R.OGER-BERXARD II ET LE COMTE DE CERDAGNE
dagne dont Arnaud de Castelbon avait usé précédemment. Roger-Bernard promit, à son tour, de faire droit au viguier, ainsi qu'à toute plainte émise en vertu de titres réguliers; il s'engagea, de plus, à venir à Puycerda, le 20e jour après la Pentecôte, afin d'y répondre à toutes les doléances élevées contre lui. Il stipula enfin que son procureur ne sortirait pas de cette ville avant la fin du procès et le prononcé de la sentence définitive, le tout sous peine de nullité de la concession obtenue le lundi après la Toussaint de l'année précédente.
Démêlés relui ifs aux châteaux de Son et de Quérigul dans le Donnezan.
Les affaires de Cerdagne n'étaient pas encore terminées, que de nouvelles difficultés surgirent, au sujet du Donnezan. entre Roger-Bernard et Xugnès-Sanche. Elles venaient compliquer celles qui existaient déjà entre la famille d'Alion et le comte de Foix. Aussi ce dernier ne tarda-t-il pas à faire la paix avec Arnaud de Son et son frère, pour avoir les coudées franches avec Nugnès.
On se rappelle que Pierre II avait confisqué le Donnezan sur la famille d'Alion et qu'il en avait investi Raimond- Roger, comte de Foix. L'on ne sait à quelle époque et dans quelles circonstances cette maison parvint à ressaisir ses anciens domaines. Une chose, toutefois, est certaine, c'est qu'elle eut un conflit, à ce propos, avec Roger-Bernard : le document, cité plus haut (7 septembre 1233), s'y réfère expressément. Le comte désirait, cependant, y mettre un terme;
aussi donna-t-il l la main de sa sœur Esclarmonde à Bernard d'Alion (13 janvier 1230, n. st.) et lui concéda-t-il (14 janvier) le fief 2 perpétuel des châteaux de Son et de Quérigut, sauf l'hommage et la remise prescrite par la coutume de Barcelone. Il fut convenu, du reste, que la délivrance des deux forteresses ne pourrait être exigée en même temps. Roger- Bernard s'y réserva, en outre, le droit d'albergue, mais à la condition de venir l'exercer en personne. Il consentit enfin à révoquer l'acte par lequel le Donnezan avait été adjugea son père, à l'exception de l'hommage et de l'albergue.
Roqer-Bernard conclu l la paix définitivement avec Nugnès-Sanche.
Notre comte s'arrangea, peu après, avec Nugnès-Sanche, d'une manière définitive; la question fut réglée par la sentence arbitrale de Pons-Hugues, comte d'Ampurias, et de Raimond, vicomte de Cardone. Il fut stipulé 3 que, si la mention d'un service militaire ou pécuniaire était retrouvée dans les conventions anciennes du seigneur de Son avec le comte de Cerdagne, Roger-Bernard s'en rapporterait fidèlement à la teneur de ces accords (20 octobre 1236). Les mêmes arbitres 4 adjugèrent (21 octobre) à celui-ci les droits de justice dans les lieux de Cerdagne où Arnaud de Castelbon en avait joui du temps du roi Pierre II, ainsi que le village de Bolquera et le
i. Bibl. na(., coll. Doat, vol. 170, f° 67.
2. Id., vol. 192, foS 201 v°-205. — Analyse. Arch. dép. de l'Ariège, Inv. gén. de Foix, p. 246, caisse 18, n° 2.