III, — DE QUELQUES BAPTÈMES
Pour venir maintenant à ce qui regarde plus directement la Mission, la plupart des baptêmes que j'ai faits, ont été, ou de parents dont les enfants étaient baptisés, ou d'enfants dont les parents étaient chrétiens, ou d’autres Sauvages de diverses cabanes où la Foi n’était pas encore entrée. J'espère que Dieu se servira d’eux pour en attirer d’autres à son service. Une ville est à demi prise quand on peut avoir des intelligences dans la place ; et je remarque qu’on a bien plus d'entrée pour instruire les Sauvages quand il y a quelqu'un de la maison ou de la pa-
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renté qui fait profession publique du Christianisme, J'ai baptisé six personnes dans une même cabane, comme par engagement, les uns après les autres; de ces six, il y en a déjà un qui est allé prendre sa place dans le ciel. C'était un jeune enfant dont j'avais baptisé la mère, l'automne passé. Après la mort de ce fils unique, elle fit un festin aux plus fervents chrétiens, pour les inviter à assister aux prières que l’on réciterait sur le corps du défunt, qu’elle avait fait transporter dans la chapelle. C’est la première, parmi nos femmes Sauvages, qui ait eu ce courage; car, ici, les mères ne songent ordinairement qu’à pleurer la mort de leurs enfants. El nous n’osions guère, en ce moment-là, leur rappeler que leurs enfants morts avaient été baptisés, de peur de confirmer dans leur esprit la persuasion qu'ils ont généralement que la Foi et le baptème avancent la mort. J'espère qu'elle ne sera pas la dernière, et que nous introduirons avec le temps les sépultures chrétiennes, comme nous avons introduit cette année beaucoup d’autres cérémonies.
Un des autres adultes que j’ai baptisés, et qui a le plus donné d’édification à cette église, a été une femme d’environ trente-cinq ans, d’un très-bon naturel et d’une vie irréprochable.
Le P. Bruyas, qui avait soin de cette Mission avant moi, avait préparée sa mère à bien mourir, ou plutôt, dans l'opinion de cette bonne femme, à naître à une
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