DES ESPAGNOLS
1393* — (i) Plusieurs habîlans de TAndalousie , de la Biscaye et du Guipuscoa forment une Association
à Séville, et, avec la permission du roi Henri 111,
(i) Il est clair que M. de Nararrete n'a pas jagé à propos de parler dans cette notice des entreprues maritimei des Espagnols dans la Méditerranée, car l'époque de ces entreprises est très antérieure à iSp}. Plusieurs expéditions partirent de Barcelone pour la Palestine en tog6»,en 1369 et en isgOfà ces mémo* rahles époque^t des croisades» En iTt4 et 1 1 iS , le comte de Barcelone, Hayniond Déranger III; son successeur en ii47 et 1148; le roi d'Aragon, Jacques I", en î2!iB,et tous ses successeurs, ]n«5qu*à la réunion du royaume tl Aragon h celui de Cnstilley en 1/^79 distinguèrent par la protection signalée qu'ils accordèrent à In marine et aux entreprises marltimeSi et par les expé» ditions qu'ils envoyèrent ou commandèrent quelquefois eux* mêmes contre les Baléares , les Régences barbaresques , la Sicile , Malte, Naples , la Grèce, la Sardaigne, Gènes, la Porte-Ottomane el la Castille. Mais il est une expédition, dans l'Océan atlantique , dont M. de Nayarrete ne parle pas ici , et sur laquelle le célèbre don Antonio de Capminv n. également gardé le silence dans ses Mémoires historiques de la marine , du commerce et des arts de Barcelone; c'est celle de Jacques Ferrer.
On trouve dans la troisième carte de VÂtieu eataUm du quinzième
34o NOTICE CURONOLOGIQiJË.
équipeiil une escadre de cinq navires, avec laquelle ' ik reconnaissent une partie de la côte d'Afrique et
les Ciiiidiics. (i)
éiiçle, pnliliée par M. J* A. Bnchon » le plasancten atlas coiiiiu, et qui fera partie do tome XII des NoHees et Mamuerits de la BiètiiH tkéque du Roi, que publie 1* Académie des Imtcriptions et Belles-
Lttucs, la première mention d*un voyage entrepris, en i346, par Jacques Ferrer, pour aller explorer les côtes de Guinée. A côté d'un vaisseau qui représente l'embarquement de ce yoj^agflur , Bout ks lignes suivantes :
« Pwtùh buter dk Jac Ferer per mar ai riu de ior td gom de « sen LmrtfU qui es a x de agost, y fâ en tan m eee xhjm »
Il est à regretter qu'aucun chroniqueur ^ que nous sachions du moins 9 ne nous ait transmis de détails sur la navigation de Ferrer y et qu'on ne rencontre» dans aocun historien , k moindre trace de ce Toyage» qui a précédé de vingt^neof ans l'expédition partie dn port de Dieppe , puisqu'elle n*a en lieu qu'en 1875.
M. Bachon rendu «n grand service à la géographie , en publiant 1 allas dont nous venons de parler, dans lequel se trouve l'indication d'une multifiulfi de faits et de situations topographiques entièrement inconnus jusqu'à ce jour. Il est donc évident que répoque des premières exploration^ maritimes des Espagnols doit être assignée à quannte-sept ans avant ceUe qu'indique ici le savant auteur de cette notice , qui ne peut avoi^ encore en cbn* naissance du précieux atlas dont la science doit la découverte aux inîatigablcs redierches diï laborieax éditeur été (ironiques /n»»
cuijts. ' ( Db V....L. )
(1) Cette expédition reconnut toute la partie de la côte d'Afrique située entre le tiente-quatiième et le vingt-neuvième degré de latitude nord, et ne perdit presque pas de vue la cdte jusqu'à ce qu'elle se trouva eu vue des Canaries» La première de ces Iles que virent les marins qqî la composaient ^ fut celle de Zaneente; avant d'y aborder, ils reconnurent tontes les antres. Les flammes et la fumée qui sortaient du volcan de TiiUriffe , leur firent lelle-
i4oa. — JeandeMethencourt, après avoir prêté serment de fidélité d'abord au même rdi Henri IQ , et pliis tard à Jean II et à la reine Catherine sa mère et sa tutrice , fait la conquête des iles Cqnaries, avec les secours qu'ils lui fournissent ; il envoie explorer la cote d Airique, jusqu'au Ruo dçl Oro (la Rwière d'Or), (i)
tnentpeur, qu'ils n'osèrent y prendre Ivigae, cl la nommèrent VÛe de l'Enfer, Ils retoomèrent à lancerote qa'ik saccagèrent en- ' tièrement. Tous ceux qui firent partie de cette ejipédîtîon revinrent en Espagne chargés de l)utin Ils rapportèrent à SévîUeune grande quantité de cire, d'aniraanx \ivaiis , de peaux de bouc et de bufÛe. lis demandèrent la permission de faire la conquête des Canaries, an roi Henri lU » qni, sans la leur lefiiser précisément ; ne la leur accorda pas.
Voyez, pour pins de détails «l'introduclaon de M. de Navarrete à celte collection , tome 1', page 6a ; les Coniques de Henri UI , de Lopez de Ayala et de Gil Gonzalez Dàvila ; les AnnaUt <fe Siville , d*Ortiz de Zurïiga ; Vffiatoire des Canard, de Viera , et celle de Benzoni; le Traite des navigations, du conseiller Galîen de Bethencourt, et VOrùU mariiimi^ etc,,Jiistoria de liarthélemy Morisot.
(Dfi V....I..)
(i) Les Canaries, connues des anciens sons le nom à* des For^ tundes, étaient restées inconnues et même presque oubliées pendant le long cours du moyen âge, jusque vers l*an layo, que les Génois, courant alors pour leur trafic toutes les mers du Levant» lurent les premiers qui se haRar<i(n ut dans l'Océan atlantique pour les retrouver. Leurs histoires tout mention de deux négo- <mmS| Thedisio Doria et UgoUno di Fmddo, qui partirent, en Tagi y pour les Canaries, sur deux galères, emmenant avec eux deux religieux de Saint-François; mais quand ils eurent passé le détroit de Gibraltiur» on n*eut plus de leurs nouvelles. Noos sommes d'autant plus étonné que M. de Navarrete n'ait pas (ait
34a NOTICE CHRONOLOGIQUE.
t49!i* — Christophe Colomb, parti de Pik»
( à août) , par ordre et aux dépens du Roi et de la
■wiitîoa dtnt ceiu notice d'une tipédîtîen fpk pvéeéda 4e on- ^Mnle*linit ens cdie de inewîre Jean de licthenconri, tiie de GteinvUle» qu'elle en éaûnenunent espagnole^ et que penomu ' n*eft plus jalons que èe stTant de publier et de rdiensser toutes
les gloires de sa patrie. L'expédition dont il s*agit , et que Benzoni raconte avec quelques détails clans son Traité des Canaries ^ fut entreprise en i344 P^i* Louis de la Cerda, comte de Clermont, petit*£lA de D. Alphonse de la Cerda, surnommé U iMtéM^ parce qn'iqnèa la mort de ion père D. Ferdinand de la Cerda, fila atné d'Alphcnue le Sage, 0 rêvait réettement été par rnanrpation de aon onde Sanche , depuis Sanche IV , lequel , en se faisant reconnaître anx États-Généraux tenus en 1176, à Ségovie, héritier dudit Alphonse le Sage, son père, au préjudice de ses deux neveux, puis, en s'emparant de la couronne en isâa, en avait dépoaUlé non seulement le Roi son père qui la possédait, mais encore les deux (ils de son frère ainé D. Ferdinand de la Cerda, qni Tnn et l'antre y aTaient droit avant loi. O. Lonia, avec la permisaion de D. Pèdre IV , roi d'Aragon, équipa deux Taisaeaux , et alla attaquer lea Hehlfana de la Gùmgm pour s'emparer de cette île; mais ses forces n'étaient pas suffisantes contre une population de sauvages trois fois plus uonibreuse que celle qui lui a successivement succédé depuis la civilisation des Canaries^ et il fut repoussé avec perte. Non rebuté par ce reyen , le même prince équipa dix ans après plnsîeora ▼aiaseanxt l^v* des troupe», et ae prépara i i|ller tenter la oon* quête dea Canaries. Le pape dément Y I le couronna même à A^gnon» en i346, roi de ces Qea, et cette entreprise le fit surnommer Xtnfimit de la Fortune; mais les invasions des An <^ lais , qui désolaient alors presque continuellement la France, appelèrent au secours de nos Rois ce prince qui était arrière-petit- fils de Saint-Lonis, et l'empêchèrent de mettre à exécution sa grande entreprise.
U n'est fiût mention d'aucun voyage aux Canariea juaqu'à celiit
Reine catholiques, avec trois caravelles^ touche aux
Canaries, découvre Tile de Sa/iSaluador, l'une des Lucayes ou des Ues Turques, et plusieurs autres îles dans cet archipel ^ aborde ensuite à celle de Cuba , dont il reconnaît toute là cùic septentrionale, jusqu'au-delà de las Nuewtas dei Principe, et visite égalemenL la parlic septcntrlunale de l'iie Espagnole (Saint-Domingue) , dont il examine un grand nombre de ports. A son retour, il aborde à Lisbonne , après avoir recomiu les Ues Tercères, et arrive, le i5 mars 1493, dans le même port de Palos, sept mois après l'avoir quitté, (i)
de x3y3, dont M. de Nav.irrete vient de parler dans l'alinca pi ccédent: il est cerlain cepi ndaiil qu'entre cette dernière expédition et celle de messîre Jean de Betheucourt , plusieurs voyages aux Canaries furent entrepris avec plus ou moins dé succès par dÎTert ayenturicrs, tant Francis qu'ËspagnoU ou Génoia ; mais lenrs expéditions furent de peu d'importance, et l'histoire vit nous a d'ailleurs conservé qu'en partie leurs nonu.
Le lecteur peut consulter, pour plus de détails, les autorités Citées daiis la note précédente, et de plus, Garibay , Mariana, Zurila , Valsingham , et IV rt de vérifier les dates, (De V. - . L. )
(1) Plusieurs écrivains ontckerclié à prouver que les Dieppois, dont le talent pour la marine était tellement connu dès le quinzième siècle et même dès le qpiatorzièrae, que des JËspagnols et des Por* tngais se formaient è leur école» et partageaient leurs expéditions» avaient découvert l'Auiérîque avant Christophe Colomb. Jusqu*à présent ees prétentions n'ont pas été accueillies par les savans , parce qu'elles u'étaient appuyées sur aucune pièce authentique. Un nouvel historien , dans une brochure in-i a , sur les Decou^'crtts faUes par les matins dieppou, oiierte en i8a5 à la Société des Antiquaires de JNormandie » croit être plus heureux que ses prédé-
1 493« — Le ménae^Calomb part de Cadix ( ao septembre) , découvre la plu» grande partie des Antilles ,
cessain. H ne se dissimule pas les difBcaltés qu'il a k vaincre, (ittis^ite tons les jonnuitx antognphes des marins dieppoia, déposés anz ardayes del'H6teKde>ViUe de Dieppe, ont été IirAléa en 1694 ff vais ^ défiMtt de ces témoignages authentique» ai puS" sans quHI ne peat invoquer , il puise ses autorités dans quelques auteurs du temps, qui doivent inspirer de la confiance par leur caractère et par leur naïveté, et dont on possède les mémoires manuscrits extraits de ces mêmes jour i^aux.
U réaalte de ces documens : i*, qa'on eapifaine dieppois , nommé Goosîn , guidé par les savantes conjectovea d*Qn antre dieppols appelé Descaliers on Dechalters, considâ^ par ses corn- ' patriotes comme le père de la science hydrographique , entreprit de grandes naTÎgatîons, et qa*î1 découvrit, en 1488 , Tembouchiire du fleuve des Amazones, d'oti il revint l'aiinée suivante, i sa ville natale, en touchant aux côtes de Congo et d'Aiidra; a*, qu'un certain Pinçon , commandant un des navires du capitaine Cousin, fut jngé après le retour et renvoyé du service de la ville, ponr avoir contrarié les projets de son chef, etptOToqoé même une insurrection. Ce Pinson serait*il le même que Tun des «rmateon de Palos de ce nom, qui accompagna Christophe Colomb dans son premier voyage, et qui équipa à ses finit quatre bâtimens , avec lesquels, parti de Palos le i3 novembre 1499 1 il dirigea vers rAîuérique, et aljorda à rtiiiboucbure de l'Amazone? C'est une question dont la «;oliition serait fort importante, et qui ne pourrait se décider qu'après des recherches heureuses dans les archives de Rouen et de Palos, Il est très pos* sible que le Pinçon dieppoîs ait abandonné sa patrie pour se retirer en Espagne, pai^nite du mécontentement qu*il aurait éprouvé de ta condamnation? L'identité de nom, la ressemblance de caractère, et la direction prise par le Pinçon de Palos, qui se rend en 1499 précisément vers le point même de l'Amérique que Cousin est dit avoir découvert lorsqu'un nommé Pinçon de
et spécialement la Dominique y la Guadeloupe ,
Marie Galante , Saint-Martin , Sainte-Croix , la Jamaïque , Puerto-Rico , recoauait de nouveau la côte septentrionale de Tile Espagnole y et une grande partie de la côte méiidiouale de Cuba, (i)
1498. —L'amiral Christophe Colomb £ait voile de San-Luear le io mai , pour un trobième voyage , et après avoir touché auxiles Canaries et à celles du cap Vert, il s élève à la hauteur de l'ile de la Trinité, reconnaît le golfe de Paria et le nouveau continent pour la première fois -, il sort par les Bouclies du Dragon (Bocas del Drago)^ et Toit l'île de la Morgue-rite, naviguant ensuite vers 1 ilc Espagnole , il y aborde sur la côte méridionale. (2)
' IliD- — I^es renseignemens parvenus en Europe, sur les découvertes de Colomb, déterminent llonso de Hojeda ou Ojeda à équiper, dans le port de Sainte-
Dieppe raccompagnait » rendent Traisemblable <m du moins possible que les deux Pinçon soient nn seul et même tndividn.
Nous n'avons point lu la brochure dont il est question dans cette note : nous en avons puisé le sujet dans un srtide des
Annales maritimes de janvier et février ïBi6 , p. 54 , dont l'auteur, M. de Blosseville, a accompagné, en qualité (renseigne de vaiss^u , M. le capitaine Duperrey, dans son voyage autour du monde, exécuté de i8a!i à 183 5. (D. L. R.)
(i) Il fut de retour à Cadix le it juin 14^4 » après neuf mois environ d'absence. ( Idem* )
(a) Arrêté à l'fle Espagnole, par ordre de BobadiUa , il est trans» féré en Espagne $ et arrive h Gidix au mois de novembre ou de décembre iSoo. ^ id^m,)
Marie , quatre navires avec lesquels il met à la voîle. Il
louche aux Canaries, par vieuL au nouveau continent , près de Téquateiir, suit en vue des cAtes , près de deux cents lieues jusqu'au Parîa; voit Teinbouchure dn fleuve Esecjuibo (Esequwo)^ qu'il appelle Hio Dulcc, dans la Guiane Hollandaise (1)90! YOrénoque ( Onnoco)'^ trouve des traces du séjour de l'amiral Christophe Columb à la Trinité^ reconnaît le golfe des Perles (go/fo de las Perlas) , l'île Margarîta {Marguerite)^ le cap Codera^ et continue sa navigation de port en port. U découvre les iles de Curaçao et toute la cAte de Venezuela , jusqu'au cap de la Vela, d'où il se dii Igt; vers le port de laquimo (a) dans l'île Espagnole* (S)
(i) Le fleuve Esecfiiiboy Essequebo ou Eacquivo qoi te jette dans l'Oeéan atlantique , à la hauteur de 7* de latitude N , entre roiubouchure du fleuve Démeraiy et celle du Wanba, a iioii seulement son enibouciiure dans la Guiane anglaise, mais encore tout son cours dans le territoire de cette province , dans laquelle il entre peu de lieues après avoir pris ses sources sur b frontièie de ia Guiane française et de la Guiane brésilienne, au pied des chaînes de montagnes ^Aeoway au S. , et de celles de Tumucucuraque k TE. , du 3** au 4** 49' environ de latitude N.
(DbV....l.)
(») C'est probablement le port nommé » par la plupart des géo> graphes t ^oie dAcfuia, et désignée sous ce titre sur toutes les cartes. {idem,)
(3) L*abbé fiandinî, dans sa ^''ita c leltere di némerigo f^espucei , etc., i vol. 10-4**., 174^» le père Stanislas Canovai , dans sa dissertation Del primo scopritore del continente del JNuovo Mondo , e deipiu aaliclù storici chc ne scHssero, Florence , 1809» in-B**»et
1499. — Peu de jours après le départ à'Hojeda, Per Ahnso Nino et Cristobal Guerra partent de Saltes avec une caravelle , et s'élèvent au vent de la province de Paria, où ils débarquent. Ils suivent la côte au nord, s'arrêtent à Tile de la Marguerite^ sur
plusieurs autres écrivains ont prétendu que le florentin Jméric Vespuce^ qui a enlevé à Clir. Colomb i'iioimeur tie donner son nom aa Nouveau-Monde y découvert par ce dernier, partit de Séville avec Bojeda, le 10 mai i497f ^® retour à Cadix
le i5 mai 149S. Or, comme dans ce Toyage le cootinent de rAmériqne fut ymié par les navigateurs de l'expédition commandée par Hojeda , si les dates élaient exactes , Améric Ves» puce ou plutôt Hojeda , l'aurait réellement découvert avant Chr. Colomb , juiist^ue celui-ci ne le trouva que dans son troisième ■voyage commencé à la fin du mois de mai 1498. Mais tous les historiens espagnols, parmi lesquels nous nous bornerons à citer Herrera et Muiios, qui avaient eu à leur disposition les journaux officiels déposés aux archives da gouyemement, sont onantmes pour affirmer que ce fut au mois de mai x499 Texpédiiion , commandée par Hojeda, dont Juan de la Gosa était principal pilote, et dans laquelle Amène Vespuee se trouvait sans aucun commancleuieut , mit à la voile de Séville ; et que son retour eut lieu au mois de mai i5oo. 11 est tiouc incontestable, d'après cette explication, appuyée de témoignages irrécusables , que non seulement Chr. Colomb découvrit le premier les lies de TAméirique, mais qu'il découvrit également le premier le vaste continent duquel elles dépendent. On ne doit pas s*étonner si H. de Navairete n'a pas inscrit Améric Yespuce au nombre des naviga-*' leurs qui ont fait des découvertes pour l'Espagne, d'abord, parce qu il n u pas eu riiitt ntiuii de les mettre tous, et ensuite parce que la première expediuuii que Vespuee parait avoir faite eu 1 496 , au service du Roi et de la Reine calboliques , ne produisit aucun résultat, et qu*ii n'eut dans la seconde, dont Hojeda MlX le chef, aucon emploi supérieur. (D. L. R.)
348 NOTICE GâRONOLOGIQUE.
la câte de Cunutna , et continuant leur roule j usqu audelà du port de Chirwichi (i), ils rerie&nent à Bayona de Calioe chargés de perles qu'ils avaient
El
1499. — La nouvelle de la découverle du nouveau continent siimuie également le zèle de FicerUe Yafkz Pinzùn, et le détermine à fÊOeûr de Pales avec quatre caravelles. Ayant dépassé les Canaries et les iles du cap Vert, il naTigue au sud-ouest, et il est le premier Européen qui , à cette époque , traverse Téquatenr par cette partie occidentale voisine des cotes de TAmérique« Le 26 janvier i5oo, il découvre la terre par le 8* degré de latitude sud, jusqu'au cap de San- AgiusUn {Saint^Au^ustiii) ^ il débarque, et prend possession du pays pour la couronne de Castille (a). Il retourne, en suivant les cples, jusqu'à la ligne équinoxiale^ découvre le grand fleuve Maraaon ou des Amazones^ continue sa route jusqu'au Paria ^ sort par les Bouches du Dragon , continue sa route jusqu'à Y Espagnole (Saint-Domingue) , et se rend de là aux Lucit^ es ; il est de retour à Palos à la fin de septembre.
i499* — U n'y avait pas un mois que Pinzon était
parti de Palos lorsque Diego de Lepe suivant ses
(t) Ce port, sîtué par le jo« S4' latitude nord» et 700 4s' de Icngîtiide occîdciitale dn méridîeD de Paris» se trouve à peu <le distance de Puerto^Caicilo , h i*extréimté méridionale du golfe 7yùt€. ( De V...L. )
(») f'ojrez la noie i , 1. 1, p. 3ii-3i3.
NOTICE GHRÛNOLOaiQUE. 349
traces , met à la voile dv\ même port avec deux navires. Il s'élève également au sud du cap de Saint- Augustin, qu'il double pour la première fois; il recoiiiiiiîl le fleuve 3I(u anori (des Amazones), s anéle au Paria, et touche, sans aucun doute , à Tile Espargnole , pour retourner de là en Espagne ; il lève et trace une carte de ses découvertes. Au mois de novembre i5oo , il obtient la permission d'en aller faire de nouvelles , avec trois caravelles ; mais on ignore s'il effectua bon projet , car il est certain qu'il mourut peu après en Portugal.
i5oo. — Rodrigo de Bastidas part de Cadix avec deux navires^ la première terre qu'il aperçoit est une petite ilé entre la Guadeloupe et la Terre-Ferme. Il recoiuuiît le golfe de f^eneziœla cl les terres voisines du cap de Coquivacoa (i)-, il continue ses découvertes depuis le cap de la Vêla, terme des découvertes antérieures , jusqu'aux côtes de Santa-Marta et au lio grande de la Magdalena (grand fieuve de la Magdeteîne) , et entre dans le golfe du Darien del JVortey et dans le port de Nombre do Bios, Les dommages que les vers causent à ses bàtimens lobligent de se rendre à la Jamaïque et à V Espagnole; il retourne de là à Cadix, vingt-trois mois après eu étie parti.
i5uu. — Le commandeur yiloiiso / elez de Men-
ti) Ce ca^, nommé aussi Cliiquibacoa par quelques géograjiiies, <ft situé à la pointe occû^entale du golfe de Venezuela ou Maraeuîbo y entre le fleaye Màcuire et le cap Faiso, ( Db Y. ..i*.}
35o NOTICE CHRONOLOGIQUE.
dûza part du Guadalquivir avec deux caraveUes, et va &ire des découvertes dans les mêmes parages que Yahez Pinzon et Lepe. Il obtient plus tard des capitulations pour entreprendre d'autres voyages de découvertes.
i5oo. — Pedro Aharez Cabrai part de Lisbonne le 9 mars de cette année, pour aller aux Indes orientales. Depuis les tles du cap Vert, il navigue tellement à Touest pour éviter les calmes qu'on rencontre dans les mers de Guinée, qu'il reconnaît, le %% avril, la rote du Brésil^ que Yahez Pinzon et Lepe venaient de découvrir ; mais il élend ses découvertes huit ou neuf degrés plus au sud. (i)
i5oo. — Gaspar de Cortereaf , gentilhomme portugais , parti pour découvrir, dans les mers du iNord , quelque détroit qui communiquât avec les mers de rinde, parvient au Go' degré de latitude septentrionale il pensait que dans la baie à laquelle on donna depuis le nom de haie d'Hudson^ il existait un détroit, qu'il appelle détroit d'Anian. Il retourne, pour le reconnaître, en i5oi*, mais on n entend plus parler de lui , ni de son frère Miguel de Cortereal,
(t) p. Alvarw. Cabrai était non seulement portugais de nation , aillai t|iip«;ee équipages, mais il naviguait pour le compte fin Portugal : il paraît donc assez extraordinaire de le voir compris parmi les navigstenn espagnols. La même observation s'applique au navigateur soÎTant, Gaspar de Cortereal* Au surplus, quels que soient les motifs qui ont déferminé M. de Navarrete, nous ik*aTons pas cru devoir rien clianger à cf qu'il a iait.
qui alla plus tard dans, les mêmes parages pour lâcher de découvrir quelle avait été sa destinée, (i)
i5oi. — Cristodai Guena entreprend à celte époque un second voyage. Parti de Cadix avec deux
caravelles, il arrive au Paria, reconnaît l'île de la Marguerite et la côte de Cuniana, et étend ses découvertes jusqu'à la province de Santa^Marta et de Cartagena de Indias (Carthagcne des Indes), Il retourne en Espagne avec beaucoup de bois de teinture (iras//), et des perles précieuses, qu'il avait obtenus dans ses trafics et ses échanges.
i5o3. — Ahnsifde Hojeda ^fvéfàre cette année un second voyage , et part du port de Cadix au mois de janvier, avec quatre bùtimens^ il se dirige vers le golfe de Paria, en passant par les Canaries et les îles du cap Vert ; il reconnaît Tilc de la Marguerite et toute la côte limitrophe vers Coro^ Maracaibo , rile de Curaçao^ BahiorUonda , jusqu'aux environs (lu cap de la Vela^ d'où il se dirige vers X Espar' gnole*
iSoa. — L*amiral Christophe Colomb entreprend son quatrième et dernier voyage avec quatre navires. 11 part de Cadix le 1 1 mai , et^ passant par les Canaries, il s'élève à la hauteur de la Martinique. Ayant vu plu-
(i) G. de CorierMl partit la première fois derUeTercèheponr déooa^r de noaveUeft tenrett» «Tec dcnx naviie» armés à sei^ frais , dit Anloiiio Galvaô, TnUmio dot tUmtrn » dênmymiat
mînhoiy etc. , et le pays qu'il décoirmt , ainsi qne son frère, re^ut
le nom de Terre des Cortereal ( Terra dos Corte reaes. )
3Sa NOTICE CHRONOLOGIQUE.
sieurs autres îles des Antilles el celle de PuertO'JUoo , tl se dirige sur Hle Espagnole; il reconnaît ensuite les cayes de Morante, les bas-fonds de la Vipère {el bajo de la fUbora) , la cdte méridionale de Cuèa, et rUe Guanaja, près du continent , qu'il côtoie depuis les environs de Trujillo jusqu'auprès de l'entrée du golfe de Darien; d'oii il passe au sud de Cii&Sy'et visite la Jamaïque ; il aborde au port de Santo- Domingo avant de s'en retourner en Espagne, (i)
t5o4- — t/uan de la Cosa (2) part avec quatre navires, pour aller découvrir la cote el le golfe de Urabà (3) 9 et y faire des éehangSs, et pour empêcher en même temps l'ëtabtissement des étrangers dans ces parages. U y retourne dans le même but en iSp^, avec deux caravelles.
1 5o6. — Juan Diaz de Solis et Viceiitr lanez l^irizon, poursuivant les découvertes de Tamiral Colomb^ se rendent aux îles de los Guanajos, au golfe de Honduras , au goUe Dulce el aux îles de Caria ^ el visitent une partie des côtes du Yucatan, -i5o8* — Les mêmes SoHs el Pinzon^ manbdes
(i) A son retour il aborda aaport de San-Iiiicar, le 7 noTembre
(3) Ce Juan de la Cosa était sans doute le même uavigatcur qui avait rempli les fonctioiis de pilote en chef dans IVxpédition ({ixSojedaûlLtn i499» (jn'HciTera appelle le véritable déooum» dtt Paria, et qui fut tué «n i5xo en combattant contre le§ Indienf.
(3) C*cst probablement Tile à'Oruha el les côtes de la Terre- Ferme <j«i sont dons les enTirons. ( De V...1..)
instructions du Roi catholique pour découvrir dans les mers du sud , et trouyer quelque détroit qui coih
duisît aux mers de l'Inde , partent de San-Lucar avec deux carayeiies. Parvenus aux îles du cap Vert ils se dirigent yers le cap Saint-Augustin^ et suivant la cote vers le sud, ils arrivciiL près du 40"" de^<é de latitude méridionale , et prennent possession, pour la couronne de Castille, de tous les pays qu ils ont vus.
i5i I . —Juan de^Agramonte, habitant de Lerida , fait une capitulation ayee le Roi catholique pour aller ^ étendre les découvertes jusqu'aux mers de Terre-
1 5 1 2. • — Juan Ponce de Léon , parti de Porto-Rico avec trois navires, navigue au nord-ouest, voit les îles Lucayes et découyre la Floride et sa côte orientale jusqu'au 8' de latitude nord. On reconnait dans ce voyage l'avantage qu'il y a ànaviguer par le canal de Bahamapour retourner en Espagne; et on visite les petites îles, les bas-fonds, les écueils et les canaux, qui rendent très difficile et très dangereuse la navigation dahs ces mers. D'autres Espagnols continuent, depuis, ces reconnaissances.
1513. — Fasco Nunez de Balboa part à cette époque du Darien, trayerse les chaînes escarpées de la Cordillère , et , parvenu au sommet , découvre la mer du Sud (i). U se prosterne en terre , rend grâces à
(i) Dans ses Observations sur Ut divUioa. hydrographique du 4aUhe, M. de Flenrien critiqae c«tte «ivgulière dénominadoii