‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 27 sur 88 · Outabitibeur, où Outabitibecs · texte numérisé non relu

Outabitibeur, où Outabitibecs

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Les Sauvages ne nous consolaient pas peu par leur ferveur à la prière, et par leur patience à supporter les fatigues qu’ils avaient à endurer sur les rivières et sur les lacs. Le 2 de novembre, après avoir offert à Dieu nos souffrances pour les âmes du purgatoire, nous arrivämes à Métabetchouan, où plusieurs Sauvages nous altendaient depuis huit jours, et où ils nous régalèrent le mieux qu'ils purent.

Nous fûmes ravis d'y voir et de pouvoir instruire cinq cabanes de nos Sauvages du lac Saint-Jean, et quatre familles d’Algonquins des Trois-Rivières, qui n’y étaient venus qu’à ce dessein, ayant appris que nous y devions hiverner. D'autres, ayant su notre arrivée, ne manquèrent pas de nous venir trouver. Une pauvre femme vint de quatre lieues pour avoir la consolation d’aisister à la messe, de se confesser et de communier, ce qu’elle fit le dimanche avec bien de la joie. Le lendemain, deux hommes vinrent à travers les bois, dans un temps fort incommode, pour recevoir la même grâce, que je leur accordai bien volontiers. Si ce fut pour moi un sujet de consolation, ce n'en fut pas un moindre d'édification pour un pauvre Abénaquis, et pour un Iroquois, marié à une de nos Montagnaises, et surtout pour trois Français, qui ne purent s'empêcher de dire avec admiration : « Ah! mon Père, combien ya-t-il de Français qui ne feraient pas ce que ces bons Sauvages font pour l’amour de Dieu ! »

Presque en même temps quelques Mistassins arr;vèrent et me prièrent de les secourir. Le P. Boucher, dont le zèle est infatigable, s’embarqua incontinent à ce dessein, et alla cabaner à deux lieues d'ici, confessa deux familles d'Etchemins, et consola une pauvre veuve avec ses parents, sur la mort de son mari, qui depuis peu de jours s'était noyé dans le lac. Il avait été surpris du mauvais temps, s’élant voulu lui seul s’embarquer dans un canot pour nous venir trouver à Chécoutimi et nous amener avec lui chez les autres Sauvages de sa nation.

Le Père alla ensuite hiverner aux Outabitibeux: pour moi, je partis le 30 novembre, et je quittai la compagnie de huit familles pour entrer dans le bois, Nous endurâmes beaucoup de mauvais temps avant que de pouvoir nous cabaner. Le lendemain, Dieu nous donna un élan pour notre subsistance. La faim nous obligea de cabaner le jour de Saint-François- Xavier, mais avec bien de la peine et des incommodités, que j'étais ravi de souffrir pour témoigner un peu d'amour à mon aimable Père et Seigneur. Nous nous logeâmes assez avant dans les bois, vis-à-vis de l'île Manitouguagouch, dont la vue me faisait ressouvenir du péril que j’y avais évité en canot par la seule miséricorde de mon Dieu, et l'intercession de mon grand saint François-Xavier. Nous demeurâmes en ce lieu jusqu’au 7 janvier 4677, continuant toujours à instruire ces pauvres Sauvages avec bien de la satis-

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