‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 45 sur 119 · quette · texte numérisé non relu

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DÉCOUVERTE DÜ MISSISSIPI. 199

Ces raisons les déterminèrent à retourner sur leurs pas, après s'être bien informés de tout ce qu'on peut souhaiter dans une pareille rencontre. Ils ne reprirent cependant pas tout à fait le même chemin, et ils arrivèrent, sur la fin de novembre, à la baie des Puants, mais par une route différente de la première, et sans autre guide que leur boussole.

Nous ne pouvons donner cette année tous les renseignements qu'on pourrait désirer sur une découverte si importante, parce que le sieur Jolliet, qui nous en rapportait la relation avec une carte trèsexacte de ces nouveaux pays, l’a perdue dans un naufrage arrivé au-dessus du Sault-Saint-Louis, près de Montréal ; car, après avoir franchi plus de quarante écueils non moins dangereux, à peine a-t-1l pu en ce dernier sauver sa vie, qu’il a disputée avec les eaux pendant plus de quatre heures. Voici toutefois ce que nous en avons pu recueillir, d’après ce qu'il nous en a raconté. L'année prochaine nous en donnerons une pleine relation. Le P. Marquette ayant gardé une copie de celle qui a été perdue, on y verra bien des choses capables de contenter les curieux, et de satisfaire les géographes touchant les difficultés qu’ils peuvent avoir sur la position de ces quartiers de l'Amérique Septentrionale !.

1. La relation de Jolliet est-elle différente de celle du P. Marquette? C'est ce qu'on ne voit pas bien clairement. 11 est probable

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En attendant le journal de ce voyageur, nous pouvons faire les remarques suivantes sur l'utilité de cette découverte.

La première est qu'elle nous ouvre un grand chemin pour la publication de la Foi, et nous donne entrée chez des peuples très-nombreux, très-dociles, et bien portés à la recevoir. Ils ont, en effet, témoigné un grand désir de recevoir le Père au plus tôt, et ont par avance reçu avec respect les premières paroles de vie qu’il leur a annoncées. Les langues diverses de ces nations ne font pas peur à nos missionnaires ;

quelques-uns d’eux entendent déjà, et parlent passa-

blement la langue des Illinois, qui sont les premiers qu’on rencontre le long du fleuve, et c'est chez eux que le P. Marquette a commencé à établir le royaume de Jésus-Christ.

La seconde remarque regarde le terme de leur voyage, ou autrement l’embouchure de la rivière qu'ils ont découverte. Le P. Marquette et le sieur Jolliet ne doutent point que ce ne soit vers la partie du golfe de Mexique, qui baigne les côtes de la Floride. Car ce ne peut être la mer de Virginie qui est au levant, et qui se trouve au plus au 34° degré, tendis qu’ils ont marché jusqu’au 33° et cependant

que , si la relation était commune, ils avaient au moins chacun leur journal, où ils notaient ce qu'ils avaisnt remarqué en particulier. La relation du P. Marquette est venue jusqu'à nous, et nous la publierons parmi les Rélations de l’année 1678, époque où le P. Dablon l’envoya au provincial de France.

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n’ont approché de la mer que de 50 lieues. Ce ne peut pas aussi être la mer Vermeille, qui est du côté du couchant, parce que leur route ayant presque toujours été vers le sud les en délournait. Il reste donc que ce soit la Floride, qui est au milieu de l’un et de l’autre, et bien probablement la rivière, que les géographes marquent et appellent du Saint-Esprit, est le Misssisipi, sur laquelle nos français ont navigué.

La troisième remarque est que si le terme de cette découverte eût été la mer Vermeille, elle aurait donné en même temps entrée dans la mer du Japon et de la Chine, ce qui eût été fort avantageux. On ne doit pas toutefois désespérer de venir à bout d’y arriver, par le moyen du Mississipi. En effet, comme on trouve en remontant le Mississipi une autre rivière qui s’y jette par le 38° degré, comme nous avons dit, peut-être arrivera-t-on par cette rivière à quelque lac qui se déchargera lui-même vers le couchant. On est d'autant plus fondé à l’espérer, que tous ces pays sont remplis de lacs et coupés de rivières, qui leur donnent de merveilleuses communications les uns aux autres, comme on peut en juger par ce que nous voyons !.….

La quatrième remarque concerne un avantage bien considérable, et qu’on aura peut-être peine à

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