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ches et les chevreuils se trouvent presque à chaque pas. Les coqs-d’'Inde se promènent de tous côtés. Les perroquets y volent par bandes de dix ou douze. Les cailles se lèvent dans les prairies à tout moment.
C’est au milieu de ce beau pays que nos voyageurs passaient, avançant sur la grande rivière jusqu’au 33° dégré d’élévation, et allant presque toujours vers le midi. Ils rencontraient de temps en temps des Sauvages dont ils étaient très-bien reçus, à la faveur de leur calucée ou bâton de pétunoir. Sur la fin de leur voyage, ils apprirent d’eux qu’ils approchaient des habitations des Européens; qu'ils n’en étaient éloignés que de trois journées, puis de deux seulement ; qu’ils allassent à la main gauche, etqu'’ils n'avaient plus que cinquante lieues pour se rendre à la mer.
Ce fut pour lors que le P. Marquette et le sieur Jolliet délibérèrent sur ce qu’ils avaient à faire. Etait-il expédient de passer outre? N’était-il pas à craindre, si on allait en avant, de tomber entre les mains des Espagnols de la Floride, et d’exposer ainsi les Français qui les accompagnaient à un danger évident de perdre la vie? Que, dans le cas contraire, où ils seraient seulement arrêtés et gardés comme prisonniers, ils perdraient le fruit de leurs travaux, et ne pourraient pas même donner con-
naissance de leur captivité au gouvernement de Québec.
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