j'attendais toujours la réponse à la lettre que je tous ai écrite il y a environ on an, mais j'ai tout lieu de croire qu'elle ne tous est pas parvenue f et qu'elle aura eu le sort de quelques autres lettres que j'avais confiées à un voyageur qui retournait en France et dont je n'ai plus entendu parler, quoiqu'il m'eût bien promis de m' écrire.
Je TOUS apprenais dans cette lettre que l'état désespéré de l'empire ottoman avait tout à fait suspendu l'exécution d'un projet qui allait me ramener en France.Depuis cette époque, les choses ont été de mal eu pis ; l'etnpù^ ottoman
est tombé dans un tel état de marasme qu'il ne pourra jamais s'en relever. Plus d'argent , plus de soldats , et même bientôt plus de Turcs. On peut les comparer à un troupeau de moutons qui, ayant tout mangé autour de lui, est obligé de chercher de nouveaux pâturages. Les Turcs ont tout détruit dans l'admirable pays qu'ils habitent , et je ne crois pas que l'Europe soit disposée à les laisser venir parquer chez elle. Il faut donc qu'ils meurent de faim. La réforme , dont on a fait tant de bruit, se continue si mollement , Mahmoud est retombé dans une telle apathie, qu'on s'aperçoit facilement qu'en détruisant les anciennes institutions il a tout détruit. On n'a mis à la place de ces institutions , qui , quoi qu'on en dise, ont jeté de l'éclat, que des habits à la franque , des têtes sans turban, et de l'ivrognerie. Il en est résulté une extrême démoralisation, présage infaillible de la chute des empires. Le principe conservateur de ce peuple asiatique, transporté au milieu d'une civilisation qu'il méprisait, c'était précisément ce mépris , sa foi , et s'il faut le dire son fanatisme , qui était suffisamment tempéré par une certaine douceur de caractère. Ce principe a perdu toute sa force , et celui qu'on a voulu mettre à la place , mal conçu, mal mûri, ne fera que hâter la ruine de Vétat. Les réformateurs regardent comme un
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grand triomphe d'avoir rétréci les culottes et fait tomber le turban de la tête de ces bons musulmans, qui se regardent tous avec étonnement j et sont disposé^ à se prendre pour des giaours. Ceci va vous.paraltre une idée bouffonne, je n'en suis pas moins convaincu que ces gros turbaos et ces larges pantalons ont peut-être plu»fait pour établir la puissance des Turcs que leur propre courage. 11 faut avouer qu'un Turc coiffé, culotté et chaussé à la moderne excite plutôt le rire que la terreur : c'est l'âne qui a perdu la peau du lion. On nous dit ici que la France et l'Angleterre veulent en finiravec un pays qui leur donne tous les jours de nouveaux embarras , et on parle de partage. Et pourquoi n'eu serait-il pas ainsi 7 C'est une question qui intéresse l'humanité tout entière; faut-il laisser une des plus belles parties de la terre entre des mains incapables d'en tirer parti? Tandis que chez nous des gens intelligents et courageux demandent en vain des terres à cultiver, une nation insouciante et lâche foule aux pieds des trésors qui devraient appartenir à ceux qui sauraient les exploiter.
Vous voyez que je ne suis pas heureux , et je désespère de jamais faire fortune. Du reste, j'ai I)ris mon parti à cet égard , et je me souviens encore de Potier : quand on n'est pas content^ il faut être philosophe.
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Cependant ma position, sans être brillante, est du moins supportable. J'ai le bonheur d'avoir auprès de moi ma femme et ma ûllé. Nous demeurons à Thérapia , près de l'ambassade de France, dans un village du Bosphore, où nous sommes à peu près à l'abri de la peste et des incendies , fléaux qui accompagnent toujours les Turcs. Pendant toute la belle saison , je pârcoiu^ l'Asie pour y former des collections en histoire naturelle : j'en ai déjà de considérables. Ce sont là mes richesses, mon avenir, le pars dans quelques jours pour visiter la Gappadoce, une partie duTaurus etdubassindel'Euphrate. Dausquatre ou cinq ans, quand j'aurai tous mes matériaux pour l'ouvrage que je prépare, je me rendrai à Paris pour le publier.
Adieu , mon cher monsieur Naudin, conservez, je vous en prie , quelque bon souvenir de moi, et croyez-moi pour toujours votre ami dévoué.
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