‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 73 sur 88 · WEST MAIN STREET ON WEBSTER, N.Y. 14580 G · texte numérisé non relu

WEST MAIN STREET ON WEBSTER, N.Y. 14580 G

et temporel de la Colonie, avait soulevé bien d'injustes réclamations contre M. de Laval et ses fidèles coopérateurs. Sous M. de Courcelles, administrateur habile, mais peu prévenu en faveur du clergé, les accusations redoublèrent et devinrent plus menaçantes. On taxa les ecclésiastiques d’ambition, on leur reprocha d’envahir l'autorité civile et administrative. La V. Mère Marie de l’Incarnation semble faire allusion à ces menées sourdes et à ces persécutions ouvertes dans une lettre qu’elle adresse à Dom Martin son fils, en 1665 :

« On ne sauroit croire, dit-elle, combien il s’est trouvé de calomniateurs contre Mgr notre prélat, contre les RR. Pères... L'on a écrit des lettres diffamatoires qui sont allées jusqu’au Roy, qui a découvert les fourberies des calomniateurs et l'innocence des serviteurs de Dieu. M. de Tracy, qui porte le nom de Vice-Roy de l'Amérique, étant arrivé, a vu si clair dans ces affaires, qu’il en a donné un second avis au Roy, ensuité de quoy ceux qu'on avoit voulu abaisser par pure envie, sont estimés plus que jamais, et leurs ennemis humiliés par la privation de leurs charges ! »

En effet, l'évêque et les Jésuites avaient été déférés au tribunal du Roi comme des hommes ambitieux qui préten-daient étendre leur domination jusque sur le pouvoir temporel. Il paraît que M. de Tracy, envoyé dans l'Amérique du Nord en qualité de vice-roi, et M. Talon, nommé intendant du Canada, furent chargés par la Cour de prendre des informations à ce sujet, et que leur réponse fut la pleine justification de M. de Laval et des Jésuites. On le voit par une lettre que Colbert écrivait à Talon, en date du 5 avril 4666 : « Sa Majesté, y est-il dit, est fort contente d'apprendre, et par M. de Tracy et par vous, que l’évêque de Petrée et les Jésuites n’ont pour but de leur dessein que l'avancement du Christianisme dans le pays, de maintenir les habitants dans la pureté de la foi et des mœurs, et de bien élever les enfants dans la crainte de Dieu en leur inspirant de travailler et de fuir l'oisiveté ?. ».

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