ÉE EN GÉNÉRAL : LORETTE
de deux cent tet le P. Bouans l’espace de er cinquantefants et vingtrois, font tous lle des fidèles
s pour la plupauvres qu'ils ir, à les loger, , est d'autant
plus pure et plus héroïque, qu’ils ont reçu plus de mauvais traitements de cette nation. Ceux qui portent encore sur leur corps les marques des coups de ces anciens ennemis, ont été les plus charitables en leur endroit. Témoin Pierre Andahiacon qui, ayant plusieurs de ses doigts mangés par les Iroquois, n’a pas laissé d’en adopter un, sa femme et deux enfants, qu’il a logés et nourris pendant cinq ou six mois, et auxquels il a donné, entre autres choses, une grande peau d’orignal et une belle robe de castor.
De même, une nommée Marie-Thérèse Oüaronha a donné jusqu'à sa propre couverture à une femme iroquoise, qui fut baptisée cet été. Il y a des femmes dévotes qui ont soin de nous cacher les libéralités qu’elles leur font, afin d’en avoir de Dieu la récompense tout entière.
Marie Oüendraka, entre autres, leur a ainsi donné plusieurs minots de blé d'Inde.
La charité de nos Hurons n’a pas été moins libérale envers les Français de ce pays. Comme il y a eu ici cet été une grande cherté de blé, ils en ont donné plus de cent minots aux pauvres Français, qu'ils conduisaient eux-mêmes par les cabanes pour leur faire obtenir une bonne aumône. François Hotachetak s’est signalé dans cet exercice de miséricorde, et Hélène Andotrahan l’a encore surpassé en leur donnant jusqu’à la dernière caisse de son blé. La charité qu'ils exercent continuellement entre eux ap-
proche de la charité des premiers chrétiens, puisque s'ils possèdent les choses en propre, ils agissent comme s'ils n'avaient rien qu’en commun. Car, sans parler des présents et des festins, qu’ils se font annuellement après leur chasse ou leur pêche, lorsqu'il a fallu, ou transporter leurs grains et leurs meubles de Notre-Dame de Foye à Notre-Dame de Lorette, ou cultiver les champs qu’ils ont dans ces deux endroits, ils se sont tous entr’aidés en travaillant pour une famille et puis pour l’autre; et parce que c’est de Dieu particulièrement qu’ils attendent la récompense de leur charité, ils l'ont étendue aussi bien sur les malades, les faibles et les absents, que sur ceux qui étaient présents et qui se portaient bien.
Leur piété ne cède en rien à leur charité, et ce n’est pas seulement dans l’église qu’elle paraît, mais aussi dans leurs travaux et dans leurs voyages. Ils commencent, ils finissent et ils interrompent même de temps en temps leur travail par diverses prières qu’ils font à genoux devant une grande croix, ou tournés vers leur chapelle. Ces prières finies, Louis Thaondéchoren, leur bon dogique, pour entretenir leur ferveur pendant qu'ils travaillent, leur suggère tout haut quelques bonnes pensées, et leur fait faire divers actes de vertu.
Dans leurs voyages, on ne les rencontre presque jamais qu’ils ne soient occupés à prier Dieu. Un des principaux du pays, qui les rencontre souvent en
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allant à sa terre, disait dernièrement dans une bonne compagnie que les Sauvages faisaient honte aux Français. « En effet, ajoutait-il, où trouver parmi nous des personnes qui fassent leur voyage le chapelet à la main, pour le dire continuellement, et qui n'interrompent leurs prières que pour faire prier et pour instruire les enfants qu'ils portent sur leur dos? C’est ce que je vois presque tous les jours de mes propres yeux, et ce qui me donne de l'admiration de leur Foi, et de la confusion de notre lâcheté. »
Mais disons plus en particulier ce qui s'est passé de remarquable au bourg de Notre-Dame de Foye, avant que nos Sauvages aient pu le quitter, et ensuite nous marquerons brièvement ce qui est arrivé en celui de notre nouvelle Lorette.