‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 55 sur 88 · EE © TO · texte numérisé non relu

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s contraints de vec nos voiles, maringouins el nous laissions s aperçümes à vec lesquels ils ’abord mon ca- Français se metr que les Sauharge; je leur irent par un mot erre. Ils avaient , et ce que nous t une invitation her, pour nous

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des bouteilles de verre double, où ils mettent leur poudre. Ils ont les cheveux longs, et se marquent par le corps à la façon des Iroquois; les femmes sont soiffées et. vêtues à la facon des huronnes. Ils nous assurèrent qu’il n’y avait plus que dix journées jusqu’à la mer, qu’ils achetaient les étoffes et toutes autres marchandises des Européens qui étaient du côté de l’est, que ces Européens avaient des chapelets et des images, 'qu'ils jouaient des instruments, qu’il y en avait qui étaient faits comme moi, et qu’ils en étaient bien reçus; cependant je ne vis personne qui me parût avoir reçu aucune instruction pour la Foi. Je leur en donnai autant que je pus avec quelques médailles.

Ces nouvelles animèrent nos courages, et nous firent prendre l’aviron avec une nouvelle ardeur. Nous avançons donc, et nous ne voyons plus tant de prairies, parce que les deux côtés de la rivière sont bordés de hauts bois. Les cotonniers, les ormes, et les bois blancs y sont admirables pour leur hauteur et grosseur. La grande quantité de bœufs sauvages que nous entendions meugler nous fait croire que les prairies sont proche; nous voyons aussi des caillessur le bord de l’eau. Nous avons tué un petit perroquet qui avait la moitié de la tête rouge, l’autre et le col jaunes, et tout le corps vert. Nous étions descendus proche des trente-trois degrés d’élévation ayant presque toujours été vers le sud, quand nous aperçûmes un village sur le bord de l’eau nommé Mitchigamea.

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Nous eùmes recours à notre patronne et à notre conductrice, la sainte Vierge Immaculée; et nous avions bien hesoin de son assistance, car nous entendimes do loin les Sauvages qui s’animaient au combat par leurs cris continuels, Ils étaient armés d’arcs, de flèches, de massues et de boucliers. Ils se mirent en état de nous attaquer par terre et par eau; une partie s’embarque dans de grands canots de bois, les uns pour monter la-rivière, les autres pour la descendre, afin de nous couper chemin, et nous envelopper de tous côtés ; ceux qui étaient à erre allaient et venaient, comme pour commencer l'attaque. De fait, de jeunes hommes se jetèrent à l'eau, pour se venir saisir de mon canot; mais le courant les ayant contraints de reprendre terre,.un d'eux nous jela sa massue, qui passa pardessus nous sans nous frapper. J'avais beau montrer le calumet, et leur faire signe par gestes que nous ne venions pas en guerre, l'alarme continuait {oujours, et l’on se préparait déjà à nous percer de flèches de toutes parts, quand Dieu toucha soudainemént le cœur des vieillards qui étaient sur le bord de l'eau, sans doute par la vue de notre calumet qu'ils n'avaient pas bien reconnu de loin; mais comme je ne cessais de le faire paraître, ils en furent touchés, arrêtèrent l’ardeur de leur jeunesse, «et même deux de ces anciens, ayant jeté dans notre canot, comme à nos pieds, leurs arcs et leurs ear-

nne et à noulée; et nous 2€, Car nous i s’animaient s, Ils étaient »s et de boujous attaquer mbarque dans pour monter +, afin de nous le tous côtés ; aient, comme jeunes hommes sir de mon cas de reprendre qui passa pars beau montrer estes que nous ontinuait {oupus percer de cha soudainent sur le bord potre calumet de loin; mais e, ilsen furent jeunesse, "et eté dans notre set leurs ear-

quois pour nous mettre en assurance, ils y entrèrent et nous firent approcher de terre, où nous débarquâmes non pas sans crainte de notre part, Il fallut au commencement parler par gestes, parce que personne n’entendait rien des six langues que je savais ; il se trouva enfinun vieillard qui parlaitun peu l'Illinois.

Nous leur fimes paraître par nos présents que nous allions à la mer; ils entendirent bien ce que nous leur voulions dire, mais je ne sais s’ils conçurent ce que je leurs dis de Dieu et des choses de leur salut ; c'est une semence jetée en terre qui fructifiera en son temps. Nous n’eûmes point d'autre réponse, sinon que nous apprendrions lout ce que nous désirions d’un autre grand village nommé Akansea', qui n’élait qu’à huit ou dix lieues plus bas. Ils nous présentèrent de la sagamité et du poisson, et nous passâmes la nuit chez eux avec assez d'inquiétude.

SECTION IX

Réception qu'on fait aux Français dans la dernière des bourgades qu'ils ont vues; les mœurs ct façons de faire de ces Sauvages; raisons pour ne pas passer outre.

Nous.noùs embarquâmes le lendemain de grand malin avé@notre interprète; un canot, où étaient dix Sauvages, allait un peu devanñtnous, étant arrivés à

4. Actuellement Arkansas, un des états particuliers des États-Unis.

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