MISSION DES ETCHEMINS
fois avec ses parents me demander de prier pour leurs gens dont le long retard les mettait en peine. Ils furent soulagés dès que je leur eus annoncé qu'ils reviendraient bientôt, ce qui arriva.
J'ajouterai à ceci un bel exemple de la Foi d’une autre femme que j'ai reçue depuis peu au nombre de nos fidèles. Son petit enfant étant malade, elle me demanda de le baptiser. Je différai d’abord, parce que je ne le voyais pas encore en danger ; mais cette mère vraiment chrétienne vint me trouver et me dit: « Pourquoi ne veux-tu pas baptiser mon enfant? c'est peut-être le démon qui le tourmente ainsi par ces convulsions, et qui cherche encore à le faire mourir sans baptème, comme ilen a déjà fait mourir deux autres : baptise-le, ou pour le guérir, ou au moins pour qu’il ne soit pas perdu s’il meurt. »
Ce qui me fait espérer qu'avec le temps, ces gens se soumettront à l'Évangile, et qu’avec l’aide de Dieu, on les pourra porter au bien, c’est qu'ils ne manquent pas de respect pour les patriarches (c’est ainsi que les Sauvages du Sud appellent les missionnaires). Ils les écoutent assez volontiers et comprennent assez bien les observations qu'on leur fait sur leur vie errante et vagabonde , qui est le principal obstacle à leur instruction. J'espère aussi que les champs qu'on leur a offerts pour y semer du blé d'Inde, et la chapelle qu’on doit bâtir sur leurs terres, les arrêteront un peu, ou du moins les feront venir
ici plus constamment tous les printemps. Je ne crois pas qu’on puisse raisonnablement demander, dans ces commencements et dans le peu de temps que je les ai vus, la ferveur qu’on voit dans les Eglises établies depuis longues années, Du reste, je n'ai pu que jeter quelques semences de Christianisme dans ces terres sauvages, et lui donner les premières dispositions à produire un jour quelques fruits. Je n’ai pas laissé toutefois de baptiser huit adulles de cette nation, dont six avaient été suffisamment instruils; les deux autres ont reçu le sacrement à l'heure de la mort; un petit enfant baptisé depuis peu s'est aussi envolé dans le ciel. En outre, j'ai baptisé sept petits enfants de la même nation, qui étaient en danger de mort, ou qui appartenaient à des parents déjà chrétiens. Je vois encore plusieurs autres de ces Sauvages, surtout parmi les femmes qui, n’étant si profondément engagées que les hommes dans les vices de leur nation, ne sont pas aussi éloignées du royaume de Dieu ; j'en vois, dis-je, plusieurs qui se disposent à bien faire, mais je ne me presse pas de les baptiser, jusqu’à ce que j'aie, avec le temps, une épreuve suffisante de leur probité et de leur constance.
La seconde nation est celle des Gaspésiens; elle se compose aussi de quatre à cinq cents âmes répandues sur le bord de la mer, depuis Gaspé jusqu’au cap Breton. Leur langue est différente de celle des Etche-
crois dans ue je s étaii pu dans s dis e n'ai cette ls; les de la aussi petits danrents es de n'édans pnées s qui as de , une on£-
le se dues
cap che-