‹ Relations entre les maladies de l'oreille et celles de l'oeilChapitre 11 sur 16 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Iinitortance de rexamen de r«eil d&m les maladies de l'oreille

Cet examen comprend les sif^nes fournis ; 1" pnr l'aspect extérieur de l'œil ; 2" par l'examen ophtalmoscopiqiie.

1° Extérieurement, l'œil peut présenter un grand nombre de signes qui doivent attirer l'attention du côté du cerveau et qui. dans le cas de maladie de l'oreille concomitante, indiquent la relation morbide qui existe entre les deux organes. Ainsi, l'inégalité pupillairo, l'exoiltilis, le ptosis, les paralysies des muscles du globe, etc., pourront faire songer à une phlébite ou à une thrombose des sinus, à une méningite, k un abcès du cerveau consécutifs à une suppuration otique.

L'examen de la fonction visuelle, l'hémianopsie seront, dan,s les cas d'otite moyenne compliquée, d'un gnmd secours pour le diagnostic de la nature et du siège de la complication. L'hémianopsie, en parliculier, qui est due à l'inlerruplion des fibres blanches qui vont du corps genouiilé externe à la face interne du lobe occipital, indiquera le siège de l'abcès k la partie postérieure du lobe sphénoîdal.

Le nystagmus est un symptôme assez fréquent dans toutes les afleclions des diSérents segments de l'organe audilif (lavages du conduit, olite moyenne compliquée ou non, otite interne).

Le bl^pharospasme s'observe f|uelquef(iis, en particulier daus les maladies du conduit.

Enfin la kératite, l'iriilo-choroidite, et d'autres troubles trophiques, indiquent une lé^^iun profonde du trijumeau qui se traduit également par des troubles auriculaires.

2" L'examen ophtalmusi-opique n'est pas moins important. Noua ferons observer qu'à l'aide de cet examen, l'œil peut être exploré dans sa totalité et directement, d'une manière beaucoup plus aisée que l'oreille interne, par exemple, qui, enveloppée dans une coque osseuse, inaccessible 'à l'examen direct, ne peut être étudiée que grâce à des procédés indirects, moins précis que les précédents.

L'importance de cet examen a déjik été bien mise en relief par Calmettes, en 1882. Nous rapportons ses conclusions qui sont encore 1res exactes. « Dans les cas de surdité nerveuse, dit-il, forme si fréquente chez les jeunes femmes, et dans laquelle prédominent les bourdonnements, avec perte de la perception osseuse et état négatif de l'appareil de transmission, il est très important de savoir à quelle cause immédiate est dû le trouble fonctionnel, et l'état de la rétine nous indiquera celui du limaçon, surtout au point de vue de la circulation. Il en est de même pour les snrdilés brusques d'origine syphilitique, où il se fait rapidement un exsudât dans l'oreille interne, et pour les traumatismes cérébraux suivis de surdité, etc. Quand les troubles observés n'ont pas leur cause dans l'oreille moyenne et externe, il est souvent bien difficile de déterminer si la lésion siiige dans l'oreille interne, le nerf ou les centres auditifs, Or, l'examen ophtalmoscopique permettant de constater certaines lésions encéphaliques, on pourra souvent déterminer si la cause de ces troubles est centrale, périphérique ou mixte. Dans les aftections de la caisse, il faut encore pratiquer l'examen ophtalmoscopique, k quelque période que

l'on Bô trouve, car même en l'absence île tous symptômes, il peut s'ôlre déjà fait u.ae proija^aliou aux centres aerveux. Cela est vrai pour l'otite moyenne suppurëe, aiguë ou chronique. .

En nous révélant la méningite ou les thromboses, dès leur apparition, l'ophlalmoscope nous permet ' encore de poser les indications de la trépanation. Le» lésions du fond de l'œil augmentant ou diminuant avec celles des méaingites, la marche des lésions méningées se révélera par celle des lésions rétiniennes, et c'est encore par l'étal de la rétine que nous pourrions juger de l'amélioration des lésions encéphaliques due k la trépanation.

Quand l'inûammation de la caisse se propage aux méninges, les lésions ophtalmoscopiques apparaissent d'abord dans l'œil correspondant, mais elles occupent cependant les deux yeux et sont quelquefois plus marquées dans l'œil opposé. De même, après la trépanation, c'est sur l'œil correspondant que l'amélioration commence h se produire, ii

Ou comprend l'importance de cet examen quand, au cours d'une otorrhée, par exemple, viennent se grefler certains accidents : céphalée légère, nausées. Ici, comme pour d'autres organes, l'opération exploratrice n'est pas de mise et l'aspect du fond de l'œil est un élément sérieux de diagnostic.

Il faut savoir que, malheureusement, cet examen n'est pas toujours positif, sinon le problème serait singulièrement simplifié, la solution semit résolue. 11 est des complications intracrânieunes des otites qui ne se révèlent par aucun signe ophtahnoscopique (ni œdème papillaire, ni atrophie, ni hémoi-rbagies ou exsudats); et dans certains cas, on a vu des issues mortelles, malgré un examen ophtalmoscopique négatif (Szeues).

Toutefois cette application de l'ophtalmoscope au diagnostic des maladies du cerveau consécutives à une allection de

Toreille est un excellent moyen de dissiper Tincertitude quand elle existe, et nous croyons que toutes les fois qu'on constate l'existence d'un œdème de la papille chez un otorrhéique, on doit trouver dans ce fait une indication d'intervenir chirurgicalement.

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