‹ Relations de voyages en Orient, de 1830 à 1838Chapitre 5 sur 9 · JOURNAL DE · texte numérisé non relu

JOURNAL DE

27 février, au soir. Départ de Constantinopte.

28 /eVricr. Dinerà Cartal, 4 heures du soir.

Guehizé^ village turc avec une grande et assea belle mosquée , neuf heures.

1" mars. De Guébizë àNicomédie, avant d'ar^ river au golfe, le pays est nu; sur lé golfe, se trouve Héraclée. Toute la route est garnie de Clematis cirrhosa (1) qui fait un bel effet. Nicomei££, bâUe sur une montagne, le pays est beau, assez bien cultivé.

2 mars. De Nicomédle à Karamousal par Karadéré. Nous traversons une plaine couverte de marais où il y a des salines , route affreuse sur le bord du golfe, belle ferme; villages grecs, beaux vergers.

(1) f^oy. Journal 1835. Même localité.

3 mars. De Karamonsal à Nicée (^Isnik), dix heures à travers les montagnes. Em'ifon à moitié chemin, nous dînons dans un village arménien nommé Yeni-keui (1). Montagnes parfaitement cultivées en vignes. Smilax aspera près des neiges : et assez bas , Crocus sieberi (2) , (Jui varie par des fleurs jaunes, blanches ou violettes. Au pied des montagnes , et à l'entrée de la plaine de Nicée, GaJanthus pUcaius{S)y Arbutus andra^ ckne^ Daphne oleifolia (4).

Nicée, située au bord d'un grand lac, n'est plus qu'un village composé -d'une trentaine de familles grecques, de quelques Arméniens et d'environ deux cents familles turques. On y cultive la vigne , le mûrier , l'olivier et quelques arbres à fruit. Église de la Panagia , où se tint le concile (5) , en réparation lorsque nous y arrivâmes, rebtanchie, repeinte, et endommagée quant aux peintures. On y voit le siège de Constantin en marbre , mais brisé. 11 reste très-peu d'antiquités en bon état ; fa terre est couverte de

(1) Kmi, Tillage.

(3) M° 2173. — Bien voisin du Cal. nivalii , iea environs de Paris. '

(4) M* 2513, As. Min. '*

(5) Aacher Éloy, affirme peut-être ce fait .d'une manière trop poritive , car on n'est pas d'accord sur l'emplacement de l'égliae où s'est tenu le omcile.

débris; plusieurs bas-Aefs d'un beau travail , mais horriblement tronqués par les Turcs.

4 mars. Séjour à Nicée.

5 mars. Lefké, sur la rive gauche du Sakaria {Sangarius) , 50 maisons grecques, 400 maisons turques. Le pays a une teinte grisâtre ; culture de soie et coton ; montagnes rocailleuses, nues.

6 mars. IVous passons de nouveau le Sangarius, et après trois ou quatre heures de marche dans }a plaine, nous arrivonsà un village nommé i9ou<f/a£ Bounar. Une heure après, nous gravissons une montagne élevée au pied de laquelle coule un torrent à travers des rochers très-élevés et qui , font un bel effet. Après trois heures d'une marche pénible , nous arrivons à Gueul Bazar , ainsi nommé d'un petit lac qui a dû être beaucoup plus considérable autrefoisi région subalpine. Cvlchicum species nova (1). Gueul Bazar peut contenir 400 maisons turques. Il n'y a point d'autres habitants. Marché tous les mardis, assez considérable.

7 mar^. De Gueul Bazar à 7'o^a/i(2),doazeheu-

(1) M° Sl58.— G. caocasicam vernale. As. min. Le catalogue porte: Sp.tioya, C. varmtm, j4uch.

(3} Dans son voyage de 1837, Aucher Étoj, se rendant de Nicomédie à Angora, comme ea 1834, a suivi fi peu fn^ \t le même itinëraire ; il a passé par Torbali, Bey Bazard, Aiach , Angora.

6« . RELATIONS DE VpïAG£S

res de marche à tr^vçr^s montagnes. Queïqupg beaux sites. Muscari pMmts (1 ). Torb^Ii, environ 500 maisons; un ruisseau partage la ville en deux, dont les habitants sont Turcs,. à l'exception de quelques Grecs qui sont boulangers ; montagnes en décomposition. Torbali Sajou, position romanti(jue.

8 mars. Séjour.

9 mars, dimanche. Keustehek , à huit heures au travers de montagnes très-elevees couvertes de neiges , est un misérable village enterré dans les neiges.

10/7Ï huit heures.;

nous st veille , puis

nous d ssez belle où

commt leryons pour

la prei e moutons et

de chè' 1 , misérable

bourg .

11 m«f5. De Nalikan 3 (Çari-iewi, sept heures ep suivant la plaine ; montagnes d'argile ; image du désert d'Ègypfe ; confusion extrême dj; sol ; cjjaleur très-forte. Sari-kéui, petit et misérable village. Plaine très-belle, rivière qui l'arrose. On eultiTe le riz sur les bords; montagnes et plaines ^f^qs arbres. ]p)n sor^nt dé Nalikan, «quelques

^ .mm»~ t ■ I II , 1 . . i-qry». . .. ^v - . rr . - .. ■ ■.. ■- ; -■

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indJTidHS dw i^Hn^entf Uspama ti^rifeta (Lin.)(0.

X% mars. Pe ^T\-ke\i}kS'ex Bazard^ huith^m-es; mémp i^^Fure du sol. 6çy ^aï;ard, bâti en bQts; forntf (JËsmaispn^ asse? sing;ulières, et comnie chinoise. Vallée bien cultivée , bourg assez fort. La neige tonibe tout^ 1^ nuit} la terre en est cpuvert^ ; te lenc^emï^in petite herborisation : 4"drqsace roti^dffoiia. :

13 mars. De Bey Bàzard à Âiass , sept heures i m^ine nature du (jqI, piême Jiudité,; ^ïass, bourg turc à peu près ^e la roèpic force que 3ey Bazard, construit en t^i^ue , sans toit; arbres fruitiers @t, vignes. Le froi4 continue; nous passons la rivière appelée Kermire qui va se jeter dans le San- ^ri^Ut ) prèp dé Gnivé.

iimars. p'Aiî^ss à Angora , quatorze heures.' ^nsortantd'Aïassnous gravissons une montagne couverte de neige par un froid et un vent considérables qui nous font beaucoup souffrir. Kn descendait dans la plaine, 1^ température se r^doupît ; le sol ne change point de nature i ]fi pay^ est pr0sque entièrejnent inculte; quelques mauvais hameaux «aperçoivent de loiu en loifl i environ ^ ^epf; heures nous traversons , sur up

(1) Jumpmu thurifera, Willd. J. Sabina ( monocaipa ] , Spach. Ami. se. nat. 1841.

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pont, une rivière qui va se jeter dans le San-

garius.

Du 15 au 21 mars. Séjour à Angora; nous logeons dans une maison arménienne catholique ; bonne réception d'un riche Arménien à qui nous étions recommandés.— Helva , pâte très délicate, composée avec de la farina, du beurre et du miel, renommée dans toute l'Asie Mineure. Les pommes acquièrent ici une très-grande dimension.

Arméniens, catholiques, 7,764; 11 54 maisons; Arméniens schismatiques , 288 ; Grecs , 1 ,200 ; Turcs, 8,000 ; Juifs, environ 100 l'amUles ; population, à cinq individus par màisoii, évaluée à 30,0(M habitants. — Beau bezestin(l) brûlé par les janissaires en 1829; on y vend 60,000 lièvres par an, le prix est d'environ 3 piastres. Pour la chasse des lièvres on se sert de lévriers; ces chiens paraissent craindre te froid, et pour les eu garantir on les couvre d'une espèce de housse.

Les races d'animaux remarquables par la longueur du poil, tels que chèvres, chats, ne s'étendent pas dans un rayon de plus de 24 lieues autour d'Angora. Elles ont été apportées dans le XIU^ siècle ; à cette époque Soliman-Chah y tige de la maison des Ottomans actuellement ré-

(1) Marché.

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gnante, ayant voulu se soustraire à la domination de Gengiskan, quitta le pays de Kharîzme, ou des Turkomans , à l'est de la Caspienne , chassant devant lui , à petites journées, les troupeaux de cbèvres dontla horde tirait sa principale nourriture, pour venir dresser ses tentes dans l'Asie Mineure. 11 pénétra jusqu'à l'Euphrate, mais s' étant hasardé à passer ce fleuve à cheval , II s'y noya. Ërtogrul ou Togrul , son fils, -héritier de sa hravoure et de ses projets, s'avança davantage dans l'Anatolie, où régnait alors Aladin, sultan d'Iconium, et de la dynastie des Seidjoucides. Il se soumit à ce prince avec 400 familles turques qui lui obéissaient et rendit au sultan des services signalés; il en reçut pour récompense le territoire de Sogus ^ près de la mer Noire, et étendit ensuite sa domination sur les pays compris entre Jttcjre et Césarée. A propos de chats, on sait que de nos jours les riches pèlerins ne manquent pas d'en apporter avec eux à la Mecque , en souvenir du goût que le prophète avait pour ces animaux , et qui s'est répandu dans toute la nation.

Passage de troupes pour Sivas ,■ logement à la charge des habitants. On prend les chevaux pour conduire les bagages.

Les Kurdes font des incursions jusqu'à Aïass. Les maisons ont la porte de dehors garnie de fer;

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^hatjtie rrieëM feridëe par Une boriile pôl-te toilmie au Caire, pdbr se mëtltë k l'abH de l'ttisillte des KUrdëS.

Temple d'ÀugasIe , sui' leqiiel est gràt^ en latin et en grec la vie de cet enliJeretir (i); Ce temple est maintenant en démolition pour seHlr k faire uti bàiil dtt gobvemear. Des statues, bàsréliefs , inscriptions eH gi^aUd iloinbl'e dnt été employés A la cotf StrUttion de là forteresse, ^olls obtetKHisducommâtidahtde là fot-tèressé la liermission de nous f^ire <)aTrlr là |jartieldplits élevée de là citadelle , oK l'on nouË annon^it une collecftioii d'arines: fVoiis trouvons datis un coin d'une pièce en ruide un tas considérable de vieilles guenilles en mille lâfnbeaùx auxt]tlelles adbèrent de petites plaques de fer ; c'étaient dés espèces de cottes d'ârmeg dont se sèrVâierit lès Turcs avant qu'ils adoptassetit lès àrriiës à feu. A côté, on voit Unegrande quantité de ilèfches, fet dans laconr çA etlîi quelques pièces d'aHillerle à moitié enterrées. Beurre eicelleiit, miel délicieux.

Difficulté d'établlif le chiffre de îa pbptllàttdn par suite des àvanieS. Â Angora, des villages entière abandonnent lelir [tays,. désolé par lés rapines du gouverneur. D'après l'tiSage établi en

(1) C'est la fameuse inscription d Ancyre.

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'turquîe, on ne paye rien la première aniiéè clans le lieu ou on ûxe son domicile.

Pierre d'une mosquée dans laquelle il ^ a im trou où les habitanîs déposent teS dedtsqu'ils /ont arracher, bien persuadés qu'ils n'auront plus de mal aux dents par la suite. *

Le commerce d'Aiigora consiste enblés^ friiits, cire^ miel' délicieux , poils de chèvre, laine, peaux de lapin. Prisonniers français à l'épdquè de la campagne d'Êgypfe envoyés à Angora.

Sympathie des habitants arméniens pour eux, et en général pour tous les Français : cela tient à la religion et à la tradition conservée dans le pays qu'ils sont descendants des Gaulois qui s'établirent autrefois dans la Galatie.Ily avait des négociants français à Angora avant la révolution. Il n'y en a plus ; on voit, les. tombeaux de plusieurs d'entre eux.

IchapanOglou, autrefois prince souverain et héréditaire de Jeuzgat , mort en 1806. Ses enfante ont été dépossédés de leur pouvoir et n'ont plus aucune importance.

Promenade agréable entre deux montagnes, arrosée par un ruisseau et plantée de saules , de Fraxinus parvijlora (1), de mûriers, d'Eleagnut orientàlis : quelques chênes vélanèdes ; belle

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espèce de Stipa < 1 ) à arêtes très-longnes, dont on fait d'élégants chasse-monches : on les colore quelquefois.

Visite de quelques maisons arméniennes^ assez belles et b&ties en hois dans le goût de celles de Çonstantinople.

Dans la Galatie il n*est permis qu'aux musulmans de se livrer à la culture des terres; les raïas (2)ne peuvent posséder des terres. Les Turcs fournissent seuls au service militaire , et ceux qui y sont appelés ne reviennent que très-rarement ; il en résulte que là campagne devient déserte et inculte.

Visite au monastère arménien schismatique fondé, selon la tradition, par saint Paul. Pièce de monnaie vénitienne à laquelle les moines attribuent des qualités médicinales. Tombeaux français, anglais, hollandais. Auprès du couvent , grande quantité de débris de monuments anciens qui servent de pierres tumulaires. — Point de noyers ni de ûguiers.

22 m(if\ï. lyAngoraà ^f 12 reuz^<i£/,neurheures. 125 maisons tnrques ; pauvre village. Juniperus Hispanica. En quittant Angora oh marche dans une valléebten cultivée en vignes, peupliers ,

(3} Sujets non musulmans , soumis à U capitatîon.

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chênes , etc. VElma Dagh^ (1) n'étant pas praticable dans cette saison, nous sommes obligés de le tonmec. La neige tombe sur la route; le froid est vif.

23 mar^. D'Asiz Yeuzgatt à ^azart^ï^, village turcoman de 51 maisons , neuf heures. Les femmes ne se couvrent point la figure.

Trois villages sur la route ; un pont, le Kizil Irmah (2) , Kilichlar ; après le fleuve Cakckiana , 104 maisons; restes de forêts de Junipems hispanica (3) , et de chênes. Nous passâmes le Kizil Irmak sur un mauvais bac.

24 mars. De Bazardjik à Tersclé, dis heures.

Terrain imprégnéde sel, toujours nu; plusieurs villages turcomans sous terre , pour éviter le froid aussi bien que le chaud.

25 mars. De Tersclé à Serai-keui (120 maisons) , même nature du sol ; nous apercevoris le mont Argeh; nouslaissons Teuzgatt sur la gauche pour prendre la route de Césarée. En arrivant à Serai-keui , village turc , nous passcms la rivière nommée Balte.

26 mars. De Serai-keui à Pacha-keui , huit heures ; silos ; village turc; nouvelle espèce de Morea que nous nommâmes suaveolens. '

(1) Dagh, montagne.

(2) LeBeuTeHalysdes

(3) Fog. page 67, note.

■)„:,iP<.-jM,G00glc

74 RELATltotS DE VOYAGES

tir MarS.itQ PàChà-kèuià TchakmaK , \i\i\i heures : Village àriiiëiiiett sdr une modtagiiè. Continuation de belles plaines cultivées de Iblii en loin.

2Ô tnarS:îi& TchàkWdk â Boghâz-Ljan, 120 maisons de MUËUlmafas; 146 maisons d'Ârinëniensj quatre faeUî-êS.

29 mats. De Boghâz-Lyân S Edirter^ 30 maisons; mUsultfaâhs; huit heures. "Village abandonné sur la roUté; aUcube cultuté; siir là sommité de la montagne ijui domine la vàlléë , et où coule le Kizil Irmak, corps de garde abandonné, les RuMes , suivant ce qu'on nolis dit , ayant égorgé les soldats. NoUs passons te Kizil Irmak sur un pont; ruines d'un kban (1); cavernes naturelles sur tes bords escarpés dû fleuve.

30mflrs.D'ÊmirleràCésaréè,cinqheures.Nous gt-avissons Uiie rhoolagné couverte de neige : aii soUlmet d'un monticule , qui domine la plaine de Césarée,ruinesd*un petit nioiiument turc; sur le penchant de la niontàgne, Village coiisidé râblé. Vwgers mal entretenus et disposés enterrasses; pierres volcaniques; sol caverneux résonnant ^ous les pieds deschevaui : plaine coiiverte d'eaux sans écoulement. Moiit Jrgeh , évidemment an-

(1) Cour entourée de magaâns , lieu de station des caravanes.

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^N OfttÉNt. 75

cieh voli'ah , ne foiiriiît aacUii coiit'S d'€.iu tnalgt^é l'énot'iDe qùàiltité de itéîge dont il est bdtivëft : béaiix restés dé mohùinerits turcs, tels 4'ië inosqûëeé, medrëssés; peu où poîtit d'antiquités,* viïle ihàl fcâlië.

31 ritars, i^^ ei 'J. avril. Séjour ; roiité de l'âi'sous.

3 avrît.iie Césàrëe à iriajesou, sixheiiFeâ ; plàiile marécageuse; beaux vergers au pied de la iBpiitaghe.

A avril, tt'lndjèsôii (eâii légère) à Oeveli-Èara- Ji'issar, six beûi'és. En tournant autour du moiit Àrgéh {1 ), vdste plaine marécageuse , village mal iridicjué sur les cariés; grands vergers, vignes; — village situé entre deux rochers dont le pied dominé i)eveli-Kara-tiissar, ^t que les gens du pays nomment Château d'ÂlexàndrëJ c'est dans cette plaine qu'il à défait tfarîus. tteveli-ltarâ- Hiâsar est un assez grand Village habité seulement par des HtUslilmàhs.

De Develi-Kara-Hissar à Giaour-Ëheili (église (lès infidèles) Giao'ur ecclesia\, par corrupf iofa , six heures;petit village habité par des Musulmans; ruines d'une église grecque.

6 avril. De Giàonr-Eheili a Madèn (Madàrou),

(t) Auclier Éloy, en 1835, a parcouru la mèaut route, depuis le mont Airgeti jusqu'à Âtep.

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six heures. Les mines de plomb et d'ai^ent n'étaient pasen activité lorsque nons passâmes, faute de charbon de bois. Ces mines sont situées à six heures du village de GiaourEneili, AMaden, commencent les défilés du Taurus. Les montagnes sont élevées et encore couvertes de neige. Fies du Taurus d'un aspect imposant, ' mais qui cepetadant ne conservent pas de neige toute l'année.

7avril.lie}H&denkKamuschluKhan,si%henTes.

C'est un mauvais khan isolé, où nous ne pûmes nous décider à passer la nuit. Nons continuâmes notre route pour l'autre konak (1) Jeni Rhan; mais à quatre heures de Kamuschlu Khan , nous fûmes arrêtés par la rivière ^ojûh, limite des possessions de Méhémet-Ali, grossie par la pluie qui tomba ce jour-là ; après avoir fait des tentatives inutilespourla passer à gué, nous nous décidâmes à coucher dans une misérable maison , où nous ne trouvâmes riçn , ni pour nous , ni pour nos chevaux. '

8, 9 avril. Nous prenons un guide pour pouvoir passer le fleuve , mais ce fut en vain ; nous fûmesobligésderemonter environ l'espace d'une demi-lieue pour trouver un pont. Deux heures après , nous arrivâmes k Jeni Khan , petit khan

(1) Maison, ^te, lieu où l'on fait halte.

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isolé à côté duquel sont les raines d'un andre khan plus considérable.

Premier poste 4'Arnauts au service du pacha d'Egypte ; nous vînmes nous coucher dans un khan isolé , oiî, surpris par la pluie , nous fûmes obligés de rester un jour. Nous continuons à voyager dans les déClés qui se resserrent de plus en plus ; poste de soldats dans la partie la plus resserrée. Sculpture antique sur le rocher voisin de la porte et près d'un pont. Les rochers qui forment les parois du passage sont d'une élévation imposante, et nous continuons à descendre dans la vallée garnie de belles plantes.

iO avril. Vers le milieu du jour,nous déjeunons et faisons en même temps une belle herborisation. Onosma, jistragalus monspeliensts , etc. Le soir nous vînmes coucher dans la plaine, dans un village à six heures d'Adana(1)etde Tarsous.

1 1 avril. Nous prenons la route d'Âdana. Nous nous ravisons, et après avoir fait un petit détour pour reprendre la route de Tàrsous, nous y arrivons après six- heures de route. Nous passons le Cjrdnus sur un pont à l'entrée de Tarsous. Paysans idolâtres ; les femmes ne se couvrent point la 6gure.

{1} Aucfaer Éioy, en 1B35 , se rendant de G^tar^ à Alep, passa aussi par Adana , et suivit le même itinéraire, à partir de cette ville , que dans le voyage de 1834.

j»^,GoogIc

7^ REL&TlOIfS I)Ç YPÏAGBS .

iTii }3 avf^, Pipifuicbe, séjoqr. Tarsoiu, TÏIIede quatre àcinq mille âme^, peu d'antic|uités; dpiix poftes peu re|nai'(]ïi?t>le^) moniimept copsi^tapteii iQ^railI^sd'u] ircpnsidér^ble,

fprin^pt \ni carré }ong e ratt poiiit ^voif

eu de porte : peut-étri q tombeaii. t-e

GTduu$ forine ici une .'une quinzaine

dé pieds d'un aseez bel ^ffet. M. Yaillant, négociapt, nous donne l'hospi^lUé.

Du i^au iSatril. Séiour.

Jepar^pouruneE slesmopt^gnes;

qnolquçs mi^ison^ si ! de la montagne

et près d'upp ^o^ e Cydnus. Belle

localité poïjr la t embrad^ village

très-élevé, où les gens aisés de Tarsous vont popr chercher un peu de fraîcheur pendant l'étéj sites pittoresques, \.e village est situé sur le plateau élevé entouré de montagnes qui conservent la neige une partie de l'année. Au milieu du village est t}ii q)OQticul0 que l'on dirait fait de main d'bompie. A lEt som^iîté , oq voit de Yieilles toprs déjà paraissant ê(re du moyen âge; ce point de-^ vait être importapt, c^r il parait qu'autrefpis c'était U seule rou|te poi|r se rendre à Constantinopïe.

Ecéjugéa des geiiâ du pajcs * qui disent que le Bosphore a été ouveK par Rsinte Hélène ; h enten(tre les chrétiens d^ rQrJcnt, elle a tout fait

EN ORIÉÎÏT 79

dans celle contrée ; on I3 cite à tout propos ^ comme César en France.

22 , 23 aviil. DeTî^^ous à Adana^ neuf petites lieiies, plaine.

24 avril. P'Adgna à il/wis, six heures^ Toujours en plaine, à l'exception d'un monticule j plaine ipagniûque, presque inculte, où les Turcomans font paître leurs troupeaux. MIsis, village d'Arméniens et de Txircomans à moitié en ruine} rivière assez large , pont bien bâti , coupé par le iflilieu, sans doute à l'époque de quelque guerre, et 4éfepdu par une petite forteresse, —r Montipule sur lequel on voit des fondements considérables et de petites colopnes.

25 avril. Dp ^lisis à Kourcoula, huit heures à travers de'grosses montagnes, belle végétation, pays inculte ; nomades ; Kourcoula , grand khan fortifié, avec une iqosquée, le tout tombant en riiine.

2Gavril. De Kourcoula à Aiasj neuf heures. Sur les bofds du golfe de Scanderoun , pay^ très-fertile , presque entièrement inculte. I| ne reste plus à Aïas qu'un grand et beau khan fortifié et uq bazar en ruines; il n'y a plus d'habitants dans le village abandonné. — Grïtnd orage accompagné de pluip,

27 avril. D'Aîas à Scanderoun, ou Alexan-^ drette, quatreheures, sur les bords du golfe ; ma-

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rais qui couvrent la côte , nos chevaut s'y enfoncent, difficulté pour les enretirer; nos effets, nos plantes sont tout mouillés. Air malsain deScanderoun provenant des marais qui viennent jusque dans les rues ; travaux qu'Ibrahim faisait faire pour creuser un canal qui facilitât l'écoulement des eaux ; toute la population des villages voisins était occupée à ce canal, que dirigeait l'agent consulaire de France. Scandèroun acquerrait beaucoup d'importance si on pouvait l'assainir ; le pacha pourrait y faire mouiller sa flotte, la rade étant excellente et valant , dit-on , le meilleur port i c'est l'échelle d'Alep ; M. Martinelli , agent consulaire de France , chez qui nous logeons, était agent du commerce d'Alep.

âS avril. Excursion aux montagnes de Baylan sur uile sommité qui conservait encore de la neige ; quelques belles plantes , Lathrœa anblatum , etc. ; nous sommes obligés de faire sécher nos plantes de nouveau.

29 avril. Séjour.

30 avril. De Scandèroun à Baylan, 4 heures.

Baylan , grand village sur la montagne, dans une position saine et agréable; nous faisons le même jour encore trois heures et nous allons couchei* an pied de la montagne dans un khan en ruine, auprès duquel était une cabane presque sans toit où nous couchâmes.

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1" mai. De Kara-Moust-kkan à Antioc}ie ou Antakie , 6^ heures en plaiue.

Antioche , environ 8,000 habitants chrétiens , grecsetturcs;jolieposition; antiquités; citadelle construite par les croisés , dont les murs partent de la plaine et s'élèTent en serpentant jusqu'au sommet d'une montagne. L'Oronte fournit de l'eau à toute la Tille au moyen d'une énorme roue ; climat chaud , mais pluvieux en hiver ; cultures , vignes , mûriers. Nous logeons chez un chrétien chargé de l'agence de France; bonne récq>tion ; hospitalité franche.

On nous parle beaucoup d'Ibrahim Pacha ; le bon et le mauvais sont mêlés dans son caractère; U a quelques bonnes idées qui lui sont inspirées par les Francs qui l'entonrmt, mais c'est encore un Turc sous bien des rapports ; mauvais musulman d'ailleurs , il boit du vin et de l' eaude-vie; ne s'enivre point comme on Ta dit, ou du moins rarement, même à la guerre; mène la vie dure du soldat ; n'a point de femmes avec lui; on lui doit la sûreté des routes et l'égalité religieuse.

2 mai. Séjour; tigres communs(l).

3 mai. D' Antioche à 6''0i«i(/ie, cinq heuresà tra-

(t) CesontsansdouteileBCaracak, espèce de i'VùiToisîne do Lynx. ^oy. Journal de 1835, note snr les tigres du Zerdukou , près Ispahan,

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m RELATIQQIS m VPYAGES

y^s nue c^mpagae l«rUte et bien cultivée an blé , orge , mùrieris. Nous dasceiiidoos . chfiX M. Barfcetf ancien codauI d'Angleterre à Aldp , «t «0 dernier lieu à Alexandrie. Sa maison est tfès - agréablement situâê an pied de bea«x ve^ers où il a. réuni les principaux arbr«8 à âvit d'Europe et d'Orient , qm la beauté du dû^at lui parmet d'anaéliorer. €et horama «atiipable ne vise qu'à faire du biân dana le paya où il a'eat fixé , et le vivifia par sas e&emples et aes conaeils.

4 mai. Nous partMia pour esplorer le mont Ce^us, Gebel-el-Aera(mo»tagaecbauva)[ nous paasons l'Oronte sur ua bac ; rocbers «ur lesquels uovs faisOBfi une herborisatiou aura r^KQâfqiiBble ; le 90ir jioua arrivooa à iCasap , village JiabÀté par 4fi8 Arméniens au pied 4e laciaie.

4> fi\M. Nous graviasona La cime du G^l-^eld^rtif éliMgné d'environ trois beur«a, qui consiervwt encorei]jaelq«es plaques de neiga; ruines d'un couvent cbréUen à moitié route; nouvelle espèce ^l'elléboce (1) ; la montagne eu général nous parait pauvre. Nous redescendons Je uéitte jour à Kasap, ôtt DoiM couchons.

^ mai. Noua nous mettoiw en mute pour re-

(I) N° 60. — /Jeileborw nestcarius. Aucb- ia fictissier,

PI. ^MC/t.

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SM ORIKST. 83

toutner à Souadie pbr une autre route; belles vallées couvertes, d'une magnifique verdure;' paysage digqe de la Suisse; gi'os village turc. Ourdi. Nous allons coucher au village du cbeik.

Nous allons à Der^ d'où nous remontons un peu à l'est pour aller visiter Beit-e^Ma ( la maison de I'ean)j belles sources qui sortent de la montagne et forment des cascades d'un effet admirable (antique Daphne) : il n'y a plus que des moulins. Retour à Souadie, en passant l'Oronte dans un bac ; rives de l'Oronte magnifiques de verdure, de culture et de positions pittoresques^

8 mai. Visite à l'antique Séleucie, à deux heures de Souadie j ancien port comblé ; jetées dans la mer ; conduit souterrain Où 7 à 8 chevaux peu'vent passer de froaty creusé dans le rocher, et qui paraît servir de communication antre le port et la ville; nous remarquons quelques caractères hiéroglyphiques tracés en forme d'œil sur les rochers et de nombreux tombeaux.

9mai. Excursion àvecM.BarkerdansIesmon* tagnesaunorddeSouadie; belles positions : nous cbnchons à Betias.

10 mai. Retour à Antioche; nous avions l'intention de parcourir le lac d' Antioche , mais on nous apprend que les rives sont trop marécage»- ■ ses pour qu'on puisse en approcher.

11 mot. Nous partons après midi pour Alep;

n,g,t,7rJM,GOÔglC

Si REIATIONS DE VOYAGES

nous allons coucher en plein air, on peu plus loin que le Pont de fer {Demir-Kapousa).

12 mai. Tout à coup la végétation change :

c'est celle de la Syrie, et non pas la végétation méditerranéenne proprepieitt dite comme à Antioche. Mous couchons en plein air à une heure de Danah. De tous côtés on ne voit que villes , que villages , que khans et que monastères chrétiens en ruine, par suite des tremblements de terre.

13 mai. Arrivée à Alep. Blancheur éclatante des édiÛces; ville bien bâtie; rues droites avec des trottoirs, étroites il est vrai, mais bâties ainsi pour intercepter les rayons du soleil ; traces àcbaquepas du tremblement de terre de 1822, qui ruinajplus de la moitié de la ville; mosquées bien bâties, très-beaux khans; palais du gouverneur de la ville, servant maintenant de caserne. — Petite rivière -d' Alep ( Koîk ) : Teau , toujours trouble, n'en est pas très-bonne, se dessèche presque tous les ans pendant quelques mois de l'été; singulière avanie d'un pacha qui détourna une année le petit filet d'eau qui restait et le vendit aux habitants; cette rivière fournit de l'eau aux jardins. — Mauvais fruits : les raisins seuls sont bons; les prunes , les abricots n'ont pas une qualité remarquable , sans doute par le peu de soin. — Terre très- légère , ferrugineuse , fertile dans beaucoup d'endroits, donnant jusqu'à trois

n,g,t,7rJM,GOOglC

récoltes; blé, sésame, ricin. Presque tous les villages sont abandonnés et en ruine depuis le tremblement de terre. Alep commence à se relever, mais le monopole qu'Ibrahim introduit en Syrie menace de la détruire de nouv^u.

Il y a sûreté pour les voyageurs dans tout le pays. Autrefois les Bédouins qui occupent le désert venaient exercer leur brigandage jusqu'aux portes de la ville; Ibrahim a faitune expédition pour lespunir: ilsontabandonné le pays pour s'enfoncer dans le désert. Le commerce des Européens à Alep est particulièrement avec la Mésopotamie, dont les caravanes viennent, non sans difficultés, s'y approvisionner. Ibrahim-Pacha méditait le vaste projet de réunir l'Euphrate à l'Oronte. — : L'évéque de Bagdad , Français, en mém« temps consul , est en ce moment à Alep, attendant une occasion pour se rendre à son poste.

SéjonràAIepjusqu'au23 mai; bonne herborisation. — Bouton d'Alep ; ce boulon n'est pas seulement particulier à la province d'Alep, il afflige les populations d'Orfa, de Mossoul, de Bagdad et d'Aintab. C'est une espèce de dartre vive qui commence par une inflammation l^ère, reste inerte pendant quelque temps , finit par s'ouvrir et par prendre les caractères d'une plaie de trèsmauvaise nature. Ce bouton ne fait souffrir que lorsqu'il vient sûr les articulations ; il exige de

jM,Googlc

i6 RELATIONS DE VOYAGES

la pn^retëfit lalese souvent des cicatrices ineffaçables. Le» babitaots ont une (Quantité de contes et da traditions relatives à cette infirmité locale , dont lacause a jusqu'ici ëchappéà tous les médecins: quelques personnes attribuent, mais saiis fondement, celte infirmité aux eaux. On croit généralement que toute espèce de traitement lie tend qu'à envenimer davantage le mal. En lui laissant suivre son cours , il dure six ou huit mois) quelques médecins du pays prétendent cependant pouvoir le guérir. Il n'est pas un enfant qui en soit exempt; on enrencontre souvent qui sont complètement défigurés par cette maladie. Le boulon est ordinairement unique* alors ,on l'appelle mâle; d'autres fois la maladie se présente sous l'aspect de pustules nombreuses qui se Succèdent sans interruption : on dit alors que le bouton est femelle. 11 attaque les indigènes presque toujours à la figure ; les étrangers l'ont ordinairement sur les autres parties du corps. Plusieurs personnes l'onteuaprèsvingt-^inq ans deséjourà Alep; d'autres l'ont contracté seulement en traversant le pays; d'autres enfin l'ont eu quelques années après avoir quitté Alep et de retour en Europe.

Voici la manière dont se vendent les chevaux arabes; l'acheteur compte de l'argent devant le Tendeur jusqu'à ce que le dernier dise asseij on

n,g,t,7.dt,'G00glc

EN ORIENT. fe7

àtflëtt« le cheral, qmi t'achetenr fi'a pas encore TU. Le vendeur dit ensuite : VoUb mon argent et Voilà mon cheral -, prends lequel tu toUdras. Ces cérémonies ont lieu, dit-on, pouréfiter Tin- Auen<% du mauvais œi! (f ).

24 mai, cinq heures. Départ pour Aintab; nous venons coucher dans un village, Torfabt, stngu^ lièrement Construit; les maisons sont en oJ!kne pointu ; noUb traversons une plàihe trèsr-feiHile', maisà peu près'inculte.

25 mai, cinq heures. Nous continuons toujours la même plaine , et nous arrivons à Kilis , petite ville où il y avait un régiment du pacha en garnison ; nous couchons dans le monastère arménien catholique; habitants turcs, arméniens, catholiques, 40 familles. Arméniens schismatiqUes, quelques grecs, quelques juifs.

26 mai, cinq heures. Nous trouvons dès plantes rares dans une gorge ê travers de basses montagnes; nous couchons à cinq heures de là en plein air; lepaysestbienarroSéjcampemenfs de Bédouins.

27 mai, six heures. Nous nous élevons un peu et nous arrivons après une bonne h^borjsatlon à Ainlab , ville de 12,000 habitants : Tui^s , Arméniens catholiques en petit nombre » et Armé-

(1) teaiorts.

n,5,t,7rjM,G00glc

lûeps scfabmatiqaes beaucoup plus nombreux.; . régiment du pacha en garnison.

;]laIé-Mant(M] , établi par le pacha d'Egypte en qualité de PezeTia-Bachi pour lever l'impôt sur les femmes publiques, payeune ferme (paît) trèsfbrteanpaf^ajîlluiarrivesouTentdefaire inscrire .arbitrairement une femme honnête au rang des charmouts pour exiger d'elle l'impôt ; c'est ainsi qu'il a fait arrêter la femme d'un bey qui était très-jolie. Bâtonné pour cette fi%daine par ordre du pacha , il a été envoyé en prison à Damiette ; maiscomme l'argent est très-nécessaire au pacha, il relâcha vite son Pezevin-Bachî ; ce derniei' est . cç^plaisant envers les Francs. On peut aller lui demander tous les services de sa profession, il les fait rendre sans retard, entouré de kawas (l)armés, suivant l'usage, jusqu'aux dents, et prêts à exécuter ses ordres. La nuit , quand il fait sa ronde, et qu'on lui crie : Qui va là 7 il répond : Pezevin-Bachi , et la garde a ordre de le laisser circuler.

L'air d'Aintab est trè»-pur ; fruits délicieux et trèsr-Tariés. Nous logeons chez un Piémontais, instructeur de musique, au service du pacha.

-r-Protnenade à la source de la rivière d'Alep; pont.que le pacha faisait rétablir , et canal pour

(1) Espèce de maréchal des 1<%Û, d'officier de police.

. empêcher que les eaux ne se perdent. Aintab peut avoir 15,000 habitants: Turcs, Arméniens .schismatiques et quelques Grecs. — Excursion à Une montagne an nordâuest; bonnes plantes.

2juin. Départ d'Àintab pour Besniè, campements de Turcomans. Nous rencontrons sur la route des Chakalus nomades, qui gagnaient les hautes montagnes.

5 juin. ArrivéeàBesmé^TÎlled'enTiron 15,000 âmes, peuplée <fe Turcs et d'Arméniens schismatiques; cette ville serpente d^ns un ravin , entre des montagnes d'une blancheur qui éblouit. Nons recevons l'hospitalité dans lacourde l'église arménienne.

. 6 Juin. Nous partons pour ta première chaîne "élevée du Taurus ; nous passons avec difficulté la rivière KeutSou, et nous venons coucher sur l'autre rive , dans un village où il y a une grande quantité de mûriers, dont le fruit nous parait délicieux.

7 Juin, Nous nous rendons à Tout , village distant de cinq heures de Besœé.

8 /uin. Excursion au pied de l'Ak-Dagh , à travers les rochers; bonnes plantes; excursion sur la montagne et sur les cimes neigeuses; nombreuses tentes de Chakalus et de Kurdes.

11 et a Juin. Nous mettons de l'ordre dans nos collections.

iij'uin. Départ pour Malatla : AetovtkErmek; nous tournons l'Ak-Dag; nous vedons coucher dans Une vallée arrosée par un torrent ; cascade.

iAj'uîn. Nous venons coucher dans un mauvais village où il y a de tuagnlfiques eaui, t}tli sortent du pied de la montagne.

tSj'uin. Nous entrons dans le plateau élevé de t'Asie Mineure , et nous passons avec quelque t'apidite, les montagnes voisines étant, k ce qu'on nous dit , remplies de Kurdes qui fuient devant les Turcs. La crainte de l'orage nous fait rester une partie de la journée auprès d'un moulin abandonné dans un vallon où coule une petite rivière. Nous nous remettons en route lé soir, et nous allons coucher dans un petit village.

i&j'uin. Couchée dans un grand village , à trois heures de Majatia ; magnifiques pjântations d'arbres fruitiers, de peupliers, de noyers, etc. Verdure délicieuse, çaux abondantes; magnifique position ,- nous passons la nuit dans un bosquet.

17 Juin. Nqus nous fendons, par une route agréable , au nouveau Malatia , dont la position est aussi belle que le dernier village.

i%juin^ quatre heures du soir. Nous nous remettons en route ; nous traversons VEski (1) Ma-

(1) Le vieux.

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l&tià, abandonné pendant Tété. Il n';f avait que deux on trois ittaisons qui fussent habhees, et nous vînmes coucher sur les bords do Tokma- Sou , rivière assez large qui va se jeter dans l'Eupbrate ; il y a sur cette rivière un très-long pont en pierre.

i9 juin, kprks deux heores déroute, notts arrivons sur l'Euphrate qui, daCs cet endroit, ressemble asse:^ a la Loire à Blois ; rives désertes et brûlées. Noiïs allons déjeuner au village appelé Mourad, naguère abandonné, et où nous trouvâmes linéiques fiimilles Tenues de Tocat pour s'y établit-, par ordte de Reschid-Mehmét- Pacba, qui commandait l'expédition contre les Kurdes. Ces malheureux bons assurèrent qu'ils n'avalent d'antre nourriture que des mûres.

Nous couchâmes à quelques heures de là sot lés bords de l'Euphrate.

SOyu/rt. Nous continuâmes notre route à travers un pays brûlé et désert j et nous vlatnes coucher à quelque distance d'un tillage abandonné.

21 juin. Nous fîmes six heures , et vînmes à Gumuc/t ^àa(i'én,aprèsavoirpassér£uplirateétU' un large bac. Maaden est situé dans une gorgé, entre des montagnes fort arides : il y TaAl le ^Ins souvent une chaleur très-forte, et quelquefois un vent violent. Mines d'argent qtti fOUmiiSIsent

n,g,t,7rJM,GOOglC

ordinairement 6 ocqties (1) d'argent par jour, et environ 800 ocques de plomb par an ; ce sont des Grecs qui ont été mis à la tête de cette exploitation. — Bonne réception des Arméniens et des Grecs du pays.

22yum . Départ pour la montagne dite Entckiriti- Dagh. Nous couchons au milieu d'un verger, dans un village musulman, planté d'une immense quantité de mûriers j avec les fruits desquels les habitants font Anpecmek^ espèce de raisiné dont ils se nourrissent l'hiver.

23 juin. Nous partons pour le village à'Ent-. chirtti , éloigné de quatre heures. Nous traversons plusieurs beaux villages arméniens bien bâtiS; le soir, excursion autourdu village.

24 yuin. Nous nous rendons à la sommité peu élevée d'Ënlchirtti-Dagh , d'oît nous dominons l'Euphrate. Nous descendons par un ravin trèsescarpé jusqu'au bord du ileuve : il coule avec bruit à travers d'énormes rochers qui l'encaissent. Nous suivons pendant quelque* temps les rivesdu fleuve, et toxUàcoup nous nous trouvons arrêtés par les rochers qui ne permettent plus de le côtoyer. Ne voulant pas reprendre la route par laquelle nous étions venus , nous remontâmes ;sur la montagne , après de grands efTorts , à tra-

(1) line turque.

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ENOWENT. M

vers les rochers- et leis pierrailles. Nous remarquâmes, suria rivé opposée, dé jolis villages, de belles plantations dé mûriers, des vignes et des cultures qui contrastent avec la stérilité des rochers et de toutes lés montagnes neigeuses dé- . pouilléés d'arbres.

25 Juin. Nous partons pour le Mouzour-Dagh , an delà de rEupbrate,dansleKurdistan,à cinq oii six heures d'Entchirtti. PIous descendons par le ravin de la veille ; nous paissons le fleuve dans un mauvais bac triangulaire (1), qui fait eau de tous cdtés et dans lequel nous avons de l'eau à mi-jambe. Nos chevaux passent le fleuve à la nage. Nous traversons quelques jolis villages plantés d'arbres fruitiers: noyers, pruniers^ pommiers, poiriers, mûriers, etc.; et nous venons coucher chez le chef du village d'..^/-(ewA, à deux heures de la base de la montagne.

26 Juin. Les Kurdes dits Azi, occupant la montagne, nous sommes à regret obligés de renoncer à parcourir les sommités neigeuses du Mottzour-Dagh. Ces Kurdes'ne sont point soumis aux Turcs; ilsoDtdans ces montagnes, qui s'étendent jusqu'en Perse , de grands villages et dès habitatiens en pierre. Ils ne descendent jamais dans les villages turcs, qui les traiteraient en ennemis,

(1) Vwr ps^e 57 , Voyage de 1832.

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9f RELATIO{«& J^G .VOYAGES

mai^çe^ 4nâ{De^ villages^ ponr obtepir quelque sécurité, payent un tribut aux Kurdes. On nous fit nne.telle peur de ces hommes qui tuenf , naps dit-oQ , tous ceux qui essayent de pénétrer dans leurs montagnes , que nous ne no^s obçtin^es pas à les visiter; seulement , escortQS de quelqiies hommes bien armés, nous allâmes sur les sommités les plus proches du village. Nous Ames une 3coIte dans le voisinage de la neige, s à chaque instant par notre çscorfe de voir tomber lesKurdes surnous, rrétâmes au moment où notre her^ borisation comm^içait à être intéressante.

27 juifi. Retour à Ëntchirtti.

2S juin. Séjour.

39 juin. Déport pour Tsmitohiek ; couchée sur 1» montagne.

30 juin. Couchée au pied de la montagne.

i" juillet. Couchée à la belle étoile.

3 juiiUt. Couchée à CJatohouga.

Z juillet. Ascension de VErge-iSam mauvaise herborisation, Anémone umbellata (1); tente» de Kurdes i ils nous demaadent une consultation médicale et nous la payent en crème et en fromage; couchée an pied de la mobtagne.

A juiUfit. ^doB descendons dans la plaine.

(1) N" 14. — Ressemble beaucoup & ï'daeiBume narei$»iflora.

rmn-n-.;Goog\c

m OÎUENT. 95

Be^ii pays ; nous allons coucher ^ Dtvrikf , yiHe habitée par des Arméniens et des Turcs e^ 6ù il y ades mines de fer ; belle mosquée bâtie par les Persans- Kivière assez grande, sur laquelle est construit un beau pont ; citadelle eu ruine.

5 Juillet. Séjour ; course aux environs , sur la montagne.

G Juillet. Ascension au Dq.luklu~Dagki tentes de nomades : mauvaise réception ; nous couchons au pied de l,a montagne.

7 juillet. Couchée à Xpurou-Tchaî, auprès d'un moulin abandonné.

B Juillet. Noys passopslajgrande chaleur sou$ unrocher, auprès d'un affl.uent de l'Eiiphrate } n,4;»us allons çoucjtter au2)rès d'un village a^mp^ë Hassan Ovak.

Q juillet. Nous montons dans un pays fort vert,, assez l^e^ cultivé j nous entrons de force d^ifis une maison qui paraissait abandonnée 3 dîspv,te avec le propriétaire , apaisée avec quelques piastres. Nous allons coucher à D/ouzla-Dtigh.

va juillet. ZiamacA ,. petite ville bâtie sur l'^uphr^te , au-dessous d'u;a rocher qui la défepd naturellement ; pont en bois- L^mème jç^r, )pQi(s partons vers le soir, et allons coucher à trois heures de Iji , au bord de TEuphrate.

11 juillet. Nfii^ suivons ie cours de l'Kuphrate cl allbiis coucher aux poffes à'Erzitighia^^

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bourg habité par des Arméniens et des Turcs.

12 juillet. Séjour.

M juillet. Départ pour le Kechich-Dagh. — Nous passons la grande chaleur dans un joli village turc, vers la moitié de la montagne. Le soir, nous allons coueher à peu de distance de la neige.

14 juillet. Nous établissons notre tente sur la neige, au pied de la sommité où nous montons. Nous apercevons un grand nombre de cimes neigeuses, habitées par des Kurdes.

\5 juillet. Nous descendons la montagne, à travers les neiges, et regagnons la route. Couchée dans un pauvre village kurde, nommé Bach-keui. Le pays est entièrement déboisé et l'on n'y brûle que des excréments séchés d'animaux.

iG juillet. Nous regagnons la route de Constaniiuople à Erzeroum , près du village de Lauri^ et allons coucher à quelques heures de là.

i7 juillet. Bailiout, petite ville, située dans une gorge, entre deux montagnes, avec une forteresse , où les Turcs battirentles Russes et tuèrent leur général. Nous couchons dans un café-

18 juillet. Séjour.-

19 juillet. Nousprehons la routèd'Erzeroum, dans une charmante vallée dont les montagnes sont boisées de distance en distance.

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20 Juillet. Continuation de la même vallée ; nous nous égarons dans un marais. Nous montons ensuite sur une montagne aride, au pied de laquelle nous couchons.

21 juillet: Pluie ; nous venons coucher dans nu village , à quatre heures d'Erzeroum.

22 juillet. ArrivéeaErzeroum,grandeTille} belle route, très-fréquentée ; bœufs qui servent à porter et que l'on ferre comme les chevaux arabes.

23 , 2^ juillet. Séjour. Erzeroum (1) , ville mal bâtie, qui a souffert beaucoup à l'époque de la conquête des Russes : son commerce reprenait un peu. On y voit une grande quantité de Persans qui sont marchands. Les Arméniens , emmenés parles liusses, regrettent, dit-H>n, la domination turque. — Forteresse en assez mauvais état; beaux restes de mosquées. La population peut être évaluée à 30,000 habitants, turcs, arméniens, persans, géorgiens, et peu de juifs. Il y fait très-froid en hiver; pendant huit mois, il faut y faire du feu; élévation au-dessus de la mer, 800 toises environ (2). — Caravane per-

(t) Aucber Éloy, dans son voyage de 1837, a Tinl^encore Eneroum.

(2) D*après les observations barranétriques de M. Tezier, cette hauteur est de 1963 mètres.

n,g,t,7rJM,GOOglC .

« RELATIONS as VOïAGES

«au iHllëe ïur àeê Kurdes, «ir la route de SàyoM^i à notre vnyée ^ le pacha ^tiit parti pour les combatlfefit devait ae réunir à un corpi de Persans.

(Ici «'arrête le jq»apB«crUdâ t$H- yqyez la notice.)

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JOIIRIVAL

4rpui« pampaim* «a Mnrt«« 4e Ulitb ém tH- 9 » à k m .

AN ISSO DE l'SËGIRE {i834).

f L'antrai de ce Jonmal est nn jeune mainliiiaii qoi a Élë envoya fla Fnac* , par I* ptcha d'Egypte , pour y faire son édncation. 11 patU anglaû et françau , tnrc et arabe avec une grande facilité) (i)-

Ali-Pacha , gonvernenr de Bagdad , ne recevant point régulièrement les contributions de Mossoul , Rerkout, Hardin et villages en dépendant, et ennuyé d'entendre toujours parler de pillage , de vexations commises par les cheCr de ces endroits, résolut enfin d'envoyer une armée pour les faire rentrer dans le devoir. Le commandement en fut confié à Méhémetr Pacha, )e wèmequi, battu par Ibrabim-PKba

(1) Ce morceau a été écrit de la main d'Aucher Éloy, à la suite delà relation du voyage de 1 835. Il en a évideomieitt jecueilli les d^taib de la boutée même du jetme mu5i|lman , pendant le séjour qu'il a fait alors avec loi à Bagdad.

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iOO RELATIONS I» VOYAGES

à Alep, s'était réfugié auprès d'Ali, pacha de Bagdad , après la déroute de Konieb.

L'armée se composait ainsi , en partant de Bagdad :

Troupe régulières , , . IfiO

Cavalerie de Topai Ibrahim. ..".,,...,.. 700

— d'Imail Aga , 500

Bachi (1) ^ozDuk de Bary Galle, i pied (irrégidiera). 300

— de Droud Tcham 200

Ganonniers, environ 150

Infanterie ou Aita de TchoUk Alimed 250

Total. . 2,250

Ces hommes formaient l'armée proprement dite : elle avait huit pièces de canon et deux obusiers. H y avait en outre 3,500 personnes , tant seis que 'sokas , kawas (2), domestiques, de canaille enfin plus propre au pillage qu'au combat, ce qui portait le nombre total à 7,000 hommes.

Je partis avec cette armée comme ingé-

(1] Bachi Bozouk (grosses têtes): c'est le nom que l'on donne en Mésopotamie aux troupes irrégolières qui portant encore le turban ; par extension on appelle les Amantes BacM Boursark chez Méhémet-Ali. (On sait que les Amautes ne portent que le fez oucalotte, mais point de tiirban.)

lIVott.de Af. Texier.)

(2) Jeïf, palefreniers jsobu, gens chargés de diilribuer de l'eau ; koKoi , Foy. p^ 88 , note.

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EN ORieîT. 101

nieur en chef, à la solde dé 1,500 piastres de Bagdad ( 325 piastres de C<HistantiDople). Mëhémet-Pacha me 0t beaucoup de promesses , m'envoya un mauvais cheval la veille du départ, m*en promeiunt un meilleur à la première occasion.

On partit le 17 juin 1834, après le soleil couché; on marcha toute la nuit et on campa le matinaux environs de Sakra/iykenviTOu six heures- de Bagdad. Méfaémet avait donné ordre que je formasse le camp à l'européenne , ce qui me fut impossible, chacun voulant agir à sa tête : la poudrière se trouva près de la cuisine, les canons auprès des sokas , la troupe réglée parmi la cavalerie , les bachi bozouk parmi les chameaux , tout enfin dans le plus grand désordre. La plupart des hommes s'égarèrent pendant la nuit ; plusieurs tentes et beaucoup debagages furent perdus par la négligence des chameliers^ qu'on avait amenés par force. Ma tente était au nombrede celles qui furent perdues, je n'en pus avoir une autre qu'après bien des démarches.

Les 18 et 19, nous restâmes campés en cet endroit oùlachafenr se faisait sebtir extraordinairement; on attendait divers objets laissés à Bagdad ; ils arrivèrent le 19 au soir, et le pacha ordonna de se tenir prêt à partir au lever de la lune.

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lot RELATIONS m VOYAGES

Le 30, au leVer de la lane, je fort réTeillé en surs&tit par lë son discok-dant des trompettes t c'était poHr se préparer à ployer lei tentes. Ja<mais je n'avais entendti an pareil Tscarme. Les lamboura battaient^ les chevaux hennissaient, les ânes criaient, les tenrieyj juraient; c'était an bruit d'enfe^. Enfin peu à peu le tumalte à'apaîsa: on tira sept coupAd» canon etonsemiten marche, mais sans ordre ^ la tête éunt h plus d'nne lieue de la queue^ de façon que rennemi aurait pu facilement notts massacrer en détait.

Mous arrivâmes de cette manière à J^osaba , khan ft environ quatre heures de Sakran.Le frère du mutselim de KerkOut viht auMlevant de Mé^ hémat Pacha. Il nous dit que Kerkout craignait beaucoup notre arrivée^ et que les habitants ne savaient s'ils devaient se Baûver oU non. Oti campa sur les bords de la Diala , rivière Iftrge de 40 k 00 pieds.

Le 31 on alla camper k TchibouHi'-Keuprè ^ k trois heures de Mosaba , pris d'un Gaiial pt^ve*nantdelaDiâla. On a élevé dç chaque c6lë dtt pont dedx colonnes qui ressemblent à deux tninaretB.

Le 32 on alla à DeU-Ahbai-Keupmsi, k fixais fabures de Tcbiboukli; le pont A deux archéti, dt auprès se trouve un khan k moitié rttlnd< La chaleur était excessive. Mahmoud-Pacha , chtMé

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4« &fri)liBuiii«li par aen Irèn^ ae /CBdit pris de MâbëiDcKPacfaa, qui lui fit donner «e dCHrt il avait besoin , et le garda près de loi. Mahmoud- Pacha avaitavec lui ime soixantaine d'hommes à cheraL; du temps de Da(nit*Pacha , il conubaiidait mille hommes de troupes régulières. ,

Le 33 f nous allâmes à Narine^ou , à six hen^ res de Deli-Ahhas; uoûs passàmM le isébel-H»merin , montagne aride , à travers des chemins très-difficilds et d'innombrables ravina qui Its oeupent f nous eûmes oe jour-là un vent de sud trèfr-viol^t , qui renversaitcontinuellementuos tentes. L'eau est ici fort nitreuse; cm trouvait du sel par couchek assee épaisses.

Le 24, nous allâmes k Kuva-Tépé, à trois heures de rtafine^-Sou, village à moitié ruiné; il y a une source de bonne eau< Dans quelques vallées, il y a des figuiers, grenadiers et peu de vignes } le chef dli Village, Albanais, accompagné de son Umbout à cheval et de domestiques , vint se présenta- à liéhémet et lui apporta les provisioDb qu'il avait pu se procurer.

Le 35 , nous allâmes à Eski^Kafoi^ à sept heures de Tékriti{ la route passe à travers des -plainefl incultes. Honadji-Pachi*Mohamed, aga avec lequel je prenais toujours Itis avances , m'appela à voix basse, et me dit en tremblant : « Voicî des hoBBies qui, je enùSf sont des voleurs ; hu-

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iM RELATIONS VB VOYAGES

Tons4u>us.> Je regardai , et je TÎs-qne ce qui caasait une si grande frayeur à nos compagnons ^e Toyage n'était que des buissons. Vers le matin , nous rencontrâmes Soliman-Etfendi , mulselim de Jeni-Kufri , qui allait au-devant du pacha ; nous campâmes près d'une source dont l'eau était très-bonne. Auprès du camp se trouvait un monticule appelé Menzel-Tépé (i), élevé, dit-on, par Sultan-Muraï , et sur lequel on voit les ruines d'un tulbend ou tombeau de derviche. Au pied de ce monticule, on trouve une immense quantité de f;nyanas , anima) ressemblant à un jeune crocodile (2) et vivant dans des trous fort profonds, d'où il est difficile de le faire sortir; on dit que les Arabes les mangent.

Le 36, quatre heures jusqu'à ^eraf. C'est un village d'environ 1 ,500 maisons abandonnées : tous les habitants, sans aucune exception, étaient morts de la peste de 1831 ; les Arabes de la tribu de 'Sadou étaient campés à l'entour. Le matin nous vîmes arriver Mollah-Hussein, qui allait de Hossoul à Bagdad; Méhémet-Pacba reçut de lui deux pièces de canon etâOO hommes de cavalerie. Le soir Méhémet-Pacha s'enivra sans mesure.

(1) ^ojf. la notice sur les Yamoutbs et Goklaïu.

(2) Le stellioD du Levant, reptile de la section des sauriens, appelé koscordyloi par les Grecs modernes. V. Tournefort, Foji. Lev.ft. 1, p. 313, avec une planche, édition de 1717.

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Le 27, nous allâmes camper à deux henres de KourmetoUf joli bourg dont les maisons sont entourées de jardins; l'eau y est excellente : les vignes, les mûriers, les citronnierset autresarbres à fruit y sont abondants; le bonr^ est au pied des montagnes dites Naft-Dag; l'huile de napbte coule sur un lit de sel qui est très-blanc. Un homme, venu de Kerkout, vint nous dite que cette ville d'était pas fort tranquille.

Le28, lepacfaarcsla toute ta journée avecson divan (I) et ses écrivains; vers le soir il alla se promqner et visiter les sources d'où découle le naphte.

Le '29 , Topal-lbrahim , qui était resté à Bagdad pour quelques affaires , arriva avec une centaine d'hommes formant une espèce d'état-major, elle mutselim de Kerkout vintamener quelques chevaux en présent à Méhémet-Pacha. Sur le soir, il envoya en secret arrêter le cheik de la tribu de Beiat; on apporta au pacha environ 100,000 piastres et des chevaux, produit de contributions des villages voisins ; on voulait en avoir davantage , mais les habitants avaient pris la fuite.

Le 30, le pacha fit appeler à son divan tous les cheiks et mutselims des villes voisines de Touz-

(1) Coiueil.

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«H RELATIOMS SB T0YAGE5

Hourmetttu t il leur donna orAto de payer toiltes les contributioDS arriérées.

II ôt rdvâtir deux cfaëiks arabes de palisseï rouget I elles sont en toile^ avec fotirrure de peân de lapin; m les rerétant de cette guenille j oh est cenâé leuf payer par l'honneur qu'on leur faitfôutes les dépensefl auxquellas on les oblige. Le cheik de la tribu dite Guïbonr fut amuné et mis aux fers dans la tente du kawas baehi.

Dans la soirée, les chefs ei cheïks furent reçus danft la tente du picba ; celai*ci les eihorta à bieâ Teiller sur les intérêts de leurs administréB, à lever le moins d'impôts possible, à tâcher d'améliorer le pays, eofiilf à oonsidéi'ër leurs administn^B comme leurs (tropres enfants. htB dieiks étaient à peine -sortis de la tente , qu'il ât Appeler le kastsa bachi(l)et les chefs d'Albanais: il leur donna ordre de partir de nuit et d'aller piller une tnbu arabe dite Seil-bon^Sabach. Les kawas et les Aniautes arrivèrent inopinénlent dès la pointe do jour aux tentes de ces malheureux, qui étaient ploogéiï dans le sommeil : ils en tuèrent quelques-uns et les pillèrent tous. Ils amenèrent au camp 30,000 montons et cbè^ Tl-es , eoTiron 200 cheYaux et près de âOO ânes.

Lô i^^juiUeti les femmes, les enfants et les

(1) Chef dea K&waa.

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vieillards de cette tribu, ^^{HniUIés de (obt, suivirent noi Midats jusqu'au camp, remplissaiit l'air de leurs criasse couvrant la figure et la tête de boue , s'arrachant les cheveux ) les Albanais les repoussaient, à coups de bâton et de crûsse de fusil, en leur disant les injures les plus atroces»

Le 3 j cinq heures jtisqu'à Touak j cet eddrdit, nomme Imam<'Tottak^esi situésur lebùrd d*ûD9 rivière t large en hiver^ nuiis presque à seo en été; le pays est très^fertile et produit quantité dt fruits} cependant il y s peu d'habitants, parce qu'ils sont t^ntinuellement exposés k être pillës> Là se trouve le fameux ziaret (!)« dit Imam- Tonak-*Kiaret : les gens du pays disent qde si uh aveugle a la vraie foi en se présentant à ce si»ret , la vue lui est immédiatement rendue^ c'est pourquoi on ne trouve pas dans le pays un setil homme qui ose avouer qu'il soit entièrement aveugle ( quoique la cécité n'y soit pas rare)) de peur d'être taxé d'infidèlCi

Le 3 au Soir, Méhémet-Pacba envoya à £ëtkout un Tartare et deux kawas pour yiaire faire des tîntes , parce que la moitié de l'armée testait exposée aux ardeurs du soleil « et ensuite 11 s'enivra avec Blahmoud-Pacha.

(1) Ztaret, lieu de pèlerinage qui a acquis quelque tél0brité ] Ce uttit Siiiîiiàlrentbilt dëS iMnBuili de »&iltoÉÛ ou marabouts. (mU ai If.' TO^.)

rmn-n-.;Goog\c

lOS REUTIONS DE VOYAGES

Le 4 , on lera le camp, et l'on alla à Touzé- Kourma-Sou^ petite ville bâtie sur lés bords d'une rivière; cinqheuresde marche : nous campâmes dans les vignes ; la ville peut avoir 2,000 maisons , les rues sont larges et droites , le sqI aux environs est très-fertile.

Le 5, nous arrivâmes à Kerkont, à six heures de Touzé-Kourma-Sou ; cette tille possède une citadelle bâtie sur un monticule carré entouré du côté de la "ville d'un fossé rempli d'eau courante , et de l'autre côté d'une rivière à sec pendant l'été. Cette ville se divise en quatre quartiers : Sokara-Zivé ,' Âchaia-Zivé, Khoirat et Chatirlu , où se trouve la maison du mutselim : les rues sont assez larges , mais malpropres; les habitants sont presque tous des janissaires, qui s'y sont réfugiés , et sont en guerre les uns contre les autres. La partie de la citadelle et les maisons adjacentes sont criblées de balles. Ahmet- Bey, le Sis du leniicher-Aga (1) , qui y fut tué , s'était fait craindre à Kerkout; il s'était néanmoins réfugié à l'armée du pacha.

Le 6, le pacha envoya lesaraf (2) chercher de l'aident , et mit en réquisition tous les tailleurs

(1) L'agft des janissaires , chef des diffërentes orla de cette milice.

(3) SaT&f veut dire banquier, tr^rier. Ce sont eu général des ArménicM qui remplissent ces fonctions.

jt,GoogIc

delà ville pour faire dest^Uesj les boutiques furent fermées toute la journée, les cafés et les rues vides.

Le 7 juillet, le pacha Qt publier que l'on n'eût rien à craindre, que lé commerce eût à reprendre, qu'il n'était pas venu pour les punir, qu'il leur pardonnait, et que ceux qui se croyaient coupables eussent à faire leur soumission : bien entendu, personne ne vint. L'après-midi,, le pacha monta à cheval et alla visiter un endroit près de Kerkout , pour y établir le khan. En revenant , il passa par la ville et fit sa prière au ziaret(l) de Sokara-Zivé. Le soir, étant ivre , il fit tirer sur la ville un mortier chargé et deux obusiers. La bombe tomba sur la maison du kalé Agassi (2), ou chef de la citadelle; deux obus éclatèrent dans le marché,, et ils tuèrent et blessèrent plusieurs habitants : tout cela pour s'amuser et intimider les gens du pays.

i> juillet. Nous allâmes camper dans l'endroit désigné par le pacha. Il avait strictement ordonné de camper en ordre; mais personne ne voulut l'écouter, et tout le camp s'établit péleméle.

9 juillet. On amena deux mulets chaînés d'ar-

(1) f^o^. la note de la page 107.

(2) KaU,A^t£&a.;kaÛj4gam, goaTn-qeur delà citaddle.

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ut RELATIWfl BS «ÔYAGES

gf»t nmvÊé à Kwkout pàt le Tnfenkdji badii (1). Q» apprit ^'Ahm^irBey 4tait i SohIî^ manieh, mais on n'osa aller le trouver^

X^ juillet. LesrotiQB des cuœw,ftiiisi que les affAt^i^tAUt^iBuiTaUéUt, on les envoya en vijje P911V les réparer- Le» basars étftiept déserts y les bftQtigues fermées : on prenaU de tèu« côtés laos payer.

a juillet. Je me rendais à la ville; en m«rohant , je sentis quelque ohese qui me heurtait la tâta : je regardai et vis un homme pendu ; on meditjqne c'était an voleur, mais je ^us bientôt que c'était im domestique d'Àhmed^Bey. Il était penida à la prate du café; les gens du café fumaient tranquillement leur pipe, à eôié du cadavre , sans faire attention aux myriades de mouches qui s'y amassaient et à la mauvaise odeurquelecadavreexhalait.

On rama^a , dans la ville , une grande quantàtâ d'argent et de bijoux. La nuit , on vola trois chevaux an pacha.

iijuillet.Le t3aumatin,lebean-firèredeRavendus-Bey (3) arriva auprès de Héhémet-Paeha , amenant avec lui environ 300 chevaux , quelques ehameayx ^ dû provisions.

(1) Le chef des porteurs d»Cu«j}( de ruiBatevie].

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wi miwn., lit

Le 13, Diid^^Ftasttfamp tastaotM* iei eor travËS des cheraus, Ift poudre, )es boulets, «te. Le pacha fit faire l'exercice à feu à la troupQ ré** •gniière et aux caeonpîfvs, dorsat le beau-frèro de HAVQnditf eï Ip6 cM d« divers villages, afin da Ifiur doiiDâr une idiéa de son pouvoir} mm Ut b9BU-^rère da ïUv^idus pe «tit à rira , et dit au paçha qm i^ mmm» n.e pouvaient ries faire, qa'U m ^«drait «« moim l&QO. Apre» leur d;é" p«rt , le (wciba fit demander 500 bommea de Kerko«t, p9Hr qi^'iU lesuivissmit, bmr priHoettas^ 1# payé et les vivre». Ia nuit, il emvofa Top«l* Ibrahim «ts» cuvalerie, pour châtier C^ik-^Sa^ douft , qvj avait, difiaitiril , piUé uro joaravaBe quelques jours auparavant. Uai« Sedomi litait dàr campé et Topal-lbraliiiii pevint sans avoir rien trouvé.'

ii/ttiUei. La jownée se passa à compter l'argent et à l'i^ocaisser. Le lUniudarMébémet(l), le Tiijien]tdji (2) v<^rent tout ce qu'ils pureot soustraire à la vue du pacha , montres , bouquins de pipes, etc.

tSJuiUet- Un kawas tua un Arabe dans la ville; poursuivi par Jw habitants, il se réfugia auprès de Hu^taphaoP^ba , qui lui donna raison; le

(1) Kamudar, t

(2) ;^»V-PN1*1W. notel.

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ItS REUTIONS VE VOYAGES

même jour, ce kawas étant retourné à la ville » y fut assassiné; ses effets furent pris par le kawas bachi.

i6 Juillet. Un habitant de Kerkout , ayant , disait-on, fait un faux témoigilage, le pacha ordonna de lui jeter de l'huile bouillante sur la tête, de le faire monter sur un âne, la figure tournée vers la queue, et de le promener par toute la ville, après S'être emparé de tout ce qu'il possédait et avoir livré sa maison au pillage. Quelques Albanais ivres s'étant pris de querelle avec des gens du pays , des mots on en vint aux coaps; quelques Albanais furent blessés , les autres se sauvèrent; le pacha, craignant une révolte, ferma les yeux.

17 juillet. On apporta force provisions au camp.

iB juillet. Le soir, le pacha assembla les chefs et leur ordonna de se tenir prêts à partir le lendemain; la nuit, il découvrit plusieurs vols de chevaux.

i9 juillet. On alla camper à.Seïd~Àssan^ village et camp abandonnés , à trois heures de Kerkout ; il y a près de de village deux sources voisines : l'une fournit d'excellente eau, et l'autre de l'eau saumâtre. A une demi-heure , commencent de fort hautes montagnes.

30 juillet. Nous arrivâmes sur les bords du

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grand Zab, aj^lé Zab et Asfer, large d'environ 50 toises, à un gué où les chevaux n'avaient d'eau que jusqu'au poitrail. On planta les tentes dans un endroit couvert d'herbes sèches. Un domestique, en fumant sa pipe, mit le feu à ces herbes; le vent s' étant élevé, plusieurs tentes furent consumées avant qu'on pût porter du secours-

L'après-midi , le même accident se renoiivela. La tente de Bikir , aga de Kerkout, et d'autres . furent brûlées avec beaucoup d' effets; le venf portait le feu du côté du magasin à poudre, etc'est avec une peine infinie qu'on s'en rendit maître. Le pacha , craignant que cet accident ne se renouvelât, fit plier et charger les tentes, ce qui s'opéra avec tant de précipitation que la confusion se mit bientôt dans le capmp , et qu'on se pilla, réciproquement.

2i Juillet. C^ fit quatre heures dans les montagnes. Le pacha , craignant d'être attaqué dans cet endroit, fît plier les tentes après la grande chaleur, et nous allâmes coucher près d'un canal qui passe par Arbil. Kous fîmes sept heures de marche. On ne reçut ce jour-là que moitié ration; le beurre et le riz furent retranchés.

^juillet. Nous restâmes dans le mépie lieu. Le ; pacha envoya un Tatar à Bagdad et à Mossoul ;

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il lîl demander à Arbil des keltft:s (1) pour le passage du Zab.

, 23 juillet. Après trois heures de marche , l'armée se trouve sur les bords du Zab. Les kelleks n'étant pas arrWés , le pacha ordonna de passer à la nage; la cavalerie commença, mais Feau étant très-profonde , et le courant rapide , beaucoup d'effets furent perdus, et 15 hommes se noyèrent. Quand les canons forent passés, les

. radeaux arrivèrent. Le reste de l'armée finit de passer vers l'iskindi (2) , le pacha passa le dernier. Nous allâmes à une heure de là, près d'un village ruiné, nommé Jboudjerdà. On me vola ce jour-là plusieurs effets que je vis vendre ensnite'à Mardin.

24 juillet. Nous all&mes camper à Birdjilla , village habité par des chrétiens. Un Tatar arriva de Maden et nous apporta la nouvelle de l'arrivée de Héhémet-Reschid'Pacha i Malatia , et de troupes à Diarbekir. 11 nous apprit que tout était hors 'le prix à Diarbekir, et que la mesnre d'orge coûtait 8 piastres de Constantinople. Méhémet-Res-

Vhid-Pacha avait réclamé les biens de Kodja llîas à Osman-Pacha, ex-gouverneur de Mardin, qui, de concert avec Adji-Assan-Bey, l'avait fait dé-

(I) Radeiuz soutenus p*r des outfw. A'py. p. t8,iiolfl3.

(f) Iskihdl, beurepoar la prière.

jM,Googlc.

en OtlSNT. 116

capiter. Osman-Pacha pour ne pas être obligé de rendre ce qu'il avait si injustement volé, s'échappa de Diarb^ir, et vint rejoindre Héhémet- Pacba quelques mois après.

25 Juillet. Nous arrivâmes à Jonotis Neb ou NU uive, en face de Mossoul : on dit que le prophète Jouas y est enterré ; peutôtrecette tradition s'applique-t-elle seulement au supérieur, nommé Jouas, d'un couvent arménien qui a été fondé dans cet endroit. Le pacha alla y faire sa prière. Le pacha de Mossoul , Méhéme^Saïd, vint féliciter Héhémet-Pacha sur son arrivée. Nbus campâmes sur les bords du Tigre , près d'un pont.

26 Juillet. Nous passâmes le pont et une partie de la ville pour aller camper en face dtt Sëraï (1).

^Juillet. Saïd-Méhémet vintvoir notre pacha ; celui-ci était en conférence avec le frère du mutselim de Kerkout qui venait d'arriver. Nous apprîmes la prise d'Amadia , par Ravendus.

Mimet-Bey était retourné à Kerkout; trente ou quarante hommes avaient été tués et pa s'était battu toute la journée.

Le soir, Méhémet-Pacha se rendit au bain , et fit danser les keutchek (jeunes garçons qui ser-

(1) Palais.

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TentdemîgnoDsaux Turcs). Il leur ût donner 500 piastres de Bagdad (1).

28 Juillet. Le pacha retourne au bain.

29 juillet. Tous les tailleurs de Mossoul furent mis en réquisition pour réparer les tentes ou en faire de neuves. Le pacha exigea aussi quelques quintaux de pondre à canon , et fit courir le bruit qu'il allaitretoumeràKerkout.

50 Juillet. Beaucoup d'hommes meurent faute de soins.

31 Juillet. Le pacha demande à la ville des vivres pour Iftiit jours.

(" aoiit. 11 emprunte beaucoup d'argent aux marchands de Mosoul et leur donne des teskérés (2) sur la douane de Bagdad. On fit mourir sous le bâton un pauvre diable qui avait volé une poignée d'orge.

2 août. On fit faire des cartouches à la troupe ; on fondît des balles; on mit tout en bon état. On prit à Mossoul trois canons qui étaient au Séraï.

3 août. Le fils de Sofouk , nommé Ferkhan , sa mère, sa grand'tante et d'autres femmes, vin-

(1) La piastre de Bagdad est la cinquième partie 'de la piastre de Coustautmople.

(Noie de JU. Texier.)

(2) Laissez passer en francbise ponr la douaae.

■)„:,iP<.-jM,G00glc

rent faire ' leur soumission aii pacha , qui leur donna dés vêtements et des vivres. Ilsapportaient en p'rëseiU six chevaux nedjis (t). Quant à Sofouk, il écrivait qu'il ferait toutcequi seraiten son pouvoir pour obliger le pacha, mais qu'il ne viendrait pas lui-même. On fit donner à chaque personne dix jours de provisions. Le capidji Chekir reçut de Mossoul 25,000 (2) de contributions.

Le mutselim de Mardin , Sabuka-Ahmet- Effendi , déposé par Méhémet-Pacha , arriva à Mossoul. Méhémei lui prit ses armes, ses chevaux , ses habillements , et l'envoya sous escorte . à Bagdad. Ce mutselim , depuis sa nomination, avait pillé autant qu'il avait pU les habitants de Mardin , et avait envoyé l'argent chez lui. Kadji- Assad-Bey , frère d'Ali-Bey , gouverneur du château de Mardin, lut nommé mutselim. 'Un Tatar turc fut envoyé pour lui porter la pelisse ainsi que le fîrman de nomination.

Un soldat, s' étant enivré , donna un coup de

(i) Le Nedje est une province de l'Arabie centrale qui fournit la meilleure race de chevauï. Méhémet-Ali possède dans les haras de Schouhra des chevaux nedjis qu'il a payés 200 bourses (25,000 francs). (Ifole de M. Texier.)

(2) La désîgaatiOD de la monnaie est en blanc dans le manuscrit.]

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Il* RELATIONS DE VOYAGES

couteau à un habitant de U ville , qui mourut quelques jours après ; quoique ce soldat fût bien eonna , on n'osa le d^oncer au paçha par cminte de ses camarades.

4 août. Le fils de Sofouk partit pour son camp ; le pacha aurait bien voulu le retenir, mais Sofouk avait en otage des Tatars et un parent de Hëhémet-Pacha. Le fils de Sofouk est un jeune homme d'environ 25 ans , plein d'esprit et de bravoure j et qui donnera de la tablature aux Turcs.

6 doiï^/Nousallons camper à ^metc^f, village ruiné sur le Tigre , à trois heures de Mossoul. On campa sur les monticules. Après midi , on chassa lès sangliers : le pacha s'en mêla. Un Arabe qui faisaitsa prière reçut une balle dans le genou. Le pacha lui donna quelque argent.

6 aoât. Nous allâmes camper à Kesik Keopru khan, à quatre heures d'Ameidat, sur le bord d'une rivière qui coule sur un lit de marbre j il y a un pont de trois arches , dont une est tombée. Ce lieu est souvent le théâtre de combats entre les Arabes et les caravanes. Ce khan est en bon état et peut contenir deux cents hommes.

Quelques aïtaks (fantassins) se mirent à pécher : un d'eux frappait et troublait l'eau avec un bâton, pendant qu'un autre promenait sur les bords du fleuve un panier garni d'herbes dans le fcmd ; le

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poision effraye se jetait dans le panier. Ils prirent de cette manière une centaine de gros pois* sons.

Sur l'iskindi} quelques femmes et vieillards de Talafas vinrent supplier le pacha de mettre eu liberté le mari de l'une d'elles, lequsl avait été pris l'an dernier par MoUak Mnssein /lors de son expédition. Hébémet-Paçba leurréppndit par un refus, les ^t chasser hors du camp ^t s'empara de leurs montures.

7 aotit. Mustapha-Pacha partit de suite ^vec près de douze cents cavaliers pour surprend|% Talafas ; il arriva avant le jour et entra dans la ville, avec sa cavalerie. Uais quelques gensde ta ville s' étant réveillés aux aboiements des chiens , tirèrent des coups de fusil ; la cavalerie quitta alors la ville, etvint se poster à l'entour.I^ habitants coururent aux armes; les femmes iirent un bruit épouvantable , et )a fusillade recommençai Les nôtrwi ne ripostèrent point. Un envoyé fat expédié àMéhémet^Pachaj qui arriva trois heura» après avec l'armée. Quoique encore trop éloiga^ il commença à fiiire tau. Les boulet» et les obus tombaient parmi nouaetblessèrentno^ cavaliers. S'étant rapproché , il Ût mettre les nizams en ligné , les canons derrière , et derrière les canons la cavalerie. On tira quelques coups de fusil. Héhémet-Pacha fit le brave ; il s'avança un peu

plus près, mais ayanl entendu les balles siffler , il baissa la télé ; son Cfaamalchir Bachi ayant été Uessë au mollet, il s'éloignada champ de bataîHe. Voyant qu'avec son armée il ne pouvait se rendre ' maître d'nne ville sans remparts et défendue par moins de cinq cents halntaots mal armés , il fit établir le camp , convoqua tes chefs dans sa tenté, et demanda leur avis ; ^rsonne ne voulait mar> cher le premier. Quelques nizams abrités par un fosse profond escarmoncbèrent, jusqu'au soir. Kons eûmes un lieutenant de tué, et 15 hommes deMessés. Le soir, des gens deT^lafas vinrent en pourparler, mais lepachanevoulutrimentendre delenrspropositions.il voulait 300 bourses, la remise des armes et des munitions\ 100 mulets on chameaux, ainsi que trois jours de proVisi<m& Les parlementaires revinrent avec des présents , du beurre , des œufs , etc. ; ils acceptaient les conditions du pacha ; mais eelui-ci s'était ravisé , il fit mettre les parlementaires aux fers. Topal- Ibrahim (U)rahim le boiteux) alla cerner un côté de la ville, afin que personne ne pAtëchapper. Ta- . lafas esisitué à sept heures de Kesik Koepoi, au pied des montagnes dites Hossout Dagh et Sinjar Dagh. Cest le dépôt du pillage des caravanes. Il sort de la montagne une source considérable d'excellente eau , et une petite rivière arrose la partie basse de la ville. Ony voitlesrestesd'une

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EN ORIENT. 12t

forteresse et de remparts; il y a beaucoup de figuiers , de mûriers et de grenadiers. Les habitants sont voleurs, menteurs et méchants; comme à Mardiuet à Mossoul , ils sont toujours armés ; la ville a environ 1 ,000 à 1 ,200 maisons. Les environs sont très-fertiles, et le blé de bonne qualité.

8 août. Le matin un vieillard à barbe blanche et trois femmes tête nue vinrent trouver le pacha, offrirent de lui donner ce qu'il demandait, mais seulement pour deux jours de provisions ; le pacha ne voulait rien entendre et partit à midi avec tout son camp. Il donna pour raison d'un si brusque départ qu'il n'^avait pas de provisions ; mais j'ai su depuis qu'il avait peur que Kbalefa- Aga ne se sauvât. Les habitants de Talafas, nous voyant partir, nous débitèrent force injures. Quelques traînards furent prîs et dépouillés par eux.

Le soir^ on arriva au pied du mont Sinar.

On croyait que nous devions y aller, et chacun se flattait d'attraper quelques petits ou petites Zeïdis(l) pour en faire des esclaves. On avait fait six heures sans trouver d'eau ; on établit le

(1) Probabletn«nt ïéûdis, tribus qui habitent cette partie du Kurdistan.

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1S2 RELATIONS DE YOÏAGES

camp auprès d'une rivière sortant de dessons terre j cette eau était minérale et saumâtre ; elle donna ladyssenterie à la troupe pendant un jour ou deux, et occasionna des rétentions d'urine fort pénibles. Les chevaux en furent très-incommodés. Ce jour-là on ne fit auci^ne distribution de rations ; les chevaux ne reçurent que demiration d'orge. Les soldats firent cuire des herbes avec du riz, mais la plupart en furent malades,

9 août. Nous allâmes camper auprès d'une rivière profonde et poissonneuse, 'et d'un village ruiné. L'eau était de bon goût. Nous avions fait douze heures sans en trouver.. Un Arabe me fit voir un endroit où deux Anglais s'étaient battus et étaient restés sur le terrain. Deux petits monticules indiquaient la place où étaient déposés leurs restes (\).

10 août. Nous vînmes camper auprès, d'une

iges sous la domination itlousouf-Âga. Laplutiages voisins ayant apiivèrent dans les monobligés de prendre des vivres aux cheiks des tribus voisines. Zamusa-

(1) n est plus vraisemblable que ces deux Angbis «Taient

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Ksn fut tué par un Bachi Bozouk qui dit avoir tiré un coup de fusil sur cet homme au moment où il allait enlever un cheval. Le pacha fit cadeau à l'Arnaute d'une pelisse et de 1 ,5Û0 piastres de Bagdad : le cadavre resta e^ïposé devant la tente de Méhémet-rPacfaa.

11 août. La journée se passa à envoyer des Tatars de côté et d'autre. Un Tatar arriva de Mardin , et nous apprit que Reschid-Pacha s'apprêtait à quitter HalatJa. Il nous dit aussi que Hedji-Assad-Bey, mutselim de Mardin, avaitaugmenté les impôts.

i2 août. Héhémet-PachA fît dire à lonsouf-Aga de venir le voir. Il lui envoya des lettres amicales, un châle et lui promit la pelisse. Il lui demanda deux jours de provisions. Khalîf-Aga ne. vint point, ce qui mit le pacha de fort mauvaise humeur.

13 aoât. Le camp se mit en marche le matin ; on se dirigeait tranquillement sur INizibia , quand tout à coup Méhémet-Pacha, le sabre àla main, et au grand galop, fit retourner en arrière et faire un mouvement vers Aznaour où se trouvait une maison de lousouf-Aga. 11 n'y avait âme qui vive à Aznaour ; on y mit le feu. On se dirigea ensuite vers Mourabadj plus près des montagnes. lousouf-Âga nous voyant arriver se renferma dans son casir ou château avec environ soixante

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m RELATIONS DE VOYAGES

fusiliers et les femmes du village. Le. pacha le somma 4e se rendre auprès de lui ; mais il fit répondre par sa femme et sa sœur qu'il donnerait des provisions , mais qu'il resterait chez lui. Le pacha fit alors pointer les canons sur le village et envoya un second parlementaire. lousouf répondit par dés coups de fusil. Le pacha ordonna alors de faire feu , et à la cavalerie de charger. La canonnade commença ; mais les boulets allaient tous trop haut, on trop à droite ou trop à gauche. Les cavaliers attaquèrent le village » niftis deux chevaux et trois hommes ayant été tués , toute la cavalerie hattit en retraite, disant : Ce n'est pas ici la place de la cavalerie ; il faut l'infanterie. Quelques fantassins occupés à piller les maisons les plus voisines, voyant la cavalerie s'enfuir, jetèrent de frayeur leurs armes pour se sauver plus vite. Le pacha fit cerner le village et établir le camp. Un des frères de lousouf-Âga, blessé en se sauvant et accosté par un de ilos cavaliers qui le prit pour un des nôtres , saute dei^ rière l'Arnaute , lui enfonce son poignard dans les reins , et , le jetant à bas de son cheval , s'échappe dans la montagne; il rejoignit les habitants des villages voisins , toussouS les armes et disposés à se bien défendre. Les Maugralùns (1) et

(1) Arabésde l'occident.

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les Keçkoustis (1) s'emparèrent de l'église, où se trouvaient, trois femmes et uni vieillard Sans armes. Lès femmes furent violées, et on coupa la tête.du vieillard. Elle fut portééàMéhémet-Pacha qui fit donner aux soldats 250 piastres. Le camp établi, deux pièces de canon y furent laissées; les mortiers et l'obusier le plus fort furent placés derrière l'église à cinquante* pas du château assiégé. Les autres pièces furent réparties sur les collines voisines. La canonnade ne discontinua paS| mais.le château ne fut pas atteint par un seul boulet j ils tombaient tous dans le camp. . Le soir on posta les Bachi Bozouk à l'entour du château afin d'en garder les environs ; à la faveur de l'obscurité on parvint à mettre le feu à une porte basse , mais elle était barricadée et on ne put entrer; nous eûmes dix-huit morts. ,

13 août. Fusillade derrière les maisons, personne n'osant affronter les balles; le frère de lousouf-Aga descendit de la montagne avec les paysans armés pour secourir son frère, mais quelques coups de canon les firent rétrograder. On trouva quelques femmes cachées dans des maisons ; elles furent toutes violées , et on coupa même la tête à plusieurs. Les soldats portèrent

(1) KerkousUs veut dire soldats des environs de Kerkout.

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les têtes ati pacba après les avoir défigurées et avoir coupé les cheveux pour que le pacha les prît pour des têtes d'hommes. On donnait deux cent cinquante piastres par tête. La même fut apportée jusqu'à trois fois de suite ; mais Is ruse ayant été aperçue , on fit jeter les têtes dans un puits ppui* ne pas être exposé à être trompé.

14 aoât. Le pachs, voyant que son armée n'osaît donner l'assaut , et que les bombes et les boulets ne produisaient aucun effet ^ me fît ap-

, peler et m'ordonna de faire une mine. Je demandai des mineurs et des outils ; il n'y avait pas même une pelle. Fais comme tu pourras ^ me dit-il, mais je veux absolument une mine^ Je pris dix hotnmes, et me servant de quelqueft morceaux de fer que je ti*ouvai , je me mis à l'œuvre. La mine fut faite en cinq jours pendant lesquels nous eûmes extraordinairement à souffrir de la chaleur et de la faim , car on ne nous apportait pas à manger. /

15 août. Je sortis de la mine pour aller dans Une maison voisine m'emparer d'une jument j et je vis venir de mon côté deux Albanais (fui se sauvaient le long des maisons. Un d'eux, en passantprësd'un endroit découvert, fut atteint d'une balle à l'épaule : Cara cahim ( mon frère ) , dit-il à son camarade , ne m'abandonne pas , je suis

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blessé. Celui-ci regarda bien de tous côtés , et ne voyant personne , tira un pistolet de sa ceintnre , cassa le crâne au blesse, et le traînant dans une cour voisine , lui enleva sa ceinture pleine d'argent , puis abandonna son camarade qui fut dévoré par les chiens.

Je vins à bout de prendre la jument que je cherchais, mais le kawas de Mujstapha-Facha vouluts'en emparer. Il l'avait déjà saisie parla bride lorsqu'il fut atteint au front par une balle et qu'il tomba mort. Mustapha-Pacha me traita alors de pezeving, de keupeck (1). Pourquoi as-tu pris cette jument? tu es cause de la mort de mon kawas bachi. Il prit alors la jument pour lui , promettant de me la payer, ce qu'il s'est bien gardé de faire.

16 aodt. Suspension d'armes et pourparlers.

Méhémet-?acha insistait pour que lousouf-Âga vînt lui-même. L'ouvrage de la mine avançait lentement, parce qu'on manquait de tout. Les Maugrabins pour s'amuser mirent lefeu aux maisons qui entouraient celles de lousouf-Aga qui fut enveloppée de fumée. On aurait pu prendre alors son casir, puisqu'il n'y avait qu'un mur de vingt pieds à escalader; mais personne n'eut le courage d'aller jusqu'au pied-

(1} Grosses injures des Turcs. Keuptch signifie chien.

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17 août. La fusillade fut assez nourrie et les tambours battirent pendant près de trois heures. Le pacha se décida à faire faire des échelles , mais tout le bois avait été brûlé. Depuis qu'on avait brûlé toutes les maisons, nous étions à déconvert. tne bombe tomba à l'ouverture de la mine et blessa un mineur.

18 août. Je 0s commencer les deux chambres de la mine qui avait été conduite sous le harem de lousouf-Aga. Il fit creuser de son côté pour tâcher de nous rejoindre , mais le courage manqua à ses gens , et une sorte de révolte se manifesta parmi eux ; ils voulaient se rendre. Le frère descenditencore.de la montagne, et il commençaità faire battre la cavalerie en retraite lorsque le canon le força lui-même à se retirer. Les escarmouches nous coûtaient chaque jour de quinze à vingt hommes et même trente.

19 août. La discorde «e mit parmi les gens de lousouf, qui ofiVit de se rendre à discrétion. Ils laissèrent leurs armes et sortirent de leur casir. Mébémet laissa les paysans libres , mais les Arnautes en massacrèrent une partie; une vingtaine échappèrent à peine- Plusieurs jeunes filles furent violées, et quelques autres, qui refusaient de se livrer, furent coupées en morceaux. Lorsque le château fut évacué, le khanadar Mtjhémet , et le Tufenkdji bachi de JMéhémet-Pacba y

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entrèrent. On prit pour le pacha ce qui était de valeur, mais les troupes impatientes de pillage commençant déjà à escalader les murs, on ouvrit les portes ; c'est alors que se passa la scène la plus terrible qu'on puisse décrire. On se battit pour le moindre objet , et il y eut vingt morts et quarante blessés pendant le pillage.

20 août. Le pacha me commanda de faire sauter la mine. Des Arnautes cherchant dans les puits y trouvèrent de l'or, des bijoux, etc. ; la bataille recommença. Le pacha ayant appris celte découverte , envoya son khanadar; mais les Amantes se réconcilièrent aussitôt et ne laissèrent rien prendre au pacha. '

21 août. On mit le feu à quelques maisons qui étaient restées. Comme on n'avait point prévenu, plusieurs hommes qui passaien t disparurent sous le toit qui s'écroula , et furent brûlés vifs.

22 août. On mît le feu à la mine et la maison fut renversée de fond en comble. Le soir Méhémet se rendit sur les décombres, et là, fier comme Artaban , il s'écria : Voici comme je réduirai ceux qui me résistei-ont.

23 août. Il me fit appeler et me fi l donner 1 ,000 piastres de Bagdad à titre de bakchich. Quelqu'un ayant dit qu'on manquait de médecin , il m'ordonna d'aller panser les malades qui étaient à Nizibin. Me voilà de mineur devenu médecin ;

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130 RELATIONS DE VOÏAGES

je parvins cependant à quitter cet emploi quelques jours après.

Un sais arabe étanit allé chercher de l'orge dans un petit village voisin de Mourabad, fut pris par les gens du frère de lousoïtf-Âga ; ils lui ouvrirent le ventre qu'ils remplirent d'orge comme un sac ; lui coupèreût la tête qu'ils mirent «ntre sesjambes,aprè8 avoir rempli la bouche d'orge. Quelques soldats s' étant aussi rendus vers cet endroit, furent reçus à coups de fusil. Le pacha envoya de la cavalerie , et les Kurdes se sauvèrent dans les montagnes.

24 aodt. Les chefs des villages environnant Nizibin et Mourabad vinrent faire leur soumission. Ëssa Khetib, chef de la tribu dite Gourîn , ne vintpoint : les premiers envoyèrent sept chevaux arabes eil présent ; le pacha leur donna des pelisses.

25 août. Le pacha fit attaquer une vieille bâtisse qui servait de retraite aux Kurdes échappés.

On emmena des bestiaux et on apporta de l'argent et quelques tètes.

26 août. Plusieurs blessés moururent. Un soldat vint chercher le chirurgien pour qu'il pansât son camarade : pour l'engager a v«nir, il lui mit son pistolet sous la gorge. Méhémet-Pacha fut indisposé d'une débauche de la veille.

2? auut. Mustapha-Pacha se rendit à Nizibin

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EN ORIENT. 13i

pour savoir la quantité de bl^ et d'orge qui s'y trouvait. Le soir il partit pour piller et brûler un village nommé Kinmik, à environ quatre heures de Nizibiu , dans les montagnes , mais il n'y trouva plus personne ; il n'y aviait plus que les chiens et les chats.

2S août. Ou établit des moulins pour la farine, car on manquait de pain au milieu de l'abondance. Vingt nizams désertèrent ^our aller h. Alep. On mit en réquisition les paysans des divers villages pour leur faire transporter le blé et l'orge qui se trouvaient à Nizibin. On donnait pour chaque voyage une pwgnée de blé en payement.

29 août. Idem.

30 août. \}r vieux juif se disant médecin , et un chirurgien kurde vinrent de Mardin pour soigner les malades qui mouraient faute de pansement.

31 août. Méfaémet-Facha me demanda le plau de Mourabad et d'Agnaour ; il voulait l' envoyer à Constantinople.

1" septembn:. Méhémet Tufenkdji-Bachi fut envoyé à Nizibin avec deux canons et les nizams.

2 septembre. L'Ibriktar-Agassi qui avait été blessé par la maladresse d'un soldat , mourut de ses blessures. Le pacha s'empara de son bien, promettant de payer ses dettes, ce qu'il a tou-

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jours oublié de faire. Omar-Baîractar-Topal- Ibrahim mourut aussi.

3 septembre. Le camp fit ses dispositions de départ.

4 septeirére. Hustapha-Facha eut ordre de rôder aux environs des villages et au pied de la montagne: il prit huit malheureux que l'on mit aux fers. L'armée vint camper à Nizibin. Sur la route les Ârnautes , pour s'amuser, mirent le feu à un village. Un envoyé d'Aïoul apporta des lettres au pacha ; Atonl lui promettait cent bourses, cinq jours de vivres et cent cinquante mulets, mais refusait de venir. Le pacha revêtit l'envoyé d'unepelisse. Mébémet-Pacha fit démander Essa, chef de Gourin, mais sachant que Khalif-Aga avait les chaînes au cou , il ne vint pas ; il répondit qu'il enverrait son frère ; il envoya deux, chevaux en présent.

Cette relation ne va pas plus loin, la campagne se termina par le siège du château de Mardin où le gouverneur qui ne voulmt pas rendre compte des bourses qu'il avait prises, s'était retiré avec ses hommes. L'armée turque se montra si lâche qu'elle fut obligée de capituler avec le gouverneur qui rentra en fonctions.

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