‹ Relations de voyages en Orient, de 1830 à 1838Chapitre 8 sur 9 · LETTRE A M. NAUDIN, A BLOIS (I · texte numérisé non relu

LETTRE A M. NAUDIN, A BLOIS (I

Con*UnUp«rle. IS (ti'ri«r itM. ,

Mon cher mohsiedr Nuuih,

. . . L'amitié quevousaTezpourmoÎTOus fera peut-être lire avec quelque intérêt un léger précis du voyage que je viens de terminer. Après avoir traversé l'Asie Mineure , au milieu des neiges de février, j'arrivai aux imposantes Portes Ciliciennës, que le pacha d'Egypte fortiQait à grands frais. Je retrouvai là le printemps , et j'y cneilils trois jolies espèces de Crocus. A peu de distance d'ÂIexandrette , je faillis être dépouillé et mas-

(1) Extrùt des Mémoires de la Sodété des ^deiioei et dei Lettres de la ville deBloia, t. III, 1840, page 146.

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SM RELATItHIS DE VOYAGES

sacré par une bande de paysans révoltés contre la tyrannie du pacha ; héureusemept pour moi , il sorrint Une poignée de Bédouins , que le pacha a organisés pour faire la police en Syrie. Ces espèces de cosaques mirent les paysan^eu déroute, en tuèrent plusieurs et m'escortèrent jusqu'à la ville, moyennant bakchich, c'est-à-dire, pour boire. La route d'Alep à Bagdad, par le désert, étant interceptée par les Arabes, je fus obligé de m'y rendre par la Mésopotamie ; cette voie est un peu plus sûre, mais en revanche deux fois plus longue. Mes berborisaUtnis d'Alep furent assez bonnes, quoique j'eusse déjà exploré le pays. Obligé d'errer vingt jours dans les montagnes pour éviter les nomades , je n'arrivai à Mardin • qu'à la fin d'avril. Là, je fis la rencontre d'un pacha, qulse rendait àMossoul ; je profitai decette bonne occasion , sans .aquelle je n'aurais peutêtre pu de longtemps contiUuer mon voyage ; tout le pays était soulevé. Le pacha , qui était bien escorté , et qui d'ailleurs , en sa qualité de commandant d'un corps d'armée , se faisait respecter par lui-même , prit la route la plus directe , mais aussi la plus dangereuse.

r^ous traversâmes les tribus Kurdes et Arabes qui occupent les magnifiques plaines de la Méso- -potamie , qu'elles ont converties en désert. Nous reçûmes l'^hospitalîté partout où nous trouvâmes

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EN ORIKHT. SOI

^es tentes , et j'eus occasion d'ëtudieif les mœurç (Je ces hommes singuliers avec lesquels j'avaig déjà vécu six mois , dans l'Hedjaz , et qui ne m'e^ paraissaient pas moins nouveaux. Ils nous escortèrent jusqu'à Mossoul , et pendant la route y il^ nous donnèrent le spectacle d'un conU>at sérieux entre eux.Je restai j«-ès de quinze joursàfifossoul, et J'étendis mes excursions jusque dans les montagnes d'Âmadieli ; malheureusement je ne pus y pénétrer très-avant, à cause d'un bey, nomm^ le bey de Ravandus, homme de génje, de courage, qui de simple petit bey, est parvenu à étendre son pouvoir jusque dans la plaine, et à commander à toute la chaîne de montagne d'Assyrie^ Jl a secoué Je joug des Turcs, qui ne cessent de }q menacer,, mais se gardent bien de se mesurer nvec Iqi. Gomme le bçy de Ravandus n'aurait pas manqué do me prendre pour un employé de»

Turcs , j'évitai prudemn)ien( de t<Huber sous ses griffes. J'explorai le mont MaUoub.oîi je découvrir une magnifique espèce dêCalopkaca^ que j'ai nomniée et^phratioa^ et une troisième espèce de Miohaux,ia, Au pied du mont Makioub , situé à quelques heures de î'antique Ninive, j'allai coucher ditns pn yiUage habité par des Yézides , gens qui n'adressent de prières qu'au diable ; p'e^t un regte de la religion des Mages , qui reponnsis^a^eiït lep^^m principes, PQnrH(efçp<Jre

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à Bagdad , je descendis le Tigre sur un kellék ,' espèce de radeau , formé de branchages, soutenu sur l'eau par des outres gonflées d'air. Le Tigre k Mossoul est couvert d'hommes et de femmes , qui nagent portés sur des outres; on voit souventdes femmes traverser ainsi le fleuve , portant leurs enfants sur leur tête.

La végétation de la Mésopotamie est tout à fait méditerranéenne, et par conséquent assez peu intéressante pour moi , qui ai tant exploré cette région. Cependant le désert, entre Mossoul et Bagdad, ne manque pas d'intérêt, et dans les parties oui ne sont point formées de terrains d'alluvions, je recueillis des plantes curieuses. Je ne pus y herboriser autant que je l'aurais désiré , parcequ'il étaitdangereuxd'allerà terre, larive étant ordinairement occupée par les Arabes. Ces brigands osèrent même essayer de me dépouiller sur monkellek; plusieurs se mirent à la nage sur leura outres, et ne menacèrent de me couler bas, si je ne venais sous leur tente; j'étais armé d*un fusil , de pistolets, et d'un sabre , je les ef- Irayai en leur montrant mon artillerie , et surtout en leur apprenant , ce qui était faux , que dix kelleks , cbargés de troupes turques , venaient après moi. Cette nouvelle , qu'ils crurent d'autant mieux qu'il en était question , épouvanta telUmwt les Arabes , qui ne redoutent rien tant

que lés soldats turcs, qu'ils se h&tèrenl de'ployer leurs tentes, et de gagner le désert avec leurs troupeaux.

En arrivant à Bagdad , la ville d'Haroun-al- Raschid, le spectacle est magnifique. Le Tigre, plus large que la Loire lorsqu'elle remplit son lit, se promène avec majesté entre dès forêts épaisses de palmiers. Au reste , Bagdad ne présente plus que des débris; ses palais et ses oiv gueilleuses mosquées , couvertes de mosaïques , tombent en ruine; les bazars ne sont plus qu'un amas de décombres , et des rues entières sont dans le même état. La population , qui était naguère de près de 200,000 âmes , ne s'étève pas maintenant à 20,000. J'arrivai à Bagdad à la fin de mai ; toutes les plantes annuelles avaient déjà disparu; d'ailleurs , la végétation y est peu intéressante , le pays n'étant composé que d'un terrain d'alluvlon inprégné de sel. Je me hâtai de visiter Babylone , Séleucie , etc. , et de gagner le plateau élevé de la Perse. Chemin faisant , j'explorai le mont Hamerin et le désert de l'Assyrie, où je fis de délicieuses herborisations. J'y recueillis toutes les plantes découvertes par Olivier et . Bruguières , et quantité d'autres qui avaient échappé à ces voyageurs. J'y fis aussi une récolte très-remarquable d'insectes, entre autres une dousaine d'espèces de buprestes de très-grande

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310 RELATIONS ÙE VOYAGES

taille et d'une rare beauté. Sur U frontière de PersË , nous fûmes bttaqnés par les Kurdes ; il fallut payer de sa personne , et faire le coup de fusil avec ces brigai^s. Comme ils né sont pas très-curieux de se faire tuer , lorsqu'ils firent des gens déterminés , ils nous laissèrent; mais la nuit suivante , ils revinrent en nombre , et alors l'engagement hit sérieux. Il y avait environ cinquante hommes en état de porter les armes, dans notre caravane; ces gens me prirent pour un tallndji (instructeur militaire), et, en cette qualité, me supplièrent de les commander. Je (as donc proclamé général. Après avoir disposé mon armée convenablement ^ je recommandai d'attendre mes ordres avant de tirer un seul coup ^ car l'usage dans ce pays-ci est de pousser de grands cris à l'approche de Fennemi, et de tirer h une grande distance. Tous promirent de faire rage ; mais à peine aperçur^nt'ils le nuage de poussière que les Kurdessoulevaient, qu'ils cédèrent à leur habitude de tirer leur poudre aux moineaux. Cependant ils bonservèrent leurs rangs. Je me mis alors à commander l'exercice à trèshaute voix , de manière à être entendu de l'enliemi. Or, il faut que vous sachiez que les troupes réglées sont la terreur de ces bandits , et que les paroles du commandant suffirent pour les mettre en (' éroute ; ils crurent ^Eectivement que

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EN mimr. an

nous étions des nizams , et ne voulant rioti Avoilh démêler avec eax ^ ils Se jetèrent sur la queue de la caravaue^ composée de pins de deux mille bétes de somme , et en enleTèrent plusienrs , gr&ee au désordre qui régnait. Si mes soldats avaient été plus braves, j'aurais sans doute battu l'ennemi à plate couture ^ et je me réjouissais déjà d'avoir , pour part du butin , quelques beaux cbevaux kurdes.

La première montagne que je visitai en entrant eu Perse, fut l'Elwend. J'y faillis perdre la vie; mais en revanche , dans les deux excursions que j'y fis , je me procurai une belle moisson de plantes rares , et qui avaient -échappé à Michaux et à Olivier. J'y cueillis le Cicer songuricum, et une nouvelle espèce du même genre.

le continuai ensuite ma route poar Ispahan , visitant toujours les montagnes , non sans de grandes fatigues , car les montagnes de Perse sont tontes très-abruptes et réfléchissent une chaleur qui , jointe à l'ardeur incroyable dn soleil , exténue bientôt le voyageur qui n'y trouve jamais une goutte d'eau pour ^noher sa soif.

Le choléra régnait dans le pays; j'eus le malheUrd'en étreatteint dans le DéseiH salé, àqnatre joQfs d'I^Mthan. Je luttai iKndant cinq jours «ontfe la »ert} «afia , mon tempérament l'emporta ; je remontai à cheval et j'arrivai à Ispa-

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«s RELATIONS DE YOTAGES

ban , presque mort. J'allai demander Tbospitalité à des missionnaires catholiques qui résident à Bjulfa, faubourg d'Ispahan. Ces bons pères me reçurent Traimentcbrétiennement, et me prodiguèrent tantde soins qu'ils me rendirentÀ lavie. J'étais à peu près rétabli lorsque j'appris qu'il se trouvait à Ispaban des Backtiaris qui étaient venus apporter aii gouvernement persan la soumission de leur chef. J'allai les voir , et me décidai à visiter , sous leur protection , nu pays inconnu aux Européens ; mes guides me couduirent à leur serdar ou cbef , qui me reçut trèsbien , et me donna trois hommes pour me conduire aumontZerd(l), montagne très-élevée et couverte de neiges éternelles. Arrivé au pied de la montagne, mes guides me dévalisèrent de tout mon argent, et m'abandonnèrent dans un pays rempli de bêtes féroces et d'hommes plusféroces encore. Je ne renonçai point cependant à mon projet ; je laissai au pied de la montagne un domestique arménien que, j'avais amené de Conslantinople, pour garder les chevaux, et avec un soldat persan que m'avait donné le gouverneur d'Ispahan, je gravis le Zardakou. Vous vous ferez difficilement une idée des fatigues que j'éprouvai , et du courage qu'il me fallut déployer; je

(1) Zardakou du journal.

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En orient. S13

laissai à moitié chemin mon soldat p«%an qui était rendu. Mon fusil sur l'épaule, mon paquet de plantes sons le bras , et une petite hache à la main pour creuser un escalier dans la neige , j'ar^ rivai au sommet de la montagne , où nul être vivant avant moi n'avait peut-être jamais mis le pied. Je retrouvai en descendant le soldat persan qui m'attendait, et nous reJMgnimes l'Arménien à moitié mort de frayeur ; il avait reçu la visite de quelques lions(l)qui , heureusement, n'étaient pas afiamés , et ne firent pas grand cas de lui. J'avais quelques livres de riz; je plantai ma tente au pied de la montagne , nous allumâmes un grand feu , et nous pass&mes la nuit.

L'espace me manque pour vous donner les détails de mon histoire pendant près de quinze jours que j'errai dans ces solitudes où l'homme ' était le plus grand ennemi que j'eusse à redouter. Je souffris de la faim , du chaud et du froid; enfin j'eus le bonheur de rentrer sain et sauf au couvent de Djulfa , où les saints pères priaient déjà Dieti pour le salut de mou àme. Je rapportai, de cette expédition, plusieurs centaines de plantes nouvelles., et des notes curieuses sur la géographie du pays. Je restai quelques jours encore à Ispahan ,

[1) Fey. VàÇ. 278 , note.

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tu RELATIONS &E VOYAGES

dont je Tonlais admirer de noQTâau la magnificence. Ce n'est qae là qu'on ne trouve point exagérées les fastueuse^ descriptions des Mille «t Une Nuits; malheureusement tout tombe en ruine, et avant un siècle il ne restera peut-étf>e plus de traces de ces merveilles. Je me remis en route pour Téhéran.

Je traversai le grand Désert $^lé , et nous fû< mes trois jours sans eau. A Téhéran j'eus une audience du Chah , qui me fit force questions snr la France et sur son Roi; il me témoigna beaucoup de regret de ce que l'éloignement des deux nations ne leur permettait pas d'entretenir des relations suivies. Les Pei^ans en général ont une grande estime pour les Français. Quant à eux , ce sont des misérables pour lesi* ' quels personne n'oserait professer le moindre intérêt; ils n'ont que beaucoup de politesse et de manières, mais au fond ce sont d'indignes scélé<rats, menteurs, débauchés^ ivrognes, et s'hcmorant de tons les vices. Rien n'est plus commun dans le harem que le commerce des sœurs avec les pères, et des fils avec les nrëres; j'ai été témoin de scènes de dâ)ancbe qui vous feraient rougir.

Je voulais visiter le pic de Demawend, situé à deux jours de Téhéran, sur la route du Mazanderan ; le Chah eut la bonté de me donner un de

ses ësclares pour m*aecomttagneri Hatheui^usement pour moi, le kfaan du Larjan, vallée magniâque an pied de la montagne, n'avait p^nt encore fait »i soumission au goav^nement. Ce khan est surtout puissant par les précipices et les montagnes qui défendent son pays ; je ne parvint en effet chez lui qu'après bien des difficultés. Il me fit un accueil très-honorable , itiais eo mémd temps, me prenant pour un officier anglais à la solde du Chah, et chargé de découvrir des routes pour l'artillerie, il me déclara que j'étais son prisonnier. J'eus beau dire que j'étais médecin (1) et que je ne voulais que ramasser des simples , tout fut inutile , il posta trois soldats à ma porte; mais du reste toutes sortes de soins me furent prodigués, et j'avais deux fois par jour un repas Somptueiil. Je fis tant cependant que je le déterminai à me faire reconduire par les soldats en dehors dé ses frontières, et je revins à Téhéran sans avoif pu visiter le Demavrend, montagne très-remarquable couverte de neige toute l'année, et dottt la cime est volcannique. Je croyais qu'il m'était réservé de la visiter le premier. Je rapportai seulement de la base

(1) Je voyage comme médecin , et mesTecbeicliesne font que trop croire que je le suis en effet, ce. qui m'attire uae foule d'importuns. (Aofc ttAucher Éloi.)

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tl« RELATIONS DE VOÏAGES

quelques bonnes plantes , entre autres un Gyso pkila pjgmée (1).

Pour terminer enfin une relation que tous n'avez peut-être pas eu la patience de lire, je TOUS dirai que je traversai rapidement l'Aderbidjan et l'Arménie, et que je me trouvai à la fin d'octobre à Trébisonde. Pendant tout ce temps, je ne cessai d'avoir la fièvre, et je faisais ordinairement huit à dix lieues à cheval avec des accès très-violents; . îmaginez-voys ce que je dus soufTrir! Je m'embarquai en novembre pour Constantinople ; notre traversée, qui n'aurait dû être que de cinq à six jom's, dura vingt-cinq jours , pendant lesquels nous éprouvâmes tempêtes sur tempêtes; nos mâts furent brisés, une lame balaya le pont , enleva une partie de l'équipage, et nous réduisit à nous laisser aller où la tempête voudrait. Nous fûmes jetés sur la côte, où le bâtiment échoua sur un banc de sable; nous sauvâmes toutes les marchandises, et comme nous n'étions qu'à peu de distance de Sinope , un autre bâtiment vint les charger, et nous conduisît enfin assez heureusement à Constantinople- Je ne commence qu'à me rétablir.

())JfMî7f.

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Des Cararanseratts et des Khans.

L'institution des khans est excellente en ellemême et produit des avantages qu'on ne saurait contester. C'est surtout aux caravanes qu'elle est indispensable pendant l'hiver, comme chez nous les hôtelleries en tout temps , car l'été on bivouaque- n y a des khans fort beaux et qui ont dû coûter des sommes énormes aux fondateurs. Mais la plupart sont maintenant en ruine , suivant l'usage en Turquie de ne jamais rien réparer, ou plutôt à cause du dépérissement de toutes choses chez ce malheureux peuple. Les plus beaux khans se trouvent sur les routes fré- -quentéespar les caravanes de pèlerins, et c'est au zèle religieux qu'ils sont dus.

Le Moniteur ottoman vantait beaucoup cette institution , et lui attribuait le bas prix des transports par terre. Mais d'abord les caravanes ne s'en servent que pendant l'hiver. En outre , dans les villes, elles doivent un bakchich au chef du khan ; ce bakchich est faible , il est vrai , mais assez proportionné au service rendu j car les muletiers sont réduits à coucher dans l'écurie , et s'ils veulent une chambre bien sale et bien puante, ils sont forcés de la payer.

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318 RELATKHfS DE VOYAGES

Du reste , on ne trouve aucune ressource dans le khan ; seulement quelquefois du café. Quant aux voyageurs isolés , ils sont forcés de payer bien au delà de sa valeur, le trou qu'on leur donne. Le ï)as prix à,e^ transporta n'est donc pas tant dû au caravansérail qu'^ la manière de vivre des njuletiers qui nç consomment pas dan$ pn mois ce que consomme cbe^ nous un rouliep dans un jour, 0t. ensuite à pe que presque partout les terrain? étant vagues, ïea bétes àç charge peuyent y paître sans ïien payer. \}^ roulier qui , içn Frgnce, voudrait vivre et coucher comme vu catergi de l'Orient , pourrait en hiver ne pas dépenser en proportion plus que lui. Eu supposant même que le£f ca(ergis ne payent fien aux kt^ans , ils n'y obtiennent qu'une place pour leprs chevaux ; or, dans aucun pays , ce n'est là le plus dispendieux { c'est }'avoiue on l'oi^ qnj coûte, et ordinairement mêpie on ne p^ye rien ppqr réçurie.

Hospitalité torque.

On a t)eaucoup parlé de l'hospitalité turque et on ne cesse de la vanter ; qui a porté ce jugement? des Européens qui voyageaient en grands seigneurs , accompagnés de Tartares et de gens chargé^ dç les faiçe r^sp^ter. Dernièrement )i|i

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ENQRISKT. H%

H. 1/Vitman , q^t se qualifie de natnrftiiste voyageur, a fait insérer dans le Moniteiir ottoman un éloge pompeux de la manière dont it a été reçu k Ang(»^ et ailleurs. J'étais , dit-il, muni de lettres de recommiandation très-pressantes d&la part du Séraskier , et c'est alors que je pus juger de l'hospitalité turque. Singulière manière déraisonner! Dans quel pays ne serait-on pas bien reçu sous de tels auspices? Qu'un étranger voyage en France avec des lettres de recommandation du Ministère de l'Intérieur pour les préfets , il verra si le bon accueil lui manquera. Un Anglais , grand partisan des Turcs, m'avouait ingénument qu'il savait bien forcer les Turcs à lui témoigner des égards ; c'est d'avoir , dit-il , un cortège imposant , et surtout des ordres pour toutes les autorités. Je me trouve dans une position, sinon plus agréable que celle de ces messieurs, du moins plus favorable pour savoir la vérité. Autant par goût qùeparnécessitéjCarje ne suis point riche et j'aime mieux employer mon argent à mesrecherches, plutôt qu'à faire le bey-zadé(l), ç( distribuer mes piastres aux domestiques d'un pacha qui m'aurait honoré d'une pipe et d'un fidzan (2) de café, en Asie Mineure , j'ai réduit

(1) Fils de Bey : ç'eat le titre que l'on donne dans les firmans aui TOjageurs européens, (i] Petite lasse , dans laqualla oa tett le café.

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ita REUTIONS DE VOYAGES

mon équipage à la plus sifnple f^pression : un seul domestique; deux chevaux de bagage ,.dont un sert de monture à mon domestique ; un cheval pour moi , encore porte-l^il mes presses et mes autres ipstruments ; un gralamb an lieu de selle, et des étriers de corde ; un catergi à pied. Voilà qui ne m'attirera pas grande considération , aussi je n'en demande peint. Je me pré*' sente en simple particulier, bien en règle cependant , miais disposé à ne faire nsAge de mes firmans et de mes recommandations, car j'en ai aussi, que lorsque les circonstances seront assez graves pour cela.

Or, l'expérience de mes voyages précédents, et surtout de celui-ci , me force à déclarer positivement qu'aucun peuple n'est moins hospitalier que les Turcs. D'abord sa religion s'oppose à ce qu'il le soit , surtout envers les chrétiens avec lesquels il doit peu communiquer; ensuite l'article des femmes : ce dernier motif est plus grave que le premier qui s'affaiblit de jour en jour. A l'instant même où la communication fr^niente et 1^ rapports de toute espèce rapprochent les Européens des Turcs , en est-îl beaucoup à présent , en est-il un seul , sauf les autorités supérieures certains jours de cérémonies , qui puissent se vanter d'être reçu chez les Turcs? Arrivez dans un village musulman e( de-

EN ORIENT. - sai

mandez rbospîtalité, il est certain qu'on vous laissera dehors; heureusement que dans tous les villages, sur les routes, il y a une ou plusieurs maisons destinées pour les voyageurs ; mais ici ce n'est pas de l'hospitalité , c'est pure spéculation, car il faut avoir le soin d'articuler, et plusieurs fois : para-ile(l)! et le plus souvent on exige pour un taudis autant qu'en France pour une chambre confortable.

Si vous avez besoin de vivres, avant qu'on se mette en mouvement, pour vous en procurer, il faudra bien faire sonner l'argent, convenir du prix auparavant, et quelquefois même payera l'avance : voilà ce qui arrive le plus généralement. Je me rappellerai cependant toujours quelques exceptions : j'ai véritablement reçu l'hospitalité dans le Taurus , près de Tarsous. À peine arrivais-je dans un village , que les habitants s'empressaient de m'apporter ce qu'ils avaientpour manger, et refusaient toujours l'argent que je leur offrais. C'étaient bien des musulmans, mais non de la race turque. D'ailleurs la première hospitalité est celle des égards, et que penser d'un pays où à chaque pas on vous appelle gtaour et keupek?

(I) II y a de l'argent !

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Caract^>e des Turcs.

On a aussi beaucoup parlé de rhumanité et de la droiture des Turcs; d'autre part, on les accuse aussideférociléçt de fausseté. Lesdeusjugements sont également vrais. LeTurc en général est religieux et observateur exact des préceptes de sa religion; or, celte religion lui prescrit d'être bon, humain, charitable envers tout le monde, les infidèles, les animaux même. Les musulmans rigides regardent la cbasse et la pêche comme un péché ; ils poussent le ridicule jusqu'à ne pas tuer la vermine qui les dévore et la jettent à quelques pas d'eux, au risque d'en être incommodés de nouveau un instant après. Us nourrissent le chien, qu'ils méprisent souverainement et qu'ils ne touchent jamais, car ils le regardent comme impur. S'ils vousfont du bien, à vous chrétien, ils ne vous en méprisent pas moins. Tant que rien ne les oblige à sortir de leur apathie religieuse, vous les trouverez braves gens.

Mais si quelque passion violente les agite, si leur intérêt ou leur religion est en jeu , vous les verrez se baigner dans le sang avec une férocité inouïe; vous les trouverez faux, perfides, ingrats , tels enfin qu'on les a vus pendant la ré* \

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Tolution grecque, ettelsqueleur histoire, teinte de sang à toutes les pages, nous les représente.

Causes de la dépopulation parmi les Turcs.

II faut, je crois, l'attribuer à l'apathie de ce peuple et à son éloignement pour le travail; il a cooservé les bahitudes du nomade. Sa religion favorise encore cette disposition par les cinq prières quotidiennes. Partout où le pays est habité par des Turcs, comme dans la majeure partie de la Galatie , à Angora par exemple , oii les rayas n'ont point le droit de cultiver la terre, l'agriculture languit ou même sVnnulle entièrement (Voir ce que j'ai dit des villages des environs de Brousse). Les avanies et la mauvaise administration contribuent moins à ce déplorable résultat que l'insouciance de ce peuple. Les Grecs et les Arméniens , amis du travail et intelligents, se maintiennent; ils réalisent l'ingénieuse allégorie de Deucalion et de Pyrrha, qui marchent toujours en jetant derrière eux des pierres , c'est-à-dire en cultivant la terre : ils l'ont couverte d'habitants. Jbn'ai jamais entendu parler d'un village grec ou arménien qui ait été abandonné, si ce n'est pourtant en Chypre.

Certainement, depuis la conquête des Osmanlis, la population chrétieniie est loin d'à-

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324 RELATIONS DE VOïAGES

voir diminué dans la même proportion que la population turque : celle-ci devient tous les jours plus rare. C'est ce qu'attestent un grand nombre de villes abandonnées : Nicée, Ephèse , etc., ctc.j et parmi les villes qui existent encore : Césarée, Iconium,Ak-Cheher, et presque toutes les villes d'Asie-Mineure, sans compter les villages 011 abondent les mosquées abandonnées et les niédressés(l) en ruine.'

Le beau temps des Osmanlis était celui oiî ce peuple était tout soldat, où il pillait la Hongrie, la Pologne , l'Archipel , etc. A la fin de chaque campagne il rentrait dans ses foyers, triomphant et chargé de butin.- Il achetait des esclaves et leur faisait cultiver les terres, tandis qu'il rêvait à de nouvelles prouesses. Le gouvernement demandait peu aux propriétaires de terre, car les dépouilles de l'ennemi lui suflBsaîent. Les sultans faisaient construire de superbes mosquées, des médressés; les chefs imitaient le maître; partout régnaient le faste et le luxe oriental dont nous parlent les anciens voyageurs. On sait que tout a changé; l'Europe ne se laisse plus piller, et sans ces rayas si mé> prisés et si vexés, les Turcs mourraient de faim.

(1) Espèces d'Institutions seaii'inonastiques ou écoles anoexées aux mosquées.

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L'établissemenl des troupes régulièresa encore ajouté aux causes de la dépopulation ; les hommes qu'on tire des villages n'y rentrent presque jamais et se marient rarement.

C'est une erreur de croire que la polygamie nuise à la population. On peut même dire le contraire , surtout en Asie , d'abord t>arce qu'il est démontré qu'il y naît beaucoup plus de filles que de garçons; en second lieu , parce que l'homme étant beaucoup plus longtemps prolifique que la femme , la faculté qu'il a de prendre une autre femme quand la sienne a cessé de lui donner des enfants, doit être très-avantageuse à la population. Au reste , la polygamie est rare en Turquie ; il n'y a que les grands qui aient plusieursfemmes; comme partout, l'homme du peuple n'a qu'une femme.

Note sur Daontr-Paoha (1).

Daout-Pacha , dans le temps de sa prospérité, déployait un luxe et ime magnificence qui ne pouvaient être surpassésque par ceux des anciens califes , et qui rappellent tout à fait les pompeuses descriptions des. Mille et une Nuits : l'or, tes perles, les pierreries brillaient de toutes parts ;

(1) /^oy.p^îia.

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ses femmes , ses esdaves, ses soldats étaient en grand nombre , et étonnaient par la richesse de leurs vêtements. Daont ne se contentait pas d'éblouir les yeux , il faisait encore exécuter des travaux utiles au pays. Il ût construire des kans, des bazars et des ponts ; il encourageait l'agriculture, et quelque temps'avant sa défaite, il avait demandé en Angleterre des machines pour faire monter l'eau. Ses troupes étaient bien exercées et commandées par des officiers européens. 11 se donnait des airs de souverain, etquand il recevait les étrangers sur son trône, il surpassait le Grand- Seigneur par la magnificence de sa représentation. 11 aspirait à se rendre indépendant, et il y aurait infailliblement réussi , car ses troupes étaient bien exercées , et les habitants bien disposés en sa faveur. La Porte , qui avait facilement pénétré ses projets , avait plusieurs fois envoyé des gens chargés de lui porter le cordon, sous prétexte d'aller recevoir le tribut. Daout les recevait avec honneur, mais les gardait si bieu à vue qu'il leur était impossible de communiquer avec qui que ce fût ; il les renvoyait ensuite en les faisant bien escorter. II ne suivit point la même conduite envers le dernier Turc qui lui fut^envoyé; il le fit étrangler, dès son arrivée, par son Karnudaretunaulre desesaffidés. Le pauvre diable demandait grâce, et promettait de faire tout ce

qu'on exigeaitde lui; mais Daoutfut inexorable, ' quoiqu'il n'eût rien, à craindre île l'envoyé de la Porte. Cependant le pacha , pour cacher cet acte impolitique, Gt habiller un de ses gens et le fit conduire en grande pompe dans les rues de Bagdad, sous le nom de l'envoyé. L'agent politique anglais à Bagdad, M. Taylor, soupçonnant quelque chose , mais ignorant l'exécution de l'en'voyé , se rendit auprès du pacha , et lui représenta en ami, que la mise à mort de cet homme serait une faute ; il lui conseilla, dans son intérêt , de n'en rien faire. Le pacha fut bien forcé d'avouer qu'il n'était plus temps , et engagea l'agent à intervenir auprès de la Porte en offrant des sommes considérables. L'agent anglais se prêta à cet arrangement, car s'il avait été commis un crime inutile, il n'en était pas moins vrai que, dans l'intérêt du pays, il fallait soutenir Daout. L'ambassadeur anglais à Constantînople fit des propositions à la Porte , et les choses allaient assez bien, lorsque Méhémet-Ali, ■pacha actuel d'Egypte , qui dans le premier moment d'indignation de la Porte avait reçu l'ordre de marcher sur Bagdad, écrivit qu'il ne tarderait pas à se rendre maître de la ville. Les faiseurs de fausses nouvelles avaient écrit, de leur côté, que Bagdad était pris avant même que Méhémet-Ali fût entré en Syrie. L'ambassadeur anglais à Con-

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308 RELÂTIOMS DE VOYAGES

stantinople, croyant la nouvelle vraie, écrivit à l'agent politique de Bagdad , que la ville étant prise , il avait abandonné tout à fait la négociation.

A cette époque la peste commença à faire des ravages à Bagdad; l'inondation suivit bientôt; cette malheureuse ville fut le théâtre des plus affreux désastres ; ceux qui n'étaient pas victimes de la peste , périssaient sons les débris de leurs maisons , renversées par l'inondation ; les rues étaient remplies de cadavres ; les chameaux, les chevaux, les chiens et tous les animaux domestiques, erraient en mugissant dans les rues ; quelques bandits seuls couraient de maison en maison pour piller ; mais ils tombaient bientôt eux-mêmes chargés de leur butin. Tons les gens de Daout-Pacha furent victimes de ce fléau ; il ne lui resta que quatre hommes.: luimêQie fut atteint de la peste. 11 se trouva- alors dans le plus grand abandon, n'ayant personne pour lui apprêter à manger j^es femmes étaient toutes mortes ou hors d'état de lui rendre le moindre service. Une vieille femme seule eut pitié de lui, et lui préparait ses aliments. Pendant ce temps Méhémet-Ali vint camper autour de Bagdad qui lui ouvrit ses portes. La peste avait cessé. Daout fut bien obligé de se rendre à discrétion ; on le conduisit à Con-

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stantinople , où il vécut quelque temps saïis emploi. En 1B34 il fut nommé au pachalik de Scodra , où il est maintenant.

Note sur les Baokti«^s(l).

Les Backliaris , entourés de tous côtés par les Persans et par les grandes villes et les villages qu'ils fréquentent, comme Ispahan, Chiraz, Chouster , m'ont paru avoir les mêmes mœurs et les mêmes habitudes que les Persans , modifiées par leur genre de vie. Le costume, le langage , la religion sont les mêmes. La plupart, cependant, au lieu du bonnet noir, ont un turban de même couleur , dont un coin retombe par derrière , et un autre s'élève au-dessus de la tête et paraît un plumet quand ils sont à cheval et qu'il est agité par le vent. Ils boivent du vin et de l'eau-de-vie , sans scrupule , comme les Persans. Ils aiment beaucoup le chant et la musique, et malgré leur avidité, vice qui leur est commun avec presque tous les Orientaux , ils ne manquent pas à l'hospitali té entre eux ; lorsqu'ils arrivent d'un mal ami (campement), on leur fournit gratis des vivres pour eux et leurs che-

(1) Fo^. page 259.

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Taux; les étrangers viennent trop rarement dans le pays pour qu'il y ait exception à leur égard. Toutefois, la manière dont mes guides se sont conduits envers moi, prouve qu'ils ne sont point vraiment hospitaliers. Jamais l'Arabe n'aurait, comme eux, abandonné son hôte ; mais l'Arabe, en général, a des mœurs, et les Backtiaris ne ressemblent que trop aux Persans. Ils sont continuellement en guerre entre eux, et ne s'écartent qu'avec crainte de leur mal.

On a prétendu qu'ils descendaient, des Grecs, mais, s'il en est ainsi, ils n'en ont guère conservé les traits ; leurs femmes surtout sont fort laides. -

WOTICE

SUR LES TAHOUTHS ET LES GOKLANS

Ces deux tribus appartiennent à la grande famille des Turcomans qui sont répandus depuis la côte orientale de la Caspienne , jusqu'à Samarcande d'un côté, et de l'autre, depuis le versant septentrional des monts Ëlbourz jusque dans les steppes du Kiptchak. Les Yamouths et les Goklans occupeot le pays arrosé par les rivières du Gourghan et de l'AtU^ck ; on pourrait l'enclaver à peu près dans les limites suivantes : à l'Ouest les bords orientaux de la mer Caspienne, au Sud la chaîne du l'Elbourz, à l'Est dans le voisinage de la tribu des Tekkés , les sources du Gourghan d'une part , de Tohinder et du Sound ^ deuxaffluents del'Attreck d'autrepart, au Nord le désert de Khiva. La partie orientale de ce territoire est occupée par les Goklans , celle à l'occident par les Yamouths.

Rivières. — Deux rivières principales traver-

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sentdesplainesde iaTurcomanie, et yontse jeter dans la Caspienne, le Gourghan et l'Atlreck (1). Le Gourghan a sa source à Ghernio Tchesme , non loin deSimouIgham et de Shahabad dans l'Elbourz , et va se jeter dans la Caspienne au Nord d'Astérabad, à une distance d'environ quatre farsangs. Il coule dans un lit très encaissé, sur un sol argileux qui donne à ses eaux unecouleur jaunâtre ; il n'est que rarement guéable à cause de ses bords généralement escarpés et desa profondeur dans la saison des pluies. Suivant le capitaine Mouravieff, le Gourghan tombe dans la mer à peu près.à trois vérstes au Sud de Gumuch Tépé (collined'argettt) ; prèsde l'embouchure les rives sont basses et marécageuses. £q remontant à deux verstes, il y a plus de profondeur, et les bords sont plus élevés; pltts loin il redevient marécageux et présente des pâturages aux troupeaux. . Les affluents qu'il reçoit sur sa gauche sont : — Le Karaoul-Tchaï ou Echek-Sou , rivière trèsrapide et à berges très-escarpées. Après sa jonclion avec le Tchilghezi qui arrive de la gauche, il prend le nom de Dough ; il est alors profond , rarement guéable et large à quelques endroits de cinq à six sagènes; avant de se jeter dans

(1) Attrack, de la.-carte d'Aixow^mitb.

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le Gourghan, le Raraoul-Tchaï reçoit une petite rivière à droite nommée le Karezii. — LeHermeroud qui a sa source à Télewaz^ près de Khock- Eilak, où Feth-AIi-Chah allait souvent camper l'été; il perce la grande chaîne de l'ElbouTZ, et après avoir reçu sur sa droite les eaux réunies du Tchiltchaï et du Pesserie , et à sa gauche celles du Karékétchik réunies aux eaux d'Ali-Békoul , il se jette dans le Gourghan à l'Ouest de Goumbeti-Kaous. — Le Karatiken sort du district d'Astérahad avec le Romïon dont il porte aussi le nom; ils se joignent au Sourkhé-Mahalé - qui vient de Fenderik et de Katoul , district montagneux de la province d'Astérahad, et tombent réunis dans le Gourghan, à l'endroit appelé Salian. Il existe encore plus bas cinq ou six rivières qui ont leur source dans les montagnes voisines, et qu'il faut traverser avant d'arriver à Astérabad par la plaine et les forêts, mais leur cours n'a pas été examiné et leurs noms nous sont inconnus. — Le Gourghan, excepté près de son embouchure , est partout navigable pour des bateaux à fond plat et pour des radeaux, même avant de se joindre avec le Haraoul-Tchaï.

Le cours de l'Attreck surpasse de beaucoup celui du Gourghanj il a sa source dans les montagnes, au Nord-Est de Koutchan, près de Ralé- Youssouf. Il est aussi plus rapide et plus profond ;

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les endroits guëables sont beaucoup plus rares. Il coule au Nord du Gourghan, dans une direciioa de l'Est à l'Ouest; son cours est très-tortueux; aussi sa distance du Gourghan Tarie de cinq à quinze farsangs ; sur sa gauche il ne reçoit aucun affluent (1); sur sa droite, les petites rivières de Hurtoout, Tcbinder et dç Sound , après avoir arrose les belles vallées formées par leur cours, et qui portent leurs noms, se réunissent avant que déporter à TAttreck le tribut de leurs eaux; les points de jonction de ces rivières portent le nom de Tchot.

Montagnes. — La chaîne des montagnes qui sépare la Turcomanie du Khorassan , et qui sert de frontière méridionale à la plaine du Gourghan, est la continuation du système de l'Elbourz qui traverse le Ghilan , le Mazanderan , et va se joindre à l'Hindoukou e|:aux moulagnesdu Thibet. Sa largeur variede si^t àhuit farsaugs ; elle se compose de différentes rangées de montagnes, séparées par des vallées qui suivent paratlèlemeot la direction principale. Du côté du Khorassan, ces montagnes , tantôt calcaires , tantôt schisteuses ou trachitiques , présentent l'effrayante stérilité

(1) Cette assertion est en contradiction avec la carie (l'Aironvtnith, où les prindpaux «fflitenu de l'Attreck lont au contrurc $mt la fpocbe.

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EN ORIEirr. 335

de celles du plateau de la Perse ; mais elles changent d'aspect à mesure qu'on approche de la mer.

Climat.— Le climat y est très-sain, parce qu'il est dégarni de grandes forêts , excepté vers l'embouchure de l'Attreck et du Goui^han. Pendant l'été, les chaleurs sont tempérées par les yents de mer et des rosées copieuses. Les hivers sont très-doux ; il neige rarement ; }es pluies sont légères , même en hiver.

Végétation. — Il est intéressant de suivre le développement progressif de la végétation ; d'abord de frêles Berberis (1), des Bosa se montrent dans les parties les plus élevées, qui souvent se ressentent des effets des vapeurs de la mer ; ensuite vïentle Junipems hîspanica, le Pàliurusaculeatus qui occupe toute la région intermédiaire; ils sont suivis par les arbres des forêts, composés de deux on trois espèces de Chênes, de l' Ulrnusparvifolia, de Cellis^ et de deux espèces de Fa'gus (2), le sjlvatica et un ^MVrGyàe Diospjros lotus, Gteditzia caspica, j^caciajulihrissin, Platanus ac€rifolia{3)i à l'exception de VJloes (4), du Juniperus hispanica, et d'un Autre Juniperus, qui habite les cimes

(IjN-SÔO, Gbilan?

{2)H*4375,Ghilan7

(3) N* 5350 , Platataa wigtais liqwidambarifolia , Spach.

(4) Probablement Y^éfiave amertcana , nataralUé , comme il VeitduM qudqoe» parties de U Framc.

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les plus élevées, on ne trouve aucun arbre vert dans la contrée, pas une seule espèce de Pin^ de Sapiiiy de Cèdre, etc., cequisépare disUnctemenC cette région de la région méditerranéenne.

Enfin, dans les parties les plus basses^ tous nos arbres fruitiers de l'Europe y sont spontanés et produisent des fruits mangeables sans culture : le Noyer, le Figuier, le Pçîrier, le Pommier, le Prunier, le Pêcher, V Amandier, la Vigne, le Néflier, le Grenadier,}^ Rubus Fruticosus, le Cognassier, le Noisetier, etc. L'Olivier occupe la région intermédiaire entre la mer et le plateau de la. Perse; mais , ainsi que le Morus nigra et alba , il ne parait point y être spontané; le Houblon , le Periploca grœca , la Vigne , le Lierre , le Smilax excelsa , s'attachent étroitement à ces forêts vierges , et en défendent souvent l'entrée.

Les plantes annuelles de l'Iran ou plateau de la Perse , n'offrent pas de moins grands contrastes avec celles des côtes de la Caspienne. Dans le bas Gbilan et le bas Mazanderan , la végétation est telle que vous vous croiriez transporté aux environs de Paris; mais dès qu'on s'élève, la scène change et la végétation prend un aspect bien différent.

Dans les intervalles des "montagnes se trouvent des plateaux assez élevés, qui , malgré le voisinage des Turcomans , ne sont pas entière-

ment dépourvus d'habitans. Ou y trouve, dispersées dans des hameaux , sur des hauteurs inaccessibles auxTurcomaos, quelques familles kurdes de la tribu des Gbirei-Lou, faibles débris des Kurdes qu'Abbas-le-Grand transporta de Turquie et d'Arménie pour garder les frontières du Khorassan contre les incursions des Turcomans.

En sortant des sombres forêts on arrive cheï les Turcomans par des pentes douces et couvertes de magnifiques pelouses d'herbes trèshautes ou de fougères, qui atteignent dix pieds de hauteur ; la plaine basse est occupée çà et là par de belles prairies , des bouquets d'arbres et de bois gigantesques qui croissent sur les bords des rivières; de l'autre côté du GourgLan, cette riche végétation cesse , et devient à peu près celle des déserts de la Perse.

Animaux. Les chevaux y tiennent le premier rang; ils sonttrès-estimés en Perse et surpassent en agilité les chevaux des Tekkés et desPereks(l ) ; mais ils leur sont inférieurs en force et en patience pour endurer les grandes fatigues. — Le bœuf ordinaire est assez chétif; le bison, de la même race que celui du Ghilan et du Mazanderan, est caractérisé par la bosse qu'il porte sur le garrot; c'est une race magnifique. Une troisième

(1} Deux tribus de Turcomans.

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338 RELATIONS DE TOTAGES

race provient du croisement des deux espèces ci-dessus désignées; elle retient les formes élégantes du bison, moins la protubérance.

On emploie le buffle ainsi que les bœufs an labourage. — Les moutons, dont on élève d'immenses troupeaux, ressemblent à nos moulons d'Europe, et n'ont pas la grosse queue de ceux de Perse ; les brebis sont très-fécondes , et mettent ordinairement bas deux fois par »n , par deux agneaux à la fois. — C'est dans les landes, au delà du Gourghan , que paissent les chameaux si utiles aux Turcomans pour le transport si fréquent de leur campement , et pour les tissus qu'ils font avec le poil de ces animaux.

Les animaux sauvages lés plus répandus sont : les cerfs, les élans , et surtout les sangliers; ces derniers sont beaucoup plus petits que ceux d'Europe. 11 y a beaucoup de tarentules regardées comme venimeuses, quoique pendant tout le séjour de l'armée du Chah dans ce pays , on ne puisse citer une seule morsure.

AntiquïtéB. Outre les ruines de Gioarjan,snr la rive gauche du Gourghan, et quelques autres, tellesqueï*éroz,DaschtaIghi,Schuhreck,etc.,on trouve à chaquepas des restes d'aqueducs etde canaux d'irrigation, qui attestent l'ancienne civilisation de cette contrée ; les flancs des montagnes sont entièrement garnis de terrasses. Mais le

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monument le plus digne d'attention, c'est la muraille de Kizil-Alland , qui suit la rive droite du Gourghan à une distance d'à peu près une demiheure. L'origine de cette diuraille est encore un problème à résoudre , on en ignore aussi l'étendue; quelques auteurs l'attribuent à Iskender- Dhoul , Carnéin I^'', que quelques-uns identiûent avec Djemchid , qu'il ne faut pas confondre avec Iskender ou Alexandre de Macédoine. EUe était sans contredit destinée à arrêter les incursions des nations hyperboréennes.

Dans la suite , Nouchervan l'aurait fait continuer ou réparer ; elle est appelée par les historiens arabes .Scrf(/-/ai^'ioM/' M Madjiouj^ et connue dans nos histoires sousie nom de GogetMagog(l). Élevée entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne, elle se prolongeait au delà de cette dernière eu tirant vers l'Orient, ce qui fait penser à M. d'Herbelot que c'est la continuation du même mur qui sépare la Cbîne d'avec la Tartarie. C'est aus

( 1 ) Le prophète Ezéchiel désigne par Gog et Magog iea peuples ennemis des Juifs, et qui les ont persécutés du temj» des Machabées. Uans l'Apocalypse, Gog et Magog sont pria en gàiéral pour tous les enaemi§ de l'Église.

On lit encore :

Mi^g I", second fils de Japhet et petit-fils de Noë. Ou croit qoe c'est de lia qne sont descendiis les Gètes, les Soytkca et la Maasagites (Diomanaiiie de l'Ecriture Sdnte» 1804).

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340 RELATIONS DE TOITAGES

voyageurs à décider cette question. Ce qu'il y 9 de certain , c'est qu'il existe encore des traces d'anciennes murailles de briques dans le Caucase; les troupes russes les ont plusieurs fois remarquées dans les montagnes du Daghestan.

Au dire des habitants , leur origine se perd dans la nuit des temps.

Pour ce qui regarde la muraille sur le Gourgfaan, elle commence à la mer Caspienne , re^ monte le cours de la rivière jusqu'à sa source , et se prolonge, comme l'assurent les Turcomans, jusqu'à Samarcande. Dans son état actuel , elle n'offre pas un rempart continu ; tantôt elle est élevée de huit à dix pieds , tantôt elle est au niveau du sol ; mais partout la ligne en est bien évidente. Elle a été ouverte en beaucoup d'endroits par les Turcomans, etc'est par l'inspection des parois de ces ruptures , que l'on voit qu'elle est construite en briques cuites; ces briques sont carrées et ont environ cinq à six verschoks. De quarante en quarante minutes, on remarque des tertres élevés et carrés dont chaque fl^nc a environ cent-cinquante pas ; ces redoutes sont accolées à la muraille et s'avancent vers le Gourghan.

Derrière la muraille de Kizil-Âlland, se trouve une autre suite d'éminences qui lui sont parallèles , mais elles sont moins élevées et souvent

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EN OniENT. Ml

peu remarquables. L'interralle sert de grande route aux Turcomans; mais il y a tout lieu de croire que, dans les temps florissants de Giourjan , cet espace entre les deux murailles serrait de canal pour conduire l'eau nécessaire à l'irrigation des champs situés derrière le Gourghan, et auxquels les eaux de la rivière ne peuTcnt atteindre, à raison de la profondeur de son lit. Ce qui donne à cette conjecture un grand degré de vraisemblance, c'est qu'il y a plusieurs fossés ou canaux qui viennent aboutir à angle droit à la muraille qu'ils coupent à l'endroit de la jonction. Mais pour que l'eau pût parvenir sur les plaines au delà du Gourghan , il était nécessaire de l'amener de très-loin , car tous les affluents de ce fleuve sont très-profondément encaissés. A l'endroit appelé Dough où le Scbilzlezi se joint au Karaoul-Tcbaî , on voit les traces d'un large canal qui va dans la direction du Gourghan; plus loin, près de la jonction du Karaoul- Tchaï avec le Gourghan , le même canal reparait.

Sur la rive gauche du Gourghan , la vallée, étant basse et large, est traversée par un aqueduc égal en hauteur au rivage opposé qui est trèsescarpé ; cet aqueduc a trois cents pieds de longueur. 11 faut qu'il y ait eu autrefois un pont sur la rivière , car on aperçoit dans cet endroit beau*

jM,Googlc

343 RELATIONS DE TOTAGES

coup d'ouvrages adossés au mur de Taqueduc et au-dessous ; sur la rive droite, le cariai recomnience et ne se termine qu*à la muraille de Kizil-Âlland.

Prèsdes ruines de Giourjan, qui ne présentent que des terres recouvertes d'herbes et de ronces, s'élève la tour isolée de Goumbeti-Kaous, attribuée à Kaous , qui gouvernait le pays dans ses plus beaux jours , vers la fin du X' siècle. Cette tour à angles saillants, est construite en briques très-artistement disposées, un peu dans le style de celles qu'on voit dans les ruines de Rhey (1), et porte des inscriptions en lettres antiques. La première de ces inscriptions est audessus de la porte d'entrée et entoure l'édifice; l'autre est au bas de la corniche extérieure du dôme, et embrasse également la périphérie de la pile. L'intérieur de la tour est vide jusqu'à la voûte, où il n'y a qu'une seule petite ouverture. Le toit, qui se termine en cône, est de tuiles vertes. Celte tour est assez bien conservée ; il n'y a que la partie inférieure qui ait été endommagée ; on assure que c'est Nadir (2) qui essaya de la détruire dans un accès de colère.

(I ) L'ancienne Raya, donton voï les ruines jwès de Téhéran. m roy. page 846.

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Tepéfi (1). Dans la plaine située entre les montagnes et le désert , se trouvent beaucoup de tertres appelés tepés ; ils sont placés de distance en distance dans ces plaines uniformes. Les Turcomans s'eii servent pour désigner les dislances, presque tous ont des noms; on en compte soixante-deux jusqu'à la lisière du désert, qui commence à trois agachs (2) au nord de l'Attrek; on en ignore l'origine, mais ils sont tous antérieurs à l'arrivée des Turcomans dans la contrée. L'opinion commune est qu'ils ont été élevés du temps du règne de Zoroastre.

Coup d'œil historique. Le Giourjan avec le Mazanderan et une partie du Ghilan formaient l'Hyrcanie des anciens. Ce sont des lieux illustrés par les hauts faits deRoustan; on montre encore aujourd'hui la montagne auprès de laquelle ce héros aurait combattu Afraziab, roi

(1) Les Tepés sont communs dans l'Inde, dans la Bactrîane et la Mésopotamie : ce sont les tumuli des^anciens Grecs, des Pelasges et des Celtes. Tous les tumuli qui ont été ouverts en Orient ou en Occident renfermaient des cendres, des débris de sacrifices, ou quelques armes grossières. Ce sont évidemmeotles tombeaux des hommes des premiers âges. (Note de M. Texier.)

(2] Agacb (arbre) ou farsang, mesure itinéraire en usage en Perse ; elle équivaut à une heurede marche pour un cheval au pas. C'est la même mesure que le saot ou heure des Tuicj.

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3U RELATIONS DE TOTAGES

de Gouran; cette montagne porte le nom de Nil-Kouh, et se trouve au débouché de la vallée du Karaout-Tchai. On fait remarquer une grotte qui a servi , dit-on , d'écurie au fameux cheval de Roustan.

Sous le règne de Soleiman-Abdoal-Malek , septième calife de la maison des Ommiades, le Giourjan tomba entre les mains des Arabes. Ce fut Jézid-ebn-Mahleb , qui se rendit maître de la ville et de tout le territoire, après avoir chassé SavéetFîrous, qui y régnaient conjointement.

Pendant les troubles auxquels la Perse fut en proie , à l'époque où les familles Déilemis et Zémonies se partageaient l'empire, cette province passa avec d'autres, situées sur la mer Caspienne, sous la domination de Shamghour, qui eut pour descendant le célèbre Kaous ou Kabous, fils de Vasch-Meghir. Ce prince est connu dans l'histoire persane comme un savant et un poète; sa mémoire est surtout révérée à cause de l'hospitalité qu'il exerça à l'égard de Fahri-Doviet de la race des Bouîades, persécuté par ses frères, alors tout puissants auprès des califes. Pressé par eux, Kaous aima mieux abandonner ses états , que de leur livrer son hôte, et alla se réfugier avec lui à Richapour. C'est pendant son exil que la peste, suivant les historiens persans, ravagea le Giour-

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jan , et enleva toute la population d'Âstérabad, qui eu était alors la capitale, vers la 60 du X' siècle. Rétabli dans son autorité, il n'en jouit pas long-temps , et fut forcé d'abdiquer en faveur de son fils Manon-Tchar, qui à son tour fut obligé de plier devant les armes victorieuses du sultan Mabmoud-de-Gazneïn.

Le Giourjan passa successivement sous la domination des Seljiouks y des Mogols de la race de Tcbinghez, et enûn sous celle de Seïmour, qui prit d'assaut la ville de Giourjan et la détruisit. Le Giourjan n'eut plus de villes importantes, mais il abondait en villages ; on le connaissait même sous le nom de Déhestan , ou pays des villages.

La province se releva un peu sous le règne des Séfeviés (1), surtout lorsque Abbas-le-Grand eut transporté , dans le Khorassan , beaucoup de tribus turques et kurdes, pour en garder les frontières contre les Turcomans qui déjà exerçaient leurs ravages. Cet élat de choses ne dura pas longtemps ; la situation précaire de la Perse , déchirée par la guerre civile, permit aux Turcomans degagner du terrain ; les tribus turques et kurdes

(1) Séfeviés ouSofis, dyaastie qui a régné sur la Perse d&puis l'an 1514, époque de l'aTéDenient d'Ismaél, oeveu de de Scheik Séà, jusqu'en l'année 1722, où la Perse fut envahie par les Afghans. {Ifote de M. Texier).

rmn-n-.;Goog\c

se retirèrent dans le Khorassan , en leur abandonnant peu à peu le pays situé au delà des monts Elboarz. Les Kadjars quitlèrent Âkkalé, près du Gourghan^et se renfermèrent à Astérabad.Korré- Kalé, Kbadje, Kalelî, et la vallée du Gourghan, furentcompIétementévacués.C'estvers ce temps aussi que les villes jadis florissantes d'Abiverd, de Nissa, de Méhoum , de Douroum ou Hamavéran, furent entièrement dépeuplées; les Turcomans Tekkés capturèrent une partie des habitants, l'autre se retira avec les Kurdes , qui avaient oc^ cupé ces contrées depuis le temps d'Âbbas, à Boudjnourd, Sémoulghan, etc. La soumission da ce pays à Nadir-Chah , qui s'empara en même temps de Kfaiva et de Bakhara , ne fut que passagère , et finit à sa mort. Avant la guerre qu'il fit en Géorgie , Aga-Mohamoud-Khan occupa les plaines du Gourghan , en y exerçant d'borribles représailles sur les Turcomans qui avaient tué son frère Houssein-KouH ; Fetb-Ali Chah y vint aussi, il y a environ vingt années, mais il n'y resta pas longtemps.

Population. Le pays que nous venons de décrire est occupé par les Yamouths et les Goklans; les campemens de ceux-ci s'étendent depuis les sources du Gour^ban jusqu'à la lourde Goumbeti-Kaous; les vallées de Tchinder et du Sound, avec le fort de Korré-Kalé, leur appar-

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tenaient également ; maig, depuis Témigration à Khiva d'une partie de ces nomades, ces lieux sont, dit-on, sans occupants. Les Yamouths campent depuis la tour de Goumbeti-Kaous jusqu'à la mer Caspienne, dont ils occupent le littoral depuis Âkltalé jusqu'au-delà de l'embouchure de l'Attreck.

Goklans. Ils se subdivisenten Dodourghas, comprenant :

Les Boniders, Rerrikhs, Kerkes, Karachours, Hérés , Kouch-Tchis , Ekefs, Medjmens, Désiagris, Saridjés, Koutcheks, Koutis , Sengrîghs, Yaugbâhs;

£t en Alghi-Dagklis, comprenant :

Les Kois , Ai-Derviches , Tchiakir-Begdelis, Karabalhans, Erkekis, Koukendjis, Souronis, Klzils,Keraofs, Yolonghis, Temeks, Yanghikets.

Les Yamouths ont quatre principales divisions , savoir :

La tribu Chéref.

Bairam-Tchouni.

Bairam-Chali.

Koudjouk-Tatar.

Ces quatre tribus descendent des quatre frères dont le père se nommait Yamouth, que tes Yamouths actuels regardent comme le chef de leur race.

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A. La tribu Chéref se subdivise en :

Djafus-Be^.

Balakà.

Elkji.

Bogbés.

Kinouil.

Da>edjëi

B. I^ tribu Bairam Tchouni.

Oghs. Eonicbmai:.

Attaa-Beys. Imirs.

Yelméa et Ket^hirmés. Macricks.

Doies. Idin.

Badrilu. Kontclub,

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