‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 119 · Oussal chigan · texte numérisé non relu

Oussal chigan

i que je ir parle randent

pas tou-

e contre uX mois m’ait pu refait sa it par sa on hont à Dieu, ssespérer la sorte l ne lui mené des teu pitié ses filles

trer que le diable est un chétif esclave, et qu'il ne dispose en aucune façon de la vie des hommes, » Notre sauvage crut ou fit semblant de croire qu’il ne fallait se confier qu’en Dieu, et depuis ce temps je le reçus dans notre chapelle pour les exercices de la Prière. J'en donnais pour raison aux autres qu'il me promettait de renoncer au démon et de ne jamais plus l’interpeller, ni de faire festin en son honneur ; de son côté il les assurait qu’il me parlait sincèrement. Cet homme avait cela de bon qu’il veillait à ce que ces filles vinssent tous les jours prier Dieu dans la chapelle. Du reste la cabane de ce Sauvage était fort édifiante, il s’y trouvait douze personnes baptisées la plupart par le P. Allouez,

Le chef de la nation des Oussakis ‘ ne put jamais obtenir de moi que je le fisse prier Dieu. Vainement il me donna pour raison qu’on l’avait fait prier dans l'église du Sault-Sainte-Marie et à Montréal. Je lui répondis qu’on ne savait pas alors qu’il eût deux femmes. Ce n’était pourtant pas là son plus grand crime; car il faisait aussi l’entendu pour soutenir le parti du démon. J'ai eu plusieurs disputes avec lui sur ce sujet, dont la première eut un bon effet sur l’esprit des autres, et la dernière sur le sien. Comme j'entrais dans sa cabane, il me montra la chaudière qui

+ Oussaki, nation outaouaise ou algonquine des bords du lac Michigan,

27 Fa 1 ts Te Re ge APR LT RCE A 2 Er RENE TROT À

gré

était sur le feu, en me disant : « Je fais festin. — Voilà qui va bien, lui dis-je. Dieu ne défend pas de faire des festins. — Mais c’est au diable, me dit-il, que je le fais. — Je pensais, lui répartis-je, que tu avais de l'esprit, et que twétais un capitaine; mais puisqu'un démon te gouvêrne, je vois que je me suis trompé.» Il me répliqua qu’il n’y avait que le diable qui fut capitaine, et qui eût du pouvoir; que c'était lui qui tuait les hommes, qu’il me tuerait un jour comme il avait tué Jésus. Après l'avoir laissé proférer ses blasphèmes, je le priai de m’écouter, ce qu'il fit; je tâchai de l’instruire à fond et de lui apprendre d’où venait que les hommes mouraient et pourquoi Jésus avait voulu mourir et ressusciter. Il ne témoigna pas vouloir changer de sentiment, ce qui ne l’empècha pas de répéter aux autres ce que j'avais dit; ille fit même avec plus de fruit que moi. Car un des assistants ordonna à sa femme de me présenter ses deux petites filles, afin que je leur conférasse le baptême. Je différai toutefois d'accorder cette grâce aux enfants, jusqu’à ce que j'eusse vu dans les parents

une sincère affection pour le Christianisme. La der-

nière dispute que j’eus avec ce chef lui fut profitable : ce fut à l’occasion de leurs rêves ou imaginations idolâtriques. Il prétendit d’abord que j'avais tort de blâämer leur coutume. « Nous nous en trouvons bien, ajouta-t-il, et Jésus ne ’a pas dit de la décrier. Nous nous soucions fort peu que ce soit le

diable vons {a ce soit croyons tin, qui reux à | prises.

nous ré veux tir pour a n’as ja dernier Je lui ré fant; qu ce jeu à voir que autre, il puis que d'être ct aux Fran souvenir avait don docile, c Il avoua | du cœur après, a] offrait ce et à Jésu:

in. — pas de il, que vais de squ'un mpé.» qui fut lui qui comme rer ses I fit; je re d’où )i Jésus moigna lempêdit; ille des asnter ses le bapâce aux parents

profitaaginaj'avais n troude la soit le

a der-

diable ou Dieu qui nous donne à manger ; nous rèvons tantôt une chose, tan{ôt une autre ; et quoi que ce soit qui se présente à nous en dormant, nous l croyons que c’est le manitou à qui il faut faire fes- Lo tin, qui nous donne à manger, qui-nous rend heu- di. reux à la pêche et à la chasse et en toutes nos entreprises. L'expérience, au reste, nous fait voir que nous réussissons mieux que les Français; et, si tu veux tirer au blanc avec moi, je te ferai voir que, pour avoir rêvé, je sais mieux tirer que toi, qui n’as jamais rêvé aucun manitou. » Il insistait sur ce dernier point, et même avec une certaine insolence. Je lui répondis qu’à mon âge je ne faisais pas l’enfant; qu’autrefois, quand j'étais enfant, je jouais à ce jeu avec mes compagnons, et que je lui ferais voir que je savais tirer si, lui ayant un fusil et moi un autre, il faisait mine de tirer sur moi. Mais que, depuis que j'étais Robe noire, je ne me piquais pas d'être chasseur ni soldat; qu’il pouvait s'adresser | aux Français s’il avait envie de se battre. Cela le fit 44 souvenir des coups de poing qu'un Français lui ir avait donnés il y a quelque temps, et le rendit plus | docile, car auparavant il ne voulait pas m’écouter. Il avoua que j'avais raison, que ce n’était pas du fond | du cœur qu’il m'avait contredit. Et quelques jours | après, ayant fait un festin, il dit aux conviés qu'il CE offrait ce festin au grand Manitou, qui a tout créé, et à Jésus son fils, le grand Capitaine. Quelques se-

à di re Os ce GO Done,

maines après, il me pria de baptiser ses enfants et tous ceux de sa cabane. J’accordai cette grâce à sa sœur, âgée de dix-huit ans, à sa fille presque nubile, à son petit-fils et à deux autres filles adultes de sa cabane. Mais il n’obtint point de moi que je le fisse prier dans la chapelle, parce qu'il a pris une seconde femme depuis qu’il sait que cela est incompatible avec le Christianisme.

Je n’ai pas eu de peine cetle année avec les Sauvages ; persanne ne s’est fâché contre moi de ce que je décriais la fausse divinité du soleil, du tonnerre, de l’ours et d’autres semblables objets de leurs superstitions. On n’a pas trouvé mauvais non plus que je parlasse contre les festins superstitieux et contre les jongleurs. Je n'avais pas encore pu oblenir de ceux qui jeünaient, même quand ils le faisaient pour plaire à Dieu, qu'ils jeûnassent sans se noircir le corps ; mais cette année quelques enfants ont jeûné, comme je leur disais que je jeünais, ne mangeant qu’un fois par jour. On a fait aussi plusieurs festins d’esturgeons et d'ours, mais d’une façon qui me faisait bien espérer des adultes.

L'année passée je ne pus jamais obtenir qu’on renonçât à l’ours et à Missipissi qui est comme leur Neptune; mais, cette année, plusieurs y ont renoncé. Quelques-uns disaient aux conviés : «Je fais festin à celui qui à tout fait et non pas à Missipissi. » D'autres : «Je crois en Dieu seul et je renonce à

tous le

que je à Dieu festin s ger. » C phéma vres 56 propre et au se l’excuse ces faça n'ont u quand i divinités d'une n ce langa Je su dociles Chouskc mon in Dieu, q geons € sans in\ d’esturg leurs v en avai tèrent q que Mis

nts et e à sa ubile, de sa e fisse conde atiblé

s Sauce que nerre, rs suus que contre enir de t pour rcir le jeüné, ngeant festins ui me

[on reie leur noncé.

festin Dissi. »

once à

tous les autres manitous, et c’est pour cette raison que je vous fais festin.» Il y en avaient qui disaient à Dieu : « Je veux aller en guerre, et je vous fais festin sans autre dessein que de vous donner à man-

ger. » Ces façons de parler pourraient paraître blas-+

phématoires, si l'on prenait les paroles de ces pauvres Sauvages selon la signification qui leur est propre; mais ayant égard à ce qu'ils veulent dire, et au sens que les auditeurs leur donnent, on pourra l'excuser. Je m'étudie cependant à leur changer ces façons de parler injurieuses à Dieu, et dont ils n'ont usé què parce qu’elles leur sont ordinaires quand ils font un festin en l'honneur de leurs fausses divinités. Ils auraient cru ne point parler à Dieu d'une manière Ag s'ils n’eussent employé ce langage.

Je suis loin de penser que, si les Sauvages ont été dociles pendant les trois mois que j'ai demeuré à Chouskouabika, on doive l’attribuer à mes soins et à mon industrie; on doit en donner toute la gloire à Dieu, qui a béni la pêche et a fait trouver les esturgeons en abondance. Car les Sauvages voyant que, sans invoquer Missipissi, ils avaient beaucoup plus d'esturgeons qu’en toutes les années passées ; et que leurs voisins, qui faisaient des festins à ce dieu, en avaient moins que de coutume, ils me protestèrent qu’ils voulaient m’obéir, et qu’ils croyaient que Missipissi n’était qu’un esclave qui n’avait au- 4 ‘

cune puisssance. Ils m'encourageaient aussi à instruire leurs enfants; que pour eux, s'ils ne priaient pas, c'était parce qu’ils ne savaient pas encore les prières. Je tâchai de leur faire comprendre qu'il leur était facile de prier en disant quelques oraisons jaculatoires; que d’ailleurs il suffisait qu'ils m'écoutassent, et qu’ils se missent à genoux quand je leur disais de le faire; et ils y consentirent fort volontiers.

Après trois mois de séjour, je partis de Chouskouabika, avec un grand regret de tout le monde, principalement des dix adultes que j'avais baptisés, et des parents des neuf petits enfants à qui j'ai aussi conféré le baptème avec les cérémonies de l'Eglise,

Il. — DE LA MISSION D'OUSSOUAMIGOUNG.

Le P. L, André continue à parler de ses travaux.

Il y avait un mois qu’un village de seize cabanes s'était formé à Oussouamigoung ; je différai-pourtant d’y aller jusqu’au premier jour de carême, croyant que je ferais mieux d'achever d'instruire le petit troupeau de Chouskouabika. Dès que je fus arrivé à Oussouamigoung, les anciens me firent dresser une cabane et me témeignèrent que je les obligerais de demeurer quelque temps avec eux. Ils espéraient

que je donnât même

leur di

pour e Missipi:

abonda de festi ne parl pissi. J souvent qu’on 1 Celui q les festi non pas diable, | pauvres chose di prolesta l’'honne leurs po

Je n’e sincérité que plus j'en aur précéder

1, Poutc quince, vois

i à inriaient ore les e qui S Orai- , qu'ils quand nt fort

Chousmonde, aptisés, ai aussi Eglise,

que je parlerais à Dieu pour eux, afin qu'il leur donnât des esturgéons. Les femmes me firent la même demande, avec de semblubles instances. Je leur dis que ce serait en vain que je prierais Dieu pour eux, si l’on continuait d'offrir des festins à Missipissi; qu'à Chouskouabika il y avait grande abondance d’esturgeons, depuis qu’on n’offrait plus de festins à ce faux dieu. On me promit partout de ne parler qu’à Dieu et de ne point invoquer Missipissi. Je ne sais $i on m’a tenu parole. On a fait assez souvent des festins sans que j'aie eu sujet de croire qu’on les fit en l'honneur d’autre manitou que de Celui qui a tout fait. Les Sauvages m’assuraient que les festins de guerre étaient à l'honneur de Dieu et non pas du démon, selon leur ancienne coutume; le diable, il est vrai, y avait bien aussi sa part, car ces pauvres gens y mêlaient presque toujours quelque chose de superstitieux. Tous les Pouteouatamis ! me prolestaient bien qu’on ne faisait plus de festins qu’à l'honneur de Dieu, mais les Sauvages sont trop menleurs pour être crus.

Je n’avais pas pourtant de sujet de douter de la sincérité des filles; elles étaient si assidues à la prière, que plusieurs les savaient déjà en grande partie, et j'en aurais baptisé beaucoup plus qu'à la Mission précédente, si j’eusse pu demeurer encore un mois

1. Poutcouatamis ou Potowatomies, Sauvages de la languc algonquinc, voisins de la grande baie des Puants.

en ce lieu; mais ayant donné parole au-P. Allouez de me rendre à notre maison au comimencement de mars, je partis d'Oussouamigoung le sixième du même mois, quoique la goutte m’eût pris le jour précédent. Les anciens, ayant appris que je devais partir, vinrent me trouver pour me prier de rester encore avec eux. « À présent, me disaient-ils, que tout le monde prie, tu nous quittes. » Cela m’obligea de leur promettre que je les irais instruire quand ils seraient assemblés à Ouassatinoung. J'eus regret de quitter ce village sans pouvoir achever l’instruction des filles, ni même celle des enfants. Les jeunes gens venaient sur le soir à la chapelle pour prier, et la plupart venaient avec une sincère volonté, et témoignaient être persuadés que le rêve n’était qu’une folie. Ce qui servit beaucoup pour les désabuser, ce fut la chasse de l’ours qu'ils firent pendant que je me trouvais dans le village. Toute la jeunesse était en campagne pour dix jours. Ils avaient rêvé l'ours, et, selon leur rêve, le carnage devait être grand; on avait déjà même invité les voisins à se disposer à les venir voir pour manger de l'ours. Mais aucun des chasseurs ne réussit, cet on ne tua pas un seul ours. Îls ne pouvaient certainement attribuer ce mauvais succès à la Prière; car les Sauvages de Chouskouabika avaient eu trèsbonne chasse, et leur chef, avant que de partir, avait fait festin à l'honneur de Celui qui a tout créé, et de

Jésus 8 l'ours, cette ci dité de quelqu cette plusie Avant avec le ferai ta une ca eu que glise n soumet contrai ceux qt Quar l'occup vages & un peu de dixa été ex enfants Dieu; m'occu aussi P leur dé le corp

uez de ent de me du le jour devais > rester ls, que obligea and ils regret nstrucjeunes r prier, olonté, > n’était es désant penoute la rs. Ils arnage vité les

anger ssit, et certaire; car u trèsr, avait , et de

Jésus son fils ; ceux-ci, au contraire, avaient invoqué l'ours, à leur ordinaire. Je me servais souvent de cette chasse infortunée pour leur démontrer l’absurdité de leurs jeûnes et de leurs rêves. J'ai conçu quelque espérance de baptiser l’année prochaine, en cette Mission, plusieurs jeunes gens, ou du moins plusieurs enfans qui approchent de l'adolescence. Avant que de partir, je baptisai six petits enfants, avec les cérémonies ordinaires de l'Eglise, ce que je ferai tant que je pourrai avoir une petite chapelle et une cabane séparée de celles des Sauvages. J'avais eu quelque appréhension que les cérémonies de l’'Eglise n’inspirassent aux adultes de la honte de se soumettre au baptême; mais j'ai expérimenté le contraire, et j'ai vu que cela donne de la dévotion à ceux qu’on baptise.

Quand je fus arrivé à la maison, j’y trouvai de l'occupation. Depuis quelques jours, plusieurs Sauvages s'étaient cabanés à l’autre bord de la rivière, un peu au-dessous de nous, et avaient fait un village de dix-huit cabanes. Le froid du mois de mars, qui a été extraordinaire en ce pays, n’empêchait pas les enfants et les filles de venir me trouver pour prier Dieu ; depuis environ dix heures jusqu’au soir, ils m'occupaient. Ceux qui allaient à la chasse venaient aussi prier Dieu dans la chapelle, le matin, avant leur départ. Personne presque ne se noircissait plus le corps, et ceux qui savaient que je ne l’agréais pas

ne venaient point, ou se débarbouillaient avant de paraitre en ma présence.

Le 24 de mars, tous les Sauvages délogèrent pour s’aller cabaner presque à l’entrée de la rivière, afin de n'être pas loin de la baïe de Saint-Xavier, où l’on avait pris quantité d’esturgeons, avec des rets, sous les glaces. Le lendemain le P. Allouez arriva ici, du willage des Outagamis, et me donna le moyen de me recueillir et de faire les exercices spirituels.

IIT, — CHOSES REMARQUABLES DE LA RIVIÈRE QUI SE DÉCHARGE AU FOND DE L’ANSE, DANS LA BAIE DES PUANTS.

Je me garderai d’omettre ce qui me paraît remarquable touchant le flux et le reflux de cette rivière !. Il est certain qu’ils ont leurs périodes, semblables à celles des mers, ou, pour mieux dire, des rivières qu'elles reçoivent. La rigueur extraordinaire de l’hiver de cette année m'a suggéré une réflexion qu’on n'aurait pu faire pendant le mois de mars. J'ai donc remarqué que la plus haute marée de l’hiver est plus basse que la plus basse de toutes les marées des autres saisons, où ni la baie ni la rivière ne sont gelées, Il fallait aller bien avant dans la rivière pour trouver de l’eau sous la glace, épaisse d’un pied et demi, et

4. La rivière des Renards ou des Outagamis. On la nommait aussi rivière de Saint-François-Xavier.

Je dess basses plus he J'ai dans n les glac se rom grande que la quiàp pas voit s'aperçc marée 6 Ces « parce q pas cau losophe:

buent 1 ou imp!

tout ce dans s0t quand i tant qu” que fus:

ne ferai pour éf

Page 1