MISSION D’AGNIÉ
Cette année pourrait fournir une assez ample matière de relations, tant par le nombre de ceux qui ont reçu le baptême, qui monte jusqu’à quatre-vingts,
que par la ferveur des nouveaux chrétiens. Je ne touche que ce qu’a fait un nommé Assendasdé, qui
passe sans contredit pour un des plus considérables À
de la nation. Après que je l’eus baptisé, il voulut que toute sa famille reçût le baptême comme lui. Les mäladies et la mort s'étant jetées ensuite dans « maison, il a souffert constamment tous les reproches
que sesparents lui en ont fait, comme s’il eût attiré
surlui tous ces malheurs par son baptême. On en est venu jusque-là, qu’on lui a pensé donner la gloire d’être le premier martyr des Iroquois.
Un de ses proches, ne pouvant souffrir qu’il füt h chrétien, s'étant à dessein à demi enivré, se jeta
sur lui, lui arracha le chapelet et le crucifix qu'il portait pendus au col, et le menace de le tuer, s’il ne
veut renoncer à tout cela. « Tue-moi, dit-il, je se. Ë
rai heureux de mourir pour un si bon sujet. Je ne regrette pas ma vie en la donnant pour preuve de mi foi. »
Comme il a du crédit dans ce bourg, son exemple
a attiré à la Foi un nombre trés-considérable de ses
compatriotes. Il y a eu peu de dimanches cet hiver que je n’aie baptisé quelque enfant ou quelque adulte. Si je racontais tout ce qui se passe ici pour le progrès du Christianisme, ceux qui l’entendraient
auraient sujet de louer Dieu, qui commence à être B
glorifié parmi ces infidèles.
Pour moi, j'attribue ces conversions à la bonté de
la Très-Sa image mi dire que, d pôt, l’églis Les ancien veur, et le jour en jou le jour de reuse Vierge chantant le découvrons des mêmes exposée aux ce jour-là !
leur bonne sent que, de bourg, ilsr reçu des effe
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la Très-Sainte-Vierge, dont on nous a envoyé une
Je % image miraculeuse de Notre-Dame de Foye. Je puis é, qui dire que, depuis que nous possédons ce précieux dérables pôt, l’église d’Agnié a changé entièrement de face. ut que Les anciens chrétiens ont repris leur première fer- 1. Les veur, et le nombre des nouveaux va s’augmentant de ans si jour en jour. Nous exposâmes cette précieuse statue roches le jour de l’Immaculée Conception de la Bienheubatir Luce Vierge avec toute la pompe possible, Ce fut en On US chantant les litanies en langue iroquoise. Nous la gloire SE écouvrons seulement le samedi au soir, parle chant
des mêmes litanies ; et tout le dimanche elle demeure lil Li exposée aux yeux de nos chrétiens, qui s’assemblent se jela ce jour-là trois fois, pour réciter le chapelet devant
x Qu'il MS jeur bonne Mère et protectrice. Les infidèles me di- Sn sent que, depuis que l’image de Marie est dans leur , je se: à bourg, ils ne craignent plus rien ; et de fait, ils ont Jen ;ecu des effets bien visibles de sa protection. > de me Le P. Jacques de Lamberville, qui prend soin de la Mission de Saint-Pierre à Gandaouagué, seconde bourgade du pays d’Agnié, a la consolation d'envoyer au ciel beaucoup de petits enfants, morts après le baptême. Cette Église, quoique la plus petite que nous ayons dans ces Missions, ne le cède à aucune en ferveur.
Le Père espère de l'augmenter en peu de temps d'un nombre très-considérable. Les anciens viennent
| eux-mêmes à la prière, et y exhortent la jeunesse. pnté de de 3
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Enfin, si l’eau-de-vie était bannie de ces quartiers, l'on verrait bientôt tout ce bourg devenir chrétien.
MISSION D'ONNEIOUT.
La seconde nation est celle des Onneïouts qui ont toujours passé pour les plus cruels de ces barbares, et qui sont à présent si changés par les soins du P. Millet, qu’on peut dire que de loups ils sont devenus agneaux.
Plusieurs capitaines et beaucoup d’anciens ont embrassé la foi cette année. Un, entre autres, des plus notables a été baptisé publiquement avec sa femme, et marié en face de l’Église. Il a ensuite reçu la sainte Communion, et est devenu catéchiste et prédicateur. Pendant la chasse d'hiver, sa cabane était une chapelle dans les bois, où il faisait les prières le matin et le soir, en bannissant toutes les superstitions, et répandant partout une si bonne odeur, qu’il faisait vivre en chrétiens les infidèles même qui chassaient près de lui. A son retour de la chasse, pour éviter les occasions de l'ivrognerie, qui sont fréquentes en ce temps-là dens le bourg, ils’est éloigné de deux lieues, s'étant fait une cabane séparée, d’où il ne manque
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l'y a bourg qui donné occ la Sainte-| premier e des âmes.
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point de venir tous les samedis pour assister, le lendemain, au service divin.
Il y a plusieurs autres des principaux de ce bourg qui sont animés de la même ferveur; ce qui a donné occasion au missionnaire d'établir parmi eux la Sainte-Famille ‘, pour conserver et accroître ce premier esprit du Christianisme et ce zèle du salut des âmes.