À NOTRE-DAME DE LORETTE
Cette Mission, qui portait autrefois le nom de la Mission de Notre-Dame de Foye, et qui, depuis deux ans, est appelée la Mission de Notre-Dame de Lorette, à cause du changement de village qu’il fallut faire l’année passée, comme il a été dit en la précédente relation, est composée présentement d’environ 300 âmes, tant Hurons qu’Iroquois. Il est vrai que ce nombre est petit en comparaison des autres Missions, mais aussi ce sont toutes personnes choisies, qui font profession ouverte du Christianisme et des vertus les plus sublimes, qui s’y pratiquent.
Cette chrétienté a par-dessus les autres chrétientés de naturels du pays, l'avantage d’être une Église toute formée, et nous n'y comptons plus les baptisés que par les enfants qui viennent au monde. Si
cependant il arrive encore que quelques Den abandonnent leur pays at we ne a :
me dans un port assu 2 Pa dligerkmnént instruits, nous les 2. 4 :
nous avons bien conféré le baptème cette vs = vingt-deux de ces sortes d'adulies, À ce propos cr dois pas omettre le zèle qu ont témoigné pee Le compatriotes nos Jroquois et Iroquoises 1 Ft tent cette Mission depuis plusieurs années. : ? puis dire que le fond des instructions Ke we vent les néophytes nouvellement arrivés . sh donné par les anciens, qui vont ue e chercher dans leurs JR pour les instru ères de notre sainte Foi. | be Sogarésé et Marie Tsaouenté se ee (is ticulièrement signalés en ces bons offices, Fa i . rendus à ceux de leurs compatriotes que d g divine a attirés “« LA pl stages à nr i tre ans qu'il est ici, DE:
à sdtiowititipent acquitté des cie d Me bon et zélé chrétien. Il nous a donné, en P es ï occasions, des preuves is pe” “4 a .
cialement lorsqu'il y a eux ans, ( age en son pays, il aima mieux revenir i
ne le Christianisme dans une Ep vreté, que de recevoir plusieurs st s qu Le fraient ses parents et amis pour l’inviter à ne =. abandonner. Mais il n’est pas content de pos
seul le tr autres; fonction:
sa femme bonne cl .importun mari fait lon quare que tout familles ; donne au:
puisse y a] en qualité nos Sauva sieurs mois Parmi ceux de ceux d tout ai retournés de ières, instru Que dirai entreprit da sa petite fille afin qu’elle E ce voyage de à travers les deau sur ses pas, disait-il II,
seul le trésor de la Foi, s’il ne le communique aux autres; c’est pourquoi il remplit de préférence les fonctions d’un zélé missionnaire. C’est au point que sa femme, nommée Cécile, qui est elle-même trèsbonne chrétienne, se plaint quelquefois d’être trop importunée des prédications continuelles que son mari fait en sa cabane. Ce bon homme, âgé d’environ quarante ans, s'intéresse particulièrement à ce que tout aille bien dans les ménages et dans les familles ; que s’il y aperçoit quelque désordre, il en donne aussitôt avis au P. Chaumonot, afin qu’il puisse y apporter remède. On l'avait aussi employé en qualité de catéchiste dans une grande bande de nos Sauvages, qui ont été à la chasse pendant plusieurs mois, l’automne, l’hiver et le printemps passés. Parmi ceux-ci, il y en avait quelques-uns du nombre de ceux dont je viens de parler, qui étaient venus tout nouvellement du pays des Iroquois, et ils sont retournés de leurs chasses bien savants dans nos mystères, instruits par notre Sogarésé.
Que dirai-je ici du voyage que ce brave homme entreprit dans le cœur de l'hiver, pour apporter ici sa petite fille morte, âgée d'environ vingt-cinq mois, afin qu’elle pût être enterrée en terre sainte? Il fit ce voyage de plus de quatre-vingts lieues, tout seul, à travers les neiges et les forêts, chargé de ce fardeau sur ses épaules, marchant jour et nuit pour ne pas, disait-il, séparer les os de son enfant d'avec
ceux des autres croyants, puisque son “i E se jamais être séparée du nombre des fidèles da ‘ Ciel, de sais que plusieurs blâmeraient cette pa 1h dans un Français; mais je crois que ce it . louable dans un Sauvage, qui ne Mr td core qu’à prendre les premières teintures du pr rie Tsaouenté, que tous les Français apne Dies et qui est effectivement un tré- De " récieux dans notre Mission à cause de son pro capes Le foi, elle a fait plus qu’on ne pourrait ri ï our instruire ses compatriotes; car nodolen le auvreté dans laquelle elle s’est trouvée me om bien que nos san comme nous dirons ensuile, sitôt qu'e le sai à i uoise est arrivé en ce ere. sn venir loger en n cabane, pa l'intention de les DOpErir FA sh ar se AR pu rar a de nos mystères quelle sin x à rie le P. Chaumonot fut-il bien surné pis cnébire temps, faisant voyage et s'étant D avec une bonne “its . ne is, d’ rler cette . pi a notre religion, qu'il jupts es lors que ce qu’elle disait était un . ss bonnes instructions que notre Précieuse lui avait données, car elle est du nombre de ceux
que cett à ce des Mais q ont tant âmes? V bonne S, de cette lenu pern Sauvages noyé dans rivière de notre ville terre les I on vint à | fant , ense ceuil par t sevelir d’a Sauvages « (ous conste qu'on faisa la façon d chrétiens de là sépulture qu'ils avaie leur avons 1] l'union mut donner Ja d monies.
que cette bonne chrétienne a attirés dans sa cabane à ce dessein.
Mais que répondront à ce que je vais dire, ceux qui ont tant de soin de leurs corps au préjudice de leurs âmes? Voici une belle leçon que leur va faire notre bonne Sauvagesse, Le P. Vaillant, qui prend soin de cette Mission avec le P. Chaumonot, ayant obtenu permission d’enterrer ici, dans le cimetière des Sauvages, un pauvre enfant français, qui s'était noyé dans une petite rivière que nous appelons la rivière de Lorette, parce qu’elle passe à côté de notre village; il le fit à l'ordinaire, comme on enterre les pauvres Français chrétiens; mais comme on vint à jeter la terre immédiatement sur cet enfant , enseveli seulement par charité dans un linceuil par une Sauvagesse qui en avait déjà vu ensevelir d’autres, le Père s'aperçut que tous les Sauvages qui assistaient à cet enterrement, étaient tous conslernés et surpris du mauvais traitement qu'on faisait à ce petit corps. Car pour ce qui est de la façon dont nous permettons à nos Sauvages chrétiens de s’entre-rendre les derniers devoirs de la sépulture, leur ayant Ôôté toutes les superstitions qu'ils avaient apprises dans le paganisme, nous leur avons laissé le reste qui ne sert qu’à entretenir l'union mutuelle qui existe entre eux, et même à donner la dévotion à ceux qui en voient les cérémonies. |
Voici leur pratique : aussitôt que quelqu'un est mort, le capitaine fait un cri lugubre par tout le bourg, pour en donner avis. Les parents du défunt n’ont que faire de se mettre en peine d’autres choses que de pleurer leur mort, parce que chaque famille a soin d’ensevelir, faire la fosse, porter le corps, enterrer, et de faire le reste des frais de l’enterrement, devoir qu’ils se rendent réciproquement les uns aux autres en semblables rencontres.
L'heure venue pour faire l’enterrement, le clergé à l'ordinaire s’en va quérir dans la cabane le corps du défunt, paré de ses plus beaux habits, et ordinaiment couvert par-dessus d’une belle couverture rouge toute neuve. Il ne se fait rien ensuite d’extraordinaire, qui ne se pratique pour les Français jusqu’à la fosse, où, lorsqu'on est arrivé, la famille du défunt qui, jusqu'alors, n’avait eu qu’à pleurer, déploie toutes ses richesses, dont elle fait divers présents par le moyen du capitaine, qui, après avoir prononcé une espèce d'oraison funèbre ordinairement assez courte, offre le premier présent à l’église, qui est communément d’un beau grand collier de porcelaine, afin que l’on fasse prier Dieu pour le repos de l’âme du défunt : ensuite il fait trois ou quatre présents, de tous les meubles du défunt, à ceux qui l’enterrent; puis, quelques-uns aux plus intimes amis du mort. Le dernier de tous ces présents est celui que font ceux qui enterrent aux parents du défunt : enfin toute la céré-
monie se manière profonde
six Corps dans le f corps dar mellent u lenue de.
en travers beau, et :
dessus, En dans une cç la terre. E les pleurs font un fes Pour donne à imiter les qu’il en pre Or, pour une si long en l’enterra que le Père une espèce qu'on faisait trouvé le len Sauvages, d Tsaouenté, il ments sur ç
dL monie se termine en mettant le corps en terre de la '\fA le manière suivante. Il ya une grande fosse préparée, profonde de 4 à 5 pieds, capable de tenir plus de six corps, mais toute lambrissée d’écorces d'arbre lle dans le fond, et.aux quatre côtés. Îls couchent le corps dans celte espèce de cave, sur laquelle ils meltent une grande écorce, en forme de tombe souda tenue de quelques bâtons, qui portent sur la fosse en travers de peur qu’elle ne s'enfonce dans le tom-— beau, et afin de soutenir la terre qu’on doit jeter
rgé 7 . D dessus. En sorte que le corps est là dedans comme nai dans une chambre, sans toucher en aucune façon à puge la terre. Enfin quelques jours après l'enterrement, aire, les pleurs des parents ayant été un peu essuyés, ils ose, font un festin pour ressusciter le mort, c’est-à-dire qui, pour donner son nom à quelqu’autre, qu’ils invitent sbces à imiter les belles actions du défunt, en même temps oyen qu’il en prend le nom.
spèce Or, pour revenir à ce pauvre enfant français après offre M une si longue parenthèse, on ne fit rien de tout cela
en l’enterrant; et cela surprit si fort les assistants, que le Père remarqua sur le visage de chacun d'eux une espèce d’indignation du mauvais traitement qu’on faisait à ce petit corps. C’est pourquoi, s’étant trouvé le lendemain dans une cabane, avec plusieurs Sauvages, du nombre desquels était notre bonne Tsaouenté, il s’adressa à elle, pour savoir ses sentiments. sur ce qui s’élait passé le jour précédent
étant bien persuadé qu’il en recevrait quelque réponse favorable pour la Foi. « Hé bien! lui dit-il, Tsaouenté, est-ce que tu n’as pas eu hier l'esprit mal fait (c’est leur façon de parler), aussi bien que les autres, lorsque tu as vu le peu de cérémonie que nous apportons à enterrer nos morts et le peu de soin que nous apportons à les mettre honorablement ? — Non, mon Père, répondit-elle ; au contraire, je jugeai que vous autres Français, vous aviez bien plus de connaissance de l’es‘ime qu'il faut faire de chaque chose que nous qui enterrons nos morts avec tant de cérémonie. Car quand je vis hier les Français jeter de la terre sur les yeux, le nez, la bouche et les autres parties du corps de cet enfant; je dis en moi-même : « Voilà justement ce que nos «Pères nous ont tant de fois enseigné, qu’il n'y « avait dans l’homme que l’âme qui fût précieuse ; « que pour le reste, ce n'était que terre et pous- «sière, et par conséquent le corps étant séparé de «l’âme, il ne doit plus être séparé de la terre, « n'étant lui-même que terre. »
«Oh! mes frères que nous n’avons donc guère d'esprit, nous autres (continuait-elle, adressant son discours à toute l’assemblée), lorsque nous méprisons si fort notre âme, qui est éternelle, pour accorder à notre corps toutes ses pelites commodités, lui qui n’est que terre, et doit bientôt être réduit en
poudre. » Ensuite elle fit un beau discours sur l’im-
remarqué,
mortali avait r Ce n plaindr tion à € doute le ciel, et mort da:
rale pot quatrièn générale nous avc purgaloi morts s’e tion. Car qu’on co chapelle :
que le le
mortalité et la noblesse de notre âme, auquel il n’y avait rien à ajouter.
Ce n’est pas que nous ayons aucun sujet de nous plaindre que nos Sauvages mettent toute leur dévotion à enterrer leurs morts avec honneur ; sans nul doute leur soin principal est de les conduire dans le ciel, et c'est pour ce sujet qu’aussitôt qu’ils ont un mort dans le village, ils font une communion générale pour le repos de son âme : et de plus, tous les quatrièmes dimanches du mois, ils communient tous généralement, à dessein de gagner l’indulgence que nous avons ici ces jours-là en faveur des âmes du purgatoire. C’est aussi pour ce sujet que le jour des morts s’est passé ici cette année avec tant de dévotion. Car dès l'après-midi du jour précédent, aussitôt qu'on commença à sonner pour les défunts, notre chapelle fut tonte pleine de monde, qui ne désemplit que le lendemain bien tard; au point que nous fûmes obligés de laisser notre église ouverte toute la nuit, pour satisfaire à leur dévotion ; et pendant cette nuit nos deux capitaines firent de temps en temps, sans en avoir été avertis, ce qu'avait fait autrefois saint François Xavier, et ce qu’on fait en plusieurs endroits de France, invitart par leurs cris tout'le village à venir prirr Dieu pour leurs parents défunts.
Au commencement de la Semaine-Sainte, Paule Gaïachinnon vint trouver le Père, et lui dit : « J'ai remarqué, mon Père, lorsque nous étions à Qué-
bec, que lorsqu'on allait adorer la croix le grand vendredi, il y avait un plat à côté du crucifix, et chacun faisait quelque petit présent à notre Seigneur attaché en croix pour notre amour. Pourquoi ne faisons-nous pas de même ici? Nous qui sommes dans le village de la sainte Vierge, et qui sommes ses enfants, ne devons-nous pas lui témoigner la part que nous prenons à son affliction? et ne devons-nous pas lui essuyer, par quelques présents , les larmes qu'elle répand à la mort de son premier-né? Que si nos présents ne sont pas considérables, il ne lui seront pas moins agréables, eu égard à notre bonne volonté. »
Le Père mit un plat le vendredi saint, à l’adoration de la croix, pour contenter la dévotion de cette bonne femme. Elle commença toute la première à mettre dedans plus de 400 grains de porcelaine. Tous les autres l’imiterent, et à la fin, il s’en trouva plus de 4,000, sans compter quelques canons de porcelaine, et quelques pièces d'argent qui y furent mises. Après midi, tous les anciens s’assemblèrent pour conférer ensemble comment ils pourraient faire pour reconnaître la bonté de notre Seigneur, et n’ayant de paroles plus expressives que les présen(s, ils lui présentèrent deux colliers de porcelaine, qu’ils mirent entre les mains du Père Chaumonot, qu’ils appelèrent à la fin de ce conseil pour cet effet. Tous ces présents sont d'autant plus con-
sidérable
grande « vendre p En effe iraordina après leu pas six fa blé. C’est Providence serviteurs, verselle, il permis qu’ née, soit « pauvre mis celte relatic paraît d’au autres natic grand nom autrefois si une famine moururent Les chari secours que zélées pour | malheur qu aumôûnes.
Et certes, Sauvages pa:
À sidérables cette année, qu’ils ont été dans une si 1 grande diselte de vivres, qu’ils ont été obligés de je vendre presque tout ce qu’ils avaient pour subsister. te En effet la famine qu’ils ont soufferte a été si exui traordinaire , que je puis dire que, quinze jours ui après leur récolte de l’année passée, il n’y avait i- pas six familles dans tout ce village qui eussent du et | blé. C’est pourquoi nous avons bien à admirer la ré Providence de Dieu, qui ne délaisse jamais ses fidèles on serviteurs, puisque, nonobstant cette famine si unipn- verselle, il les a cependant tous conservés, sans avoir es, permis qu'aucun de notre village soit mort cette an-
née, soit de faim, soit d'autre maladie, sinon un do- pauvre misérable, dont nous parlerons sur la fin de tte cette relation. Et cette protection de la divine bonté eà À paraît d'autant mieux que plusieurs Sauvages des
autres nations sont morts de faim cette année en grand nombre; et que chez nos Hurons cela était autrefois si commun que, dans leur ancien pays, une famine semblable à celle-ci les ayant affligés, 1ls moururent presque tous.
Les charités, que nous leur avons rendues avec le secours que nous avons reçu de quelques personnes zélées pour le bien de notre Missica, ont empêché ce malheur qui serait infailliblement arrivé sans ces aumôûnes.
Et certes, il semble que cela a été envoyé à nos Sauvages par l’aimable Providence de Dieu, comme
une récompense de toutes les charités qu’ils ont exercées depuis quelques années envers plusieurs Français, qui se sont trouvés dans la même nécessité; puisqu'on a remarqué que ceux qui avaient fait autrefois plus de charités, ont été ceux qui ont le moins éprouvé la disette pendant cette année. Au reste, ils ont éte si persuadés que Dieu leur rendrait avec usure ce qu'ils mettraient en la main des pauvres, que, précisément dans cette vue, Marie Gandigonra fit, sur la fin de l’année passée, une bonne aumône du peu qu'elle avait de blé aux pauvres de ce village, Comme elle communiauait son dessein à un oncle qui demeure avec elle, son oncle lui ayant représenté que, leurs champs n'ayant pas réussi, ils s’exposaient eux-mêmes à mourir bientôt de faim si elle était si libérale, elle répondit : « Mon oncle, c’est pour cette raison, parce que nos champs n'ont pas réussi et que nous sommes pour mourir de faim, que j'ai envie de faire des charités du peu qui nous reste, afin d’émouvoir Dieu, qui ne se laissera pas vaincre en libéralités, de nous rendre au centuple ce que je lui offrirai. » Et sur l'heure, touchée ellc-même de ce qu’elle venait de dire à son oncle, elle apporta au Père une fois plus de blé qu’elle n’avait résolu, c’est-à-dire plus de deux minots, afin qu’il les distribuât aux plus nécessiteux. Le Père voulait la refuser, sachant sa nécessité à elle-même; elle le pressa si fort de cette raison, qu'il fût obligé d'accepter son présent.
Elle n' même pe pauvreté.
avaient e part aux 8 pour eux:
Franço sa femme vertu de et se son que je vie
vivre, ils sans en fai une famille ils ont été qu'on leur Un de n draka, de plusieurs b pour subve bonne fem remercie dé m'excuser & encore un notre villag vous prie de plus besoin donnaït autr
ont eurs sité; au- Oins este , avec res , onra môûne lage.
oncle epréexXpoi elle c’est at pas faim, nous a pas ple ce ême pporta ésolu, distrifuser, si fort ésent.
Elle n’a pas été la seule qui ait fait des charités, même pendant cette année, nonobstant cette grande pauvreté. Quelques uns, en fort petit nombre, qui avaient encore du blé des années passées, en ont fait part aux autres, jusqu’à se réduire à n’en avoir plus pour eux-mêmes.
François Otachetak et Catherine Dhnanlie huit; sa femme, qui ont autrefois si bien pratiqué cette vertu de charité, ne l'ont pas oubliée cette année, et se sont particulièrement fait remarquer en ce que je viens de dire; car tant qu'ils ont eu de quoi vivre, ils n’unt jamais pu se résoudre de le manger sans en faire part aux autres, nourrissant entre autres une famille tout entière dans leur cabane ; et puis, ils ont été obligés eux-mêmes .de vivre des aumônes qu'on leur faisait.
Un de nos Pères, offrant un jour à Marie Oouendraka, de qui il avait reçu quelques petits services, plusieurs boisseaux de pois, qu'on lui avait donné pour subvenir aux besoins de nos Sauvages, cette bonne femme lui répondit : « Mon père, je vous remercie de votre présent, mais je vous prie de m'excuser si je {ne le reçois pas; j'ai. Dieu merci, encore un peu de blé d'Inde, et plusieurs dans notre village n'ont pas de quoi manger; ainsi, je vous prie de faire ce présent à quelqu'un qui en a plus besoin que moi. » Cette même femme, qui donnait autrefois jusqu’à douze et quinze minots de
LA DS Dre
son blé par aumône tout à la fois, rendant un jour compte de conscience à son Père spirituel , elle lui dit : « Vous savez, mon Père, que j'ai eu autrefois une querelle avec une telle de ce village; j'ai tâché aussitôt de chasser de mon esprit tout ce qu'il y avait pu avoir d'aversion pour cette personne ; faisant cependant, dernièrement, réflexion sur mes actions, j'ai jugé qu'il y avait encore quelque petit reste de rancune, puisque , faisant dans mon esprit le tour du village, j'ai trouvé qu’il n’y avait que cette seule personne à qui je n’eusse pas fait une aumôêne de mon blé; ainsi, je m’en vais, si vous le trouvez bon, tout à cette heure, lui en porter pour vaincre ce reste de passion que je pourrais avoir contre elle. »
Que dirai-je de ceux qui font même des charités de ce qu'ils ont reçu par aumône, pour subvenir à leurs nécessités ? Que, s’il y a quelque malade dans ce village, c’est pour lui les meilleurs mets, et ils s’arrachent, pour ainsi dire, le morceau de la bouche pour le lui donner. Un pauvre homme, qui a traîné fort longtemps, et qui n’est pas encore guéri, a bien ressenti les effets de ces charités, puisque, dans sa maladie , il a reçu non-seulement des vivres en assez grande abondance pour le nourrir, mais encore des chemises et des capots ! tout neufs pour se couvrir.
1. Capot, espèce de cape on de grand manteau d’étoffe grossière, où est attaché un capuchon. (Dict. de l'Académie.)
Il ne Magdelai frère qu quatre ce tien, ava dérable, le remerc avait de | le plus c d'apprenc dégageait pourrait :
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Il ne faut pas oublier ici le courage de Marie- Magdelaine Gachinnontiés, qui, ayant appris queson frère qui est aux Outaouais, c’est-à-dire à trois ou quatre cents lieues d'ici, et qui n’est pas encore chrétien, avait dessein de lui envoyer un présent considérable, elle vint prier le Père de lui écrire qu’elle le remerciait de son souvenir et de la volonté qu'il avait de lui faire un présent ; qu’au reste, le présent le plus considérable qu’il pourrait lui faire serait d'apprendre qu’il eût embrassé la Foi, qu'elle le dégageait volontiers de toutes les promesses qu'il pourrait avoir faites de leur envoyer aucune autre chose, pourvu qu'il lui envoyât l’an prochain la bonne nouvelle qu’il s’est fait chrétien, et qu'il a été baptisé. Non-contente de cette lettre, cette bonne néophyte sachant que quelques canots partaient de Québec pour l'endroit où il est, elle les alla attendre au passage, à deux lieues d'ici, pour les prier de dire à son frère qu’elle l’invitait à se faire baptiser, qu’à moins de cela elle perdait espérance de le revoir jamais, puisqu’en ce monde, lui étant déjà bien âgé, et elle étant vieille, ils ne pourraient pas se rencontrer dans un si grand éloignement; qu’en l’autre monde ils seraient encore bien plus séparés; elle, espérant aller au ciel comme chrétienne, et lui, devant nécessairement aller en enfer comme infidèle et obstiné dans son erreur.
Que si la divine Provic’ace a conservé si précieu-
sement, comme je l’ai déjà dit, les habitants de notre bourg, qui se sont comportés en véritables chrétiens, qu'il n’y en ait pas eu un seul qui soit mort dans une famine si grande qu’ils ont endurée cette année, elle a bien su tirer vengeance d’un pauvre misérable qui, méprisant tous les bons mouvements de la grâce et tous les avertissements qu’on lui donnait, avait renoncé à la promesse qu’il avait faite à son baptême, et s'était laissé aller à de criminels désordres. Il se nommait Jacques Otratenkoui, Huron de nation, et allié par le lien du mariage à une des familles les plus ferventes d'ici, mais doni il ne suivait ni les exemples ni les avertissements. Il y a cinq ou six ans qu'il fut en danger de mort, malade de la petite vérole, et dans cet état, il avait reçu tous les sacrements, heureux s’il füt mort alors en bonne disposition, mais Dieu en avait disposé autrement, ou plutôt ses puchés détournèrent de dessus lui cette grâce du ciel. Il fallait que la mesure de ses infidélités fut pleine pour qu’il mourût. IL était d’un naturel fort sombre, et qui ne se communiquait pas facilement, sinon, lorsqu'il s'agissait de certaines matières peu chastes, sur lesquelles dit-on, il était fort éloquent. On avait remarqué qu’il n'avait guère de dévotion, et il l’a bien fait paraitre dans le voyage qu’il entreprit l'été passé à Michillimakinac, dans lequel il est mort. Ce pauvre homme partit d'ici, disait-il, pour aller en traite à Nipissing, mais il alla
jusqu’à
tatés, q
qu'il y f la facon
res, qui Foi. To particuli assauts temps le combatt
tenter de seule fois Père l’y e pas muni sortes d’ Prière , e Dame de seconde Î mais seul qui il fuy fois, mai compassio cours à la à toutes ce contre toi sur ce sut séricorde
volontaire
son sorn de des suiya lade {ous
panne ent, lui
jusqu’à la Mission de Saint-Ignace, aux Étionnontatés, qui est gouvernée par le P. Pierson. Sitôt qu’il y fut arrivé, le Père lui donna de bons avis, de la façon dont il devait se comporter parmi ses frères, qui n'étaient pas encore bien fermes dans la Foi. Tous les jours il le voyait et lui parlait en particulier pour l’exhorter et forlifier contre les assauts du diable et de la chair. Il garda quelque temps la promesse qu’il avait donnée au Père de combattre le démon, qui ne manquait pas de le tenter de ce côté-là ; mais il ne s’est pas servi une seule fois pour cet effet des sacrements, quoique le Père l’y exhortät fort souvent. C’est pourquoi, n'étant pas muni de ces préservatifs, si nécessaires dans ces sortes d'occasions, il quitta tout d’un coup et la Prière , et sa première femme qu’il avait à Notre- Dame de Lorette, pour prendre en ce pays-là une seconde femme qui n’était pas encore chrétienne, mais seulement catéchumène. Depuis, le Père, de qui il fuyait l’abord, ne lui parla que deux ou trois fois, mais toujours avec beaucoup de charité et de compassion, le priant de se reconnaître et d’avoir recours à la miséricorde de Dieu ; il fit la sourde oreille à toutes ces remontrances, et son cœur s’endurcissant contre toutes les attaques qu’on lui pourrait donner sur ce sujet, il se ferma lui-même la porte de la miséricorde de Dieu, se fermant la porte de l’Église volontairement, et renonçant à sa Foi dans la réso-