‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 64 sur 119 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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autre vie éternellement glorieuse, La persuasion qu’elle avait que sa mère était bienheureuse dans le Ciel lui servait d’un grand attrait pour se faire baptiser ; et, d’un autre côté, sa vie fort conforme aux lois du Christianisme , la faisait presque nommer chrétienne avant qu'elle le fût.

Après tout, je ne sais à quoi cela tenait, elle avait peine à s’assujettir au dimanche et aux autres pratiques des chrétiens. Elle alla jusqu’à me dire un jour que je ne la baptiserais pas. Cependant elle avait de si bonnes dispositions au baptème, que je ne pouvais croire que Dieu la voulût priver de cette grâce, surtout après qu'elle m'eût assuré qu’elle n’avait point encore bu d’eau-de-vie, qui fait ici de grands ravages, même parmi les femmes, et qu’elle voulait avoir la consolation de mourir sans en avoir bu. Comme je la sollicitais doucement d’achever ce que Dieu avait commencé en elle, et de se faire véritablement chrétienne comme elle en avait déjà les appärences , elle se résolut enfin de se disposer au baptême; et, après une épreuve de quelques mois, je la baptisai et je suppléai en même temps les cérémonies à un de ses enfants qui avait été baptisé en maladie. Je conférai aussi le baptème à sa petite fille de trois ans. Ils sont tous maintenant très-assidus à la prière et aux instructions.

Une jeune femme me vint chercher pour aller baptiser sa mère que les médecins du pays avaient

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condamnée ; c'était une bonne femme que ses parents avaient autrefois fort maltraitée pour l’empécher de venir à la Prière. Je ne la jugeai pas si fort en danger que l’on disait, et afin de pouvoir la disposer plus à loisir, je différai de lui conférer le baptème. La fille s’impatienta contre moi et me demandait si je voulais attendre que sa mère fût morte pour la baptiser. Mais l'événement a prouvé que j'avais raison ; la malade commença dès lots à se mieux porter, et après avoir recouvré entièrement la santé, elle est venue à la chapelle. J'ai dorc pu la disposer comme je souhaitais, et je l’ai baptisée avec les cérémonies de l'Eglise. Depuis, elle a dit à ses parents qui l'avaient maltraitée pour l'empêcher d'embrasser la Foi : « Battez-moi, maintenant, et tuez-moi, si vous voulez, car je vous déclare que non-seulement je retourne à la Prière, mais que je suis baptisée et chrétienne. » On la laissa faire en repos ses exercices de dévotion, et elle est une des plus ferventes de notre Eglise.

Parmi celles que j'ai baptisées en maladie, je n’en citerai qu’une. C'était une femme d'environ quarante ans qui, avant de tomber malade, avait pris la résolution de se faire chrétienne. Dans ce dessein, elle m'avait ouvert son cœur et avait fait une action généreuse bien au-dessus de la portée ordinaire des Sauvages; elle avait méprisé toule sorte d'intérêts temporels pour celui de sa conscience et de son sa-

lut ; elle avait déjà commencé à venir à notre chapelle, maïs elle n’y vint qu’une fois, car dès le lendemain elle tomba malade. Je craignais qu’on ne dit ou qu’elle ne s’imaginât que c'était la Prière qui avait causé sa maladie ; mais Dieu lui donna d’autres pensées. Elle me témoigna au contraire qu’un de ses regrets était d’avoir si peu prié Dieu. « Mais au moins, me disait-elle, priez pour moi jusqu’à la mort, et si quelqu'un voulait vous en empêcher, ne laissez pas de le faire. » Elle a laissé deux filles déjà grandes à qui elle x recommandé au lit de la mort d'embrasser le Christianisme.

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