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Mardi , 1 2 février.
L’amiral fît route à l’est, ne fila cette nuit que six milles par heure , et fit jusqu’au jour soixante-treize milles, qui équivalent à dix-huit lieues et un quart. Ici il commença à avoir la grosse mer et à éprouver la tempête, et il dit que si la caravelle n’avait pas été si bonne et en si bon état, il aurait craint de périr. Pendant le jour il courut onze à douze lieues, mais avec beaucoup de peine et au milieu de mille dangers.
Mercredi, i3 février.
Depuis le coucher du soleil jusqu’au jour, l’amiral eut à lutter contre l’impétuosité des vents et des vagues d’une grosse mer agitée par la tempête. Des éclairs partirent trois fois du nord-nord-est, et il dit que c’était l’annonce d une grande tempête qui devait venir de ce côté ou du côté opposé. Il alla à mâts et à cordes ( a arbol seco ) la plus grande partie de la nuit; il donna ensuite un peu de voiles, et fit environ cinquante-deux milles, ou treize lieues. Pendant le jour le vent se calma un peu, mais il augmenta bientôt, la mer devint terrible, et les ondes , qui se croisaient , ballottaient les vaisseaux ( atormentaban los navios ) ; on fit environ cinquante-cinq milles, ou treize lieues et demie.