‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 130 sur 358 · Bibl. nat., coll. Doat, vol. 169, f · texte numérisé non relu

Bibl. nat., coll. Doat, vol. 169, f

2. Il ne se laissa pas entraîner à la fameuse guerre de Majorque |1229|, à laquelle prirent part un grand nombre de nobles catalans et d'autres seigneurs, Nugnés-Sanche, comte de Cerdagne, et Gaston, vicomte de Béarn, entre autres.

Un des résultats les plus fructueux de sa diplomatie fut, assurément, la double alliance qu'il conclut avec l'illustre maison de Gardone. Il fit, en effet, épouser, à son fils Roger, Brunissende, fille de Raimond-Foulques, vicomte de Cardone, et donna ! en mariage Esclarmonde sa fille à Raimond, fils de celui-ci (1231). Cet événement eut des conséquences très considérables pour l'avenir des comtes de Foix en Catalogne : l'appui de cette famille leur fut extrêmement précieux, pour y conquérir l'influence si importante dont ils jouirent dès le milieu du xmc siècle.

Roger-Bernard utilisa, de prime abord, l'amitié de Raimond- Foulques : il le choisit, avec Roger, comte de Paillars 2, comme arbitre de son différend avec le nouvel évêque d'Urgel, Pons de Vilamur (17 juillet 1231). Celui-ci venait de succéder à Pierre de Puigverd, auquel le pape avait permis de renoncer au fardeau épiscopal 3. Ce prélat s'en était démis le 3 avril 1230. C'était, en effet, une bien lourde charge que de gouverner l'église d'Urgel dans la triste condition où elle gémissait alors. Le chapitre pensa, sans doute, que par sa noblesse 4, son alliance avec les plus importantes familles, Pons [se trouvait dans les conditions requises pour tenir tête à Roger-Bernard et extirper, en même temps, l'hérésie dont celui-ci s'était fait le protecteur. L'élection fut évidemment influencée par ces considérations, malgré la jeunesse de Pons : il n'avait que 34 ans. Villanueva, du moins, est tout à fait de ce sentiment 5.

i. Ils firent la compensation réciproque de la dot de 500 marcs d'argent attribuée à Brunissende et à Esclarmonde (17 février 1231, n. st.). — Vaissète, t. VIII, col. 954-955.

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