I. —DE LA MISSION DES MISSISAKIKS
“Nous joignons éétte Mission des Missisakiks à celle de Sainte-Marie du Sault, parce qu’elle en est comme une dépendance, et que c’est le même missionnaire
qui les a évangélisées toutes les deux.
Ce peuple, outre la pluralité des femmes, êtles superstitions qui lui sont communes avec les autres, est le plus fier et le plus superbe de tous ceux d’alentour. Cependant le P. Gabriel Druillettes y fut reçu avec toutes les caresses dont ces barbares sont capables. Ceux-là même qui avaierit un. plus grand nombre de femmes, aussi bien. que les plus i insignes jongleurs , furent les preïniers à e: venir saluer à leur mode aussitôt qu’il fut débarqué. En outre, les deux principaux d’entre eux, à qui le rang de capitaines de cette nation semblait devoir donner plus de fierté et d’orgueil, furent ceux dont Dieu se servit pour donner plus de vogue à la douceur et à l’humilité de l'Évangile. L'un d’eux, témoignant au Père la joie qu’il avait de sa venue, prit la parole, et lui dit : « Je ne sais pas, Robe noire, si, ayant si fort invectivé au Sault contre la pluralité des femmes, tu me verras de bon œil. Je viens par avance t’assurer
1, Missisakiks, ou Mississagués, Sauvages du bourg de Missisak, au nord du lac Huron, appartenant à la nation algonquine,
10 NALATION DEA ANNÜMHN 4072-1079,
qu'il n'y a pas longtemps quo je suls engagé dans co malhour, Mes liens no sont pas encore si forts que jo no los rompo aussitôt que tu auras fait bâtir ici uno Ogliso, Mes enfants sont déjà baptisés ; jo les aimo; c'est pourquoi jo les voux voir dans lo ciel où ‘eux qui prient soront à jamais, Prends courage, visilo toutos los cabanes ; inatruis mos oncles, mos frôvos, mos novoux, ot baptiso les enfants, » L'autre capitaine no céda pas à celui-ci en docilité, il alla même plus loin; cur, ayant fait un présent au P, Druillottes, il lo pria do rovenir le lendemuin instruire la jounesso qu'il assemblerait tout exprès, avec assurance que pas un no lui résisterait, « Je leur ai déjà parlé par mon exemple, dit-il, ot j'ai renvoyé une seconde femme que j'avais prise en considération de défunt mon frère à qui elle appartenait, »
Ces commencoments furent suivis du baptôme de vingt-trois personnes, entre lesquelles une moribonde, que le flux de sang avait épuisée, se rendit remarquable, Je trouvai en elle, dit le missionnaire, tant d’ardeur pour recevoir le baplôme, tant de résignation pour mourir, nonobstant qu'elle laissit quatre petits enfants orphelins, et qu'elle fût dans la fleur de l'âge; mais surtout tant d’innocence et tant de sincérité à me déclarer sa vie passée lorsque je la disposais au baptôme, qu’il semblait que Dieu l'avait choisie particulièrement pour le ciel.
Outre ce tres lo de lonir pot qu'on l’a vingt adu posée ava auprès de patrioles, s'examine déclarer | hors de c Druillette de Dieu, cœurs 10 y eût déji n'avaient :
consolé lo:
capitaines revenir au
Tous ces sens, avai manière se des missior
An co que jo ei uno aim ; ol où ir'age, , 104 autre it6, il ont au emain ut oxstoruit, t-il, ot rise on apputr-
me de morirendit naire, e résilaissil \t dans ence et le lorsait que e ciel.
MISMION DEN OUTAOUAIK, 79
Outre ceux qui reçurent le baptôme, plusieurs aures lo demandèrent, et, ne pouvant pas encore l'oblenir pour eux-mêmes, ils faisaient instances pour qu'on l'accordât à leurs enfants, La ferveur des vingt adultes, dont cette église était seulement composée avant que le Père ÿ alAt, a sans doute mérité auprès de Dieu ces effets de la grâce pour leurs compatriotes, Entre autres choses, leur exactitude à sexaminer pour la confession, et leur sincérité à déclarer tous les secrets de leur conscience, même hors de ce sacrement, consola extrêmement le P, Druillettes, ct lui fit reconnaître et admirer le doigt de Dieu, qui, tout seul, avait conservé dans leurs cœurs le véritable esprit du Christianisme, quoiqu'il y eût déjà longtemps que la plupart d’entre eux n'avaient vu de missionnaire. Il n’a pas été moins consolé lorsqu'il lui a fallu quitter cette Mission, les capitaines et les anciens l'ayant prié instamment de revenir au printemps pour continuer de les instruire.
ÎT, = Di QUELQUES MERVEILLES QUE DIEU À FAITES À SAINTE-MARIEÉ DU SAULT,
Tous ces peuples, qui ne se conduisent que par les sens, avaient besoin que Dieu les instruisit d’une manière sensible, non-seulement par la prédication des missionnaires, mais encore par la vue de quel-
que effet qui fût au-dessus du cours ordinaire de la nature. Les vérités de l'Évangile eussent été trop faibles si elles eussent été appuyées uniquement sur le raisonnement et sur le bon sens. Comme l'étude ét la politesse leur manquent, il leur fallait quelque chose de visible et de palpable pour faire impression sur leurs esprits. Quoiqu'il se trouve parmi eux des esprits aussi capables des sciences que le sont ceux des Européens, cependant leur éducation et la nécessité de chercher leur vie les a réduits à cet état, que tout leur raisonnement ne s’élève point audessus de ce qui regarde la santé du corps, l’heureux succès de la chasse, de la pêche, de la traite et de la guerre. Toutes ces choses sont comme autant de principes dont ils tirent toutes leurs conclusions, non-seulement par rapport à leurs demeures, leurs occupations et leurs façons d’agir, mais même pour ce qui concerne leurs divinités et leurs superstition, Ainsi, c’est une marque que Dieu veut tout de bon attirer à sa connaissance ces pauvres aveugles et esclaves des sens, puisqu'il daigne, depuis quelques années, employer sa toute-puissance dans la guérison des malades et opérer d’autres semblables merveilles pour leur fournir des preuves de la vérité de l'Évangile qui soient proportionnées à la grossièreté de leur esprit. C’est ce qu'il a fait cette année aussi bien que les autres. Pour éviter la longueur, nous n'avons choisi que quelques-unes de ces merveilles
parmi g sance di
Un pa guerrier!
truire a Dieu des douessi, treprise, non-seul velures encore, sept canc chargère espace dk magés, e retour, 1 et vinrer Leurs fe fierté et 1 les deux Dieu et à cette ban plus de de témoigna de voir « Mon fil d'urine s:
dant un
> de la é trop ent sur l'étude uelque ression eux des nt ceux la néet état, int aul'heutraite et > autant usions, s, leurs e pour titions, de bon gles et uelques à guéries merrérité de pssièreté ée aussi
Tr, nous erveilles
parmi grand nombre d’autres prodiges de la puissance divine.
Un parti de Chichigouek, composé de dix ou douze guerriers, avait eu la précaution d’aller se faire instruire au Sault, et de demander la bénédiction du Dieu des armées avant de marcher contre le Nadouessi, leur ennemi. Dieu bénit tellement leur entreprise, que, s'étant embarqués dans trois canots, non-seulement ils enlevèrent à l'ennemi treize chevelures et emmenèrent deux petites captives, mais encore, qu'ayant été, à leur retour, rencontrés par sept canots ennemis qui les environnèrent et qui déchargèrent leurs ftèches sur eux pendant un long espace de temps, ils n’en furent nullement endommagés, et pas un d’entre eux n’en fut blessé. A leur retour, ils racontèrent eux-mêmes cette merveille, et vinrent rendre grâces à Dieu de cette faveur. Leurs femmes et leurs enfants firent paraître leur fierté et leur zèle, amenant, le lendemain, à l'église, les deux petites captives, et leur apprenant à prier Dieu et à faire le signe de la croix. Le capitaine de cette bande, qui s'appelle Kamichisitis, parce qu’il a plus de doigts aux pieds que le commun des hommes, témoigna que ce ne lui était pas une chose nouvelle de voir quelque effet merveilleux de la Prière. « Mon fils, dit-il, était tourmenté d’une rétention d'urine sans espérance de guérison; il trouva cependant un remède efficace dans la prière que lui fit
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faire le P. Gabriel Druillettes. Cela m’a obligé depuis à n’avoir plus recours au soleil ni.aux songes, mais uniquement au grand Génie, maître des hommes et maître de la guerre. C’est de lui que j'ai attendu tout secours dans l’entreprise que j'ai faile. C’est à lui que j'ai offert cet hiver la tête des bêtes dont je faisais festin, et c'est lui enfin qui, lejour que j'ai tué ces ennemis, me fit dire à ma jeunesse dès le matin, qu'environ midi, nous arriverions au lieu du combat. »
Plusieurs autres ont ado une protéiéien non moins extraordinaire de Dieu, dans l’extrémité où la maladie les avait réduits. Dieu montre en cela une merveilleuse condescendance pour nos Sauvages de vouloir guérir leurs malades par la Prière, eux qui étaient entêtés jusqu’à la folie de cette erreur que la Prière faisait mourir les malades.
Une veuve, voyant un de ses fils travaillé depuis longtemps de fièvre continue, jointe à une dyssenterie et à un dévoiement d’estomac qui le mettait hors d'espérance de remèdes, prend le parti de le porter elle - même sur ses épaules jusqu’à l’église. Lorsqu'elle y fut arrivée, ce fut un plaisir de lui entendre dire à Notre-Seigneur, avec autant de confiance que de naïveté : « Jésus, vous êtes le seul qui pouvez tout, L'été passé j'étais engagée dans le libertinage , j'étais prête à mourir loin de l'Eglise; j'eus recours à votre bonté, et, tout d’un coup, je
qua sur la
me trou était arr ne pouv le bâton que dep sans ress mon fils suis résol fait un p sa second tous mes eut dit ce lade à pr grand éto ce jeune e mercier D Le zèle du Sauver la foi de c lades qui, trois jours.
grâces à I un ancien koueiak, C vant pas de joint à la fi rien faire,
é de- me trouvai guérie. Ma fille aînée, l'automne passé, gon- était arrêtée par un mal de jambes, au point qu’elle e des ne pouvait marcher; la Robe noire lui ayant donné 2e j'ai le bâton dont il se servait, sa guérison fut si parfaite faite. que depuis elle a marché avec beaucoup de liberté bêtes sans ressentir aucune incommodité, Ayez pitié de jour mon fils que je viens vous porter de bien loin; je inesse suis résolue de ne point céder aux instances que me ns au fait un parent de défunt mon mari de vouloir être
sa seconde femme. Outre cela, je vous promets que ection tous mes enfants croiront en vous. » Lorsqu’elle rémité eut dit ces paroles, le P. Druillettes engage le matre en lade à prier, et lui fait avaler de l’eau bénite: Au s Sau- grand étonnement de tout le monde, le lendemain Prière, ce jeune enfant vint à l’église avec sa mère pour re- He er- mercier Dieu de sa guérison.
Le zèle d’un bon vieillard à faire honorer la croix depuis du Sauveur, obtint sa récompense aussi bien que yssen- la foi de cette femme sauvage. Entre plusieurs ma-
ettait lades qui, après avoir prié à l’église les uns pendant de le trois jours, les autres pendant cinq, venaient rendre sglise. grâces à Dieu de leur guérison, on put remarquer de lui un ancien fort considérable de la nation de Kichkab con- koueiak. Cet homme, nommé Agouabami, ne troul qui vant pas de remèdes à un grand mal de reins, qui, le li- joint à la fièvre, le tenait attaché au lit sans pouvoir k lise ; rien faire, eut recours à l’eau bénite qu’on lui appli- À
p; je qua sur la partiv affligée en faisant le signe de la
croix. Quelque temps après, voyant qu'il manquait quelques pieux à l'entour de la croix, qui à été plantée à Sainte-Marie du Sault, d'où il arrivait qu’elle n'était pas assez respectée, il exhorte la jeunesse à faire celte réparation, puis, se sentant tout à coup guéri, il vient dans l’église avec de grands sentiments de reconnaissance remercier Dieu, qui l’avait si bien payé par avance du petit service qu’il avait lâché de lui rendre. C’est une chose certainement admirable de voir que Dieu ne dédaigne pas le peu que font ces barbares pour lui, et qu’à la moindre prière qu'ils lui offrent ou au moindre service qu’ils lui rendent, il soit libéral en leur endroit des effets les plus merveilleux de sa toute-puissance. Ille fait avec tant de bonté et tant de profusion, que souvent une seule famille expérimente plusieurs de ces faveurs extraordinaires. On le peut remarquer en quelques-uns des exemples précédents ; nous en ajouterons un dernier, où cette infinie bonté paraît encore avec plus d'éclat.
Le P. Gabriel Druillettes, faisant sa visite ordinaire le long du bas de la rivière sur laquelle la nation des Kichkakoueiak s'était cabanée, environ à une lieue du Sault, apprend qu’un jeune homme, fils d’un ancien chrétien nommé Messiben, a été surpris tout d’un coup d’un mal qui lui a enlevé tout sentiment et qu’il s’en va mourir. Le Père y accourt incontinent avec la sœur du moribond. Il prie Dieu
avec € vant P et qu'i rir. L perme le len pas de son att venait publiq de fair C'est de ce j de tous loigner où la p phytes q La se avait ad P. Drui ses part désespér rents le tu lui c reilles. »
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avec elle pour ce pauvre jeune homme, qui, ne pouvant parler, fait signe qu’il entend le missionnaire et qu'il souhaite le baptême avant que de mourir. Le Père l'instruit autant que la conjoncture le permet, le baptise, et retourne au Sault pour y dire le lendemain la messe aux chrétiens. Il n’espérait pas de revoir son malade en vie; mais, contre son attente, il l'aperçoit le lendemain à l’église, qui venait rendre grâces à Dieu de sa santé, et déclarer publiquement que le baptème donne la vie, bien loin de faire mourir.
C'est sans doute cette faveur qui a fortifié le père de ce jeune homme à ne point céder aux instances de tous ses parents et amis, qui le pressaient de s’éloigner de l’Eglise et d'aller demeurer à Kaentoton, où la polygamie et la jonglerie gâtent le peu de néophytes qui y demeurent.
La semaine suivante, une fille que cet homme avait adoptée fut réduite à telle extrémité, que le P. Druillettes la trouva au milieu du chemin où ses parents l'avaient laissée, comme entièrement désespérée. Le Père s'approche d'elle, mais les parents le repoussent et lui disent : « C’est en vain que tu lui cries, elle est morte; un mort n’a pas d'oreilles. » Le Père prie pour elle et lui jette de l’eau bénite; c’est tout ce qu'il peut faire pour lors. Quelques heures après il repasse et la trouve guérie, avec résolution de se faire instruire et baptiser. Depuis,
cette fille a résisté à un infidèle, qui offrait de grands
présents afin de la séduire et de la prendre pour sa seconde femme.
Cette libéralité de Dieu envers ces barbares, qui fait ressentir à plusieurs d’une même famille les effets merveilleux de sa toute-puissance, est jointe à une tendresse admirable à leur conserver ce qu’ils ont de plus cher. Les Sauvages sont extrêmement passionnés pour leurs petits enfants, et Dieu a semblé prendre un soin particulier d’un âge si tendre en le préservant de la mort, à laquelle il est fort sujet parmi ces nations. En effet, quelques anciens ont fait cette remarque, que, depuis qu’on a embrassé le Christianisme dans la nation des Kichkakoueiak, les enfants ne meurent presque pas; et que, pendant l’espace d’un an, il n’y en a eu que deux mort-nés; encore c’élait une punition de la mauvaise conduite de leurs mères. Un autre Sauvage du Sault, faisant le dénombrement des enfants qui étaient morts, trouva que c’étaient les enfants de ceux qui étaient attachés à la pluralité des femmes ou ceux de leurs plus proches parents. Ils s’en sont plaints eux-mêmes, et Dieu a voulu que ses propres ennemis rendissent témoignage de la protection particulière qu'il accorde aux chrétiens. « La Prière, disent-ils, nous nuit, en même temps qu’elle sert à ceux qui l’embrassent. Avant que cette Robe noire nous reprit d’avoir plusieurs femmes, nos enfants mouraient-ils
comme i est cause que-là, q faire con et de la soin part ceux qui de ce qui Outre beaucoup fait épro dans la g vation de toutes leu façon me uns ont ét autres ont cès de leu avons dit) ç dans leurs étant engag les eaux ot toute atten
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MISSION DES OUTAOUAJTS% 87
comme ils font maintenant? C’est assurément lui qui
de je est cause de leur mort. » La chose en est venue jusque-là, qu’il a fallu les réfuter publiquement et leur »s, qui faire concevoir que Celui qui est le maître de la santé seffets et de la maladié, de la vie et de la mort, prend un An soin particulier de ceux qui le servent et néglige ils ont ceux qui le négligent, ou même les punit par la perte nt pas- de ce qui leur est le plus cher.
sémblé Outre ces prodiges de la grâce, nous en smettons sert ll beaucoup d’autres de toutes sortes; car Dieu n’a pas rt sujet fait éprouver sa bonté à ces pauvres gens seulement ont fait dans la guérison de leurs malades ou dans la conser- : 123 ages 1 vation de leurs enfants, mais encore il l’a étendue à | | iak, les toutes leurs nécessités, auxquelles il a remédié d’une 1
façon merveilleuse par le moyen de la prière. Les uns ont été secourus dans l’extrémité de la faim , les autres ont obtenu un heureux et extraordinaire succès de leur chasse; d’autres (outre ceux que nous
onduite
faisant
thouts avons dit) ont été préservés comme miraculeusement ? LA L1 . ,
étaient dans leurs expéditions de guerre; d’autres enfin,
élant engagés dans des dangers évidents de périr, dans les eaux ou sous les glaces, en ont été retirés contre ‘| toute attente et contre le cours ordinaire des choses. vi | L'effet que ces merveilles ont produit sur l'esprit des ë Sauvages a été grand ; la Prière a été accréditée . parmi eux plus que jamais. Plusieurs jongleurs, touchés de Dieu, ont renoncé à leurs superstitions, dont ils ont déclaré publiquement la vauité et l’inutilité ;
RÉ
ils ont témoigné, au contraire, la force de la Prière, dont ils avaient vu et expérimenté les effets favorables. Le nombre des baptisés a été de cent âmes cette année 1673; aux années suivantes, il a été encore plus grand. Au dernier hivernement que le P. Drüillettes a fait avec les Sauvagesdu Sault, et en descendant ici-bas, il a baptisé lui seul jusqu’à -quatrevingt-quatre personnes.
Il ne faut pas croire cependant que Dieu ait donné ce succès à la prédication de l'Évangile, sans’ Île faire payer bien cher aux missionnaires ; et si il leur a donné cette consolation de voir un fruit si considérable de leurs fatigues, il a voulu que ces mêmes fatigues ne fussent pas médiocres, et qu’elles fussent quelquefois accompagnées de grands dangers. Le P. Henri Nouvel, qui a eu beaucop de part à la conversion de ces infidèles, y a pensé laisser sa vie ; son intrépidité seule la lui sauva, et fit tomber des mains d’un jongleur, à qui il s'était opposé, la hache que celui-ci avait prise dans sa fureur, et qu'il avait levée trois fois sur le Père pour le frapper. Peu aussi s’en est fallu qu’à deux fois le même missionnaire n'ait péri dans les eaux. Une fois, à la traverse de l’anse que l’on appelle de Saint-Joseph, où il disputi sa vie pendant un long temps contre les vagues qui, à tout moment, semblaient le vouloir engloutir. Le recours qu’il eut au chaste époux de Marie, dont ce lieu porte le nom, le préserva alors d’une mort qui
paräissai tiser deu et s'étant blait d'a orage fu les vents, main lui vin, qui ayant fait finavec E et il aper.
arpent de naître qu ‘l'engagea:
de tous le
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Cette M lation aux guère, pe
Prière, paraissait inévitable. Une autre fois, venant de bap- |
HVOrS tiser deux énfants qui étaient en danger de mourir, il
nes Ce D à! s'étant embarqué imprudemment (comme il sem- |
é ie blait d’abord), il fut surpris, loin du bord, d’un ul
?. Druil- orage furieux, et fut si fort pressé de tous côtés par
descen- les vents, la pluie et le tonnerre, que, le secours hu-
quaire- main lui manquant, il fut obligé d’implorer le Di-
| vin, qui lui fut plus favorable qu’il ne pensait ; car,
jf donné ayant fait un vœu à la sainte Famille, il aborda en-
s'le faire fin avec beaucoup de peine au lieu d’où il était parti,
il Jeur ÿ et il aperçut que la foudre y aväit abattu plus d’un
considé- arpent de bois; Dieu lui ayant voulu faire recon-
èmes f- D Laitre qu'il lui avait fait échapper un danger en
s. fussent ‘Vengageant dans un autre, pour le préserver enfin
TS. LeP. de tous les deux à la fois.
à la con- | vie ; son | les mains | | ache que | avait le-
Peu ausii CHAPITRE II
sionnaire averse de 1 disput œues qui, outir. Le , dont ce ort qui