‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 3 sur 88 · Mascoutins ou Machoutench, nation algonquine · texte numérisé non relu

Mascoutins ou Machoutench, nation algonquine

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RÉCIT DE LA MORT DU P. JACQUES MARQUETTE, ARRIVÉE LE 19 Mar 1675; À SON RETOUR DE LA MISSION DES ILLINOISe

vénéra- C gran ii ;

ë . Le P. Jacques Marquette, ayant été envoyé dans Béée Q Q « e gr

b 8 Les Missions des Algonquins supérieurs, qu’on nomme e bourg k

Outaouais, y a travaillé avec tout le zèle qu’on devait attendre d’un homme qui s'était proposé saint François Xavier pour le modèle de sa vie et de sa mort. Il a imité ce grand saint nén-seulement par la diversité des langues qu'il a apprises, entre autres la langue algonquine, la huronne et l’illinoise, mais aussi par l'étendue de son zèle, qui lui a fait porter la foi jusqu’à l'extrémité de ce nouveau monde, et à plus de huit cent lieues d’ici, dans les forêts, où jamais le nom de Jésus-Christ n'avait été annoncé.

Ce religieux avait constamment demandé à Dieu la grâce de finir sa vie dans ces pénibles Missions, et de mourir au milieu des bois comme son cher saint À: Xavier, dans un abandon général de toutes choses. nl Dans ce but, il offrait tous les jours à Dieu les mérites de Jésus-Christ et l'intercession de la Vierge im- Le maculée, pour laquelle il avait une dévotion tendre fé et peu commune. |

Aussi a-t-il obtenu, par de si puissants médiateurs, ce qu’il a demandé avec tant d’instances, puisqu'il a eu le bonheur de mourir, comme l’apôtre des Indes,

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dans une méchante cabane, sur le rivage du lac des Illinois, abandonné de tout le monde, mais avec des! douceurs et des consolations célestes si grandes et si délicieuses, qu’elles font bien voir qu’autant il a étél délaissé du côté de la terre, autant le ciel s’est inté-| ressé à son bienheureux trépas.

On sait le grand voyage qu’il fit l’an passé, à travers les lacs, les fleuves et les forêts jusque assez proche du golfe de Mexique. Dans sa marche, il rencontra grand nombre de nations auxquelles il annonça l'Evangile; mais il remarqua surtout les Illinois, } chez qui il reconnut plus de disposition que chez les | autres à recevoir la Foi de Jésus-Christ. Ces peuples ont en effet une docilité, une douceur, une humanité toute particulière (aussi portent-ils le nom d’Illinois, qui signifie les humains, comme si eux seuls

étaient hommes, tous les autres n'étant que des Sau- M

vages). Du reste, le P. Marquette avait déjà instruit } plusieurs de cette nation lorsqu'il était à la Mission du Saint-Esprit, située à l'extrémité du lac Supérieur, | où ces peuples venaient de temps en temps pour faire le commerce. | Le P. Marquette trouva chez ces Illinois un si ardent désir d'avoir avec eux un de nos Pères, qu’il leur … promit ou de revenir lui-même, après qu’il aurait “rendu compte de son voyage, ou de leur procurer un ! äatfe missionnaire, En effet, quoiqu’après son re- : tour, il eût été pendant tout l'été fort malade d’un | 4

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flux de sang causé par ses grandes fatigues, il ne laissa, dès qu’il fut un peu mieux, de demander au Père supérieur des Outaouais de lui permettre de retourner vers ces nations pour jeter parmi elles les fondements d’une florissante Mission.

Il partit donc, dans le mois de novembre de l’année 1674, de la baie des Puants, avec deux compagnons dont l’un avait déjà fait le voyage avec lui. Pendant un mois de navigation sur le lac des Illinois, il se porta assez bien, mais sitôt que la neige commença à tomber, il fut repris de son flux de sang, qui l’obligea de s'arrêter près de la rivière qui conduit aux Illinois. Ils bâtirent en ce lieu une cabane pour passer l'hiver; mais ils éprouvèrent de telles incommodités, que son mal s'augmentant de plus en plus, il vit bien que Dieu lui accordait la

à grâce qu’il lui avait tant de fois demandée. Il le dit

même à ses deux compagnons, et il les assura qu'il mourrait de cette maladie et dans ce voyage. Pour y bien disposer son âme, malgré la grande indisposition de son corps, il commença un hivernement si rude par les exercices de saint Ignace qu'il fit avec de grands sentiments de dévotion, et in " consolations célestes.

Il passa ensuite le reste du temps à. s'enteétenir avec les habitants du ciel, car il n’avait sur la terre d'autre commerce, au milieu de ces déserts, qu'a-. vec ses deux compagnons qu’il confessait et commu-

niait deux fois la semaine, et qu’il consolait et exhortait autant que ses forces le pouvaient permettre.

Quelque terups après Noël, et dans le dessein d'obtenir la grâce de ne pas mourir sans avoir pris possession de sa chère Mission, il invita ses compagnons à faire une neuvaine en l'honneur de l’Immaculée Conception de la Sainte-Vierge. Il fut exaucé contre toutes les apparences humaines, et se trouvant beaucoup mieux, il fut en état d’aller au bourg des Illinois, dès que la fonte des glaces eut rendu la navigation libre. Il partit donc avec bien de la joie le 29 mars de l’année 1675. Pendant les onze jours qu’il fut en chemin, il eut beaucoup à souffrir, et à cause de sa propre indisposition qui n’était pas entièrement disparue, et à cause du temps qui fut trèsrude et très-fâcheux.

Ils arrivèrent enfin au bourg des Illinois le 8° d’avril, et il y fut reçu comme un ange du ciel. Il commença par assembler à diverses fois les chefs de la nation avec tous les anciens pour jeter dans leurs es- | prits les premières semences de l'Évangile ; il porta ensuite ses instructions dans les cabanes qui se trouvaient toujours pleines d’une grande foule de peuple; et à la fin il résolut de parler à tous publiquement dans une assemblée générale, qu’il convoqua en pleine campagne, les cabanes étant trop étroites pour contenir tout ke monde. Ce fut une belle prairie proche du bourg qu’on choisit pour ce grand

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conseil, et qu'on orna à la façon du pays, la couvrant de nattes et de peaux d’ours. Le Père ayant de plus fait étendre sur des cordes diverses pièces de taffetas de la Chine, il y attacha quatre grandes images de la Sainte-Vierge qui pouvaient être vues de tous les côtés. L’auditoire étant composé de cinq cents tant chefs que vieillards, assis en rond autour du Père, et de toute la jeunesse qui se tenait debout, au nombre de plus de quinze cents hommes; le reste de l’assemblée était formée d’une foule considérable de femmes et d'enfants, car ce bourg renferme cinq à six cents feux. Le Père parla à tout ce peuple, et, selon la coutume, il leur porta dix paroles par dix présents qu’il leur fit. I leur expliqua les principaux mystères de notre religion, et la fin pour laquelle il était venu en leur pays; mais surtout il leur prêcha Jésus crucifié, la veille même du grand jour auquel il était morten croix pour eux, aussi bien que pour tout le reste des hommes; enfin, il conclut la cérémonie par la célébration de la sainte messe. Trois jours après, qui était le dimanche de Pâques, les choses étant disposées de la même manière que le jeudi, il célébra les saints mystères pour la seconde fois, et par ces deux premiers sacrifices, qu’on y eût jamais offerts à Dieu, il prit possession de cette terre au nom de Jésus-Christ, et donna à cette Mission le nom dela Conception Immaculée de la Sainte-Vierge.

Il fut écouté avec une joie et une approbation uni-

verselles de tous ces peuples , qui le prièrent avec de grandes instances de revenir au plus tôt chez eux, puisque sa maladie l’obligeait de s’en retourner. Le Père, de son côté, leur témoigna l'affection qu’il leur portait, la satisfaction qu’il avait d’eux, et leur donna parole que lui ou un autre de nos Pères reviendrait

pour continuer cette Mission si heureusement com- h

mencée. Il lé leur promit encore à diverses reprises en se séparant d’avec eux pour se mettre en chemin. Et de leur côté, ces bonnes gens lui donnèrent des grandes marques d'amitié et voulurent l’accompagner par honneur pendant plus de trente lieues de chemin, se chargeant à l’envi l’un de l’autre de son | léger bagage.

Îs s’avancèrent ainsi au delà d’un petit portage, où ils prirent congé du Père, remplis d’une grande idée de l'Évangile, et d’un grand désir de le revoir au plus tôt de retour dans leur pays. Mais Dieu en disposait autrement.

Le P. Marquette, après une action aussi glorieuse, | n’était plus un homme de ce monde, mais un ha-

bitant destiné pour le ciel, où il était appelé à re- =

cevoir la récompense d’une ambassade qu’il avait faite avec tant d'honneur pour le service de son maître. Il le sentit bien lui-même, car ayant »eg4yné le lac des Illinois, ses forces diminuèrent si fort que |

ses compagnons perdirent toute espérance de le pou- À

voir ramener jusqu'au bout, et lui commença à À

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le priait depuis tant de temps. C'était par là qu’il tâchait d’adoucir la tristesse que leur causait son état, car le mal l'avait mis si bas, qu’il ne pouvait plus se remuer, et qu’il fallait le retourner et porter comme un enfant, toujours avec une joie et une résignation admirables de son côté, les consolant lui-même et les encourageant à souffrir pour Jésus- Christ, qui ne les abandonneraïit pas après sa mort.

Huit jours avant qu’il expirât, il eut la pensée de faire de l’eau bénite pour lui servir pendant le reste de sa maladie, et ensuite à son agonie et à sa sépulture; il eut soin d’instruire ses compagnons comment ils en devaient user.

Enfin, le temps de son départ approchant, et ayant mis pied à terre un vendredi au soir, il leur dit qu'il croyait mourir le lendemain, et les exhorta làdessus à prendre courage, et à se résigner à la vo-

lonté de Dieu.

Avec ce grand sujet de joie pour lui et de tristesse pour ses deux compagnons, ils partirent le lendemain pour continuer leur chemin, pendant lequel il leur parla toujours de sa mort, de la place qu'il fallait

choisir pour l’enterrer, de la manière dont il fallait | l'ensevelir, et de la marque qu’il fallait mettre au

lieu où il serait inhumé. Il parlait de toutes ces choses avec une douceur, un repos et une tranquillité d'esprit si grands, qu’on eût cru qu’il eût parlé de

la mortet des funérailles de quelqu’autre et non pas des siennes.

Comme il avait toujours souhaité qu'ils l’enter- | rassent près du lac, à l'embouchure de. quelque rivière assez considérable, pour qu’on püt trouver facilement le lieu de sa sépulture, en ayant rencontré une fort propre à ce dessein sur les trois heures après midi, illes pria, bien qu’ils eussent beau temps, de ne pas aller plus loin, et de le mettre à terre auprès de cette rivière : «afin, disait-il, de se préparer un peu plus en repos à sa dernière heure qui était proche. » ’&' y consentirent d'autant plus volontiers, qu'ils y auraient été obligés d’ailleurs par un grand vent qui se leva pour lors. Ayant donc construit à la hâte une méchante cabane avec quelques écorces d'arbre, ils le couchèrent dedans le mieux qu'ils purent, quoique pourtant, comme ils ont avoué, ils fussent tellement plongés dans la tristesse de la perte de leur bon Père qu'ils aimaient uniquement, qu’ils ne savaient ce qu'ils faisaient.

Dès que le Père fut couché dans cette misérable cabane, son premier soin fut de consoler ses pauvres compagnons, les exhortant à la confiance en Dieu, qui ne les abandonnerait pas dans ces vastes solitudes : il y ajouta quelques préceptes et instructions. Puis leur donnant un peu de temps pour se disposer au sacrement de pénitence qu’il voulait encore leur administrer, il acheva dans l'intervalle ce qui lui

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restait à dire de son bréviaire pour ce jour-là. Car quelque incommodité qu’il eût eue dans le voyage, il voulut le réciter jusqu’au dernier jour de sa vie, quoique ce ne fût qu'avec des peines étranges, à cause de son extrême débilité.

Ainsi donc, après avoir satisfait à sa dévotion, il satisfit ensuite à celle de ses bien aimés compagnons, en entendant leurs confessions. Il les remercia ensuite de toutes les charités qu’ils avaient exercées, pendant tout le voyage, en son endroit, leur demanda pardon de toutes les peines qu’il leur avait données, leur promit qu’il ne les oublierait point en paradis. Comme il les voyait très-fatigués du voyage, il les obligea de prendre un peu de repos, les assurant que son heure n’était pas encore venue, et qu’il les avertirait quand il serait temps. Ils le firent pour le contenter, et deux ou trois heures après, il les appela, et leur demanda de l’eau bénite et son reliquaire, et les ayant embrassés pour la dernière fois, pendant qu'ils fondaient en larmes à ses pieds, il ôta son crucifix qu'il portait toujours pendu à son col, et il pria l’un des deux de le lui tenir un peu élevé en l'air, en face de lui, et de le faire ressouvenir, quand, ils le verraient près d’expirer, de prononcer souvent les noms de Jésus et de Marie, si par hasard il ne le faisait luimême.

Ce fut alors que, sentant son heure approcher, et tirant des forces de sa faiblesse, il fit à haute voix sa

profession de foi, les mains jointes et les yeux douce- MR même côté,

ment attachés sur son crucifix. Il y ajouta tous les dit paisiblem autres actes propres de ce temps suprême et finit en un samedi 1 Voilà com

remerciant la divine Majesté de la grâce incompa- | rable qu’il lui faisait de mourir en la Compagnie, d'y mourir missionnaire de Jésus-Christ, et surtout d'y mourir, comme il l'avait toujours souhaité, dans une méchante chaumière, au milieu des déserts et | dans le dernier abandon de tout secours humain, | puisque ses deux compagnons ne lui en pouvaient point, en effet, donner d’autres en cette extréinité

finit par une née, et dans dans la prat ministère, et ter une dév rieuse Vierg passion pou

que celui de leurs prières. Immaculée, \ L4 D] Q Q k Après ces actes prononcés à haute voix, il se tut, lorsqu'en for s’entretenant en lui-même avec son Dieu, et laissant le nom de Mère de bor

aller de temps en temps quelques paruiss, qui ne faisaient que trop voir les sentiments admirables de ce grand cœur, tenant les yeux toujours attachés à son crucifix.

C'est en cet état qu'il entra en son agonie, mais une agonie la plus douce et la plus tranquille du # monde, car lorsque l’un de ses gens, selon l’ordre Ë qu'il lui en avait donné, lui cria tout haut Jésus, |

medi, comn plusieurs au tendre affec suit comme n’en aVOnS ] qu'il en soit que lorsqu'i

Maria, qu’il prononça distinctement plusieurs fois, MR U1 PEU Ve comme si, au même temps qu’il eut prononcé ces deux coup les ye noms adorables, quelque chose se fût présenté devant M (elle Reine ses yeux, il les haussa tout d’un coup, un peu au- | rendu son à

Ces deux

dessus de son crucifix, sur lequel il les avait tenus À jusqu'alors, et regardant toujours fixement de ce à

larmes sur

même côté, le visage riant et tout enflammé, il rendit paisiblement sa bienheureuse âme à son Créateur, un samedi 19 de mai entre onze heures et minuit. Voilà comme ce brave missionnaire, âgé de 38 ans, finit par une sainte mort la sainte vie qu’il avait menée, et dans les plus rudes Missions des Outaouais, et

puces les ait en mpagnie, irtout

dans dans la pratique de toutes les vertus propres de son

rts et ministère, entre lesquelles il avait toujours fait éclanain, M ler une dévotion incomparable envers la très-gloent M rieuse Vierge. Il avait surtout montré la plus ardente éinité passion pour faire honorer partout la Conception Immaculée, et il en a laissé une marque éternelle,

e tut, D lorsqu'en fondantla Mission des Illinois, il lui a donné issant M le nom de Mission-de-la-Conception. Aussi cette e fai- Mère de bonté lui fit-elle la grâce de mourir un sa-

de ce PM medi, comme il l'en avait prié, et lui fit sans doute à son PS plusieurs autres faveurs pour le récompenser de sa tendre affection. Je ne voudrais pas assurer ce qui

.* : 1 7 . 0 : . , mais suit comme une vérité certaine, puisqu’en effet nous

Ù ] ine : i l le du n'en avons pas de connaissance certaine ; mais, quoi

ordre Æ& qu'il en soit, ses deux compagnons ont toujours cru | ésus, ME que lorsqu'il prononça les noms de Jésus et de Marie oi fois, MR Un peu avant d’expirer , et qu'il haussa tout d’un ii deux coup les yeux un peu plus haut que son crucifix, | evant | cette Reine des anges lui avait apparu, et qu'il avait

à au- rendu son âme entre ses divines-mains. - | | tenus À Ces deux hommes, après avoir bien versé des re

le ce M larmes sur son corps, plutôt pour contenter leur dé-

votion que leur douleur, quoiqu’elle fut excessive, le mirent en terre, dans le lieu et de la manière qu’il leur avait prescrite, et plantèrent auprès de sa tombe une grande croix pour y servir de marque à l’avenir!, Le lendemain, qui était le dimanche, ils se mirent en devoir de continuer leur route avec tous les sentiments que vous pouvez croire d’affliction et de regret d’avoir ainsi perdu celui qui faisait {oute leur conso- À lation.

Un des deux, particulièrement, avait eu le cœur si | serré de douleur toute la nuit, que le lendemain il | se trouva lui-même accablé d’une grande douleur d'estomac, qui l'avait mis dans le dernier abattement, Comme cependant il fallait partir de nécessité, il eut recours avec une grande confiance à celui dont il venait d’inhumer le corps, et qu’il croyait assurément dans la gloire. Si bien que, sans en rien dire à son compagnon, pendant que celui-ci accommodait le canot pour partir, il s’alla jeter à genoux sur le tombeau de son bon Père, et lui ayant fait une fort courte prière, il prit, avec un grand respect et en même temps avec une grande confiance, un peu de la terre de dessus ce tombeau, et ne l’eut pas plutôt mise sur sa poitrine, qu'il fut à l'instant guéri de son mal, et toute sa tristesse et son chagrin se dissipèrent en un

4. La rivière, sur les”bords de laquelle a été enterré le saint missionnaire, a longtemps porté le nom de rivière du P. Marquette, Voir entre autres les cartes de Damville, de de l'Isle, etc.

moment : e une joie q par leur ai Il y aurai tus, puisqu’i qui font le une chastet douceur qu ant aux S d'enfant en s'agissait de Dieu très-g1 son caractè l’Immaculéd Il en par toutes ses le d'avoir d’au ses assez CO ses papiers, duite de D l'excellence trouve poui d'un vérita petit abrég

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moment : et ils continuèrent ensuite leur route avec une joie qu'ils étaient persuadés leur être inspirée par leur aimable Père.

Il y aurait ici beaucoup de choses à dire de ses vertus, puisqu'il a eu en un souverain degré toutes celles qui font le véritable missionnaire; un zèle universel, une chasteté angélique, une débonnaireté et une douceur qui le rendaient aimable à tout le monde, lant aux Sauvages qu'aux Français; une candeur d'enfant envers tous, mais bien plus encore quand il s'agissait de s'ouvrir à ses supérieurs ; une union avec Dieu très-grande ; mais sa principale vertu, etcomme son caractère, était la dévotion envers le mystère de l'Immaculée Conception de la Sainte-Vierge.

en parlait presque toujours; il l’insérait dans toutes ses lettres, et il ne lui était presque pas libre d'avoir d’autres pensées. Je passe bien d’autres choses assez considérables. J'ajoute seulement que, parmi ses papiers, on a trouvé un cahier intitulé /a Conduite de Dieu sur un missionnaire, où il fait voir l'excellence de cette vocation, les avantages qu’on y trouve pour s’y sanctifier, et le soin que Dieu prend d'un véritable missionnaire. On reconnaît dans ce petit abrégé l'esprit de Dieu dont il était pénétré.

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MISSIONS

Les Iroquois font cinq nations différentes, et sont séparés en huit bourgades plus considérables, en chacune desquelles nous avons une chapelle où s’assemblent tous les jours les nouveaux chrétiens pour y faire leurs prières et y recevoir les instructions que les missionnaires leur donnent chaque jour aux heures réglées. Le P. Bruyas, qui est le supérieur de tous, a gagné à Jésus-Christ grand nombre des principaux d’Agnié, qui est le bourg de la nation la plus voisine des Hollandais. Voici en peu de mots ce qu’il en mande par ses dernières lettres.

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