‹ Relations des quatre voyages entreprisChapitre 16 sur 29 · Tome II. T n · texte numérisé non relu

Tome II. T n

Jeudi, 17 janvier.

Hier, au coucher du soleil , le vent se calma un peu; l’amiral fit à peu près, jusqu’à la fin du premier quart, quatorze ampoulettes (1) , qui ont chacune une demi -heure ou un peu moins, et il fila quatre milles par heure, ce qui fait vingt-huit milles. Il s’éleva ensuite un vent de bon frais , qu’il eut pendant tout le second quart, qui dura dix ampoulettes; après ce quart il s’en écoula six autres. Il parcourut, pendant cet intervalle jusqu’au lever du soleil , huit milles par heure , et fit ainsi pendant la nuit quatrevingt-quatre milles, ou vingt-une lieues, au nord-est-quart-est; jusqu’au coucher du soleil il fit quarante-quatre milles à l’est, c’est-à-dire onze lieues. Ici un fou ( alcatraz ) vint à la caravelle; il fut bientôt suivi d’un autre. On vit beaucoup d’herbe de celle qui est dans la mer. (2)

(1) On appelle ampoulettes deux petites fioles coniques en verre , remplies de sable très fin qui passe alternativement de l’une dans l’autre, pour mesurer le temps à bord des bâtimens. Elles sont hermétiquement jointes par leurs sommets.

Note extraite du Dictionnaire de Manne du vice-amiral Willaumez. (H- R R.)

(2) Il était à la proximité d’un bas-fond dont il passa à

quatre lieues , le laissant au sud. ( M. F. de Nav. )

DE CHRISTOPHE COLOMB. a9I Vendredi, 1 8 janvier.

Cette nuit il navigua par un vent mou à l’estquart - sud - est , et fit quarante milles , ou dix lieues; et prenant ensuite le sud-est-quart-est il fit, jusqu’au lever du soleil, trente milles, ou sept lieues et demie. Après le lever du soleil il navigua jusqu’au soir par un vent faible, tantôt est-nord-est, tantôt nord-est, et tantôt est, plus ou moins. Virant la proue quelquefois au nord d autres lois au quart-nord-est, d’autres fois au nord-nord-est, et comptant ainsi toujours l’un dans l’autre, il estima qu’il avait fait soixante milles, qui équivalent à quinze lieues. Il parut peu d’herbe en mer; mais il dit qu’hier la mer fut couverte de thons {atunes), et il crut qu’ils devaient de là aller dans les madragues du duc de Coml et de Caliz (a las almadrabas del duque de Coml y de Caliz). Un poisson qui s appelle frégate ( rabiforcado ) (i), qui tourna autour de la caravelle et prit ensuite la direction sud-sud-est, fit croire à l’amiral qu’il y avait

(i) H y a sans doute ici une erreur dans le manuscrit de 1 amiral, ou dans les copies qui en ont été tirées. On lit dans ces documens le mot pescado, mais on ne connaît aucun poisson appelé rabiforcado, et ce mot signifie frégate qui est un oiseau de mer. M. de Navarrete a fait cette observation dans un des volumes suivans. mE y.. L \

par là quelques îles; il dit que 1 île de Carib, celle de Matinino et beaucoup d’autres, étaient à l’est-sud-est de l’île Espagnole.

Samedi, 19 janvier.

L’escadre fit cette nuit cinquante-six milles au nord-quart-nord-est, et soixante-quatre au nord-est-quart-nord. Après le lever du soleil on navigua au nord-est par un vent de bon frais et d’est-sud-est ; il prit ensuite le rumb quartnord, et fila environ quatre-vingt-quatre milles, qui font vingt-une lieues. Il vit la mer couverte de petits thons; il parut des fous (alcatraces) , des paille-en-queue ( rabos de junco ), et des frégates [rabif or cados).

Dimçmche , no janvier.

Le vent se calma cette nuit ; il venait parfois des rafales (1); on fit en tout vingt milles au nord-est. Après le lever du soleil on fit onze milles au sud-est, et ensuite au nord-nord-est trente-six milles, qui valent neuf lieues. On vit une infinité de petits thons. L’amiral dit que l’air était aussi doux et aussi suave qu’à Séville

(1) L’original porte : ventaba unos balcos; M. de Navarrete pense que ce dernier mot est employé pour rdfagas, qui signifie coup de vêtit, souffle violent. On a traduit d’après cette observation. (D- L R)

DE CHRISTOPHE COLOMB. 293 aux mois d’avril et de mai. La mer, ajoute-t-il, était, grâces à Dieu, toujours bonne et unie; on vit en grande quantité des frégates , des damiers pardelas ), et beaucoup d’autres oiseaux.

Lundi , 21 janvier.

Après le coucher du soleil l’escadre navigua au nord-quart-nord-est par le vent est et nordest; elle fila huit milles par heure jusqu’à minuit, ce qui fit environ cinquante-six milles. Ensuite elle prit le rumb nord-nord-est , et parcourant toujours huit milles par heure , elle fit dans toute la nuit cent quatre milles au nordquart-nord-est (a la cuarta del norte de la parte del nordeste ). Après le lever du soleil l’amiral navigua au nord-nord-est par le même vent est, qui devenait quelquefois quart-nord-est, et il fit, en onze heures qu’avait le jour, quatre-vingthuit milles, qui équivalent à vingt -une lieues; en en ôtant une qu’il perdit , parce qu’il marcha sur la caravelle Pinta , qu’il aborda pour parler à Martin Alonso Pinzon. Il trouvait l’air très froid , et s’attendait , disait-il , à le trouver chaque jour de plus en plus froid à mesure qu’il avancerait vers le nord , et aussi parce que le rétrécissement du globe rendait les nuits plus longues (por la angosturade la sphera ) (1).

(i) Il paraît que Colomb a voulu indiquer, par ccs

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Plusieurs paille-en-queue ( rabos de junco ), beaucoup de damiers ( pardelas ) et d’autres oiseaux se présentèrent; on ne vit pas autant de poissons, parce que, dit l’amiral, l’eau était plus froide. On vit beaucoup d’herbe.

Mardi y 22 janvier .

Hier, après le coucher du soleil, on navigua au nord-nord-est par le vent est, frisant quelquefois le sud-est; on fit huit milles par heure pendant huit ampoulettes, dont trois avant le commencement du quart, et cinq durant ce quart : on fila ainsi soixante-douze milles, qui font dix-huit lieues. On fit ensuite, en six ampoulettes, environ dix-huit autres milles au nord-est-quart-nord; pendant quatre ampoulettes du second quart, on fila au nord-est six milles par heure, qui font trois lieues, au nordest. Prenant après ce trajet le rumb est-nordest, on fit jusqu’au lever du soleil, pendant onze ampoulettes, six lieues (1) par heure, qui équi-

expressions, la diminution progressive des rayons des parallèles à l’équateur, à mesure que l’on approche du pôle. Peut-être ce grand navigateur, qui se trouvait dans le Nouveau-Monde au mois de janvier, a-t-il donné pour cause du froid ce qui rend les nuits plus longues , et nécessairement alors les journées plus froides. (De R....l. ) (1) Il y a ici une erreur de calcul,, car chaque ampou-

DE CHRISTOPHE COLOMB. 295 valent à sept lieues; suivant toujours le rumb est-nord-est jusqu’à onze heures du matin, on fila trente-deux milles; mais alors le vent cessa, et on n’avança pas davantage dans cette journée. Les Indiens nagèrent; on vit des paille-enqueue et beaucoup d’herbe.

Mercredi , 23 janvier.

Il y eut cette nuit beaucoup de changemens de vents; l’amiral dit qu’après avoir fait tous les essais et pris toutes les précautions que les bons marins ont coutume de prendre et doivent prendre, on fila cette nuit au nord-est-quart-nord quatre-vingt-quatre milles, qui font vingt-une lieues. L’amiral attendait souvent la caravelle Pinta , parce qu’elle allait mal à la bouline et s’aidait peu de la misaine, le mât d’avant n’étant pas bon. Il dit ici que si son capitaine, qui est Martin Alonso Pinzon, avait eu autant de soin de se pourvoir d’un bon mât dans les Indes, 011 il y en avait tant et de si beaux , qu’il en eut de

lette durant une demi-heure, comme on l’a déjà dit, dans la supposition même que ce soit six milles par heure au lieu de six lieues, ce quvi est une erreur palpable, il résulte que dans les cinq heures et demie l’escadre a dû filer trentetrois milles, qui, à quatre par lieue, comme les comptait Colomb, font huit lieues un quart , et non sept.

( M. F. de Nav. )

se séparer de lui dans l’espérance de remplir d’or son bâtiment, il l’aurait mis en bon état. On vit une grande quantité de paille-en-queue ( rabos de junco ) et beaucoup d’herbe. Le ciel était partout chargé ces jours-ci, quoiqu’il n’eût pas plu; mais la mer était toujours, grâces infinies en soient rendues à Dieu, lisse et unie (muy llana ) comme une rivière. Après le lever du soleil on navigua une certaine partie du jour dans la ligne directe du nord-est, et on fila trente milles, qui font sept lieues et demie; le reste du jour on prit le rumb est-nord-est, dans lequel on fit trente autres milles, qui font sept sept autres lieues et demie.

Jeudi, 24 janvier.

Pendant toute cette nuit, à cause de beaucoup de changemens de vents qui survinrent, on fit au nord-est quarante -quatre milles, ou onze lieues; depuis le lever jusqu’au coucher du soleil on fila quatorze lieues à l’est-nord-est.

Vendredi , 2 5 janvier.

On navigua une partie de cette nuit à l’estnord-est pendant treize ampoulettes, durant lesquelles on fit neuf lieues et demie ; ensuite on fila six milles au nord-nord-est. Après le lever du soleil , le calme qui survint ne permit

DE CHRISTOPHE COLOMB. 297 de faire, pendant tout le jour, que vingt-huit railles est-nord-est, c’est-à-dire sept lieues. Les matelots tuèrent une tonina (1) et un immense requin, et l’amiral dit qu’ils en avaient grand besoin, parce qu’ils n’avaient plus à manger que du pain, du vin, et des ajes des Indes.

Samedi , 26 janvier .

L’escadre fit cette nuit, à l’est-quart-sud-est, cinquante-six milles, ou quatorze lieues. Après le lever du soleil on navigua tantôt à Test-sudest, tantôt au sud-est, et jusqu’à onze heures du matin on fit quarante-quatre milles. L’amiral vira ensuite de bord ; après cela on alla en ralingue ( anduvo a la relinga ) (2), et jusqu’à l’entrée de la nuit on fit , dans la direction du nord, vingt-quatre milles, qui font six lieues.

Dimanche y 27 janvier.

Hier, après le coucher du soleil, on navigua au nord-est, au nord, au nord-quart-nord -est, et on fit à peu près cinq milles par heure , ce

(1) Voyez la note de M. le baron Cuvier, pages 19 et 20.

(2) Andar d la relinga, aller ou tenir en ralingue, c’est,

à ce qu’il paraît , bouliner pour gagner le vent ; autrefois on disait aussi naviguer de bouline et d’orze ( navcgar de bolina y orza). (M. F. de Nav.)

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qui, en treize heures, fit soixante-cinq milles ou seize lieues et demie. Depuis le lever du soleil jusqu’à midi on fit, vers le nord-est, vingt-quatre milles, ou six lieues, et de midi jusqu’au coucher du soleil , on fit trois lieues est-nord-est.

Lundi , 28 janvier.

On navigua toute la nuit à l’est-nord-est, et on fit trente-six milles ou neuf lieues ; depuis le lever jusqu’au coucher du soleil on ne fit que vingt milles, c’est-à-dire cinq lieues dans la direction de l’est-nord-est. L’air était tempéré et doux; on vit des paille-en-queue, des damiers et beaucoup d’herbe.

Mardi , 29 janvier.

L’amiral continua sa navigation à l’est-nordest, et fit dans la nuit, par le vent sud et le vent sud-ouest, trente-neuf milles, ou neuf lieues et demie ; il ne fit que huit lieues pendant tout le jour ; l’air était aussi tempéré qu’en Castille au mois d’avril , et la mer très unie. Des poissons qu’on appelle dorades vinrent à bord.

Mercredi , 3o janvier.

Toute cette nuit on ne fit guère que sept lieues à l’est-nord-est; pendant le jour 011 courut au sud -quart-sud-est une distance de treize

DE CHRISTOPHE COLOMB. 299 lieues et demie. On vit des paille-en-queue, beaucoup d’herbe, et une multitude de thonines ( toninas).

Jeudi , 3i janvier.

On vira cette nuit au nord-quart-nord-est; on fît trente milles dans cette direction , et on en fit ensuite trente-cinq au nord-est, en tout seize lieues un quart (1). Depuis le point du jour jusqua l’entrée de la nuit on parcourut à 1 est-nord-est une distance de treize lieues et demie. On vit des paille-en-queue et des damiers.

V endredi , 1 er février.

On vogua cette nuit à l’est-nord-est; la distance franchie fut de seize lieues et demie : on suivit la meme direction pendant le jour, et on en fit vingt-neuf et un quart. La mer était toujours très unie, grâces à Dieu.

Samedi , 2, février.

On fit cette nuit , à l’est-nord-est , quarante milles ou dix lieues; le jour on courut, avec le même vent en poupe , sept milles par heure , de maniéré qu on fit en onze heures soixante-

(1) L’original espagnol ne porte que seize lieues, ce qui est évidemment une erreur du manuscrit ou du copiste.

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dix-sept milles, qui équivalent à dix-neuf lieues un quart. L’air est doux, et la mer, grâces à Dieu, lisse et unie, et si couverte d’herbe, que, si on ne l’eût pas pu bien distinguer, on aurait eu la crainte de courir sur des bas-fonds. On vit des damiers.

Dimanche , 3 février .

Naviguant cette nuit, le vent en poupe et la mer étant très unie, on fit, grâces à Dieu, vingtneuf lieues. L’étoile du nord parut très élevée à l’amiral, ainsi qu’elle le paraît du cap Saint- Vincent. Il ne put prendre la hauteur du soleil ni avec l’astrolabe, ni avec le quartier de réduction (i cuadrantef parce que la vague ne le lui permit pas. Pendant le jour il continua sa route à l’est-nord-est et à dix milles par heure : il fît vingt-sept lieues en onze heures.

Lundi y 4 février .

L’escadre navigua cette nuit à l’est-quartnord-est, faisant tantôt douze miîles.par heure, tantôt dix; elle franchit ainsi une distance de cent trente milles, qui font trente-deux lieues et demie. Le ciel était très couvert, chargé et pluvieux, et le temps un peu froid; ce qui fit dire à l’amiral qu’il savait qu’il n’était pas encore arrivé aux îles Açores. Après le lever du

DE CHRISTOPHE COLOMB. 3oi soleil , il changea de route et se dirigea à l’est ; il fit, dans toute la journée, soixante-dix-sept milles, ou dix-neuf lieues et un quart.

Mardi, 5 février.

On suivit cette nuit la direction de l’est pendant un trajet de cinquante-quatre milles, qui font quatorze lieues moins la moitié d une ; on fila dans le jour dix milles par heure, ce qui fit en onze heures cent dix milles, ou vingt-sept lieues et demie. On vit des damiers et quelques petits bâtons, signe qu’on était près de terre.

Mercredi , 6 février.

On navigua cette nuit à Test, et à onze milles par heure, on fit pendant treize heures de la nuit cent quarante-trois milles ou trente-cinq lieues un quart : on vit beaucoup d oiseaux , parmi lesquels un grand nombre de damiers. On fila pendant le jour quatorze milles par heure, aussi parcourut - on , dans le cours de cette jourpée, cent cinquante-quatre milles, ou trente-huit lieues et demie; de manière que, tant dans la nuit que dans le jour, on franchit une distance d’environ soixante-quatorze lieues. V icente Anes (i) dit que ce matin il laissait l’île

(i) Il devrait y avoir Yanez.

(M. F. DE Nav.)

de Flores au nord, et celle de Madère à l’est. Roldan dit qu’il laissait au nord-nord-est l’île de Fayal ou Saint-Grégoire ( San-Gregorio ) , et celle de Porto -Santo à l’est. On vit beaucoup d’herbe.

Jeudi , 7 février .

On navigua cette nuit à l’est ; on fit dix milles par heure, ce qui donne pour treize heures cent trente milles, ou trente-deux lieues et demie. On ne fit, dans le jour, que huit milles par heure; en onze heures quatre-vingt-huit milles , ou vingt-deux lieues. Ce matin l’amiral était à soixante-quinze lieues au sud de l’île de Flores, et le pilote Pédro Alonso, en naviguant au nord, passa entre la Tercère et l’île de Sainte-Marie; en naviguant à l’est, il passa au vent de l’île de Madère douze lieues du côté nord. Les marins virent de l’herbe d’une autre espèce que celle qu’ils avaient vue précédemment, et comme il y en a beaucoup dans les îles Açores ; ils virent ensuite une autre fois de celle qu’ils avaient vue la première.

Vendredi, 8 février.

La flottille ne fit cette nuit que trois milles par heure, et suivit d’abord pendant un moment la direction de l’est , et prit ensuite le rumb sudest-quart à l’est {a la quarta del sueste') ; elle

DE CHRISTOPHE COLOMB. 3o3 fit douze lieues pendant toute la nuit. Depuis le lever du soleil jusqu’à midi on ne fila que vingt-sept milles, et autant depuis midi jusqu’à la nuit; en tout treize lieues au sud-sud-est.

Samedi , 9 février .

On continua d’abord, à l’entrée de cette nuit, d’aller au sud-sud -est, et tant dans cette direction que dans celle du sud-quart-sud-est, on ne fit que trois lieues : on prit ensuite celle du nord-est, dans laquelle on fit cinq lieues jusqu’à dix heures du matin ; depuis cette heure jusqu’à la nuit on fit neuf lieues à l’est.

Dimanche y 10 février.

Après le coucher du soleil on navigua toute la nuit à l’est, et on fit cent trente milles, ou trente-deux lieues et demie; depuis le lever jusqu’au coucher du soleil , on filalheuf milles par heure, et on parcourut ainsi en onze heures quatre-vingt-dix-neuf milles, qui font vingtquatre lieues et demie et un quart.

Dans la caravelle de l’amiral, Yincent Yanes et les deux pilotes Sancho Ruiz et Pedro Alonso JVihOy pointaient la carte ( carteaban 6 echa ban punto ), ainsi que Roldan, et ils passaient tous sur leur carte beaucoup au-delà des îles Açores à l’est, et naviguant au nord, aucun d’eux ne prenait l’île Sainte-Marie, qui est la

3o4 PREMIER VOYAGE

dernière des Açores. Ils en étaient au contraire à peu près à cinq lieues en avant, et dans les parages de File de Madère ou de celle de Porto- Santo. Mais l’amiral se trouvait fort écarté de son chemin, étant beaucoup derrière eux, car cette nuit il laissait l’île de Flores au nord , et à l’est il allait dans la direction de JYafé ( iba en demanda a Nafe ) en Afrique, et passait au vent ( barlovento ) de l’île de Madère, du côté

du nord, à (i)fv , lieues; ainsi

donc ces pilotes étaient, d’après leur pointage, de cent cinquante lieues plus près de Castille que l’amiral . Il dit que dès qu’on verra terre, s’il plaît à Dieu, on saura qui calculait plus juste; il dit aussi qu’à son départ de l’îîe de Fer il fit deux cent soixante-treize lieues avant de voir les premières herbes.

On fila cette nuit douze milles à l’heure dans la même direction , et on fit ainsi , pendant toute la nuit, trente-neuf lieues; dans le jour, seize lieues et demie. L’amiral vit beaucoup d’oiseaux , ce qui lui fit croire qu’il se trouvait près de terre.

(i) Il y a dans l’original une lacune semblable.

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