INTERNE
a). Surtli-mutité.
La muioji rhez les sourds-muils.
Uu-Thu. (U viAnàe Ja vertu).
Bien pes.simiste est cette maxime de ce philosophe du Céleste-Empire et noua croyons, pour notre part, que Alessi (de Guattieri) fut bien inspiré de ne pas la suivre, quand se trouvant en présence d'un enfant aveugle-né et sourd-muet, il l'opéra de sa cataracte congénitale et lui donna l'usage de la vision.
Ces cas sont absolument exceptionnels, mais ce qui nous parait intéressant à étudier, ce sont les rapports de la surdimuUté avec la vision, les conditions de la vue chez les
sourds-muets et l'influence que ce troulile de la parole et de l'ouie peut avoir sur l'organe de la vue.
La surdi-mutité peut être rongéuitale ou acquise. Dans les deux cas, on peut observer divers troubles du cûlé des yeux.
1" Ces troubles peuvent dériver de ia surdi-mulilé, par ce fait que le manque d'exerdce de l'ouïe et de la parole, l'inactivité de ces deux sens, provoquant un état intellectuel spécial, retentiront sur la vision, empêcheront la fonction visuelle d'atteindre son complet développement.
2" L'absence congénitale de l'ouïe et de la [larole sont quelquefois sous la dépendance de causes qui peuvent ellesmêmes atteindre aussi l'organe visuel. Ainsi, la consanguinité des mariages peut quelquefois être l'origine, d'une part de surdi-mutité, d'autre part d'atrophie optique et de rélinite pigmentaire. On conçoit aussi que des troubles anatomiques développés primitivement dans les centres psycbo-sensorieis peuvent produire l'afEaiblissement ou l'abolition congénitale de la vue et de l'ouïe. Siebel a décrit des cas semblables et qui s'expliquent par un arrêt de développement des centres cérébraux. Dans le Irailé de Gruber on trouve cités deux cas d'arrêt unilatéral du développement des organes de l'ouïe et de la vue et plusieurs exemples du môme genre sont rapportées dans les traités de tératologie.
Au point de vue psycbologique, il y a lieu de différencier le sourd-muet de l'aveugle, si toulefois au point de vue sensoriel il est permis d'établir une comparaison entre ta vue et l'ouïe. L'aveugle, non pas celui qui est atteint de cécité congénitale, mais celui qui a une cécité acquise, pourra par une suppléance (onctionnelle physiologique ou pliysique développer et perfectionner, par exemple, le sens du lad, le sens musical, etc.; tous ceux en somme qui répondent aux besoins de la vie.
Quelle diflérence avBp le suuni et le sourd-muet ; chez eux la vision De subit pas cetle suppléiinre. relte liypeiexcitabilité que nous venons de voir. Le sourd Ut fur les lèvres, dit-nn. c'est vrai, mais ' cette attention visuelle n'est jias comiiariible aux données que fournît l'ouie et le tact aux aveugles. Du reste tout ceci se rattache à la psychologie pure et sort du cadre de notre étude.
Les conditions dans lesquelles s'exerce la vision chez les sourds-muets ont été l'objet de rares études : |)our quelques auteurs l'acuité visuelle et l'intelligence des sourds-muets seraient en rapport proportionnel. On a remarqué que, k nombre égal, les Iroubles de la réfraction seraient moins nombreux chez les sourds-muets que chez les individus dont tous les sens sont normaux ; la myopie serait ti-ês rare. Adler signale parmi les maladies oculaires des sourds-muets, la prédominance des aiTections de nature scrofuleuse : blépharile ciliaire, catarrhe conjonctival, kératites et opacités de la cornée.
Une statistique de Badal donne un continrent plus grand de maladies oculaires chez les sourds-muels . Il a pratiqué l'examen de deux cents sourd es- muettes de l'Institution nationale de Bordeaux : il a observé des lésions banales et vulgaires et d'autres troubles qui, au point de vue étiologique, paraissent avoir quelque lien rie parenté avec la surdité. Les troubles de rétraction étaient nombreux. D'autre part il remarqua une fréquence extrême des afiections profondes du tond de l'œil, fait qui s'explique par les relations étroites qui unissent l'œil aux centres uerveux. Le point de dépari et l'origine de ces troubles simultanés auditifs et oculaires parait être la fréquence des méningites constatées Ir^s -souvent dans les antécédents pathologiques des sourds-muets et qui retentissent sur l'appareil visuel. Sur ces 200 malades, 16 présentaient de la névrile ou de l'atrophie des nerfs optiques, 7 de la rélinite pigmentaire. Les premiers avaient eu des convulsions ou des
acciflenls m^ningitiques dans l'enfance, et consécutivement de la surdité, les seconds n'avaient eu aucune maladie du premier âge et la surdité chez eux datait de la naissance, Badal insiste itarliculièrement sur cette étiologie diflérente et sur l'induence de la consanguinité.
Lee, Schâfer .signaient également la iréquence de la rétinite pigmenlaire et des troubles de réfraction chez les sourds-muets (hypermétropie).
Enfin, on sait d'après les recherches de .lames que les sourds-muets ne seraient point sujets au vertige de rotation. A ce point de vue, Kreidl a examiné 109 enfants sourds-muets, en recherchant si, soumis à la rotation, ils présentent les mouvements compensateurs de l'œil. Dans la moitié des cas, les mouvements ont fait défaut.
En provoquant le « vertige galvanique » chez les sourds-muets, on a pu considéj'er que .ses" caractères étaient beaucoup plus atténués que chez des individus sains. A cet égard, Pollak a tait d'intéressantes expériences. On sait que chez les individus normaux, le courant galvanique dirigé à travers la tête provoque, sans exception, des phénomènes particuliers : vertige, inclinaison de la tête, mouvements des globes oculaires. La fermeture du courant amène une inclinaison brusque de la tète vers l'anode, l'ouverture du courant détermine le mouvement en sens inverse. Pour mieux observer les mouvements des yeux, Pollak a fait porter à ses malades des verres fortement convexes, de manière a supprimer l'accommodation en rendant la vision trop indistincte ; ces verres l'observateur. Toujours, le nyslagmus a été
servaient de loupe ii observé.
Or, chez les Si phénomènes
D sourds-muets examinés par l'auteur, ces vertige galvanique » ont fait défaut dans 24 cas, 14 autres ne présentèrent que l'un des deux phénomènes lypiques, soil mouvements des yeux, soit ceux de la tête. Il y avait doue là une anomalie intéressante k noter.
Les troubles nculaires rtans la sunïi-rautilé sont donc cités assez souvent pour qu'ils méritent d'appeler l'attention, et ils expliquent dans une cerlaîne mesure le défaut de suppléance sensorielle de l'organe de la vue chez quelques sourds- muets.
b.) Trouhkx oculnirm datix le verligr c( datix ta maladif île Ménih'e
Il existe, nomme cela est démontré, plusieurs sortes de vertiges, reconnaissant des causes dillérentes : le vertige auriculaire, le vertige stomiichal, le vertige oculaire, etc. Nous ne nous occuperons ici que du rôle que peuvent jouer les atïections labyrinthiques et oculaires dans l'éliologie du vertige.
Primitivement, tous les vertiges ont été rapportés à des troubles auriculaires et la théorie labyrinthique a régné seule sans conteste pendant longtemps. Les expériences de Flourens, de Cyon, et d'autres auteurs sur les canaux semi-circulaires, les travaux de Méniére sur le vertige, et ce fait clinique que beaucoup de cas de vertige sont accompagnés de bounionnements d'oreille et de surdité ont fait admettre que, dans la majorité des cas, ta cause de ces phénomènes avait son origine dans des lésions des canaux semi-circulaires. Aussi, il n'était pas surprenant de voir Gowers déclarer que sur 10 cas de vertige, 9 au moins dépendaient d'une alîeclion ilu labyrinthe ou des organes périphériques du nerf auditif, son opinion était basée sur les raisons suivantes : les lésions aigués du labyrinthe peuvent être accompagnées d'un vertige violent ; les atTeclions labyrinthiques à marche progressive présentent parfois parmi leurs symptômes des troubles vertigineux qui peuvent s'arrêter quand les progrès de l'alîection ont produit une surdilé complète; sur 103 cas de vertige, 94 ont été compliqués de trou-
Ijles iiudilifs, bourdoniiemenla ou wurdilé; beaucoup île malades présenlaient une diminution de la [lerceplion auditive |iar voie osseuse; enfin, comme nous le disions plus haut, les expériences de pliysiolopie ont moniré que chez les animaux la lésion des canaux semi-circulaires provoquent des mouvements vei'liKÎneux et des troubles de l'équilibre.
Toutes ces raisons semblent rationnelles, cependant on peut (aire certaines objections. Tout d'abord il existe des cas de vertiges bénins sans troubles auditifs, et des cas de surdité d'origine osseuse, sans vertiges. Au point de vue physiologique, on a démontré que la destruction ou la lésion des canaux semi-circulaires n'était pas la seule à produire des phénomènes vertigineux, mais qu'on pouvait obtenir le môme résullal en détruisant certaines parties du cervelet. Enfin il manque très souvent le contrôle de l'analomie pathologique et on sait que parmi les dix cas rapportés par Ménière, une seule fois on a (-onslaté une lésion de l'oreille interne.
Aussi la théorie labyrinlhique du vertige a été attaquée et on a tenté de donner d'autres explications de ce syndrome.
Woakes a fait intervenir la sclérose de l'artère vertébrale comme cause principale du vertige. Buzzard pense que le vertige accompagné de troubles auditifs est un phénomène bulbaire. D'autres auteurs (Gowers, Stevens, Davidson, Boyer, Mendel) font intervenir l'organe de la vue dans ces troubles de l'équilibre et ont décrit le vertige oculaire, rare, mais réel. Nous citons une observation de Boyer, de soi-disant vertige labyrinthique.
Mendel, de Beilin, consacre une longue et intéressante étude aux rapports du vertige avec l'organe visuel. II montre l'importance des troubles oculaires dans le vertige ; presque toujours c'est par des phénomènes du côté des yeux que le vertige débute : les malades accusent une diminution de la
ii'i une diaihése, la syphilis, rionl les oianifeslalions s'exerçaient simultanément sur deux oi^anes distinctâ.
On a signalé comme assez fn-quenls au cours de l'acci'S ou après, divers phénomènes oculaires, et en particulier l'hémiopie. avec diminution du champ virtuel, dans: le sens horisonlal, la vision de mouches vnlanles. la mydriase bilatérale. L'explication de ces faits n'a pas été. donnée : on peut supposer que les vaisseaux rétiniens, sous une influence nerveuse .'i laquelle doit nécessairement participer le sympathique, peuvent s'ischémier de la m^œe manière qu'il arrive prolialilemenl ditns les vaisseaux artériels île l'encéphale.
Quelques malades peuvent présenter pendant la durée de l'accès un nysta^mus oscillatoire qui disparaît à la cessation de l'accès.
Thomas Pooley rapporte un cas de maladie de Ménière accompagné de névrite optique, mais le fait ne nous paraît pas Proliant, car le mal de Bri^'lit semble être en cause et les deux troubles oculaire et auriculaire relèveraient alors d'une même orifiine.
Enfin nous insisterons sur le fait suivant, U savoir que l'examen de l'œil peut servir pour faire un diagnostic différentiel du syndrome de Ménière d'avec une lésion cérébelleuse. Noos avons vu la fréquence des troubles oculaires au cours du vertige et en particulier du vertige de Ménière; quelquefois par leurs caractères particuliers joints à certains symptômes spéciaux, ils acquièrent une importance capitale, par exemple pour le diagnostic de lésions du cervelet. Il y a grandes présomptions pour une aOection de cet organe quand, à une démarche spéciale, <i des vomissements incessants, à une vive douleur occipitale, à un vertige permanent, se joignent des symptômes oculaires tels que le strabisme, le nyslagmus et l'amblyopie avec névrite optique.
oculaire, ooLammenl sur la distribution du sang dans les muscles de l'œil, et voici ce qu'il a constaté : les noyaux qui président aux mouvements des muscles oculaires reçoivent du sanj^ qui provient de l'artère cérébrale postérieure par de fines ramuscules terminales, dépourvues d'anastomoses ; il résulte de cette disposition que le moindre trouble de la circulation centrale se traduit immédiatement pai- un apport moindre de sang aux noyaux des muscles oculaires.
Tout processus pathologique se terminant par le développement d'un foyer dans le cerveau exercera une influence sur la circulation cérébrale et par conséquent sera accompagné de vertige, surtout lorsque ce foyer occupe les fosses cérébrales postérieures. En résumé, d'ai)rès Mendel, de Berlin, le vertige est un ensemble de symptômes déterminé par une altéi'atiun du sens de l'équilibre liée au mauvais fonctionnement des muscles oculaires. Ce fonctionnement peut être lui- mémo d'origine périphérique ou centrale. » Citons en terminant ta théorie du vertige labyrinthique, de P. Bonnier et les recherches extrêmement intéressantes de cet auteur sur les connexions arapullo-oculo- motrices .
La maladie de Ménière peut s'accompagner de troubles oculaires intéressants qui s'expliquent, si l'on se rappelle les causes du cum plexus symptomalique de Ménière, Il peut reconnaître en ellet comme origine : 1" une atlection cérébrale; 2^ une atlection labyrinthique ; 3" une action irrilalive provenant de l'oreille moyenne. Or, nous savons que nombre de maladies de l'oreille moyenne, otites aiguës, chroniques, otorrhée, avec ou sans complications cérébrales, peuvent déterminer des troubles visuels. Nous ne considérons pas le cas de Knapp où un vertige de Ménière coexistait avec une iridochoroidiLe syphilitique, comme se rapportant k noire sujet et comme influence d'un organe sensoriel sur l'autre ; il y avait